dimanche, 20 mai 2012

Un traître à notre goût (Our Kind of Traitor) - John Le Carré - 2010

john le carre, litterature britannique, romans d espionnage"Or les princes en ce cas, honnissent le traître, mais en adorent la trahison."

Pour Perry et Gail, jeune couple anglais en vacances dans les Caraïbes, tout commence par une partie de tennis avec une famille russe, les Dima. Puis s’ensuit une soirée organisée par leurs partenaires de jeu, et malgré eux, ils deviennent des émissaires de la mafia russe cherchant à traiter avec les services britanniques. Pour s’en sortir ce jeune couple n’a qu’une solution : devenir espion.
Et cela va les entraîner au péril de leur vie entre Antigua at un Goulag et de Roland Garros  à une cachette dans les alentours de Berne en passant par la City de Londres, où règnent en connivence les services secrets, la corruption et la cupidité des affaires.

Un traître à notre goût, écrit par John Le Carré le spécialiste britannique des romans d’espionnage, décrit avec une minutie extrême cet engrenage dans lequel tombe ce jeune couple anglais, exposant tout autant les rouages de la mafia ainsi que ceux des services secrets.
Cette minutie descriptive instaurée par l’auteur entraîne forcément une certaine longueur dans la lecture, une certain ennui même par moments, cela comme souvent dans les romans de Le Carré, mais le plaisir vient rapidement à celui qui sait patienter, le tout devenant même passionnant.

Un traître à notre goût de John Le Carré est un passionnant roman d’espionnage, un texte minutieux et détaillé qui ravira tous les amateurs du genre.

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Extrait :

7 heures du matin sur l'île caribéenne d'Antigua, un certain Peregrine Makepiece, surnommé Perry, athlète amateur complet de haut niveau et récemment encore enseignant de littérature anglaise dans un college réputé de l'université d'Oxford, disputait un match au meilleur des trois sets contre un quinquagénaire russe musclé et chauve, aux yeux marron, au dos raide et au port altier, du nom de Dima. Les événements qui avaient abouti à ce match firent bientôt l'objet d'intenses investigations de la part d'agents britanniques que leur profession ne disposait guère à croire au hasard. Et pourtant, sur ce point, Perry n'avait rien à se reprocher.

La venue de son trentième anniversaire, trois mois plus tôt, avait précipité la crise existentielle qui couvait en lui à son insu depuis plus d'un an. Assis à 8 heures du matin dans son modeste logement à Oxford, la tête entre les mains, après un jogging de quinze kilomètres qui n'avait pas réussi à soulager son sentiment d'affliction, il avait sondé son âme pour découvrir à quoi avait servi le premier tiers de son existence, sinon à lui fournir un prétexte pour éviter de s'aventurer hors des confins de la cité aux clochers rêveurs.

Pourquoi ?

Vu de l'extérieur, le parcours de Perry était celui d'une parfaite réussite universitaire. L'élève de l'école publique, fils de professeurs du secondaire, arrive à Oxford bardé de diplômes décernés par l'université de Londres, nommé pour trois ans sur un poste offert par l'un des colleges historiques, établissement d'excellence fort bien doté. Son prénom, apanage traditionnel des couches supérieures de la société, lui vient d'Arthur Peregrine, prélat méthodiste originaire de Huddersfield qui soulevait les masses au XIXe siècle.

Pendant le trimestre, quand il n'enseigne pas, il se distingue en cross-country et autres sports, et consacre ses soirées de liberté à un club de jeunes du quartier. Pendant les vacances, il conquiert des sommets difficiles et des voies extrêmes. Mais lorsque son college lui propose un poste permanent (ou plutôt, selon la vision aigrie qu'il en a maintenant, l'emprisonnement à vie), il renâcle.

Là encore : pourquoi ?

Au trimestre précédent, il avait fait un cycle de conférences sur George Orwell intitulé "Une Grande-Bretagne asphyxiée ?" et sa propre rhétorique l'avait inquiété. Orwell aurait-il cru possible que ces voix de nantis qui l'horripilaient dans les années trente, cette incurie débilitante, cette propension aux guerres à l'étranger et cet accaparement des privilèges se perpétueraient encore gaiement en 2009 ?

Ne voyant aucune réaction sur les visages interdits des étudiants qui le fixaient, il s'était donné la réponse lui-même : jamais, au grand jamais, Orwell n'aurait pu croire cela possible, ou alors il serait descendu dans la rue caillasser des vitrines à tour de bras.

C'était un sujet dont il avait rebattu les oreilles à Gail, sa petite amie de longue date, alors qu'ils étaient au lit, après un dîner d'anniversaire, dans l'appartement de Primrose Hill qu'elle avait en partie hérité de son père, par ailleurs sans le sou.

"Je n'aime pas les professeurs et je n'ai pas envie d'en devenir un. Je n'aime pas le monde universitaire et si je ne suis plus jamais obligé de porter une toge à la con, je me sentirai libre", avait-il déclaré à la masse de cheveux châtain clair confortablement nichée sur son épaule.

Ne recevant d'autre réponse qu'un ronronnement compréhensif, il enchaîna.

"Ressasser mon laïus sur Byron, Keats et Wordsworth à une bande d'étudiants qui s'en foutent parce que tout ce qui les intéresse, c'est un diplôme, une bonne baise et un paquet de fric ? Je connais, j'ai donné, et ça me gonfle."

Puis, montant encore d'un cran :

"La seule chose, ou presque, qui pourrait vraiment me retenir dans ce pays, c'est une putain de révolution."

Sur quoi Gail, jeune avocate dynamique en pleine ascension, dotée d'un physique avantageux et d'un sens de la repartie parfois un peu trop affûté pour son bien et celui de Perry, l'assura qu'aucune révolution ne saurait se faire sans lui.

Tous deux étaient de facto orphelins. Les parents de Perry avaient incarné les nobles principes de tempérance des socialistes chrétiens, ceux de Gail, tout le contraire. Son père, acteur attendrissant dans sa médiocrité, était mort prématurément d'abus d'alcool, d'une dose quotidienne de soixante cigarettes et d'une passion malavisée pour sa fantasque épouse. Sa mère, actrice elle aussi quoique moins attendrissante, avait quitté la maison quand Gail avait treize ans et, disait-on, vivait d'amour et d'eau fraîche sur la Costa Brava en compagnie d'un assistant caméraman.

Après avoir pris la grande décision, aussi irrévocable que toutes ses grandes décisions, de tirer sa révérence à la vie universitaire, la réaction instinctive de Perry fut de retrouver ses racines. Le fils unique de Dora et d'Alfred allait reprendre leurs convictions à son compte en redémarrant sa carrière là où eux avaient été obligés d'abandonner la leur.

Il allait cesser de jouer les intellectuels de haut vol, s'inscrire à une authentique formation de professeur du second degré et, comme eux, décrocher un poste dans l'une des zones les plus défavorisées du pays.

Il enseignerait les matières au programme, ainsi que tout sport qu'on voudrait bien lui confier, à des enfants qui auraient besoin de lui comme guide pour leur propre épanouissement et non comme tremplin vers la prospérité petite-bourgeoise.

Mais Gail ne s'inquiéta pas autant de ces projets qu'il l'aurait peut-être voulu. Malgré toute sa détermination à se retrouver au coeur de la vraie vie, il restait chez lui d'autres facettes conflictuelles que Gail avait appris à connaître.

Certes, il y avait Perry l'étudiant torturé de l'université de Londres, où ils s'étaient rencontrés, qui, à l'instar de T.E. Lawrence, avait fait route vers la France à bicyclette pendant les vacances et pédalé jusqu'à s'écrouler d'épuisement.

Il y avait aussi Perry l'alpiniste aventureux, incapable de participer à une course ou à un jeu, depuis le rugby à sept jusqu'aux chaises musicales avec les neveux et nièces de Gail à Noël, sans être saisi d'un désir impérieux de gagner.

Mais il y avait aussi Perry le sybarite refoulé, qui s'offrait d'improbables parenthèses de luxe avant de retourner à sa mansarde. Et c'est ce Perry-là qui se trouvait sur le plus beau court de tennis de la plus belle station balnéaire d'Antigua en pleine crise économique, aux premières heures de cette matinée de mai pour éviter un soleil trop écrasant, avec, de l'autre côté du filet, le Russe Dima, tandis que Gail, capeline souple et robe de plage suffisamment vaporeuse pour ne pas cacher son maillot de bain, avait pris place au milieu d'une curieuse assemblée de spectateurs au regard vide, certains vêtus de noir, qui semblaient avoir collectivement prêté serment de ne pas sourire, de ne pas parler et de ne pas manifester le moindre intérêt pour le match qu'on les obligeait à regarder.

Gail s'estimait bien heureuse que l'escapade dans les Caraïbes ait été organisée avant que Perry ne prenne sa grande décision sur un coup de tête. Tout avait commencé au plus sombre de novembre, lorsque son père était mort de ce même cancer qui avait emporté sa mère deux ans plus tôt, laissant Perry dans une modeste aisance. Comme il était contre le principe même de l'héritage, il hésita à donner toute sa fortune aux pauvres, mais, après une guerre d'usure menée par Gail, ils s'étaient décidés pour une offre spéciale de vacances tennistiques inoubliables au soleil.

La date de ce séjour s'avéra on ne peut plus propice, car, tandis qu'approchait leur départ, des décisions encore plus importantes se profilaient devant eux :

Que devait faire Perry de sa vie, et devaient-ils le faire ensemble ?

Gail devait-elle abandonner le barreau pour accompagner aveuglément Perry vers l'horizon radieux, ou poursuivre sa propre carrière fulgurante à Londres ?

Ou bien le temps était-il venu de reconnaître que sa carrière n'était pas plus fulgurante que celle de la plupart des jeunes avocats et donc d'envisager une grossesse, ce que Perry ne cessait de lui répéter ?

Même si Gail, par provocation ou par sécurité, avait pour habitude de faire la part des choses, nul doute qu'ils se trouvaient alors, ensemble et séparément, à la croisée des chemins et qu'ils devaient mener une vraie réflexion, pour laquelle un séjour à Antigua semblait le cadre idéal.

Leur vol ayant été retardé, il était minuit passé quand ils arrivèrent à leur hôtel. Ambrose, le majordome omniprésent de la station, les accompagna à leur bungalow. Ils firent la grasse matinée et, lorsqu'ils eurent pris leur petit-déjeuner sur le balcon, il faisait trop chaud pour jouer au tennis. Ils nagèrent le long d'une plage aux trois quarts vide, déjeunèrent seuls près de la piscine, firent l'amour dans la langueur de l'après-midi et se présentèrent à 18 heures à la boutique tenue par le moniteur, reposés, heureux et impatients de jouer.

Vue de loin, la station se composait d'un simple ensemble de bungalows blancs disséminés le long d'une plage en fer à cheval longue de près de deux kilomètres et recouverte d'un sable fin de carte postale. Les extrémités en étaient marquées par deux promontoires rocheux parsemés de broussailles, entre lesquels couraient un récif de coraux et un cordon de bouées fluorescentes destinées à éloigner les yachts trop curieux. Sur des terrasses en retrait taillées dans le flanc de la colline s'alignaient les courts de tennis de qualité professionnelle. D'étroites marches de pierre qui serpentaient entre des arbustes fleuris menaient à la boutique du moniteur. Une fois entré, on se retrouvait au paradis du tennis, raison pour laquelle Perry et Gail avaient choisi cet endroit.

Il y avait un court central et cinq autres plus petits. Les balles de compétition étaient conservées dans des réfrigérateurs verts et des coupes d'argent exposées dans des vitrines portaient les noms de champions d'autrefois, parmi lesquels Mark, le moniteur australien empâté.

"Alors, on tourne autour de quel niveau, si je puis me permettre ?" demanda-t-il avec une courtoisie appuyée, remarquant sans rien dire la qualité des raquettes éprouvées par le combat, les épaisses chaussettes blanches et les bonnes chaussures de tennis usées de Perry, ainsi que le décolleté de Gail.

Perry et Gail formaient un couple très séduisant, sorti de la prime jeunesse mais encore dans la fleur de l'âge. La nature avait doté Gail de membres longs et bien galbés, de petits seins hauts, d'un corps souple, d'un teint anglais, de beaux cheveux dorés et d'un sourire capable d'illuminer les recoins les plus sombres de la vie. Perry était très anglais dans un autre style, avec son corps dégingandé, désarticulé à première vue, son long cou à la pomme d'Adam saillante, sa démarche gauche, presque vacillante, et ses oreilles décollées. A l'école, on l'avait surnommé la Girafe jusqu'au jour où ceux qui avaient eu l'imprudence de le faire reçurent une bonne leçon. Avec la maturité, il avait acquis (inconsciemment, ce qui n'en était que plus impressionnant) une grâce fragile mais incontestable. Sa tignasse châtain frisée, son large front couvert de taches de rousseur et ses grands yeux derrière ses lunettes lui donnaient un air de perplexité angélique.

Gail, qui ne lui faisait pas confiance pour se hausser du col et avait toujours une attitude protectrice envers lui, prit sur elle de répondre à la question du moniteur.

"Perry joue les éliminatoires du Queen's et, une fois, il a atteint le tableau final, pas vrai ? Tu es même allé jusqu'aux Masters. Et cela après s'être cassé la jambe au ski et n'avoir pas joué pendant six mois, ajouta-t-elle avec fierté.

- Et vous, madame, oserai-je vous poser la question ? demanda Mark, l'obséquieux moniteur, en insistant un peu trop sur le "madame" au goût de Gail.

- Moi, je suis son faire-valoir, répondit-elle fraîchement.

- N'importe quoi !" commenta Perry.

L'Australien suçota ses dents, secoua la tête avec incrédulité et feuilleta un carnet mal tenu.

"Eh bien, j'ai un couple qui pourrait vous aller. Ils sont beaucoup trop forts pour mes autres clients, je vous préviens. Enfin, il faut dire que je n'ai pas un choix infini. Vous devriez peut-être faire un petit essai tous les quatre ?"

Ils se retrouvèrent donc opposés à un couple d'Indiens de Bombay en voyage de noces. Le court central était pris, mais le numéro 1 était libre. Bientôt, quelques passants et joueurs venus des autres courts les regardèrent s'échauffer : balles lentes frappées depuis la ligne de fond de court et renvoyées mollement, passing-shots que personne n'essayait de rattraper, smashes au filet qu'on laissait passer. Perry et Gail gagnèrent le tirage au sort, Perry laissa Gail servir en premier, mais elle commit deux doubles fautes et ils perdirent leur engagement. La jeune mariée indienne prit le relais et la partie se poursuivit tranquillement.

C'est lorsque Perry fut au service que la qualité de son jeu éclata au grand jour. Il avait une première balle haute et puissante contre laquelle il n'y avait pas grand-chose à faire quand elle ne sortait pas. Résultat : quatre services gagnants d'affilée. La foule grossit, les joueurs étaient jeunes et beaux, les ramasseurs de balles se découvraient une énergie nouvelle. Vers la fin du premier set, Mark le moniteur passa jeter un coup d'oeil l'air de rien, assista à trois jeux, puis, avec un froncement de sourcils pensif, retourna à sa boutique.

Après un long deuxième set, le score était d'une manche partout. Le troisième et dernier set arriva à 4-3 en faveur de Perry et Gail. Mais alors que Gail avait tendance à retenir ses coups, Perry, lui, donnait toute sa mesure et le match se termina sans que le couple indien remporte un autre jeu.

La foule se dispersa. Les quatre joueurs restèrent pour échanger des compliments, prendre rendez-vous pour la revanche et peut-être boire un verre au bar ce soir ? Avec plaisir. Les Indiens partirent, laissant Perry et Gail récupérer leurs raquettes et leurs pulls.

C'est alors que le moniteur australien revint avec un homme musclé, très droit, au torse énorme, complètement chauve, qui portait une Rolex en or incrustée de diamants et un pantalon de survêtement gris retenu à la taille par un cordon noué.         


Présente édition : traduit de l’anglais par Isabelle Perrin, éditions Points, 12 avril 2012, 445 pages

 

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Voir également :
- La constance du jardinier (The Constant Gardener) - John Le Carré (2001), présentation

 

vendredi, 06 mai 2011

Le Royaume des Voleurs (The Holy Thief) - William Ryan - 2010

William Ryan, romans policiers, litterature britannique, thrillers, moscou, russie, korolev, le royaume des voleursMoscou, 1936. La terreur stalinienne s’installe peu à peu alors que l’Europe est sur le point de se lancer dans le plus grand conflit de tous les temps. Pour l’inspecteur Korolev, chef de la section criminelle de la Milice de Moscou, c’est avant tout un meurtre mystérieux qui le préoccupe, celui d’une jeune femme assassinée et affreusement mutillée au sein d’une église. Et comme la victime était citoyenne américaine, une nonne de surplus, c’est le NKVD qui s’en mêle, surveillant tous les faits et gestes de Korolev. Mais malgré cette pression l’inspecteur fait tout son possible pour arriver à bout de ce mystère, mais pour cela il devra pénétrer dans le Royaume des Voleurs, càd. dans les milieux de la pègre qui contrôle la ville. Et à mesure que d’autres cadavres apparaissent l’étau de la NKVD se resserre de plus en plus autour de Korolev, au point où ce dernier arrive à se demander qui sont les vrais criminels dans cette Russie où prédominent la peur, la faim, la misère et l’incertitude.

Premier roman de l’auteur britannique William Ryan Le Royaume des Voleurs invite le lecteur dans un Moscou des années 1930 plus vrai que nature, l’époque de Staline, des grands procès et des purges, pour découvrir une intrigue policière quelque peu classique mais bien prenante. Et comme l’annonce la couverture du livre, ceci est la première aventure de l’inspecteur Korolev, y en aura-t-il donc d’autres, les policiers en série sont bien à la mode en ce moment, tout autant que cela en fatigue certains.
L’intrigue est bien construite, le suspense marche, hélas on se rend vite compte que l’auteur a chercher à quelque peu embrouiller son public pour nous dévoiler vers la fin que l’histoire n’était guère aussi compliquée, et même bien plate.
Au final on se sent un peu floué, cela promettait d’être mieux, et malgré le bon temps passé, ce roman s’oubliera bien vite.

Le Royaume des Voleurs se William Ryan, sans être réellement mémorable, plaira aux amateurs de polars tout en offrant un contexte historique intéressant.

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Présente édition : traduit de l’anglais par Jean Esch, Editions des Deux Terres, 1 avril 2011, 368 pages

mercredi, 13 avril 2011

Tout est sous contrôle (The Gun Seller) - Hugh Laurie - 1996

hugh laurie, litterature britannique, tout est sous controle, romans d espionnage, romans policiersDepuis qu’il a refusé 100 000 dollars pour liquider un homme d’affaires, la vie de Thomas Lang est devenu un véritable enfer. Et cela ne cesse de s’empirer, car la cible à tuer est impliquée dans de nombreux trafics, du moins le croit-on et autant de personnes semblent s’intéresser à lui. Le plus troublant est lorsque Lang découvre que l’homme qui lui a proposé 100 000 dollars n’est autre que la cible en personne... Au moins pour Lang la morale est sauve, mais à quel prix.

Publié en 1996 par un artiste comédien britannique encore bien peu connu le roman Tout est sous contrôle se révèle en cette fin des années 2000 au fur et à mesure que l’auteur Hugh Laurie gagne en popularité par sa prestation dans la série télévisée américaine à succès Dr House. Evidemment on flaire l’opportunisme médiatique des éditeurs qui republient ce roman avec en couverture la photo de l’acteur pour attirer les fans de la série. Et le l’acheteur risque d’être déçu lorsqu’il découvre dès les premières que le roman n’a que peu de choses en commun, sinon rien, avec ce qui fait la popularité de l’acteur et de son personnage télévisé. Toutefois ce roman de High Laurie, son premier, est loin d’être mauvais, bien au contraire, j’ai même été très pris par cette intrigue entre roman policier et roman d’espionnage, son personnage-narrateur assez sombre et l’humour sarcastique omniprésent. Il est vrai que le tout peut par moments paraître quelque peu insipide, souvent brouillon, d’ailleurs c’est loin d’être un chef-d’oeuvre, mais j’ai quand même éprouvé un beau plaisir à cette lecture.

Le roman Tout est sous contrôle de Hugh Laurie n’a guère fait l’unanimité parmi ses nombreux lecteurs, à chacun donc de se faire son opinion.

En 2011 le roman Tout est sous contrôle paraît aux éditions Point Deux .2 dans un format poche tout à fait innovant.

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Présente édition : traduit de l’anglais par Jean-Luc Piningre, Pointdeux éditions, 14 avril 2011, 648 pages

vendredi, 18 février 2011

Les Rois-Dragons, tome 1 : Le palais Adamantin (Memory of the Flames : The Adamantine Palace) - Stephen Deas - 2009

litterature britannique, stephen deas, les rois-dragons, la palais adamantin, fantasyJadis, la race des hommes faillit bien disparaître sous les crocs des dragons, mais ils découvrirent un procédé alchimique par lequel ils soumirent leurs prédateurs. Les terribles créatures servent aujourd'hui de montures aux chevaliers et de monnaie d'échange entre les grandes maisons aristocratiques. Les Royaumes ont prospéré, attirant bien des convoitises, comme celle de cet homme qui rêve de les diriger tous. Un homme prêt à empoisonner des rois et des reines. Un homme prêt à assassiner sa maîtresse et à coucher avec la fille de cette dernière. Mais des flammes vont lui barrer la route du pouvoir. Un dragon s'est échappé, et il a retrouvé ses pleines capacités intellectuelles. toute sa fureur... À lui tout seul, il pourrait bien mettre la race des hommes à genoux. Et il n'est pas seul.


Le palais Adamantin
, premier tome de la série Les Rois-Dragons de l’auteur anglais Stephen Deas est un magnifique roman de fantasy plongeant son lecteur dans un monde plein de magie et de dragons. Inspiré d’un moyen-âge féodal assez classique du genre l’univers recréé ici est très riche par son contexte, ses personnages et toutes les histoires et intrigues qui s’y déroulent. Le rôle des dragons, au début que de simples montures, s’avèrent vite jouer un rôle bien plus important, car les hommes ont oublié depuis longtemps que ceux-ci régnaient en maître sur terre avant leur apogée. Et c’est de ce point de vue là, et du traitement qui en est fait, que ce roman se démarque des autres romans du genre. S’y ajoutent des héros fort complexes et ambigus auxquels on s’attache malgré leurs défauts et une certaine froideur qui nuit par moments. L’accent est mis ici bien plus sur les intrigues de cour des divers rois-dragons que sur une fantasy plus en action ou en aventures.

Hélas malgré ses nombreuses qualités il manque toutefois à ce roman un petit quelque chose, une sorte d’étincelle, qui aurait pu en faire un incontournable du genre.

Les Rois-Dragons de Stephen Deas est une belle saga de fantasy et dont le premier tome Le palais Adamantin, est bien prometteur pour la suite. 

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Présente édition : traduit de l’anglais par Florence Dolisi, éditions J’ai Lu, 12 janvier 2011, 411 pages

lundi, 14 février 2011

La couleur des rêves (The Colour) - Rose Tremain - 2003

Rose Tremain, litterature britannique, romans historiques, Nouvelle-zelande, la couleur des reves1864. Joseph Blackstone s’installe sur les terres sauvages de la Nouvelle-Zélande avec  son épouse Harriet et Lilian, sa mère, et cela dans le fol espoir d'échapper à son passé et de construire une nouvelle vie. Mais l'existence est si rude près de Christchurch, où ils se sont établis, qu'elle menace de les détruire avant même que s'accomplisse la promesse tant désirée d'un avenir meilleur. Quand Joseph trouve de l'or au fond d'une rivière, il dissimule sa découverte aux yeux de sa femme et est saisi d'une obsession dévorante de faire fortune. Abandonnant alors derrière lui sa ferme et sa famille, il part vers les nouveaux champs aurifères à la conquête de ses rêves et de son destin. Harriett va entreprendre à sa suite un long voyage pour tenter non seulement de le retrouver, mais aussi de rencontrer la nourrice maori qui a bercé de légendes l'enfant de ses voisins.

La couleur des rêves de l’écrivain anglais Rose Tremain est une magnifique fresque romantique et historique plongeant le lecteur à la suite d’émigrants en Nouvelle-Zélande lors de la ruée vers l’or. Dans cette nature encore sauvage et grandiose de cette Nouvelle-Zélande du XIXème siècle c’est la folie de l’homme qui ressort, avec une force immense, poussé par l’appât de la fortune et qui ne peut que causer la perte de ces émigrants. C’est prenant du début à la fin, les personnages sont forts et attachants, et l’ensemble certes classique ne cesse d’émerveiller par la beauté de son contexte.

La couleur des rêves de Rose Tremain est un roman épique et romanesque d’une rare beauté.

A découvrir !

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Présente édition : traduit de l’anglais par Suzanne V. Mayoux, éditions J’ai Lu, 6 octobre 2010, 473 pages

jeudi, 10 février 2011

La mort, entre autres (The One From The Other) - Philip Kerr - 2006

Philip Kerr, bernhard Gunther, Seconde Guerre mondiale, nazisme, romans policiers, romans historiques, litterature britannique1937, Bernhard Gunther, un détective privé allemand, est énvoyé par la GESTAPO en mission en Palestine dans le but d’espionner un certain Adolf Eichmann ainsi que son chef, Herbert Hagen, lesquels ont été mandatés par leur service, le SD, pour étudier la possibilité d’une émigration massive de juifs allemands vers cette contrée.
Plus de dix ans plus tard, en 1949, l’ancien détective allemand Bernhard Gunther vit des moments difficiles. Sa femme Kirsten est gravement malade et se meurt peu à peu, et il craint que le matricule SS dont il garde la trace sous le bras ne lui joue de sales tours. Tant bien que mal il essaie de gérer l’affaire familiale, un hôtel à Dachau dans la banlieue de Munich. Mais son métier lui manque et très vite il s’y remet, sa femme mourant peu de temps avant. D’ailleurs dans ce contexte d’après-guerre, où la corruption fait rage, les plaintes sont bien nombreuses. Une belle et mystérieuse cliente, Britta Warzock, lui demande notamment de retrouver la trace de son époux nazi, et voici Bernhard Gunther embarqué dans une sombre affaire qui le dépasse de loin.


La Mort, entre autres de l’écrivain ecossaise Philip Kerr est le quatrième roman mettant en scène le détective privé allemand Bernhard Gunther. Les trois premiers, plus connus sous le nom de la Trilogie Berlinoise, se déroulaient dans les années 1930 dans une Allemagne en préparation de la Seconde Guerre mondiale, dans celui-ci on découvre une Allemagne qui cicatrise tant bien que mal ses plaies du passé dans un après-guerre immédiat. Or pour le détective privé, alors que dans les années 1930 il devait avant tout rechercher des juifs disparus, s’ajoutent maintenant à ses missions la recherche d’anciens tortionnaires nazis, des criminels de guerre se cachant le temps de pouvoir quitter le pays, pour en rejoindre un autre, généralement en Amérique du Sud, grâce à des réseaux mis en place par d’anciens confrères ou par le Vatican.
Et pour raconter cela, Philip Kerr nous sert une intrigue dense et foisonnante autour d’un héros complexe tout nous faisant revivre cette trouble période de l’histoire. C’est passionnant d’un bout à l’autre, souvent cynique et parfois même bien dérangeant. Mais c’est surtout l’ambiance de l’époque qui fait de ce roman un polar bien supérieur à d’autres aux intrigues quelques peu semblables.

A découvrir pour se replonger dans une période trouble de notre histoire.

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Présente édition : traduit de l’anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj, éditions Le Livre de Poche, 2 février 2011, 576 pages

lundi, 31 janvier 2011

Jonathan Strange et Mr Norrell - Susanna Clarke - 2004

susanna clarke, litterature britannique, fantasy, uchronie, jonathan strange et mr norrell1806, dans une Angleterre gouvernée par un roi fou et usée par les guerres napoléoniennes apparaît un magicien à la mode ancienne, un être étonnant qui jusque là vivait en ermite dans sa maison de campagne. Cet homme est vraisemblablement le seul vrai magicien du royaume,  d’ailleurs il en a fait les preuves en donnant la parole aux statues de la cathédrale d’York. De plus il offre ses services à sa patrie, et en quelques jours les Anglais ont repris le dessus sur les forces étrangères. Mr Norrell devient vite un héros en son pays. C’est à ce moment qu’il rencontre à Londres un jeune et brillant magicien du nom de Jonathan Strange qu’il va prendre sous son aile. Les deux magiciens vont éblouir le pays de leurs prouesses, mais alors Mr Norrell ne peut se défaire de sa manie des secrets, l’arrogant Jonathan Strange est quant à lui bien plus intéressé par le côté obscur de la magie. Il se fascine notamment pour le personnage du Roi Corbeau, roi elfe mythique des âges anciens, détenteur d’une magie ténébreuse aussi puissante que dangereuse.
Peu à peu les deux magiciens vont devenir des rivaux, et leurs complicité d’antan va se transformer en une véritable bataille qui provoquera des ravages immenses à travers le pays.

Jonathan Strange et Mr Norrell est le roman qui a d’un coup rendu célèbre son auteur, la britannique Susanna Clarke. Dix ans de travail d’écriture, un marketing poussif, des récompenses de partout, ce roman de fantasy a été un véritablement succès critique et populaire. L’histoire a aussi tout pour plaire, un roman uchronique revoyant l’histoire de l’Angleterre du 19e siècle à travers la vie et l’affrontement de deux grands magiciens. Comment ne pas se laisser tenter. Et derrière la belle couverture, au choix en noir ou en blanc, le lecteur trouvera vite un texte bien dense, très travaillé et écrit dans un style magnifiquement désuet à la mode du siècle dernier. C’est beau, cela donne envie, et le lecteur est vite emporté dans une histoire dont il ne voit pas encore la fin. Et cette fin, comme cela a été le cas pour moi, il ne la verra peut-être jamais. En effet à trop vouloir en faire on tue le plaisir de lecture. Très vite l’on s’aperçoit que le roman se tire en longueur. L’auteur prend du temps à bien tout mettre en place, bien trop même, au point que l’un des deux personnages principaux n’apparaît qu’au bout de 200 pages. C’est long, et c’est pas fini : le roman en compte plus de 1000 pour une histoire qui ne vaut sûrement pas tout cela. Le roman manque clairement de dynamisme et les personnages d’épaissir, alors qu’il y avait bien la place pour les épaissir dans tous les sens. De ce qui semblait être une lecture des plus intéressantes l’ennui prend rapidement le dessus.

Pour ma part j’ai peu à peu perdu le fil, pris d’un ennui immense qui m’a fait abandonner la lecture à le moitié. Pourtant cela avait l’air intéressant.

A chacun de voir !

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Présente édition : traduit de l’anglais par Isabelle Philippe, éditions Le Livre de Poche, 21 février 2008, 1149

mercredi, 19 janvier 2011

Péninsule (The Jaws that Bite, The Claws That Catch) - Michael G. Coney - 1975, 1976, 1977

bibliotheca peninsule michael coney.jpgJoe Sagar est un éleveur vivant sur la Péninsule, une riche enclave créée après le séisme qui a englouti la Californie. Il y est éleveur de slictes, des reptiles dont la peau sert à faire des bracelets et des vêtements. Celle-ci a la particularité de changer de couleur en fonction de l’humeur et des émotions de l’animal. Sa voisine Carioca Jones, une ex-star du cinéma, s’y intéresse d’ailleurs beaucoup, cela au point de lui commander une robe. Mais cette nouvelle commande, Joe n’y travaillera guère. Il laissera sa place à sa PDC, sa Pièce Détachée Corporelle. Les PODC sont des anciens criminels qui acceptent un rôle de serviteur personnel au service d’hommes libres afin de voir diminuer leurs peines de prison. Un simple boulot d’esclave, pas tout à fait, car en cas d’accident, celui-ci doit être prêt à confier à son maître tout organe ou membre nécessaire. C’est en quelque sorte une banque d’organes personnelle. Ainsi les hommes libres sont continuellement couverts en cas de dommages corporels, de fractures ou d’amputations. Mais faut-il en profiter pour autant ? Les hommes sont finalement livrés à eux-mêmes, à leur sagesse, comme à leur horreur…

Péninsule de l’écrivain britannique de science-fiction Michael G. Coney est en fait plus qu’un roman. Il s’agît d’une intégrale rassemblant un roman Les crocs et les griffes et quatre nouvelles parues entre 1976 et 1979, bref cinq histoires se déroulant dans le même univers post-cataclysmique. De petites incohérences existent entre ces différents textes, mais ne gâchent en rien le plaisir de lecture. L’auteur brille ici par sa description de ce monde du futur, tout en noirceur et plein de bonnes idées, mais toujours avec beaucoup de finesse. Il évite de trop en faire, rendant son histoire des plus réalistes. En effet une fois la base de science-fiction posée, il s’agît avant tout et uniquement d’êtres humains, leurs rapports et leur société, le tout de façon simple et attachante.
L’écriture est agréable, le sujet grave, bref un très bon livre d’un auteur que peu connu, malgré un certain sentiment d’inaboutissement qu’on ressent à la fin de chacune des histoires.


Liste des textes repris dans Péninsule :

- Les crocs et les griffes (The Jaws That Bite, The Claws That Catch)
- Au bon vieux temps du carburant liquide (Those Good Old Days of Liquid Fuel)
- La machine de Cendrillon (The Cinderella Machine)
- La catapulte et Les Etoiles (Catapult to the Stars)
- Les Insectes de Feu, Holly et l’amour (Sparklebugs, Holly and Love)


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Présente édition
: traduit de l’anglais par Jean-Pierre Pugi et Marc Février, éditions Folio/Gallimard, 28 janvier 2010, 470 pages

mercredi, 12 janvier 2011

Des choses fragiles : Nouvelles et merveilles  (Fragile Things) - Neil Gaiman - 2006

bibliotheca des choses fragiles.jpg« Les histoires, tels les gens, les papillons, les oeufs d'oiseaux, les coeurs humains et les rêves, sont des choses fragiles faites d'un matériau aussi peu solide ou durable que vingt-six lettres et une poignée de signes de ponctuation. Ou des paroles faites de sons et d'idées, abstraites, invisibles, disparues sitôt prononcées. Et pourtant certaines, simples et minuscules, ont survécu à ceux qui les ont racontées. »

L’auteur britannique Neil Gaiman est depuis quelques années et des romans tels que Neverwhere (1996), Stardust (1999) et American Gods (2001) considéré comme l’une des figures les plus marquantes de la littérature de l’imaginaire en ce début de 21ème siècle. Le fantastique, la fantasy, la science-fiction, Gaiman semble réussir tout ce qu’il touche. En 2006 sort le recueil Des choses fragiles : Nouvelles et merveilles, reprenant poèmes, nouvelles et le court roman Le Monarque de la Vallée où l’on retrouve le héros d’American Gods.
Une longue introduction explique la genèse de la plupart des textes et le recueil se termine sur un entretien inédit de l’auteur.
De quoi parlent finalement tous ces textes ? A vrai dire d’un peu de tout, mais à travers tout cela, c’est avant tout le merveilleux qui prime, que ce soit dans l’horreur, le fantastique ou l’humour, des textes qui tels des songes éveillés, choses fragiles en apparence  éphémères,  s’impriment en notre inconscient et frappent de plein fouet notre imagination. On y retrouve Sherlock Holmes dans une enquête lui faisant rencontrer l’univers de Lovecraft, un comptable se découvre prisonnier d'un monde inspiré de Matrix, tout de barrettes de mémoire et d'unités centrales… ainsi que de nombreuses références à d’autres auteurs tels Ray Bradbury ou C.S. Lewis. C’est impressionnant, certains textes valent peut-être un peu moins que d’autres, mais dans l’ensemble Des choses fragiles : Nouvelles et merveilles est un recueil très réussi.

Le recueil Des choses fragiles : Nouvelles et merveilles présente une incroyable évasion dans le monde imaginaire de Neil Gaiman, un univers incroyablement riche et palpitant, dans lequel on peut se plonger les yeux fermés.

A découvrir de toute urgence !


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Sommaire du recueil
:


- Introduction
- Une étude en vert (A Study in Emerald)
- La Grand'roue féerique (The Fairy Reel)
- La Présidence d'Octobre (October in the Chair)
- La Chambre dissimulée (The Hidden Chamber), Poésie
- Les Épouses interdites des esclaves sans visage dans le manoir secret de la nuit du désir redoutable (Forbidden Brides of the Faceless Slaves in the Secret House of the Night of Dread Desire)
- Le Chemin caillouteux du souvenir (The Flints of Memory Lane)
- L'Heure de la fermeture (Closing Time)
- Devenir Sylvain (Going Wodwo), Poésie
- Amères moutures (Bitter Grounds)
- Les Autres (Other People)
- Souvenirs et trésors (Keepsakes and Treasures : A Love Story)
- Les Bons garçons méritent des récompenses (Good Boys Deserve Favours)
- La Vérité sur le cas du départ de Mlle Finch (The Facts in the Case of the Departure of Miss Finch)
- D'étranges petites filles (Strange Little Girls)
- La Saint-Valentin d'Arlequin (Harlequin Valentine)
- Boucles (Locks), Poésie
- Le Problème de Susan (The Problem of Susan)
- Instructions (Instructions), Poésie
- Qu'est-ce que tu crois que ça me fait ? (How Do You Think It Feels?)
- Ma vie (My Life)
- Quinze cartes peintes d'un tarot de vampires (Fifteen Painted Cards from a Vampire Tarot), Poésie
- Nourrir et manger (Feeders and Eaters)
- Le Coup de l'inventeur de maladies (Diseasemaker's Croup)
- À la fin (In the End)
- Goliath (Goliath)
- Pages d'un journal trouvé au fond d'une boîte à chaussures laissée dans un bus Greyhound, quelque part entre Tulsa, Oklahoma, et Louisville, Kentucky (Pages from a Journal Found in a Shoebox Left in a Greyhound Bus Somewhere Between Tulsa, Oklahoma, and Louisville, Kentucky)
- Comment parler aux filles pendant les fêtes (How to Talk to Girls at Parties)
- Le Jour de l'arrivée des soucoupes (The Day the Saucers Came), Poésie
- L'Oiseau-soleil (Sunbird)
- Inventer Aladin (Inventing Aladdin), Poésie
- Le Monarque de la vallée (The Monarch of the Glen)
- À la rencontre de Neil Gaiman, Biographie
- Une conversation avec Neil Gaiman, Entretien

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Présente édition : traduit de l’anglais par Michel Pagel, éditions J’ai Lu, 10 novembre 2010, 476 pages

Voir également :
- Neverwhere - Neil Gaiman (1996), présentation

samedi, 01 janvier 2011

From Hell - Alan Moore et Eddie Campbell - 1991-1996

bibliotheca from hell.jpgPour faire face à un chantage concernant la naissance d'un enfant né de l'union inavouable d'un petit-fils de la famille royale et d'une prostituée, la Reine Victoria dépêche son médecin, William Gull, afin de régler ce problème. Celui-ci, tout en suivant les ordres de la Reine, va néanmoins poursuivre ses propres plans. Les meurtres atroces qu’il va commettre à Whitechapel durant l’automne 1888 défrayeront la chronique… Le mystérieux assassin, surnommé Jack l’éventreur, ne sera jamais identifié par la police. Les crimes qu’il commet auront pour Gull/Jack l’éventreur une portée telle qu’ils provoqueront chez lui des visions terrifiantes d’un XXe siècle froid et inhumain...

From Hell du dessinateur Eddie Campbell et du très célèbre scénariste Alan Moore est une oeuvre grandiose, une bande dessinée sans précédente, qui traite de l’identité et des motivations du tueur en série Jack l’éventreur en plongeant le lecteur dans un Londres de fin de siècle plus vrai que nature. Le titre (littéralement "De l'enfer") vient d'une lettre reçue par la police en 1888 et attribuée à l'assassin. La publication de cette immense BD a débutée en 1991, sous forme de douze livrets en noir et blanc qui paraîtront durant les cinq années suivantes, avant d’être publiée en un seul volume de plus de 500 pages. Et à partir d’une vision de l’affaire du célèbre tueur en série, les auteurs nous font revivre l’époque victorienne, avec toutes ses modes et idées nouvelles qui marqueront le siècle à venir, un siècle que l’on peut présager de bien sombre. L’idée avancée sur les motivations de Jack l’éventreur, inspirée d’une théorie de complot maçonnique assez fantaisiste d’un certain Stephen Knight, représente toutefois un magnifique point de départ pour explorer l’affaire et son époque. Et Alan Moore réussit à fournir un scénario presque parfait, terriblement dense et richement documenté, d’autant qu’il est accompagné des superbes dessins de Eddie Campbell, très sombres et qui réussissent à donner une ambiance à la fois sombre et fascinante à l’ensemble. Mais la densité et la complexité de l’oeuvre demandera également une certaine concentration au lecteur afin de pouvoir bien se plonger dans cet univers et de profiter à fond de ses nombreuses qualités.

From Hell est une bande dessinée grandiose, unique en son genre, invitant son lecteur dans un voyage dans le temps à la découverte de l’un des grands mystères policiers de l’histoire.

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Extrait : une planche au hasard

bibliotheca from hell planche.jpg

 

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Présente édition
: Editions Delcourt, 24octobre 2000, 576 pages