dimanche, 29 juillet 2007

Les Voix de Marrakech: Journal d'un voyage (Die Stimmen von Marrakesch : Aufzeichnungen nach einer Reise) - Elias Canetti - 1967

bibliotheca les voix de marrakech

Elias Canetti fait un voyage à Marrakech en 1954 et relate dans son journal les voix, les bruits, les gestes et les images qu’il enregistre au cours de ses promenades à travers les quartiers arabes et juifs, le Mellah, de la ville. Il décèle ce qui se passe entre ces hommes étrangers et il approfondit leur attitude devant la mort.

Ecrivain d'origine bulgare à la double nationalité turque et britannique, d'expression allemande et lauréat du Prix Nobel de littérature en 1981, Elias Canetti relate dans ce magnifique recueil publié en 1967 des impressions faites lors d'un voyage à Marrakech quatorze ans plus tôt pour le tournage d'un film. Ce n'est pas un récit de voyage mais un assemblage désordonné de notes quotidiennes, de moments vécus dans cette ville qui émerveilla l'écrivain à jamais. A travers ces quatorze récits Canetti nous fait vivre la ville de Marrakech sous plusieurs de ses aspects, visite d'un marché de chameaux, les souks, les commerces, le Mellah, la Place Jamaa-El-Fna, .... Mais au fil de la lecture au travers de ces divers récits il en dévoile tout autant sur lui-même.

A découvrir!

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dimanche, 17 juin 2007

Istanbul: Souvenirs d’une ville (İstanbul: Hatıralar ve Şehir) - Orhan Pamuk - 2003

bibliotheca istanbul souvenirs d une ville

L'écrivain Orhan Pamuk, lauréat du Prix Nobel de littérature en 2006, est né le 7 juin 1952 à Istanbul. Et depuis, toute sa vie sera attachée à cette ville. Il a grandi dans l'immeuble familial avec ses oncles, tantes, cousins, ... , et c'est de là qu'il découvre le monde et qu'il restera toute sa vie.
Dans cette autobiographie Istanbul, souvenirs d'une ville, Orhan Pamuk retrace ses premières les années de son enfance et de sa jeunesse en racontant en parallèle l'histoire de sa ville natale. Il y raconte sa vie dans une famille bourgeoise d'Istanbul, son parcours scolaire, ses rencontres et comment petit à petit a germé en lui l'idée de devenir écrivain.
Istanbul en cette deuxième moitié de vingtième siècle respire la tristesse est la mélancolie d'une grandeur déchue, l'empire ottoman n'étant plus qu'un vague souvenir. Pamuk décrit les maisons décrépies, trottoirs défoncés, murailles effondrées de cette cité qui à cette époque n'est plus que l'ombre d'elle-même. Il raconte aussi ses promenades dans les rues sombres et le long du Bosphore et sa redécouverte d'un Istanbul d'antan à travers les peintures et d'anciens livres. Orhan Pamuk s'attache beaucoup aux importantes métamorphoses de sa ville: au début une ville très hétéroclite (plus de la moitié de ses habitants étaient des grecs, Arméniens, Juifs ou autres) qui après de nombreuses purges ethniques devient une ville quasi uniquement occupée par des Turcs musulmans pour ensuite se réouvrir petit à petit au monde, notamment à l'Occident. Et c'est dans ce contexte que va évoluer Orhan Pamuk et sa famille, qui à l'image de sa ville ne cesse de se détruire suite à des séparations et d'importants problèmes financiers.

Istanbul: Souvenirs d'une ville est donc à la fois une autobiographie d'un des plus grands écrivains turcs contemporains et aussi une merveilleuse histoire d'amour entre un homme et sa ville natale. Orhan Pamuk y fait part de sa vision particulière de cette ville à la culture unique et extrêmement riche. Il est cependant regrettable que Pamuk n'y ait intégré la moindre once de dramaturgie et son récit semble fort égocentrique. Les scènes familiales sont décrites avec un certain distancement de sorte que l'on a du mal à s'en émouvoir. De ce fait ce livre ne prend de valeur que par les descriptions et l'histoire d'Istanbul et les passages autobiographiques paraissent parfois être fort inutiles.

Istanbul: Souvenirs d'une ville offre au lecteur un magnifique voyage à travers l'histoire d'Istanbul.

Il est à noter que le livre est illustré par de magnifiques photos choisies par l'auteur lui-même.

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Voir également :
- biographie et bibliographie - Orhan Pamuk
- Le château blanc (Beyaz Kale) - Orhan Pamuk (1985), présentation
- Neige (Kar) - Orhan Pamuk (2002), présentation

dimanche, 11 février 2007

Le château blanc (Beyaz Kale) – Orhan Pamuk – 1985

bibliotheca le chateau blanc

Au XVIIe siècle, le narrateur, un jeune scientifique italien ayant un fort penchant pour l’astronomie est capturé lors d’un voyage en mer par des marins turcs qui le ramènent à Istanbul où il sera enfermé dans une geôle pour être vendu en tant qu’esclave. Riche de son savoir scientifique le narrateur réussit à se faire passer pour médecin, ainsi il est employé à de moins pénibles tâches que ses compères d’infortune. Et sa carrière médicale inventée et improvisée sur le tas remporte un certain succès et sa renommé s’accroît. Sa renommée ne fait que s’accroître et petit à petit il est convoqué pour des consultations dans les demeures de riches bourgeois turcs. C’est alors qu’il est convoqué par le Pacha. Celui-ci est impressionné par les connaissances scientifiques du narrateur et décide de l’offrir en esclave à un scientifique, dénommé le Maître, qui a l’habitude de travailler pour lui. Les deux hommes sont présentés et c’est le choc : les deux personnages se ressemblent comme deux gouttes d’eau, à la différence que le turc porte la barbe au contraire du narrateur. De par leur ressemblance ils se méfient directement l’un de l’autre mais acceptent cependant la condition que leur impose le Pacha. Les deux savants vont commencer à travailler ensemble sur divers projets tels des feux d’artifices, des horloges etc. Le Maître est particulièrement avide acquérir les connaissances du narrateur, sans trop le lui montrer évidemment. Ensemble ils réussissent même à éradique une épidémie de peste. Alors que leurs travaux avancent parfaitement, la vie entre les deux devient de plus en plus difficile. Tantôt dominant, tantôt dominé, des années durant, chacun raconte sa vie à l'autre. Ils finissent par se connaître à un point qu’ils sont quasiment interchangeables. Mais peu à peu les deux deviennent totalement dépendants l’un de l’autre jusqu’à ce que les rôles s’inversent. Un jour, le Pacha leur demande de construire une machine de guerre redoutable qui devra assurer les victoires futures de l’armée turc du sultan Mehmet IV. Mais la mise en place de cette arme et son utilisation ne se passera pas comme il faut. Craignant pour sa vie, le Maître usurpe l'identité, la personnalité et le passé du narrateur. Celui-ci reste à Istanbul, devient le Maître. Des années plus tard, il entend parler de l'Autre, comme d'un ancien esclave capturé par des marins turcs, et qui s'est évadé.

Le château blanc de l’écrivain turc Orhan Pamuk est une magnifique fable romanesque et historique se déroulant au XVIIe siècle à Istanbul, ville chère à l’auteur. C’est l’histoire de deux hommes, un chrétien d’Occident et un musulman d’Orient, qui se ressemblent à un point qu’ils pourraient s’interchanger et cela dans le cadre d’une ville partagée sur deux continents à la frontière entre l’ouest et l’est. Le sujet des relations entre Occident et Orient, qui donne lieu à des affrontements identitaires dans son pays, est très important chez Orhan Pamuk qui d’ailleurs l’utilise dans bon nombre de ses romans. Il semble se cacher dans ce roman une certaine métaphore dans la collaboration de ces deux hommes, dans le sens où ils fournissent le meilleur d’eux-mêmes que lorsqu’ils arrivent à plus ou moins s’entendre. Les personnages du roman, outre les deux protagonistes principaux, représentent chacun une facette de la Turquie d’aujourd’hui que ce soit d’un point de vue religieux (l’Islam, la Chrétienté) ou politique. Donc, au-delà de la métaphore du choc culturel Occident-Orient, il s’agît tout aussi bien d’une illustration de la Turquie actuelle. Hormis ces considérations d’ordre plutôt politique, Le château blanc est avant tout un magnifique roman plein de beauté et de poésie. Ce roman reste toujours très simple et cette simplicité permet à l’écrivain de se concentrer sur une poignée de personnages, très attachants et intrigants, et de bien développer leur psychologie et l’évolution de celle-ci. D’ailleurs l’évolution est surtout d’ordre intérieur, et d’ailleurs peut-on parler d’évolution alors que les deux protagonistes semblent se perdre sans cesse dans les méandres de leurs analyses. Alors que les deux scientifiques se perdent dans leurs études, le monde autour d’eux bouge sans cesse et finalement ils ne réussiront plus à le suivre. Leur dernière invention ne fonctionnera pas et tout cela se passe sous les yeux amusés du Sultan qui semble avoir un véritable plaisir à la contemplation de ces deux érudits. On ressent d’ailleurs une certaine claustrophobie dans la description de ces deux personnages cloitrés la majorité du temps chez eux à étudier. Le récit est aussi emprunt d’un certain humour, la relation entre les deux savants et leurs développements scientifiques et philosophiques prêtent parfois à un certain amusement malgré leur gravité. Un exemple en est lorsque arrive au Maître cette idée terriblement farfelue que la Terre pourrait tourner autour du Soleil et non le contraire, idée qui amusera le narrateur qui lui est bien plus compétent en astronomie. Mais ce récit, malgré sa simplicité, ne cesse d’intriguer le lecteur, le laissant à la fois perplexe et dérouté.

Le château blanc, paru en 1985, est le troisième roman d’Orhan Pamuk, lauréat du Prix Nobel de littérature en 2006.

Un roman à découvrir au plus vite.

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Voir également :
- biographie et bibliographie – Orhan Pamuk
- Neige (Kar) – Orhan Pamuk (2002), présentation
- Istanbul: Souvenirs d'une ville (İstanbul: Hatıralar ve Şehir) - Orhan Pamuk (2003), présentation

jeudi, 19 octobre 2006

Neige (Kar) - Orhan Pamuk - 2002

neige

Le jeune poète Ka, de son vrai nom Kerim Alakusogulu, quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville d'Anatolie proche des frontières géorgiennes et arméniennes. Il n'a plus écrit de poèmes depuis des années. Le but de son voyage est de faire une enquête au nom d'un journal d'Istanbul sur une série de cas de suicides de jeunes femmes, car à Kars l'idée court que le suicide est contagieux. Mais Ka désire aussi retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée de Muhtar, un islamiste candidat à la mairie de Kars. Ka arrive à Kars lors d'immenses chutes de neige qui feront que la ville sera isolée du monde entier pour les jours à venir. Mais la ville de Kars est aussi sous haute tension. Les élections municipales approchent, et les islamistes risquent de rafler la mise, n'hésitant pas à faire régner la terreur parmi la population. La réponse des nationalistes et laïques est tout aussi virulente menant à un coup d'état provisoire dans la ville durant ces quelques jours d'isolement. Un carnage va suivre. Le port du foulard musulman, ou plutôt l'interdiction de porter ce foulard dans les écoles et institutions publiques est le détonateur de tout ce qui va arriver par la suite. À peine arrivé dans la ville de Kars, Ka est l'objet de diverses sollicitudes et se trouve piégé par son envie de plaire à tout le monde : le chef de la police locale, la sœur d'Ipek adepte du foulard, l'islamiste radical Lazuli vivant dans la clandestinité, ou l'acteur républicain Sunay, tous essaient de gagner la sympathie du poète et de le rallier à leur cause. Dans ce contexte difficile, Ka va cependant retrouver son inspiration poétique et vivre cette expérience comme dans un rêve.

Selon les propos de l'auteur, Neige, paru en Turquie en 2002, est un roman politique, mais qui va bien plus loin que cela. Orhan Pamuk lui-même avait déclaré cette forme littéraire comme démodé et se posait la question sur comment la remettre à la mode. La réponse se trouve en Neige en un récit inventif, admirablement structuré et monté faisant de ce roman une oeuvre intégrale et non artificielle voulant apporter rapidement des principes politiques aux lecteurs. Ici il ne s'agît pas d'un argument politique déguisé en fiction, mais bien d'une histoire réelle et complète d'un individu, le poète occidentalisé Ka et son expérience lorsqu'il se retrouve piégé dans une ville de province au fin fond de l'Anatolie. Le narrateur de l'histoire est un vieil ami du poète en question, qui raconte cette histoire en se basant sur des notes prises lors de ce voyage à Kars, ce qui donne un côté plus mystique au personnage, que finalement on ne connaîtra jamais réellement. Le héros s'appelle Ka, le livre Kar et la ville Kars, en français kar se dit neige. Trois jours se dérouleront à Kars, ville des neiges, mais tout une vie s'y écoulera pour Ka. Il verra comment les jeunes filles se suicident: en se pendant, en se tirant une balle dans la tête, en avalant des boîtes de médicaments. «Il est sûr que la cause de ces suicides réside dans cet extrême malheur de nos filles ; il n'y a pas de doute à cela, dit à Ka le préfet adjoint. Mais si le malheur était une vraie cause de suicide, la moitié des femmes en Turquie se seraient suicidées». Il assiste en direct à l'assassinat par un musulman exalté du directeur de l'école qui respecte les consignes de refuser d'enseigner aux jeunes filles voilées. Il sera impliqué dans de multiples complots, organisés par les islamistes et les républicains. Il devra faire face aux violences policières, aux injustices sociales, à une presse qui écrit ses articles à l'avance, avant même que les événements se passent, et qui se passent effectivement après tel que cela est écrit. Mais Ka écrira aussi à Kars dix-neuf poèmes. Il les écrira sans problème, sans effort, comme si les vers lui tombaient sur le papier d'une inspiration soudaine et fluide. Mais pas le moindre vers ne paraîtra dans ce roman, le narrateur n'ayant pas retrouvé les poèmes après la mort du poète.
L'un des sujets principaux du roman de Orhan Pamuk est la description d'une Turquie en guerre interne entre une société occidentale moderne et une plus orientale. «Nous autres, nous ne pouvons pas être européens ! lança un autre jeune islamiste avec un air d'orgueil. Ceux qui s'emploient à nous faire rentrer de force dans leur modèle, ils pourraient peut-être le faire à coups de tanks et de fusils, en nous liquidant tous. Mais notre âme jamais ils ne pourront la changer». Orhan Pamuk y parle la montée d'un islamisme intégriste et violent dans une Turquie républicaine et laïque, du nationalisme turc et ses conséquences, y évoque la question kurde en décrivant certaines injustices vécues par ceux-ci, ainsi que le génocide arménien en parlant «de la section spéciale "Massacre des Arméniens" au musée (certains touristes croient qu'il s'agit d'une exposition sur les Arméniens massacrés par les Turcs et finissent par comprendre qu'il s'agit du contraire)» et aussi lorsqu'à un moment un vieux journaliste énumère longuement «les croisades, le massacre des Juifs, des Peaux-Rouges en Amérique, les assassinats de musulmans par les Français en Algérie, quelqu'un dans la foule, brisant ce bel élan, demanda sournoisement où se trouvaient les "millions d'Arméniens de Kars et de toute l'Anatolie" ; mais l'indic qui prenait des notes, ayant pitié de lui, n'avait pas écrit sur son papier qui avait dit cela».
Le roman même s'il est vite devenu un best-seller en Turquie a très vite été critiqué et attaqué par tous les fronts.

Neige est un roman hors pair, passionnant d'un bout à l'autre, un chef d’œuvre de la part d'un très grand écrivain devenu aujourd'hui incontournable et qui reçu récemment le Prix Nobel de littérature 2006. Orhan Pamuk a été défini par le Comité Nobel comme un écrivain "qui à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entrelacement des cultures". Neige illustre parfaitement ce propos.

A lire absolument!

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Voir également:
- Orhan Pamuk, biographie et bibliographie
- Le château blanc (Beyaz Kale) – Orhan Pamuk (1985), présentation
- Istanbul: Souvenirs d'une ville (İstanbul: Hatıralar ve Şehir) - Orhan Pamuk (2003), présentation

jeudi, 12 octobre 2006

Prix Nobel de littérature 2006: Orhan Pamuk

orhanpamuk


Le Prix Nobel de littérature a été décerné ce jeudi 12 octobre 2006 à l'écrivain turc Orhan Pamuk. Le comité Nobel a choisi de récompenser un écrivain "qui à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entralacement des cultures", a indiqué le communiqué de l'Académie suédoise pour expliquer son choix. Le Nobel de littérature est doté comme les autres prix Nobel de 10 millions de couronnes suédoises (environ 1,1 million d'euros).

Orhan Pamuk est né le sept juin 1952 à Istanbul issu d'une famille bourgeoise. Il entreprend des études d’architecte à l’Université technique d’Istanbul qu’il abandonne après trois ans pour se consacrer à l'écriture. La première nouvelle qu'il publie en 1979, « Karanlik ve Iþik » (non traduit encore en français). Après des études de journalisme, il quitte la Turquie durant quelques années pour l'Université de New York. En 1982, il épouse Aylin Turegenen avec qui il a une fille, Rüya (« Rêve » en turc). Ils sont séparés depuis 2001.

Son premier roman Cevdet Bey et ses fils (Cevdet Bey ve Oðullarý) en 1982 reçoit le prix du roman Orhan Kemal l'année suivante. Son second roman La Maison du silence (Sessiz Ev) est publié en 1983. En 1985, son roman historique Le Château blanc (Beyaz Kale) le confirme comme auteur largement lu dans le monde entier. En 1990, Le Livre Noir (Kara Kitap), oeuvre à l'architecture et au style complexe, devient l'un des romans les plus controversés et les plus lus de la littérature turque. La Vie nouvelle (Yeni Hayat) devient un best-seller en Turquie en 1995. Dans La Vie nouvelle (Yeni Hayat, 1995) et Mon nom est Rouge (Benim Adým Kýrmýzý, 2000) qui comme à l'accoutumée marie des genres et des thèmes différents tels le récit policier, la romance ou la réflexion philosophique dans un cadre historique, en l'occurrence l'Istanbul du XVIe siècle.. Son dernier roman Neige (Kar, 2002), où il traite de l'Islam, de la laïcité, du port du voile, de la pauvreté, du manque de liberté d'expression... lui vaut un succès publique et critique mondial. L'un des sujets principaux de son oeuvre est le déchirement de la société turque entre orient et occident.

Ecrivain talentueux et reconnu, Orhan Pamuk est avant tout un citoyen engaé. "Un million d'Arméniens et 30.000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire", avait-il affirmé en février 2005 dans un hebdomadaire suisse. Il est vit devenu la cible des nationalistes pour sa défense des causes arménienne et kurde et se voit qualifié de renégat pour ses déclarations sur ces sujets longtemps restés tabous. Cela lui a d'ailleurs valu une mise en procès pour "insulte ouverte à la nation turque", un crime passible de six mois à trois ans de prison. Les poursuites ont finalement été abandonnées début 2006.


Bibliographie:

1982 Cevdet Bey ve Oðullarý (Cevdet Bey et ses fils), roman
1983 Sessiz Ev (La Maison du silence), roman
1985 Beyaz Kale (Le Château blanc), roman
1990 Kara Kitap (Le Livre noir), roman
1992 Gizli Yuz (Secret Face), scénario
1995 Yeni Hayat (La Vie nouvelle), roman
1998 Benim Adým Kýrmýzý (Mon nom est Rouge), roman
1999 Öteki Renkler (The Other Colors), essais
2002 Kar (Neige), roman
2003 Ýstanbul: Hatýralar ve Þehir (Istanbul: Souvenirs d'une ville), mémoires

Voir également:
- Le château blanc (Beyaz Kale) – Orhan Pamuk (1985), présentation
- Neige (Kar) - Orhan Pamuk (2002), présentation
- Istanbul: Souvenirs d'une ville (İstanbul: Hatıralar ve Şehir) - Orhan Pamuk (2003), présentation

14:14 Écrit par Marc dans Pamuk, Orhan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orhan pamuk, prix nobel de litterature, litterature turque | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

jeudi, 01 décembre 2005

INDEX - Turquie

Canetti, Elias
- Les Voix de Marrakech : Journal d'un voyage (Die Stimmen von Marrakesch : Aufzeichnungen nach einer Reise, 1967), présentation
Orga, Irfan
- Portrait d'une famille turque (1950), présentation
Pamuk, Orhan
- biographie et bibliographie
- Le château blanc (Beyaz Kale, 1985), présentation
- Neige (Kar, 2002), présentation
- Istanbul: Souvenirs d'une ville (İstanbul: Hatıralar ve Şehir, 2003), présentation







22:14 Écrit par Marc dans INDEX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, litterature turque | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

jeudi, 20 octobre 2005

Portrait d'une famille turque (Portrait of a Turkish Family) - Irfan Orga - 1950

Irfan Orga est né dans une famille prospère d'Istanbul, dans l'ancienne Turquie, sous les sultants. La vie est belle pour Irfan dans une société très traditionelle, mais tout va changer en 1914.

La guerre va éclater en Europe, et la Turquie va se ranger du côté de l'Allemagne et entrer dans une effroyable guerre. La Turquie va petit à petit devenir une république, les traditions vont changer, et un génocide se prépare au loin. La famille d'Irfan sera fortement appauvrie et détruite par cette guerre.

En 1941 Irfan Orga fuit pour Londres, où sept ans plus tard, il va écrire cette petite biographie qui raconte la survie extraordinaire de sa famille, ou plutôt de ce qui en reste.

Le caractère principal est aussi cette Turquie qui va changer, souffrir au dépens d'une guerre qui ne les concerne pas. Les passages sur le changement de société et de mentalité en Turquie sont très intéressants et fortement développés, toujours du point de vue de la famille d'Orga.
Ce livre s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à la Turquie, son histoire, ses coutumes et traditions.

Cet excellent livre se lit comme un roman de fiction, avec passion et beaucoup d'intérêt.

17:41 Écrit par Marc dans Orga, Irfan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, irfan orga, litterature turque, recits autobiographiques, istanbul | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!