samedi, 04 septembre 2010

Zombie Story, tome 1 : Zombie Island (Monster Island) - David Wellington - 2006

bibliotheca zombie island.jpgUne épidémie inédite s’est propagée dans le monde. Des morts-vivants sont d’un jour à l’autre apparus de partout. Les pays occidentaux telles les Etats-Unis d’Amérique se sont complètement écroulés. Quelques enclaves subsistent cependant dans les pays moins développés dont la Somalie. Dekalb, un ancien inspecteur aux armements de l’ONU et sa fille Sarah fuient les hordes de zombies qui ravagent leur pays pour Mogadiscio. Mais une fois arrivé sur place ils se voient arrêtés par une bandes de mercenaires composée de jeunes filles endoctrinés par la gouvernante du pays. Dekalb se voit alors proposer une très dangereuse mission afin de recouvrer sa liberté ainsi que celle de sa fille : il doit retourner à New York, accompagné d’une bande d’enfants soldats pour y retrouver des anti-viraux qui soigneront le sida de la régente somalienne. Bien évidemment il n’a guère le choix et se rend donc de suite dans ce qui est devenu le bastion des zombies. Dekalb s’attend au pire, mais la situation s’avère bien vite être encore pire que ce qu’il avait prévu. D’autant qu’il va vite rencontrer un mort-vivant, Gary, semblant doué de raison, et qui, avide de pouvoir, va transformer les hordes de zombies en véritables armées…


L’écrivain américain David Wellington s’est fait connaître dès 2004 en publiant sous forme de feuilletons ses romans d’horreur sur le net.
Zombie Island, ou Monster Island en version originale, a été le premier roman à être publié sur la toile avant d’être édité en 2006. Ce roman, premier tome d’une trilogie consacrée aux Zombies : Zombie Story, va connaître un réel succès commercial. David Wellington réussit à se rapproprier ce genre très classique de la littérature fantastique en le réinventant carrément. Fortement basé sur l’action, la montée en tension et l’horreur bien gore, ce roman ne laissera guère indifférent. L’histoire est exploitée d’une façon bien différente de ce qui existe dans le genre, et les personnages sont assez originaux, ou du moins assez inédits.
Hélas ce premier roman souffre de bien nombreux défauts. Et succès commercial ne rime pas toujours avec succès critique. Lors de nombreux passages David Wellington fait preuve d’un certain amateurisme, l'écriture ne tient pas toujours la route et de nombreux passages paraissent bien longs. La mise sous tension ne fonctionne pas toujours très bien et il est parfois difficile de suivre les différents personnages, par manque réel de motivations les faisant agir. L’intrigue est bien construite dans la première partie, mais cela dérape fortement dans la seconde. Certains éléments de l’intrigue se voient résolus comme par magie (l’un des personnages se voit au beau milieu développer des superpouvoirs qui tombent à pic), des contradictions apparaissent (les zombies sont parfois par nature très forts, parfois très faibles) et la crédibilité se perd de plus en plus. Mais ce qui dérange avant tout c’est que David Wellington à force de chercher l’originalité se lance dans tout et n’importe quoi : on y retrouve ainsi des enfants-soldats somaliens, un shaman celtique, des momies… Et cela devient par moments un peu ridicule.
Il n’empêche que les fans d’histoires de zombies y trouveront leur compte, ainsi que les amateurs d’horreur et d’action.

Zombie Island est un roman d’horreur post-apocalyptique assez réussi dans le sens où il réinvente quelque peu le genre dédié aux zombies, l’action est bien menée, mais de bien nombreux défauts existent. A réserver aux amateurs du genre.

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com


Présente édition : traduit par François Truchaud, Editions Milady, 11 juin 2010, 416 pages

Voir également :
- Vampire Story, Tome 1 : 13 balles dans la peau (Thirteen Bullets) - David Wellington (2006), présentation
-
Vampire Story, Tome 2 : 99 cercueils (99 Coffins) - David Wellington (2007), présentation
- Vampire Story, Tome 3 : Vampire Zéro (Vampire Zero) - David Wellington (2008), présentation

jeudi, 13 novembre 2008

Un horizon de cendres - Jean-Pierre Andrevon - 2004

bibliotheca un horizon de cendres

Premier jour : Au loin, il y a votre voisin. Vous lui faites un signe. Jusqu’au moment où vous réalisez qu’il est décédé depuis des semaines...

Troisième jour : La télé enchaîne les émissions spéciales : partout dans le monde les morts reviennent. Apathiques, ils errent au royaume des vivants...

Cinquième jour : Paralysé de trouille et de dégoût, vous regardez votre femme serrer dans ses bras, au beau milieu de votre salon, une chose qui, un jour, fut sa mère...

Huitième jour : Votre femme vous a quitté après que vous avez réduit en cendres l’ignominie qu’elle appelait « maman ».

Neuvième jour : La télé diffuse un reportage au cours duquel on voit une de ces choses dévorer un chat vivant...

Ils sont désormais des millions et vous ne vous posez qu’une question : mon monde n’est-il pas désormais le leur ?


Comme l'indique le quatrième de couverture de ce roman (repris ci-dessus des éditions Pocket), Un horizon de cendres est un très classique roman fantastique mettant en scène l'invasion du monde par des morts-vivants. Le sujet est connu pour avoir été repris de nombreuses fois au cinéma et en littérature. Sans trop renouveler le thème, l'écrivain français de fantastique et de science-fiction Jean-Pierre Andrevon réussit cependant à en rendre ici une très belle version.
Comme déjà dit le sujet est classique: ici, un trou noir en désintégration enverrait sur la Terre d'étranges radiations qui seraient responsables d'une rétroaction du processus biologique et donnant la résurrection des morts, de tous les morts de la planète. Le personnage principal, Kemper, croit à peine à cette explication, par contre, il est sûr que même s'ils sont encore totalement inoffensifs, les morts ne veulent pas forcément du bien aux vivants. D’abord sceptiques, les pouvoirs publiques sont rapidement débordés par cette marée lente et apparemment désœuvrée. Apparemment seulement, parce qu’au bout de quelques jours, les morts-vivants commencent à s'attaquer aux vivants, d'abord les animaux puis les hommes, dans le but de leur dévorer le cerveau. Le narrateur voit sa vie basculer alors que le monde coule autour de lui. Sa femme et sa fille le quittent pour le laisser retranché chez lui, avant de rejoindre finalement des rescapés dans une ex-caserne qui n'ont d'autre plaisir que de massacrer le plus de zombies possibles. Mais au loin pour, dans son futur, il ne perçoit rien d'autre qu'un immense horizon de cendres.
Le roman, grâce à son écriture à la première personne, réussit à parfaitement faire ressentir au lecteur les terreurs et angoisses vécues par le narrateur. L'auteur décrit avec beaucoup de crédibilité et de réalisme comment la société s'effondre petit à petit jusqu'à ce qu'il ne reste quasiment plus rien. Alors que les débuts contiennent encore beaucoup d'humour, très noir, l'horreur ne cesse d'augmenter graduellement jusqu'à la fin. A cela l'auteur mêle de nombreuses références au monde d'aujourd'hui et à des conflits du vingtième siècle dans un but critique envers notre société, ses médias et ses guerres. Certains passages font d'ailleurs véritablement froid dans le dos.

En bref Un horizon de cendres n'est certainement pas un grand roman et ne comporte d'ailleurs que bien peu d'originalité par rapport à un thème déjà largement traité auparavant. Il n'empêche qu'il s'agît d'un roman divertissant parfaitement réussi, l'un des meilleurs du genre, qui plaira à un vaste public.

A lire !

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !

Voir également :
- Sukran - Jean-Pierre Andrevon (1990), présentation

mercredi, 24 octobre 2007

Cellulaire (Cell) - Stephen King - 2006

bibliotheca cellulaire

Le 1er octobre, Dieu trônait au Paradis, la Bourse de New York frôlait les 10 140 points, les avions décollaient et atterrissaient à l'heure (sauf à Chicago, comme d'habitude). Deux semaines plus tard, le ciel appartenait à nouveau aux oiseaux et la Bourse était réduite à un souvenir.

Tel commence cette journée apocalyptique qui pourtant au début ne laissait rien prévisager de la sorte. Ainsi le dessinateur Clayton Riddellarrive à Boston pour vendre sa première bande dessinée. Le contrat est signé et il s'apprête à rentrer chez pour retrouver sa famille. Mais l'horreur commence. Un cri retentit et Clay aperçoit un homme visiblement déséqauilibré se ruer sur un chien et lui arracher une oreille. plus loin de nombreuses autres personnes semblent avancer étrangement en attaquant les passants avec des couteaux de boucher. Et peu à peu l'enfer s'installe sur terre. Car le monde entier sera touché, tout le monde se transformant rapidement en zombire. L'élément déclencheur, plus tard appelée l'Impulsion, contamine tout un chacun via son téléphone portable: un appel mystérieux, la personne répond et se transforme en zombie. Clay réussit cependant à survivre et se regroupe deux autres rescapés afin de faire route ensemble et apprendre peu à peu à se protéger des zombies. Mais leur combat pour survivre devient de plus en plus difficile car les phonistes ou siphonnées, comme ils appellent les zombies, se regroupent en troupeaux et réussissent à communiquer entre eux par télépathie.

Dès que l'on lit la dédicace on comprend tout de suite où Stephen King cherche à nous mener avec son roman horrifique Cellulaire paru en 2006. En effet celui-ci est dédicacé au cinéaste George A. Romero, le réalisateur de nombreux films cultes mettant en scène des morts-vivants, et à l'écrivain Richard Matheson, auteur notamment du mythique Je suis une légende (I Am a Legend, 1954). Et Stephen King va de même nous servir une histoire très sanguinolante et gore à souhait. Contrairement à son habitude qui consiste à mettre lentement les choses en place afin de faire venir doucement mais sûrement le suspense, ici, à l'instar d'un George A. Romero ou Richard Matheson, Stephen King ne perd pas de temps et l'horreur commence dès la seconde page. Le lecteur se rendra vite compte que Cellulaire s'avère rapidement être un excellent thriller horrifique et apocalyptique qui tourne (trop ?) rapidement au genre survival et qui tout en restant parfaitement classique dans son genre plaira énormément par son style et aussi par son humour noir (certains jeux de mots phonétiques autour des téléphones cellulaires passent hélas mal dans la traduction française). Comme d'habitude chez Stephen King on constate également certains défauts dont notamment certaines longueurs inutiles. Vers la milieu du roman il devient un peu plus difficile de s'accrocher et le final ne plaira guère à tout le monde. De plus certains n'y verront d'ailleurs qu'une réécriture peu réussie du célèbre roman de King qu'est Le Fléau (The Stand, 1978).

Par ce roman Stephen King à aussi cherché à s'engager contre une Amérique matérialiste en proie au chaos et dont la destruction ici provient justement de son quotidien et des symboles de consommation à première vue parfaitement anodins. On retrouve également certaines critiques contre la politique intérieure et internationale des Etats-Unis.

Sans être le meilleur de Stephen King, loin de là même, ce roman vaut cependant la peine d'être lu. En tout cas surtout et avant tout pour les amateurs d'horreur, les autres risquent de trouver cette lecture assez vaine.

 

Voir également :
- Cujo - Stephen King (1981), présentation
- Christine - Stephen King (1983), présentation

- La peau sur les os (Thinner) - Richard Bachman (Stephen King) (1984), présentation
- Misery - Stephen King (1987), présentation
- Ecriture : Mémoires d’un métier (On Writing : A Memoir of the Craft) – Stephen King (2000), présentation
- Dreamcatcher - Stephen King (2001), présentation
- Colorado Kid (The Colorado Kid) - Stephen King (2005), présentation