mardi, 28 février 2012
Le Camion-Poubelle (Søppel) - Max Estes - 2010
Simon et Oskar sont deux éboueurs qui tous les matins à bord de leur camion-poubelle parcourent les rues de la ville pour rammasser nos déchets. Et ainsi ils nous invitent à les suivre lors de leur journée de travail.
Et cela cébute très tôt, alors qu'il fait encore nuit, et finissent à l'heure du déjeuner. Et c'est par tous les temps qu'ils sillonnent les rues, ramassent et trient les déchets, permettant à la plupart d'entre eux d'être recyclés.
Car que serait le monde sans Simon et Oskar ?
Max Estes, illustrateur et cartooniste américain vivant à Oslo, nous présente ici un magnifique livre, coloré et amusant, fabriqué sur base de collages de toutes sortes de papiers récupérés (carton, emballage de chewing-gum, tickets de caisse, paquets de clopes,...) et qui donnent à ce livre un aspect très particulier, beau et graphique sur ces hommes qui travaillent dans l'ombre de notre société à une tâche souvent dénigrée mais pourtant si importante. Et l'auteur en profite pour y ajouter une petite leçon de recyclage et d'écologie, qui en apprendra tout autant aux parents.
Le Camion-poubelle de Max Estes est un magnifique album très coloré à l'aspect unique qui plaira à tous les enfants au-delà de 5 ans.
A découvrir pour les plus jeunes !
Petit aperçu en vidéo :
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Présente édition : traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, éditions La Joie de lire, février 2012, 48 pages
22:05 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Estes, Max, Livres pour les enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : max estes, le camion-poubelle, soppel, romans jeunesse, litterature norvegienne, litterature americaine |
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mardi, 22 novembre 2011
L’Homme qui voulait vivre sa vie (The Big Picture) - Douglas Kennedy - 1997
Que veut dire « avoir réussi dans la vie» ? La société a pour habitude d’émettre un certain nombre de critères pour y répondre, et il est clair que Ben Bradford, la trentaine, avocat de compétence en passe de devenir associé de l’un des plus grands cabinets de Wall Street, correspond parfaitement à ces critères. Il a un gros salaire, une belle maison en banlieue, une femme et deux enfants. Bref, la vie rêvée.
Pourtant Ben déteste sa vie. Avocat de talent il avait pourtant préféré devenir photographe. Les affaires, même s’il y excelle, ce n’est pas son truc. Et à force de se détester, lui et sa vie, sa vie de couple en pâtit. Son épouse lui montre de plus en plus de froideur, ce qu’il attribue faussement à une dépression post-natale. Et lorsqu’il soupçonne une liaison extraconjugale à sa femme, il perd les nerfs. Très vite il découvre même l’identité de l’amant qui n’est autre que leur voisin et dont la profession est justement d’être photographe pour les grands reportages. Ben Bradford n’en peut plus, sa jalousie est à son comble, et dans un coup de sang, il va voir son voisin et le tuer.
Un problème de plus dans une vie déjà ratée et un mariage en échec : un meurtre. Mais alors une drôle d’idée s’impose à lui. S’il prenait la place du mort et vivrait sa vie. Personne ne reconnaîtrai ce photographe aventurier un peu solitaire et peut-être que Ben Bradford pourra ainsi enfin vivre la vie qu’il désirait.
L’auteur américain Douglas Kennedy sait comment nous décrire des tranches de vie à première vue banale qui basculent dans tout autre chose tout en y dévoilant tous les défauts qu’elles cachent. Dans L’Homme qui voulait vivre sa vie, publié à l’originale en 1997 l’auteur nous décrit bien comment la dite réussite de Ben Bradford est fausse et trompeuse. Le lecteur se réjouira de suivre au pas narrateur qui s’évadera en laissant sa vie derrière lui pour en embrasser une bien plus mouvementée, aventureuse et passionnante. Ecrit à la première personne le lecteur s’identifiera immédiatement au narrateur, Ben Bradford, en comprenant bien ses motivations et désirs. De plus, un certain suspense accompagne le tout (le meurtre, la fuite, …), sans toutefois que le roman ne tombe dans le genre du policier.
L'Homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy est un beu roman, passionnant et très divertissant sur la condition d'un homme d'aujourd'hui.
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Présente édition : traduit de l’anglais par Bernard Cohen, éditions Belfond, 21 octobre 2010, 358 pages
Voir également :
- Cul-de-sac (The Dead Heart) - Douglas Kenendy (1994), présentation
- La femme du Ve (The Woman in the Fifth) - Douglas Kennedy (2007), présentation et extrait
21:08 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Kennedy, Douglas | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : douglas kennedy, l'homme qui voulait vivre sa vie, roman policier, litterature americaine |
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jeudi, 17 novembre 2011
Le Livre des Morts (Library of The Dead) - Glenn Cooper - 2009
New York, 2009. Six personnes trouvent la mort. Elles n’ont aucun point commun entre elles, ni, semble-t-il, leurs meurtriers. Pourtant elles ont toutes reçu quelques jours auparavant une carte postale illustrant une pierre tombale et annonçant la date de leur mort.
La police se lance dans l’enquête. Si rien ne semble relier ces crimes, elles doivent pourtant être l’œuvre d’une même personne, ou du moins se faire dans un dessein commun. Et hormis la police, la presse s’empare également de l’affaire titrant ses unes avec les crimes du mystérieux « Tueur de l’Apocalypse ». En quelques jours la panique est semée dans toute la ville.
Will Piper, un ancien profiler d’élite dont la carrière a brutalement été interrompue à la suite d’un drame personnel, cherche en vain des indices et va tout mettre en œuvre pour faire arrêter ces meurtres. Mais très vite il est mené dans l’un des secrets les mieux gardés du pays, dans la Zone 51, où se trouve un étrange manuscrit écrit par des moines de l’île britannique de Wight plusieurs siècles plutôt, Le Livre des Morts dans lequel toutes ces victimes seraient inscrites il y a des siècles de cela.
Le thriller Le Livre des Morts de l’auteur américain Glenn Cooper a tout pour plaire : un beau mélange des genres entre polar, fantastique et roman historique, une idée bien originale, des personnages attachants, une écriture belle et efficace… et pourtant le roman ne m’a convaincu qu’à moitié. Par moment trop léger, on s’en lasse assez vite, surtout que le suspense ne tient pas vraiment. On connaît ou devine assez rapidement les tenants et aboutissants de l’intrigue, la quatrième de couverture nous en dit déjà bien assez, et le développement qui en est fait par l’auteur ne passionne pas vraiment. Il reste néanmoins que Le Livre des Morts de Glenn Cooper reste un thriller très divertissant, original et souvent bien intéressant, mais pas plus que cela.
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Présente edition : traduit de l’américain par Carine Chichereau, éditions Le Cherche Midi, 25 mars 2010, 419 pages
21:19 Écrit par Marc dans Cooper, Glenn, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : glenn cooper, litterature americaine, thrillers, le livre des morts, fantastique, romans policiers |
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lundi, 19 septembre 2011
Contre-jour (Against The Day) - Thomas Pynchon - 2008
Exposition universelle de Chicago de 1893. Le dirigeable Le Désagrément, orné d’une banderole aux couleurs de l’Amérique, prend son envol avec à son bord cinq jeunes hommes appartenant au célèbre club aéronautique des Casse-cou, une communauté volante, qui, pour se défaire de tous liens politiques s’est installé à bord d’aéronefs de tous genres en ne recevant d’ordre que de ceux qui les paient.
Et une fois le Désagrément parti, c’est le début d’une multitude d’aventures pour ces cinq jeunes héros qui vont découvrir le monde terrestre duquel leurs nombreuses aventures les ont tenus éloignés. Inventions miraculeuses, turpitudes capitalistes, complots, meurtres, espions salariés, nouvelle passion pour la vitesse, jolies femmes du bout du monde, tentations, argent… et cela à travers les continents et les temps jusqu’au début de la Première Guerre mondiale, qui va provoquer un brutal retour sur Terre pour ces idéalistes aériens.
Roman vertigineux de près de 1500 pages à l’écriture dense, Contre-jour de l’écrivain américain Thomas Pynchon, émerveille par son foisonnement d’histoires et impressionne à tout moment par ses incroyables qualités,
Le tout tourne autour d’un équipage et d’une famille, les Traverse, dont le destin politique coïncide avec la jonction des XIXème et XXème siècles, et qui résume à lui seul les contradictions d’un monde qui s’écroule avec la Première Guerre mondiale. Car c’est bien de cela qu’il s’agît : d’un roman de fin de monde, l’aboutissement et l’échec d’une période, celle des sciences et de l’expansion à outrance qui n’aura su produire qu’un immense carnage dans lequel s’engouffre l’humanité.
Et pour nous faire vivre tout cela, Thomas Pynchon, dans son roman, va superposer les styles, les genres et les situations. Humour, western, tragique et fantastique cohabitent le plus sérieusement du monde dans ce fourre-tout de références parfois obscures, parfois limpides, mais dont l’extrême cohérence fait de cette accumulation d’histoires un tableau général d’une saisissante beauté. Très politique et très engagé, Contre-Jour fonctionne par emboîtement : le récit d’une personne développé pendant des pages, puis d’une personne qui en rencontre une autre, développée à son tour, qui en rencontre encore une autre… et ainsi de suite. Bien sûr le fil central de la narration se complexifie, se perd, en laissant certainement de temps à autre quelques lecteurs à l’arrière, mais malgré tout, le roman fonctionne et passionne.
Contre-jour de Thomas Pynchon est plus qu’un roman mais un véritable monument littéraire. Dense, profond et aussi joyeux et divertissant ce texte ne cesse d’émerveiller. L’abord est certes difficile, le texte d’une longueur qui en découragera plus d’un, mais malgré tout, c’est certainement l’un des grands romans de ces dernières années.
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Présente édition : traduit de l’anglais (américain) par Claro, éditions Le Seuil / Point, 19 novembre 2009, 1467 pages
22:11 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Pynchon, Thomas | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contre-jour, thomas pynchon, litterature americaine, romans d aventures, romans historiques |
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dimanche, 11 septembre 2011
Dans le jardin d’Iden (In the Garden of Iden) - Kage Baker - 1997
XXIVe siècle. Le voyage dans le temps a été inventé et est contrôlé et largement utilisé par une compagnie toute-puissante, la Dr. Zeus, Inc. Son but : ramener des objets rares ou disparus du passé afin de conserver un patrimoine culturel et naturel disparu, et par delà accumuler des trésors inestimables. Mais difficile pour la Dr. Zeus, Inc., d’envoyer des agents dans le passé. Comment un homme du XXIVe siècle peut-il s’infiltrer de façon crédible à une toute autre époque. Ainsi la compagnie recrute des agents à leur époque en leur offraznt en échange l’immortalité.
La jeune Mendoza est ainsi recrutée au XVIe siècle en Espagne dans les donjons de l’inquisition après avoir été vendue par ses parents à une famille d’hérétiques. Très vite elle montre des capacités hors du commun et sa première mission l’envoie en Angleterre, en 1554, période agitée qui voit Marie Tudor accéder au trône. Mendoza doit sauver une variété de houx (disparue cent ans plus tard) dans le jardin d'un certain William Iden. En compagnie d'autres agents "infiltrés", elle fait preuve d'une passion exclusive pour son travail. Malgré sa misanthropie notoire, elle s'attache pourtant à un mortel, un jeune hérétique idéaliste et fougueux. La période, hélas, ne se prête pas à une telle relation et Mendoza est tenue de taire sa véritable identité...
Paru en 1997, Dans le jardin d’Iden est le premier tome d’une série, La Compagnie, mettant en scène la voyageuse dans le temps Mendoza dans sa première aventure. Habile mélange entre science-fiction et réalisme historique le roman convainc dès les premières pages, après un prologue fort, intéressant et très réussi pour introduire le contexte des voyages temporels de la Dr. Zeus, Inc. avant de découvrir le personnage fort attachant de Mendoza que l’on pourra suivre au fil de très nombreuses aventures (pas encore toutes traduites en français).
C’est passionnant, jubilatoire, à tout moment prenant, et cela malgré certains passages un peu longs. Les amateurs de science-fiction risquent toutefois de rester quelque peu sur leur faim. L’écriture est belle et bien prenante.
Dans le jardin d’Iden est un beau mélange entre science-fiction et roman historique offrant un grand plaisir lecture.
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Présente édition : traduit de l’américain par Jacques Collin, éditions Pocket, 8 avril 2004, 413 pages
20:27 Écrit par Marc dans Baker, Kage, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kage baker, litterature americaine, science-fiction, dans le jardin d iden, mendoza, romans historiques |
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mardi, 23 août 2011
La chute de la flèche (Arrow’s Fall) - Mercedes Lackey - 1988
Elspeth, la jeune princesse, est en âge de se marier et Talia est envoyé en mission par la reine Selenay pour s'assurer des intentions d'un des prétendants à la réputation douteuse, le prince Ancar. Pourtant Talia et la Reine sont loin de se douter que leur méfiance est à se points fondée. La jeune femme découvre qu'une magie ancienne et honnie menace le royaume. Pour la contrer Talia devra surmonté de terribles épreuves qui manqueront de briser son corps et son esprit. Heureusement Talia n'est pas seule, elle peut compter sur son loyale Compagnon et sur les autres Hérauts.
La chute de la flèche est le dernier tome de cette trilogie du cycle des Flèches de la Reine. Hélas d’autres romans viennent compléter cette saga que sont Hérauts de Valdemar.
Je dis bien ‘hélas’, car ce tome-ci est encore plus mauvais que les précédnets, en accumulant encore plus de platitudes et d’invraisemblances que les précédents. Ou alors est-ce une impression résultant d’un certain ras le bol. Marre aussi de voir ces personnages penser et agir comme s’il s’agissait de personnages de séries télés pour ados.
Evidemment cela reste toujours assez divertissant, mais mieux vaut ne pas être trop exigeant. Ce roman s’adresse biensûr à un public adolescent, un peu fleur bleue, mais même là, de bien meilleures choses existent.
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Présente édition : traduit de l’américain par Rosalie Guillaume, éditions Milady, 5 décembre 2008, 282 pages
Voir également :
- L'envol de la flèche (Arrow's Flight) - Mercedes Lackey (1987), présentation
- Les flèches de la Reine (Arrows of the Queen) - Mercedes Lackey (1987), présentation
22:45 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Lackey, Mercedes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fantasy, litterature americaine, mercedes lackey, trilogie des fleches, les herauts de valdemar, la chute de la fleche |
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dimanche, 24 juillet 2011
Le monde aveugle (Dark Universe) - David Francis Galouye - 1961
Depuis longtemps déjà Lumière a abandonné le monde pour faire place à obscurité. Jared, comme tous ceux de son peuple ne voit pas, il ne peut qu’entendre et écouter. Et cela est ainsi dans l’entièreté du monde constitué par cet immense réseau de cavernes. Pour Jared il faut retrouver Lumière Toute-Puissante, même s’il est incapable d’imaginer de quoi il s’agît exactement. Et pour la retrouver Jared se lance au-delà de la Barrière qui sépare son univers du Monde Originel, un endroit prétendument maléfique et dont l’accès est interdit depuis de très nombreuses années. Mais dès qu’il franchit la Barrière un monstre non identifiable le traque et le renvoie dans ses cavernes. Jared comprend dès lors que quelque chose de grave se trame, surtout que des monstres apparaissent un peu partout dans les cavernes enlevant un certain nombre des siens, alors que de plus les sources d’eau chaudes commencent à se tarir, le tout sous la menace des Ziveurs, cette tribu d’êtres étranges qui semblent entendre la chaleur par leurs yeux.
Le monde est en train de basculer, et Jared doit plus que jamais trouver Lumière pour sauver les siens.
Ecrit en 1961 le roman de science-fiction Le monde aveugle de l’écrivain américain Daniel F. Galouye impressionne dès les premières pages par la description de ce monde plongé dans l’obscurité et dont les habitants, faute de voir, ne vivent que grâce à leurs sens de l’ouïe et de l’odorat. L’écriture s’est adaptée en narrant cette histoire de façon non « visuelle » mais en utilisant un vocabulaire tout autre. C’est parfois difficile, mais une fois plongé dedans on en ressort plus. Cela en fait l’un des romans post-apocalyptiques les plus réussis et poignants qui soient, car même si ce n’est qu confirmé vers la fin, de nombreuses indications suggèrent dès les premières pages que l’humanité aurait en grande partie succombée à un incident nucléaire et que les survivants se seraient cachés dans des souterrains. Par exemple il est souvent fait mention de démons au nom de Cobalt et Strontium. Mais pendant ce temps-là, apparemment sur un temps de plusieurs générations, reste-t-il quelque chose du monde du dehors ? Se situe-t-il au-delà de cette Barrière mystérieuse dont le passage a été interdit depuis longtemps ?
Daniel F. Galouye nous livre ici une sorte de métaphore de l’allégorie de la caverne exposée par Platon, une nouvelle version qui impressionne tant le lecteur est plongé dans cette obscurité à la suite de Jared, le héros de l’histoire qui tente de comprendre son monde.
Le dénouement est certes prévisible, mais de la même vient sa force en appuyant la tragédie touchant cet obscur monde aveugle et en laissant le lecteur songeur sur ce qu’est la réalité et comment on la perçoit.
Le monde aveugle de Daniel F. Galouye est un roman post-apocalyptique poignant, un chef-d’œuvre de la SF de la part d’un auteur dont l’œuvre mérite bien plus encore de reconnaissance.
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Présente édition : traduit de l’américain par Frank Straschitz et révisé par Julie Pujos, éditions Folio / Gallimard, 28 octobre 2010, 291 pages
23:00 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Galouye, David Francis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, litterature americaine, le monde aveugle, romans post-apocalyptiques, david francis galouye |
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samedi, 04 juin 2011
Le soldat chamane, tome 8 : Racines (The Soldier Son Trilogy : Renegade’s Magic) - Robin Hobb - 2007
Malgré tout Jamère n’a pu empêcher son double, Fils-de-Soldat, de lancer un assaut contre Guetis, un assaut qui s’avérera vite être un échec cuisant, ainsi d’ailleurs autant que toutes ses entreprises consécutives : a construction de la route du Roi se poursuit, la danse de Kinrove a enlevé Likari à Olikéa, le fort de Guetis est toujours debout... Pire, ses deux personnalités continuent de se disputer la maîtrise de son corps. Seul Kinrove, l'Opulent des Opulents, peut l'aider à fusionner ces deux parts de lui-même. Débute alors pour Jamère un double voyage, physique et spirituel, qui l'emmènera aux portes de la mort.
Le soldat chamane, tome 8 : Racines est donc et peut-être enfin le dernier volume de cette longue saga nous contant les aventures et la destinée de l’Opulent Jamère. Cette saga, certainement pas la meilleure dans le domaine de la fantasy, à l’image de ce dernier tome qui accumule à la fois les qualités et défauts rencontrés précédemment : des temps morts, un héros peu attachant, mais aussi des grands moments de fantasy. Le plus pénible néanmoins est de constater à quel point clôturer une saga peut représenter une tâche bien ardue, tant on a l’impression de passer ici totalement à côté d’un bon dénouement. Le tout est résumé, quelque peu bâclé... enlevant finalement beaucoup de l’intérêt de l’ensemble.
Dommage pour ce qui a failli être une bonne saga de fantasy.
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Présente édition : traduit de l’américain par Arnaud Mousnier-Lompré, éditions J’ai Lu, 13 avril 2011, 286 pages
Voir également :
- Le soldat chamane, tome 1 : La Déchirure (The Soldier Son Trilogy : Shaman's Crossing) - Robin Hobb (2005), présentation
- Le soldat chamane, tome 2 : Le cavalier rêveur (Soldier Son Trilogy : Chaman's Crossing) - Robin Hobb (2005), présentation
- Le soldat chamane, tome 3 : Le Fils rejeté (The Soldier Son Trilogy : Forest Mage) - Robin Hobb (2006), présentation
- Le soldat chamane, tome 4 : La magie de la peur (The Soldier Son Trilogy : Forest Mage) - Robin Hobb (2006), présentation
- Le soldat chamane, tome 5 : Le Choix du Soldat (The Soldier Son Trilogy : Forest Mage) - Robin Hobb (2006), présentation
- Le soldat chamane, tome 6 : Le renégat (The Soldier Son Trilogy : Renegade's Magic) - Robin Hobb (2007), présentation
- Le soldat chamane, tome 7 : Danse de terreur (The Soldier Son Trilogy : Renegade's Magic) - Robin Hobb (2007), présentation
22:42 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Hobb, Robin | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : robin hobb, le soldat chamane, racines, fantasy, litterature americaine |
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mardi, 31 mai 2011
Les déportés du Cambrien (Hawksbill Station) – Robert Silverberg – 1968
Durant les années 2020 le gouvernement américain a trouvé un moyen tout à fait original pour se débarrasser de ses opposants politiques. Ils les déportent loin, très loin de chez eux, mais non pas géographiquement, mais dans le passé. Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps , dépose tous les prisonniers politiques dans le Cambrien, à des centaines de millions d’années d’ici. De là-bas ils ne pourront plus revenir et de plus ils ne pourront avoir d’influence sur l’avenir. Mais comment survivre dans un monde où la vie n’a pas encore quittée les océans et surtout un monde dans lequel ces survivants n’ont à jamais plus aucun avenir. Hawksbill Station, tel est le nom de ce campement cambrien, est gouverné par un roi sans couronne, Jim Barrett, qui tente tant bien que mal de gérer cette communauté d’un peu plus d’une centaine de personnes en proie à la folie et au désespoir tout en accueillant du mieux qu’il peut les nouveaux venus. Une drôle de routine s’est mise en place dans cette drôle de prison jusqu’au jour où est déporté parmi eux le dénommé Lew Hahn, un jeune homme taciturne et peu bavard et qui ne ressemble en rien à prisonnier politique. Pourquoi a-t-il été condamné ? Le gouvernement commencerait-il à envoyer d’autres types de prisonniers ? Des plus dangereux ? Ou alors et-il là dans un tout autre but ?
Tout en observant ce nouveau venu Jim Barrett repense à son passé d’activiste tantôt révolutionnaire, tantôt contre révolutionnaire, son cheminement qui l’a conduit jusqu’à Hawksbill Station et s’interroge sur le châtiment cruel dont lui et ses camarades ont été victimes. Tout cela valait-il réellement la peine ? Et que reste-t-il comme avenir pour ces déportés du Cambrien ?
Paru en 1968 et traduit en français dix années plus tard le court roman Les déportés du Cambrien de la part du très prolifique auteur américain de science-fiction Robert Silverberg nous fait vivre une belle histoire, bien poignante, d’un jeune activiste à travers le temps jusqu’à son châtiment qui donne lieu à une belle réflexion sur la survie d’une société totalement isolée dans un environnement hostile. Bref, y sont traités à la fois des aspects sociologiques et psychologiques, que ce soit par l’isolement et la lente déchéance des prisonniers condamnés à perpétuité ou par les souvenirs et désillusions du révolutionnaire Jim Barrett qui malgré les causes communes fortes a vu les individualismes ronger le tout jusqu’à conduire à la trahison. Silverberg y livre aussi une belle réflexion assez cynique sur le militantisme et son évolution dans le temps, en effet Jim Barrett, même lorsque son camp l’emporte se sent obligé de se remettre dans l’opposition, un peu comme si l’ordre établi constituait un problème rien que par sa présence et non pas par sa nature. Et peut-être qu’un personnage comme Jim Barrett trouvera sa satisfaction là où on l’attend le moins. Finalement le sujet de ce roman n’est pas tant que ça cette société du futur, ses activités politiques et ses méthodes de répression mais plus la psychologie et l’évolution de ce Jim Barrett dans les aspirations révolutionnaires duquel tout le monde se retrouvera quelque peu.
Le tout est bien mené, sans superflus ni temps morts et Silverberg réussit à bien nous emporter dans son histoire. Quelques erreurs scientifiques existent quant à la description de l’ère cambrienne, mais s’agît-il de raccourcis pris par l’auteur ou alors de méconnaissances répandues à l’époque de l’écriture ?
Bref Les déportés du Cambrien de Robert Silverberg est un roman de science-fiction bien mené, assez poignant et riche en réflexions mais peut-être pas non plus un grand chef-d’œuvre.
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Présente édition : traduit de l’anglais par Guy Abadia, éditions Le Livre de Poche, 17 avril 2002, 192 pages
Voir également:
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
- Stepsons of Terra (aka. Shadow on The Stars) - Robert Silverberg (1958), présentation
- Regan's Planet - Robert Silverberg (1964), présentation
- Ceux qui veillent (Those Who Watch) - Robert Silverberg (1967), présentation
- L'oreille interne (Dying Inside) - Robert Silverberg (1972), présentation
- En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg (1988), présentation et extrait
- Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg (1990), présentation
19:02 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Silverberg, Robert | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : robert silverberg, litterature americaine, science-fiction, voyages dans le temps |
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samedi, 07 mai 2011
Le soldat chamane, tome 7 : Danse de terreur (The Soldier Son Trilogy : Renegade’s Magic) - Robin Hobb - 2007
Jamère, prisonnier de son propre corps que commande désormais son double, Fils-de-Soldat. assiste, impuissant, aux efforts de ce dernier pour convaincre les Ocellions de changer de tactique dans leur lutte contre les Gerniens. Il rencontre enfin Kinrove, le plus grand des Opulents, et tente de le persuader d'achever sa danse et d'employer ses danseurs à former une armée en vue de combattre l'ennemi sur le terrain. Mais à cet instant, une autre Opulente, Dasie, s'empare de Kinrove et de Fils-de-Soldat, mettant en péril tous les plans de celui-ci...
Septième tome de Le Soldat chamane de Robin Hobb, deuxième partie du dernier de la version originale, celui-ci n’apporte que peu à l’histoire et risque d’ennuyer le lecteur. La cause en est ce découpage malhonnête et inintelligible de l’éditeur français, chaque tome étant en principe censé apporter quelque chose de neuf, alors qu’ici il ne s’agît que de la partie centrale d’un tome unique bien plus volumineux. Il n’empêche que le tout se développe, Jamère Burvelle s’étoffe et prend encore une nouvelle dimension, et on a hâte de connaître enfin le dénouement dans le suivant.
La fin est proche, et si ce tome 7 Danse de terreur n’est certes pas le plus mémorable, le dénouement dans le tome suivant s’annonce prometteur.
Pour commander ce livre :
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Présente édition : traduit de l’américain par Arnaud Mousnier-Lompré, éditions J’ai Lu, 12 janvier 2011, 283 pages
Voir également :
- Le soldat chamane, tome 1 : La Déchirure (The Soldier Son Trilogy : Shaman's Crossing) - Robin Hobb (2005), présentation
- Le soldat chamane, tome 2 : Le cavalier rêveur (Soldier Son Trilogy : Chaman's Crossing) - Robin Hobb (2005), présentation
- Le soldat chamane, tome 3 : Le Fils rejeté (The Soldier Son Trilogy : Forest Mage) - Robin Hobb (2006), présentation
- Le soldat chamane, tome 4 : La magie de la peur (The Soldier Son Trilogy : Forest Mage) - Robin Hobb (2006), présentation
- Le soldat chamane, tome 5 : Le Choix du Soldat (The Soldier Son Trilogy : Forest Mage) - Robin Hobb (2006), présentation
- Le soldat chamane, tome 6 : Le renégat (The Soldier Son Trilogy : Renegade's Magic) - Robin Hobb (2007), présentation
- Le soldat chamane, tome 8 : Racines (The Soldier Son Trilogy : Renegade's Magic) - Robin Hobb (2007), présentation
22:54 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Hobb, Robin | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : robin hobb, le soldat chamane, danse de terreur, fantasy, litterature americaine |
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