jeudi, 24 décembre 2009
Le renard était déjà le chasseur (Der Fuchs war damals schon der Jäger) - Herta Müller - 1992

En Roumanie, sous la dictature de Ceausescu, dans un petit village habitée par la minorité allemande su pays. Adine est une enseignante proche d'auteurs et compositeurs dissidents. Un jour elle s'aperçoit que des inconnus entrent chez elle en son absence et y découpent jour après jour la fourrure de renard qui décore son appartement. Se sentant menacée elle est persuadée d'être espionnée, surtout qu'elle découvre qu'une de ses amies fréquente justement un officier de la Securitate, la police secrète roumaine. Le renard est le chasseur : les victimes se rapprochent de leurs bourreaux, les amis disparaissent ou se trahissent... et la chute du dictateur n'y changera rien.
D'une écriture simple et poétique, l'écrivaine allemande d'origine roumaine Herta Müller, Prix Nobel de littérature en 2009, nous conte ici dans Le renard était déjà le chasseur un récit étrange et cruel qui nous fait revivre les difficultés matérielles et existentielles que l'auteur a bien connues sous la dictature roumaine où l’expression ne pouvait guère échapper à l’oppression. Ce roman, en une succession d'images saisissantes, nous dépeint cette vie oppressée que vivent les personnages d'Adina et de Clara au quotidien, et cela nous contant des scènes de vie, souvent anodines et banales de prime abord, mais qui dans l'ensemble se révèlent terriblement cruelles.
Ce texte, Le renard était déjà un chasseur, comme la majorité de l'œuvre de Herta Müller, est tout simplement sublime, présentant une forme remarquable et un fond des plus poignants.
A lire !
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Voir également :
- L’Homme est un grand faisan sur terre (Der Mensch ist ein großer Fasan auf der Welt) - Herta Müller (1986), présentation et extrait
- La Convocation (Heute wär ich mir lieber nicht begegnet) - Herta Müller (1997), présentation et extrait
09:27 Écrit par Marc dans Müller, Herta | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : herta muller, litterature allemande, poesie, prix nobel de litterature, romans de societe, roumanie |
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lundi, 23 novembre 2009
La Convocation (Heute wär ich mir lieber nicht begegnet) - Herta Müller - 1997

“Depuis que le réveil, en guise de tic-tac, dit con-vo-ca-tion, con-vo-ca-tion, con-vo-ca-tion, je n‘ai pu m'empêcher de penser au commandant Albu (...). Dès que la fenêtre était devenue grise, j‘avais vu au plafond la bouche d'Albu en très grand, le bout de sa langue rose qui pointait derrière sa denture inférieure, et entendu sa voix narquoise : Pourquoi être à bout de nerfs, nous ne faisons que commencer.”
Elle n’a plus que cela en tête : sa Convocation. La narratrice, une ouvrière travaillant dans une usine de confection qui fournit l'Italie, a été convoquée par la Securitate, les renseignements roumains, après avoir glissé un SOS dans la doublure d’un vêtement de luxe qu’elle cousait. Elle sait qu’ils ne la lâcheront plus. Il faut leur rendre des comptes, élaborer des scénarios pour répondre à leurs questions, se justifier, s’entraîner à supporter la douleur et ne surtout pas perdre la tête.
Assise dans le tramway qui la conduit à sa convocation elle revoit en flash-back les principaux épisodes de sa vie, la vie misérable d’une ouvrière roumaine d’origine allemande dans la Roumanie de Ceausescu. Le tramway ne s'arrête pas à la station où elle doit descendre. Sur un coup de tête elle décide de ne pas se rendre à la convocation…
Dans La Convocation de l’écrivaine allemande d’origine roumaine Herta Müller, Prix Nobel de littérature en 2009, l’auteur reprend ses thèmes qui lui sont si chères, ceux de son expérience de la dictature roumaine en tant que représentante de la minorité germanophone plus particulièrement persécutée par le régime et du désir de fuite vers l’ouest, fuite qu’elle effectuera elle-même en 1987. La fuite reste pourtant ici une idée vague, les motifs et moyens du départ puérils, légers : la narratrice ne rêve pas, n’imagine pas un lendemain ailleurs, tout juste pense-t-elle au besoin d’un ailleurs. Car le présent, sa réalité à elle, celle faite de la peur, de l’angoisse et de l’humiliation, c’est elle qui prime et étouffe la narratrice.
Poète avant tout, Herta Müller y excelle avant tout par son style fait de petites phrases, réduites à l’essentiel, qui telles des coups de pinceaux viennent peindre cette vie perdue dont est victime l’héroïne du roman.
La Convocation est un livre fort et poignant, écrit dans un style magnifique.
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Voir également :
- L’Homme est un grand faisan sur terre (Der Mensch ist ein großer Fasan auf der Welt) - Herta Müller (1986), présentation et extrait
- Le renard était déjà le chasseur (Der Fuchs war damals schon der Jäger) - Herta Müller (1992), présentation
21:16 Écrit par Marc dans Müller, Herta | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature allemande, herta muller, poesie, prix nobel de litterature, romans de societe, roumanie |
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mercredi, 04 novembre 2009
L’Homme est un grand faisan sur terre (Der Mensch ist ein großer Fasan auf der Welt) – Herta Müller - 1986

Roumanie. Depuis que le meunier Windisch a décidé d’émigrer et de quitter à jamais son pays natal, la Roumanie de Ceausescu, il voit la fin partout dans le village. Peut-être n'a-t-il pas tort. Tout est triste, rien ne change jamais et tout le monde doit être prêt à tout pour survivre. Ou alors il faut émigrer. Mais pour Windisch, il a beau livrer des sacs de farine, et payer, le passeport promis se fait toujours attendre. Sa fille Amélie a le même but que lui, ses moyens sont différents : elle se donne au milicien et au pasteur dans le but d’obtenir ce sésame synonyme de liberté. Un jour, ils partiront… puis, plus tard, ils reviendront, un jour d'été, en visite, revêtus des vêtements qu'on porte à l'Ouest, de chaussures qui les mettent en déséquilibre dans l'ornière de leur village, avec des objets de l'Ouest, signe de leur réussite sociale, et, sur la joue de Windisch, une larme de verre.
Herta Müller, né en 1953 en Roumanie, romancière et poète, est une Allemande du Banat, qui a émigré vers l’Allemagne en 1987, fuyant la dictature de Nicolae Ceaucescu. En 2009 elle obtient le Prix Nobel de littérature, pour « qui avec la concentration de la poésie et l’objectivé de la prose dessine les paysages de l’abandon ».
Ses œuvres traitent plus particulièrement du sort qu’elle a subi elle-même, celui des minorités allemandes de sa région natale et des injustices subies par ceux-ci durant l’ère communiste.
L’Homme est un grand faisan sur terre, écrit en 1986, suit justement le personnage de Windisch, voulant fuir vers l’étranger et qui mène sa vie routinière, sans avenir ni perspective, dans l’attente de son passeport qui lui ouvrira les portes de la liberté. La misère est réelle, et dans ce village, toute personne ayant le moindre pouvoir en profite pour exploiter les autres. Et le lecteur voit ainsi la vie de celui-ci et de sa famille, ses longues journées au moulin, ses discussions sans intérêt avec le veilleur de nuit, sa jalousie pour ceux qui ont réussi à obtenir leur passeport, ses efforts pour en obtenir un soi-même, et sa famille, qui se défait sous ce même désir.
Le tout est porté par une écriture très poétique, qui en de phrases brèves et fortes, toujours belles et très imagées, tels des coups de pinceaux, peignent cette morne vie qui attend. Et tel un tableau les multiples courts chapitres, ressemblant plus à des photos prises un instant donné, viennent donner peu à peu l’image globale de la situation, Müller nous montrant plus les choses que de nous les raconter.
L’Homme est un grand faisan sur terre est un roman poétique décrivant avec force une société perdue et à l’abandon.
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Extrait : premier chapitre
"L’ornière
Des roses poussent autour du monument aux morts. Un buisson de roses. Si folles qu’elles étouffent l’herbe. Les fleurs sont blanches, rabougries, serrées comme des fleurs en papier. Elles froufroutent. C’est l’aube. Il fera bientôt jour.
Chaque matin, quand Windisch fait tout seul la route qui le mène au moulin, il compte : quel jour sommes-nous ? Arrivé devant le monument aux morts, il compte les années. Plus loin, près du premier peuplier, à l’endroit où le vélo s’enfonce toujours dans la même ornière, il compte les jours. Et le soir, quand Windisch ferme le moulin, il compte encore une fois les années et les jours.
De loin, il voit les petites roses blanches, le monument aux morts et le peuplier. Lorsque, par temps de brouillard, Windisch passe à bicyclette, il a le blanc des roses et le blanc de la pierre juste sous les yeux. Windisch passe au travers. Il a le visage humide et va jusqu’au moulin. Deux fois déjà le buisson de roses n’a eu que des épines et les mauvaises herbes dessous étaient roussies. A deux reprises le peuplier a perdu tant de feuilles sue le bois a failli éclater. Deux fois la neige a recouvert les routes.
Devant le monument aux morts, Windisch compte deux années et, dans l’ornière près du peuplier, deux cent vingt et un jours.
Tous les matins, quand Windisch roule dans l’ornière en cahotant, il se dit : « Ça va être la fin. » Depuis que Windisch veut émigrer, il voit la fin partout dans le village. Le temps s’arrête pour ceux qui veulent rester. Que le veilleur de nuit reste, c’est pour Windisch au-delà de la fin.
Et quand Windisch a compté deux cent vingt et un jours et qu’il est passé en brinquebalant dans l’ornière, il pose pied à terre pour la première fois. Il met la bicyclette contre le peuplier. On entend ses pas. Des tourterelles sauvages s’envolent des cerisiers. Elles sont grises comme la lumière. Seul le froissement de leurs ailes permet de les percevoir.
Windisch se signe. La poignée de la porte est mouillée. Elle lui reste collée à la main. La porte de l’église est fermée à clé. Saint Antoine est enfermé derrière le mur. Il a à la main un lis blanc et un livre marron.
Windisch a froid. Il regarde la route. Elle s’arrête là où les herbes envahissent le village. Tout là-bas au bout de la route un homme marche. Ligne noire dans les champs. La houle herbeuse le soulève au-dessus de la terre."
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Voir également :
- Le renard était déjà le chasseur (Der Fuchs war damals schon der Jäger) - Herta Müller (1992), présentation
- La Convocation (Heute wär ich mir lieber nicht begegnet) - Herta Müller (1997), présentation et extrait
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mardi, 12 mai 2009
La Belle du Caire (Al-Qâhira al-jadîda) - Naguib Mahfouz - 1945

1930, au Caire. La vie est dure pour de nombreux étudiants de l'Égypte de l'époque. Ma'moun Radwan, Ali Taha, Amed Badir, Mahgoub Abd el-Dayim et Ihsane Shehata sont quatre étudiants à éprouver cette dure réalité, et cela malgré leurs nombreux rêves et ambitions. Et c'est surtout difficile d'arriver à quoique que ce soit quand on est pas de bonne famille, et qu'aucun piston ne peut venir aider. La Belle Ihsane, va céder à la pression de sa famille, pauvre et sans scrupules, et du riche aristocrate Qasim bey Fahmi. Ali son fiancé essaye de se consoler tandis que Mahgoub prêt à tout pour s'élever socialement et gagner les faveurs de la Belle va lui, aussi accepter un marché de dupe et devenir le mari "de façade" de la Belle Ishane, tandis qu'elle restera la maîtresse du Bey.
Cette situation est-elle réellement tenable ? Tout est-il possible au nom de l'ascension sociale ?
La chute risque d'être dure..
Comme si souvent dans l'œuvre de l'écrivain égyptien Naguib Mahfouz, le roman La Belle du Caire se déroule dans la ville du Caire, une ville dont l'auteur connaît tous les recoins, ainsi que les us et coutumes de ses habitants (le titre traduit littéralement signifie 'Le Nouveau Caire'). Moins connu que la prestigieuse Trilogie du Caire, ce roman vaut pourtant parfaitement le détour. Naguib Mahfouz s'attaque ici avant tout à la corruption dans la société égyptienne et au sacrifice auquel les hommes consentent pour progresser dans cette société pourrie. Si le tout est typique de l'Egypte des années 1930, le roman n'a pourtant guère perdu de son intérêt de nos jours. De plus, s'il reste tout à fait contemporain, son sujet est parfaitement universel. De nombreux autres sujets sont abordés, des sujets notamment plus politiques, religieux et philosophiques. Et la force du récit, comme souvent chez Mahfouz, vient ici aussi des personnages, leur parfaites descriptions les rendant tellement vivants.
La Belle du Caire est un très beau roman de Naguib Mahfouz.
A lire !
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Voir également:
- biographie et bibliographie de Naguib Mahfouz
- La Trilogie du Caire: Volume I: Impasse des deux palais (Bayn al-Qasrayn) - Naguib Mahfouz (1956), présentation
- La Trilogie du Caire: Volume I: Impasse des deux palais (Bayn al-Qasrayn) - Naguib Mahfouz (1956), citations
15:37 Écrit par Marc dans Mahfouz, Naguib | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : egypte, naguib mahfouz, le caire, prix nobel de litterature, litterature egyptienne, romans de societe |
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vendredi, 13 février 2009
Un enfant de l’amour (A Love Child) - Doris Lessing - 2003

1939. James Reid part pour l’Inde en soldat plein d’idéaux dans la tête et bien loin de se douter de ce qui l’attend. Pourtant son père est un rescapé de la bataille de la Somme, James pourrait donc s’attendre à l’horreur, mais il n’en est rien. Avec son régiment, il suit tranquillement ses entraînements jusqu’à ce jour d’été, le jour de l’embarquement pour la guerre. Déjà ce voyage en fond de cale est un véritable calvaire et se déroule quelque part entre solitude, ennui et fortes maladies. Mais lors d’une escale au Cap, au beau milieu de toute cette horreur, James Reid croit pourtant découvrir l’amour en la personne de Daphne, une épouse de militaire qui l’héberge. Il voit en elle la femme idéale, véritable nymphe issue des romans qu’il a tant aimés. Une relation va naître et durer quatre jours… jusqu’à ce que reparte le bateau de Reid. Arrivé en Inde, Reid n’arrive à se défaire de cette amour connu en Afrique. Aux marins qui arrivent, il demande des nouvelles de cette blonde qui reçoit toujours les soldats en escale, et finit par apprendre qu’elle est tombée enceinte… de lui. Ce fils, son fils, va devenir peu à peu son obsession durant toutes les années de guerre… dans l’espoir de peut-être un jour le voir.
Un enfant de l’amour de l’écrivaine britannique Doris Lessing est une nouvelle, ou court roman, paru en version originale en 2003 dans une édition comprenant également la nouvelle Les Grand-mères. En français ces deux textes ont été publiés de façon indépendante, leurs histoires n’étant nullement liées.
Dans ce texte Doris Lessing nous livre un poignant récit de guerre, d’amour et de désillusion confrontant un jeune héros à la terrible réalité de la vie. Le personnage de James Reid sera d’ailleurs à jamais tourmenté par ces quatre jours au Cap, ce moment perdu dont bien entendu il ne retrouvera rien. Hélas le texte laisse cependant un certain sentiment de vide après lecture. Le texte manque de quelque chose et l’on comprend pourquoi il n’a pas été publié de façon indépendante en version originale, le texte ne se suffisant pas pour exister ainsi seul.
Un enfant de l’amour de Doris Lessing raconte une belle histoire d’un homme perdu dans les méandres de l’amour et de la guerre, mais déçoit quelque peu par un certain manque de fond.
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Voir également :
- Les Grand-mères (The Grandmothers) - Doris Lessing (2003), présentation
15:10 Écrit par Marc dans Lessing, Doris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : seconde guerre mondiale, romans psychologiques, litterature britannique, prix nobel de litterature, doris lessing |
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jeudi, 06 novembre 2008
Impératrice de Chine (Imperial Woman) - Pearl Buck - 1956

Pékin, avril 1852. Soixante jeunes filles appartenant aux meilleures familles mandchoues sont convoquées au palais de l'empereur de Chine, Hsien Feng, afin qu'il choisisse ses épouses. Seule sera impératrice celle qui lui aura donné un fils, aussi ne suffit-il pas d'être élue, encore faut-il ne pas se laisser oublier...
Yehonala ne l'ignore pas. Elle a rusé pour se faire distinguer par l'empereur, mais se souviendra-t-il encore d'elle demain? Ambitieuse et intelligente, elle prépare avec soin les voies de son succès. Sa patience sera récompensée: elle devient la favorite et, à la naissance de l'Héritier, un décret la proclame impératrice sous le nom de Tzu-Hsi.
La mort précoce de l'empereur remet tout en question, mais Tzu-Hsi sort victorieuse de la bataille pour la régence. A moins de trente ans, elle tient en main les rênes du pouvoir - elle les gardera pendant près d'un demi-siècle crucial pour l'Empire du Milieu. Personnage fabuleux, Tzu-Hsi appartient en effet au passé historique de la Chine que le récit de Pearl Buck recrée magnifiquement dans son faste et sa beauté.
Impératrice de Chine de l’écrivaine américaine Pearl Buck est un roman de fiction s’inspirant directement de la vie de Cixi, concubine de l’empereur Xianfeng qui devint impératrice à la tête de la dynastie Qing jusqu’à sa mort en 1908. Plutôt fidèle à l’histoire (c’est presque un roman historique) Pearl Buck livre ici un magnifique portrait du pouvoir impérial chinois à une époque bien trouble politiquement. Certains faits historiques s’avèrent cependant inexacts face aux connaissances d’aujourd’hui. Mais ce qui plaît toujours dans les livres de Pearl Buck c’est sa fine analyse de la culture chinoise, une culture très riche et si particulière aux yeux du reste du monde. L’écriture est parfaite, l’histoire fascinante et le lecteur accroche au destin de cette femme si particulière.
Impératrice de Chine est un grand classique de la littérature, un roman indispensable sur l’histoire de la Chine impériale.
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Voir également :
- Vent d’est, vent d’ouest (East Wind, West Wind) - Pearl Buck (1930), présentation
15:25 Écrit par Marc dans Buck, Pearl | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chine, romans historiques, prix nobel de litterature, litterature americaine, recits biographiques, pearl buck |
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jeudi, 09 octobre 2008
Le Prix Nobel de Littérature 2008 est décerné à Jean-Marie Gustave Le Clézio

Le prix Nobel de littérature pour l’année 2008 est attribué à l’écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio, né le 13 avril 1940, « l’écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante ».
Voir également :
- Ourania - J.M.G. Le Clézio (2005), présentation et extrait
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13:15 Écrit par Marc dans Le Clézio, J.M.G. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prix nobel de litterature, litterature francaise, j m g le clezio, jean marie gustave le clezio |
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dimanche, 21 octobre 2007
Les Grand-mères (The Grandmothers) - Doris Lessing - 2003

A Baxter's Teeth, paisible lieu au bord de mer, se retrouvent deux familles qui ne semblent en former qu'une et qui parassent vivre un bonheur parfait. Ces deux familles sont composées de Roz et Lil, les deux grand-mères, entourés par leurs fils respectifs Tom et Ian et leur petites-filles. Roz et Lil se connaissent depuis leur enfance et sont devenus inséparables depuis, emménageant même avec leurs maris et enfants dans la même rue de Baxter'sTeeth. Mais cette forte relation entre les deux fait peu à peu fuir les deux maris et la famille unie qu'ils forment aujourd'hui semble aussi trop hermétique pour les belles-filles de Roz et Lil qui ont le plus grand mal de s'y intégrer. Et c'est ainsi que ce bonheur idyllique va basculer le jour où débarque à Baxter'sTeeth Mary, la femme de Tom, en pleine colère.
Les Grand-mères est un court roman qui dans la version originale a été publié en 2003 dans un recueil de quatre nouvelles également appelé The Grandmothers. Pour l'écrivaine anglaise Doris Lessing, lauréate du Prix Nobel de littérature en 2007, elle quitte un peu ses récits sur l'Afrique qui ont pourtant fait sa renommée pour nous raconter une histoire bien plus intimiste au sein d'une famille britannique privilégiée.
Il s'agît en effet ici d'une chronique de famille qui retrace la vie des deux personnages principaux, Roz et Lil, et l'influence de leur relation fusionnelle et souvent dévastatrice sur toute leur famille et leur entourage en général. Cette relation devient si forte et unit à un point tous les membres de la famille que le tout semble vivre dans son propre monde, et ceux qui essaient de s'en échapper, tel Harold l'un des maris des grand-mères, s'excluent involontairement à jamais. Doris Lessing utilise de nombreux clichés du parfait bonheur, par exemple vie paisible sous le soleil au bord de mer, une belle famille bien unie, pour ensuite nous surprendre en nous décrivant les travers cachés derrière. L'écriture est simple et Lessing nous raconte les choses sans concessions, notamment l'amour sous toutes ses formes que ce soit conjugal ou même quasi incestueux. Les personnages sont bien peu attachants créant un volontaire distancement entre le lecteur et les lecteurs, car eux aussi ne sont pas conviés dans ce petit monde familial.
Les Grand-mères est un excellent court roman, souvent dérangeant, de la part de Doris Lessing, Prix Nobel de littérature en 2007.
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Voir également :
- Un enfant de l’amour (A Love Child) - Doris Lessing (2003), présentation
15:06 Écrit par Marc dans Lessing, Doris | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : doris lessing, romans psychologiques, litterature britannique, prix nobel de litterature |
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vendredi, 21 septembre 2007
L’autre comme moi (O Homen duplicado) - José Saramago - 2002

Tertuliano Màximo Afonso, 38 ans divorcé et vivant seul, est professeur d’histoire dans un collège. Il mène une vie un tranquille, un peu trop même, dans laquelle les jours se suivent et se ressemblent dans une parfaite monotonie. Un jour cependant tout va basculer au moment où il aperçoit son double parfait dans un film loué dans un club vidéo sur les conseils d’un collègue. Pas un jumeau, mais vraiment lui-même, son identique, jouant un rôle de figurant dans une petite production nationale. En proie à la plus grande confusion il visionne d'autres films du même producteur en espérant tomber à nouveau sur le même acteur afin de confirmer sa découverte, mais aussi, évidemment, afin de découvrir l’identité de son identique.
Dans L’autre comme moi, l’écrivain portugais et lauréat du Prix Nobel de littérature en 1998 José Saramago nous raconte une merveilleuse histoire de double qui côtoie le fantastique sans jamais y entrer. Le thème du double nous est présenté de façon très forte et très originale. L’histoire, même si elle se base sur des personnages très banaux, des gens comme tout le monde, devient quasiment mythique. A travers ce sujet José Saramago parle finalement de la crise d’identité mais aussi de la contradiction de l’individualité de l’homme dans la société moderne faite de millions d’êtres semblables accomplissant des choses semblables et dans laquelle pourtant tout individu se croit absolument unique, au point même que l’apparition d’un double devient terrorisante.
Le tout est écrit dans un style très vif, toujours plaisant, malgré la complexité de certaines constructions. Saramago réussit particulièrement dans les descriptions plus psychologiques, devenant véritablement vertigineuses, qu’il donne de ses personnages ainsi que de leurs pensées.
L’autre comme moi est un excellent roman José Saramago.
Un roman à lire de toute urgence.
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Voir également :
- L'Aveuglement (Ensaio sobre a cegueira) - José Saramago (1995), présentation
15:05 Écrit par Marc dans Saramago, José | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature portugaise, prix nobel de litterature, romans philosophiques, romans psychologiques, jose saramago |
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dimanche, 29 juillet 2007
Les Voix de Marrakech: Journal d'un voyage (Die Stimmen von Marrakesch : Aufzeichnungen nach einer Reise) - Elias Canetti - 1967

Elias Canetti fait un voyage à Marrakech en 1954 et relate dans son journal les voix, les bruits, les gestes et les images qu’il enregistre au cours de ses promenades à travers les quartiers arabes et juifs, le Mellah, de la ville. Il décèle ce qui se passe entre ces hommes étrangers et il approfondit leur attitude devant la mort.
Ecrivain d'origine bulgare à la double nationalité turque et britannique, d'expression allemande et lauréat du Prix Nobel de littérature en 1981, Elias Canetti relate dans ce magnifique recueil publié en 1967 des impressions faites lors d'un voyage à Marrakech quatorze ans plus tôt pour le tournage d'un film. Ce n'est pas un récit de voyage mais un assemblage désordonné de notes quotidiennes, de moments vécus dans cette ville qui émerveilla l'écrivain à jamais. A travers ces quatorze récits Canetti nous fait vivre la ville de Marrakech sous plusieurs de ses aspects, visite d'un marché de chameaux, les souks, les commerces, le Mellah, la Place Jamaa-El-Fna, .... Mais au fil de la lecture au travers de ces divers récits il en dévoile tout autant sur lui-même.
A découvrir!
23:10 Écrit par Marc dans Canetti, Elias | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : elias canetti, prix nobel de litterature, litterature allemande, litterature anglaise, litterature turque, litterature bulgare, marrakech, maroc, recits de voyages, recits autobiographiques |
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