mercredi, 27 juillet 2011
Un gros bobard et autres racontars (En lodret løgn og andre skrøner) – Jørn Riel - 1986
« À dix-neuf ans, en 1949, un impétueux jeune homme quitte son Danemark natal "trop rigide" et part courir l'aventure au Groenland. Jorn Riel y restera seize ans, à mesurer les glaciers et à se mesurer à lui-même, à défier l'immensité, la solitude, la peur, le froid. Pour adoucir les nuits polaires et les jours sans soleil, il s'amuse à écrire des contes. À coups d'anecdotes pétillantes, il met en scène ses compagnons, des hommes bourrus, trappeurs au grand coeur, chasseurs de phoques, buveurs de tord-boyaux, fiers solitaires et pourtant indécrottables sentimentaux en quête de l'âme soeur. » - Quatrième de couverture.
Les racontars arctiques de l’écrivain danois Jorn Riel se suivent et se ressemblent, mais c’est toujours avec le même plaisir et le même enchantement que l’on découvre l’un de ces dix tomes que constituent l’ensemble de cette longue saga écrite en 1974 et 1996. Evidemment mieux vaut les lire dans l’ordre, mais ne pas le faire ne s’avère pas trop grave. On retrouve avec plaisir cette bande de joyeux chasseurs arctiques exilés sur les côtes groenlandaises, abandonnés à eux-mêmes et qui accumulent les aventures les plus drôles. Comme l’explique l’auteur lui-même au sujet de ses racontars : Ce sont des histoires vraies qui pourraient passer pour des mensonges, à moins que ce ne soit l’inverse. Et cela se confirme à merveille à travers cette multitude de textes et histoires. C’est burlesque, drôle, parfois grotesque mais au final toujours très humain. Et ces 150 pages se lisent avec une facilité et un plaisir inégalés.
A lire !
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Présente édition : traduit par Suzanne Juul et Bernard Saint Bonnet, éditions 10/18, 1 janvier 2002, 152 pagese
Voir également :
- Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars (Forliset og andre skoner) - Jorn Riel (1996), présentation et extrait
15:50 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Riel, Jørn | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : un gros bobard et autres racontars, jorn riel, racontars, litterature danoise, groenland, romans d aventures |
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jeudi, 18 février 2010
A la recherche d'Hemingway (På udkig efter Hemingway) - Leif Davidsen - 2008

« Vous parlez espagnol, vous êtes touriste, vous êtes un pèlerin d’Hemingway, ce qui est la meilleure couverture du monde, à Cuba. En outre, vous vous ennuyez et vous avez envie de voir si la vie peut toujours faire bouillir le sang dans vos veines. »
John Petersen est professeur d'espagnol à Ringkøbing, petite ville danoise du Jutland. Sa vie ne le satisfait guère. Sa femme est décédée d'une longue maladie, ainsi que son fils âgé d'un an et demi. Il décide de tout quitter pour se consacrer à sa passion : Ernest Hemingway. Ainsi il part pour la Floride, sur l'île de Key West, sur les traces du grand écrivain américain pour retrouver la tombe de Sloppy Joe, un ami de l'auteur. Carlos Guteriez, un vieil exilé cubain de 75 ans, l'aide à se retrouver dans le cimetière, et les deux hommes se lient rapidement d'amitié. Guiterez confie à John qu'il se sent bientôt mourir et qu'il ne souhaite plus qu'une chose : revoir sa fille Carla, retournée à La Havane et mariée à un haut fonctionnaire cubain. Il demande à John de faire parvenir à Carla un message de son vieux père. Le professeur accepte de suite : un voyage à Cuba n'est pas pour lui déplaire. Mais à son départ il se fait contacter par des amis de Carlos, en fait des agents de la CIA, qui lui confient une toute autre mission. Rien de compliqué à priori, il lui faut juste délivrer un message supplémentaire. Et son voyage prend un tournant inattendu, d'autant plus que dès son arrivée Peterson se sent suivi. Habitué à une vie danoise bien rangée, il est loin d'imaginer l'engrenage dans lequel il a mis les pieds.
Dans A la recherche d'Hemingway, paru en 2008 dans sa version originale, l'écrivain et ancien grand reporter danois Leif Davidsen invite le lecteur à se plonger dans une palpitante enquête policière qui va mener un professeur danois bien rangé à Cuba, à la fin des années castristes, dans une affaire criminelle et politique qui le dépasse. John Petersen n'a en effet rien d'un héros, tout ce qui l'intéresse est Hemingway. Mais ses tribulations dans un Cuba plus vrai que nature, rendu incroyablement vivant par des descriptions minutieuses et hautes en couleurs, vont le bouleverser et tenir le lecteur en haleine jusqu'à un magistral et surprenant dénouement. Le départ est plutôt lent, se concentrant sur les flâneries de Petersen, et peu à peu, alors que l'intrigue commence à s'étoffer autour du narrateur, le tout prend de la vitesse et le lecteur accroche de plus en plus. Le lecteur est également porté par des personnages très réussis, bien approfondis et toujours attachants.
Il s'agît évidemment d'un roman policier, voire d'un roman d'espionnage, traitant de multiples sujets liés à Cuba et décrits avec une grande connaissance du sujet, mais le thème principal reste la vie de l'écrivain Ernest Hemingway, et cela jusqu'à la fin, car ce qui paraît au départ n'être qu'un prétexte gagne de plus en plus de sens au fur et à mesure que l'intrigue avance.
A la recherche d'Hemingway de Leif Davidsen, outre d'être un magnifique hommage à l'œuvre et la personne d'Ernest Hemingway, est un palpitant polar, très prenant qui fera découvrir au lecteur un Cuba plus vrai que nature.
A découvrir absolument !
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Présente édition : traduit du danois par Monique Christiansen, Editions Gaïa, 3 février 2010, 336 pages
19:31 Écrit par Marc dans Davidsen, Leif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : leif davidsen, thrillers, litterature danoise, romans policiers, romans d espionnage, cuba, la havane, ernest hemingway |
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mercredi, 03 février 2010
Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars (Forliset og andre skrøner) - Jørn Riel - 1996

Le gouvernement danois l’a décidé : toutes les stations qu’elle entretient dans le nord-est groenlandais doivent être fermés et leurs occupants rapatriés dans leur pays natal.
Mais pour ces quelques habitants, tous des solitaires habitués au grand froid dans cette terre aussi glaciale que déserte, cette nouvelle est synonyme de catastrophe. Leur terre natale, surchauffée et surpeuplée, ils ne la connaissent qu’à peine, oubliée depuis longtemps. Et pour des gens de cette trempe toutes les idées, mêmes les plus farfelues, sont bonnes pour trouver une échappatoire. On pense même à l’indépendance du nord-est groenlandais. Hélas les grandes idées font vite place à de bien plus petites.
Et tous vont connaître un sort différent. Pour Museau, qui préfère se laver en pleine nature que se montrer tout nu à ses camarades, c'est le gel éternel. Doc et le télégraphiste Mortensen manquent de se perdre à tout jamais en cherchant à franchir l'Islandis à vélo à voile. Lasseville, le jeune chasseur un peu simplet, envoyé par Bjorken dans le désert blanc pour attendre une hypothétique mission française, flirte avec la folie. Et le bateau d'Olsen, la « Vesle Mari », fait irrémédiablement naufrage… sauf que le capitaine avait juste avant souscrit à une assurance avantageuse, pour mieux rebondir.
Finalement, que l’on se rassure, tous vont réussir à se recaser, mais sûrement pas au Danemark…
L’écrivain danois Jorn Riel, malgré une longue et belle carrière dans son pays, n’est que peu connu dans le public francophone. C’est évidemment un tort, une terrible lacune dans le paysage littéraire et culturel français, tant ses textes sont savoureux.
Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars met un terme à une série de dix volumes écrits par l’écrivain Jorn Riel entre 1974 et 1996 et fait ainsi suite directement à La Circulaire et autres racontars (Cirkulæret og andre skrøner, 1994). Si des liens existent entre les différents volumes, il s’agît toujours de mêmes personnages, tout volume peut toutefois être lu indépendamment, grâce à ses constructions qui ressemblent plus à des successions de nouvelles, les racontars, qu’à des romans linéaires. Et lorsqu’on se demande ce qu’est exactement un racontar (skrøner en danois), Jorn Riel explique : Ce sont des histoires vraies qui pourraient passer pour des mensonges, à moins que ce ne soit l’inverse.
Pour ce dernier volume, Jorn Riel, met un terme définitif à ces racontars par la circulaire gouvernementale mettant un terme aux stations du nord-est groenlandais. Mais évidemment ses héros ne peuvent retourner au Danemark. Ce pays n’est pas fait pour des chasseurs arctiques de leur trempe. Ainsi l’auteur nous convie à des dernières aventures, toutes aussi burlesques, drôles que poétiques et tragiques et qui nous mènent une dernière fois dans le grand nord sur les traces de ses habitants
Ce dernier tome se veut toutefois plus nostalgique et plus émouvant que les précédents. Quelque part c’est la fin d’un monde, d’une société bien particulière que nous conte ici l’auteur danois.
Sans avoir lu l’entièreté de ces racontars arctiques, on s’attache de suite aux multiples personnages présents, et on rit beaucoup, énormément même. Jorn Riel s’avère vite être un conteur tout simplement extraordinaire.
Il est à noter que l’auteur a vécu 16 ans au Groenland, où son enfance a été marquée par les longs récits des pionniers de l’Arctique, tels que Knud Rasmussen et Peter Freuchen. L’auteur a ensuite parcouru le monde pour s’installer en Malaisie histoire de décongeler se plaît-il à dire.
La maison d’édition Gaïa, spécialiste de la publication de romans nordiques en français, avait été fondée dans les années 1990 par Suzanne Juul et Bernard Saint Bonnet, justement dans le but de faire partager au public francophone ces incroyables histoires de ce facétieux Danois qu’est Jorn Riel.
Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars de Jorn Riel est un texte magnifique, drôle et tragique à la fois.
Un pur bonheur de lecture !
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Extrait :
Le goût était singulier, mais s'adoucit un peu quand Doc, magnanime, saupoudra les portions de cannelle.
« J'en ai mangé des choses dans ma vie de marin, dit Mortensen, mais jamais rien qui s'approchait de ça. » Il mâcha longuement et assidûment un morceau de phoque. « Cette chose porte un nom ? »
« Soupe au lait et à la viande, répondit Doc. De la soupe épaissie avec des feuilles d'angélique hachées, de l'oseille et un peu de levure sèche, pour la vitamine B. »
Mortensen posa l'assiette sur le traîneau et rota discrètement. Il se laissa aller contre le montant du traîneau et porta sa pipe à la bouche, puis il plissa les yeux et regarda au loin. Doc rinça assiettes et casserole avec de la neige et rangea le nécessaire à tambouille dans une des sacoches latérales du vélo. Son regard glissa langoureusement sur les instruments de musique, solidement attachés au cadre, mais il résista à la tentation. Ce soir-là se devait d'être silencieux, dédié à la réflexion. Avec un léger soupir, il étala une peau de renne sur le sol et s'assit en tailleur près de Mortensen.
« Quand j'étais gosse, dit Mortensen doucement, j'étais fou de bonbons. J'avais jamais ma dose de ces cochonneries, je piquais des ronds dans le porte-monnaie de mon père ou dans la commode, pour satisfaire ce besoin. J'étais évidemment le gros de la classe, mais personne ne se moquait vraiment, vu que je pouvais tabasser même les plus grands. J'étais insatiable, Doc, j'avalais tout ce que je pouvais trouver de sucré. » Il tendit la main devant lui. « Mais ça, Doc, c'est une sucrerie pour l'âme. On s'en lasse jamais, on peut y goûter encore et encore. »
Doc regarda alors ce que Mortensen contemplait : cette longue sucrerie de neige bleu acier qui descendait le long de la montagne, les crevasses noires et leurs petits ponts de neige. En dessous, le magnifique paysage montagneux avec ses parois brunes tachetées de neige, et ses pieds enfoncés dans le fjord vert bronze, presque noir. Tout en bas, au loin, Doc apercevait le toit de la toute petite station de Cap Rumpel, et son antenne radio scalpée, qui ne semblait pas plus grande qu'une déjection de renard dressée et gelée.
« C'est si beau, murmura-t-il, qu'on pourrait presque en faire un petit poème. »
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Présente édition : traduit du danois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet, Editions Gaïa, 31 octobre 2009, 254 pages
Voir également :
- Un gros bobard et autres racontars (En lodret løgn og andre skrøner) - Jorn Riel (1986), présentation
18:59 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Riel, Jørn | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le naufrage de la vesle mari et autres racontars, jorn riel, racontars, litterature danoise, groenland, romans d aventures |
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lundi, 21 décembre 2009
Pays des ombres (Skyggeland) - Stig Dalager - 2007

Jon, un avocat réputé, vit à New York avec sa compagne israélienne. Le 11 septembre 2001, le couple se dispute avant de partir pour le travail. Eve travaille à Manhattan au World Trade Center. Dès le matin deux avions crashent dans les deux tours, c’est l’attentat le plus terrible et le plus spectaculaire qu’il n’y ait jamais eu. Alors que les deux tours s’effondrent, Jon est à un rendez-vous avec son client Ifrahim Mohammed, accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Lorsqu’il apprend la terrible nouvelle, il se lance corps et âme vers les lieux du drame pour retrouver sa compagne. Il la sortira in extremis des flammes et, en état de choc et par besoin d’exutoire, il se lancera à corps perdu dans la défense de son client, défense qui va rapidement le mener au sein d’un réseau terroriste lié à Al-Qaida.
Paru au Danemark le 11 septembre 2007, le roman Pays des ombres tente six ans après de revenir sur ces événements qui ont marqué le monde. Stig Dalager se propose en effet de faire revivre ces événements de l’intérieur, et surtout du point de vue d’un étranger vivant aux Etats-Unis. Quelques beaux chapitres au début nous racontent l’attentat de l’intérieur, et ensuite nous fait découvrir une réalité difficile à appréhender, celle des réseaux terroristes. Jon est mené jusqu’au Proche-Orient, à Jérusalem, puis en Cisjordanie, dans cette Palestine occupée et berceau de tant de haines envers l’Occident. Car l’important pour Dalager est l’après 11 septembre, avec une montée spectaculaire du patriotisme américain et du suspicion envers tous les musulmans. Jon se verra d’ailleurs se faire reprocher de défendre un musulman en justice. Et Dalager réussit à parfaitement rendre cette ambiance de suspicion et de paranoïa qui règnera aux Etats-Unis, et un peu partout ailleurs. Hélas le sujet est bien difficile à traiter, et si Dalager y réussit plutôt bien, cela n’empêchera pas certains d’y voir un certain parti pris.
Outre le sujet traité et les idées véhiculés, le roman se démarque aussi et surtout par une écriture somptueuse, qui réussit le parfait mélange entre l’œuvre plus documentaire et la fiction émotionnelle.
Pays des ombres est un livre magnifique, traitant plutôt bien d’un sujet pourtant très difficile.
A lire !
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10:24 Écrit par Marc dans Dalager, Stig | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 septembre 2001, terrorisme, litterature danoise, romans policiers, stig dalager, romans d espionnage |
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samedi, 14 juin 2008
L'éternelle histoire (Den udødelige historie) - Karen Blixen - 1958

L'éternelle histoire de l'écrivaine danoise Karen Blixen est une longue nouvelle tirée du recueil Le Dîner de Babette, aussi parfois appelé Anecdotes du destin (Skæbne-Anekdoter, 1958). Cette nouvelle prend la forme d'un conte, mais qui de plus tente d'en démonter un autre par la mise en scène de Mr Clay, pour finalement en créer un nouveau. Il s'agît là d'une bien belle construction narrative pour une histoire parfois un peu simple mais toujours émouvante. Le ton moralisateur pris par Karen Blixen est parfois un peu drangeant, mais cela n'empêche une lecture bien agréable.
23:02 Écrit par Marc dans Blixen, Karen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : karen blixen, nouvelles, contes, litterature danoise |
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vendredi, 30 décembre 2005
Smilla et l'amour de la neige (Froken Smillas fornemmelse for sne) - Peter Hoeg - 1992
En plein hiver, peu avant Noël, à Copenhague, un petit garçon groenlandais de six ans, Esajas, se tue en tombant du toit de son immeuble. La police dépêchée sur place conclut rapidement à un accident et classe l'affaire, mais Smilla, voisine de la famille de la petite victime, groenlandaise elle aussi, n'est pas de cet avis. Elle connaît trop bien l'enfant, jamais il n'aurait sauté tout seul, d'ailleurs il avait le vertige et ne serait jamais monté seul sur le toit de l'immeuble. Liée à l'enfant par de communes origines groenlandaises, la jeune femme commence une enquête qui lui fait découvrir des secrets très spéciaux concernant les découvertes minières au pôle Nord. De Copenhague au Danemark jusqu'à la banquise elle va se lancer dans une course-poursuite terrifiante où elle devra se méfier de tout et de tout le monde.
Smilla et l'amour de la Neige est, à prime abord, un roman très intéressant. L'enquête est bien menée, le suspense également, même si on note un léger essoufflement vers la fin. Mais avant tout, ce sont les personnages, tous admirablement décrits et approfondis, qui retiennent l'attention. Le personnage de Smilla, métisse mi-inuite mi-danoise, apatride, solitaire, en exil loin de ses terres natales, le Groenland, pays exploité et transformé en base arrière par les Danois.
Mais il s'agît bien plus qu'un thriller d'action où de multiples intrigues - policière, amoureuse, scientifique - s'entre-mêlent. Il s'agît avant tout d'un hymne à la liberté d'esprit, militant pour la culture inuite groenlandaise, contre l'insouciance, la convoitise et la volonté d'hégémonie de la civilisation européenne, qui veut toujours nier ce qui se passe autour d'elle, préférant un mensonge clair à une vérité réelle mais contradictoire.
Le roman de Peter Hoeg est donc très intéressant, mais il souffre cependant de certaines longueurs. Peter Hoeg nous fournit de nombreuses explications sur tout, ce qui va devenir lassant au bout d'un certain temps. La lecture n'est pas toujours facile, le style pas toujours entraînant. Citons également dans ce sens la médiocrité de la traduction française qui nous laisse un récit un peu fade et accentue les défauts cités précédemment.
En 1996, Smilla et l'amour de la neige sera adapté au cinéma dans une production internationale. Le film est réalisé par Billie August et interprêté par Julia Ormond, Gabriel Byrne et Richard Harris.
17:41 Écrit par Marc dans Hoeg, Peter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thrillers, romans d aventures, peter hoeg, romans policiers, litterature danoise |
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jeudi, 01 décembre 2005
INDEX - Danemark
Blixen, Karen
- L'éternelle histoire (Den udødelige historie, 1958), présentation
Dalager, Stig
- Pays des ombres (Skyggeland, 2007), présentation
Davidsen, Leif
- A la recherche d'Hemingway (På udkig efter Hemingway, 2008), présentation
Hoeg, Peter
- Smilla et l'amour de la neige (Froken Smillas fornemmelse for sne, 1992), présentation
Riel, Jørn
- Un gros bobard et autres racontars (En lodret løgn og andre skrøner, 1986), présentation
- Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars (Forliset og andre skrøner, 1996), présentation et extrait
22:13 Écrit par Marc dans INDEX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danemark, litterature danoise |
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