vendredi, 25 mars 2011

Hilda - Anonyme - 19??

hilda, litterature francaise, romans erotiques, romans pronographiques, erotisme, annees follesHilda, née dans les années 1920, se transforme vite en une jeune femme aux formes plantureuses. Elle est initiée dès sa puberté par son oncle et sa mère aux plaisirs de la chair, ces démons ne la quitteront d’ailleurs jamais plus. Mais ce petit scandale familial finit bien vite par éclater, et Hilda, à l’âge de 15 ans, se retrouve orpheline. Et ainsi se fera sa vie nouvelle sans que ses démons du passé ne la quittent jamais. Et tout au long de sa vie, que ce soit un tuteur de son pensionnat, des étudiants, un exploitant de bordel, des soldats durant l’occupation, le fils de son mari... tous profiteront des dispositions de la jeune femme pour le sexe...

Peu de choses sont réellement connues au sujet de ce roman pornographique intitulé Hilda, si ce n’est qu’il a été écrit après la Seconde Guerre mondiale et a paru d’abord clandestinement tout en se faisant passer pour un journal intime authentique. L’action reprend la vie de cette femme en partant de sa naissance dans les années 1920, son adolescence et sa vie de jeune femme à Paris avant de la retrouver dans l’après-guerre marié à un notable de village. Son journal intime reviendra sur quelques épisodes de la guerre. Et cela jusqu’à un final troublant, fort et pathétique à la fois. L’auteur du roman n’est pas connu et est resté dans l’anonymat. Mais nul doute qu’un grand nom se cache derrière cette belle et magnifique plume qui nous fait revivre l’insouciance des Années folles qui suite à la Grande Guerre n’attendait finalement que la suivante toute en nous décrivant l’évolution d’un personnage haut en couleur et bien plus profond qu’il n’y paraît au départ. D’ailleurs même s’il s’agît bien avant tout de pornographie ce roman se révèle bien vite être bien plus riche de sens.

Le roman érotique et pronographique Hilda est un indispensable pour tous les amateurs du genre.

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Extrait
:
les premières pages


La plénitude des formes, Hilda l’avait toujours connue. Enfant, déjà, on la disait frisant l’obésité, ce en quoi d’ailleurs on se trompait. Seul, un gynécologue plus savant que ses confrères, avait déterminé, chez Hilda devenue jeune fille, une endocrinologie particulièrement prometteuse sur le plan sexuel. Le praticien concluait alors de bien étrange manière disant à la mère de la jeune fille que chaque femme méritait son époque. Propos sibyllin, mais seule- ment en apparence. En effet, on sortait tout juste de la « folle époque » qui avait été précédée par la « belle époque » en laquelle les femmes bien en chair faisaient le bonheur des peintres. Et puis, après la guerre de 14-18, la femme se masculinisait, se coupait les cheveux ; la fameuse mode de la garçonne voyait le jour en même temps qu’un beau bébé potelé que l’on baptisait Hilda en l’église de La Madeleine.

Le bébé prit très vite du poids en tétant le sein maternel, puis le biberon. Adolescente, Hilda gardait encore sur les lèvres l’ineffable joie de ses succions infantiles qu’elle retrouvait quelque peu quand son oncle lui offrait un sucre d’orge ou une sucette. L’homme, de quarante ans, la considérait étrange- ment, avec un sourire en coin, tandis qu’elle s’appliquait à faire glisser entre ses lèvres la friandise sucrée. Elle lui rendait son sourire en suçant de plus belle, sans évidemment se douter qu’elle provoquait ainsi une coupable érection.

Hilda adorait son oncle. Il offrait à ses yeux d’enfant une sorte d’émerveillement perpétuel.

Marcel Rivaud avait choisi l’oisiveté comme d’autres choisissent de partir en voyage. Alors que son frère André, le père d’Hilda, œuvrait laborieusement pour capitaliser et vieillir prématurément, Marcel passait dans la vie à la manière d’un poète qui visite un jardin, respirant chaque fleur en ayant soin de n’en cueillir aucune. Il avait placé sa part d’héritage qui, sans le faire riche, lui permettait de vivre comme il l’entendait.

En grandissant, Hilda surprit certaines conversations entre son père et sa mère à propos de son oncle. André Rivaud ne se montrait pas tendre envers son unique frère. Irène, la mère d’Hilda, acquiesçait en silence, en femme soumise à l’autorité de son époux. Cependant, Hilda finit par comprendre que sa mère n’en pensait pas moins.

L’oisif de l’entre-deux guerres est devenu une espèce rare sinon totalement disparue. On le recherchait comme amant puisque la plupart de son temps était consacré à l’amour. Irène s’était mariée – « casée », devait-on dire – jeune, vierge et avait été engrossée dès sa nuit de noces. Hilda naquit, fut traditionnellement élevée dans la saine morale de la religion catholique tandis que son travailleur de père remplissait hebdomadairement son devoir conjugal. Marcel s’aperçut rapidement que sa belle-sœur était délaissée. Il se portait irrésistiblement vers les cœurs perdus et les fesses disponibles ; or, celles de sa belle- sœur étaient d’un fol attrait.

Entre Marcel et Irène, tout avait commencé par un de ces après-midi de brume qui couvre si souvent Paris. Marcel était dans son atelier en train de peindre quand Irène sonna à sa porte.

– J’avais envie de voir vos toiles ! dit Irène en rougissant un peu. Je ne resterai que quelques minutes ! ajouta-t-elle très vite.

– Il faut fêter l’événement ! dit Marcel en débouchant une bouteille de champagne.

Bu à petites gorgées, le champagne grisa un peu Irène qui détaillait chaque œuvre exposée dans l’atelier. Ses yeux s’arrêtèrent sur une toile et Irène retint brusquement sa respiration.

– Cela vous choque ? questionna Marcel.

– Eh bien, répondit-elle, je me doutais bien que dans un atelier d’artiste, il existait toutes sortes de choses, mais...

– Allons, voyez la beauté du mouvement, dit Marcel, observez bien les bras de la femme se cramponnant au cou de l’âne robuste, et la musculature de l’animal arc-bouté sur ses pattes pour faire entrer son membre...

– Tout de même, murmura Irène, ce... ce sexe si gros... dans...

– Il paraît que Messaline éprouvait une très grande jouissance avec les ânes. Et d’ailleurs, ne dit-on pas de certains mâles qu’ils sont, pardonnez-moi l’ex- pression, « montés comme des ânes » ?

– C’est une comparaison aussi grossière qu’exagérée !

– Qu’en savez-vous, ma chère Irène ? Pouvez- vous établir une comparaison entre André et... d’autres hommes ?

– Vous êtes fou, Marcel ! Je n’ai jamais trompé votre frère !

– C’est bien ce que je pensais.

Cela dit, sans plus hésiter, il l’attira contre lui. Irène voulut se défendre, mais il était déjà trop tard. Bouche contre bouche, les langues se cherchaient, se suçaient. Marcel serrait fortement le corps de sa belle- sœur d’un bras robuste tandis que sa main libre se faufilait sous la robe. Il descendit le slip à mi-cuisses et ses doigts habiles fourragèrent dans la toison épaisse, entrèrent dans la grotte humide. La pression des corps se fit plus violente et les langues activèrent leur succion. Marcel retira sa main pour ouvrir fébrilement sa braguette de laquelle il extirpa une verge érigée qu’il empoigna pour la guider vers la fente mouillée.

– Oh non... non, Marcel ! supplia Irène qui ne put s’empêcher d’écarter les cuisses en percevant l’affolante érection, bien plus épaisse, bien plus grosse, infiniment plus dure que celle de son mari.

Haletante, maintenant vaincue, elle se soumettait au groin mafflu dont la tête macrocéphale la pénétrait difficilement.

– Oh ! Marcel... Marcel... que me faites-vous là !

– Je vous baise, Irène... Je t’enfile, ma chérie, et tu aimes ça...

Son membre bandé, enfoncé jusqu’aux testicules, l’homme se mit à la besogner lentement mais fermement. Travaillée par l’intense érection, Irène souleva les reins, c’était pour elle une révélation qu’elle n’eût, jusqu’alors, jamais osé soupçonner.

Un premier plaisir la gagna en lui faisant perdre toute retenue :

– Ah oui ! prends-moi... plus vite... plus fort...

Marcel l’empoigna aux fesses :

– Je t’apprendrai à bien jouir...

– Je jouis, Marcel... Je jouis... Aah !

– Alors tiens... Tiens !

Muscles tendus, le mâle se crispa entièrement en propulsant un flot de semence brûlante qui fit gémir sa partenaire.

Il y eut un long moment de silence seulement troublé par le balancier d’une vieille horloge. Marcel retira sa verge encore raide et la porta vers le visage de sa belle-sœur dont les yeux exprimaient l’admiration qu’elle éprouvait pour l’extraordinaire phallus qui venait de si bien la combler. Elle approcha le membre de ses lèvres, l’embrassa doucement, comme pour le remercier, puis sa langue tournoya autour du gland rose. Sous le titillement qui l’excitait, Marcel se plaça à califourchon sur Irène en dégageant ses seins qu’il pétrit fébrilement. Celle-ci, pour plus de commodité, baissa le pantalon. Elle passa une main sur les bourses velues et rebondies et engloutit la verge dans sa bouche qu’elle suça avec avidité. Marcel se livra entièrement au travail de cette bouche ardente sans quitter des yeux sa belle-sœur qui aspirait en creusant les joues. Elle le suçait inlassablement et, parfois, avec une telle violence, qu’il devait faire appel à toute sa volonté pour que le plaisir durât. Irène sentait confusément qu’elle ne s’appartenait plus, que, déjà, elle était la chose de son beau-frère, presque son esclave. Quand il jouit dans sa bouche, elle le but en goûtant, pour la première, fois, à cette joie sauvage.

Irène finit par se retrouver souvent dans le secret de l’alcôve avec son beau-frère qui lui fit découvrir le bonheur des sens, lequel, inévitablement, engendre l’appel du cœur. Ah ! qu’elle aimait la lente reptation de cette verge saillante, terriblement musclée et dont l’extrémité champignonnait étrangement à l’instant de l’orgasme. Marcel la rendait folle et l’amenait à pratiquer des actes que la morale réprouvait farouchement. Quant à Marcel, il jubilait. C’était à la fois extraordinaire et surexcitant que d’initier une mère dont le corps réagissait, a priori, comme celui d’une pucelle et, a posteriori, comme celui d’une catin. Il s’arrangeait pour la rencontrer deux ou trois fois par semaine. Il lui arrivait même, parfois, de la prendre hâtivement, au foyer conjugal, alors que le mari peinait dans son bureau directorial et que la jeune Hilda déclinait une version latine chez les frères maristes. C’était toujours une espèce de viol auquel Irène se soumettait sauvagement. Jupons troussés, cuisses ouvertes, le dos plaqué au mur, elle ne pouvait s’empêcher de pencher la tête, se mordant les lèvres Jusqu’au sang pour ne pas crier, elle considérait d’un œil fixe le gros boutoir brun dont l’extravagante force la pistonnait fiévreusement. Dans ces instants de rare intensité, des lueurs hagardes voilaient les prunelles de Marcel dont le vocabulaire devenait insoutenable :

– Je vais te faire sentir le jus de mes couilles... Tiens, tu le sens, dis ? Ah ! Je jouis... Je voudrais jouir dans ta bouche et dans ton cul en même temps !

Fouettée par la trivialité du verbe, Irène sombrait dans le délire de l’extase qui, elle l’ignorait encore, la conduirait sur d’épineux chemins. Ces chemins, Marcel s’affairait à les tracer avec autant d’intelligence que de perversité. Il conférait ainsi plus de vérité à l’adage fameux : « L’oisiveté est la mère de tous les vices. »

***

Quand Hilda fêta ses quinze printemps, il y avait déjà quatre bonnes années que les positions du Kama-Sutra, fellations et autres sodomies, n’avaient plus de secret pour Irène. Vis-à-vis de celle-ci, Marcel semblait montrer une fidélité exemplaire, bien que le bougre eût assez de vigueur génésique et de plans préalablement conçus pour satisfaire d’autres maîtresses.

Insidieusement, il avait semé dans l’esprit d’Irène sa propre graine dont le germe nietzschéen la faisait délicieusement frémir d’horreur et d’émotion. Pratiquement inculte, voilà qu’Irène Rivaud s’instruisait, en secret, d’une philosophie qui dût requérir, pour la bien comprendre, un esprit hautement qualifié, ce qui n’était pas le cas. Il ne restait plus à Marcel qu’à tirer les sons qu’il vou- lait d’un instrument tel que « Par-delà le bien et le mal » ou « La généalogie de la morale ». Sans doute Nietzsche se retournait-il – une fois de plus ! – dans sa tombe. Qu’importe, il n’était pas le premier philo- sophe à être falsifié. L’important fût qu’il servît les desseins de Marcel Rivaud qui, armé de belles rhétoriques, visait lentement, mais non moins sûrement, le but final. Les citations de celui qu’Hitler devait également falsifier pleuvaient comme de l’acide sur la malheureuse Irène : « Ce qui ne tue pas fortifie », « Les convictions (et Marcel d’ajouter : « religieuses ») sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges », « Je vous enseigne le surhumain. L’homme n’existe que pour être dépassé. Qu’avez-vous fait pour le dépasser ? » C’était, à coup sûr, cette dernière citation qui revenait le plus souvent aux lèvres de Marcel : « Il faut te dépasser, ma chérie, encore et toujours », disait-il à Irène en la serrant contre lui. Puis, il ajoutait sournoisement : « Hilda, qui est jeune, comprendra et vivra cela ! »

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Présente édition : La Musardine, 20 janvier 2011, 200 pages

dimanche, 20 mars 2011

Folies de femmes : Nouvelles érotiques - 2011

littérature francaise, romans erotiques, romans pornographiques, erotisme, recueil de nouvellesFolies de femmes, un recueil de vingt nouvelles érotiques, toutes de la plume d’auteurs féminins s’inscrit dans une série de livres éditée depuis quelques années et qui compte déjà comme titres : Plaisirs de femmes, Caprices de femmes, Femmes amoureuses, Pulsions de femmes, Extases de femmes, Jouissances de femmes, Extases de femmes et d’autres encore à venir.
Ici, tout y est à nouveau de ce que fait la littérature érotique, des nouvelles nous racontant le désir, l’appétit sexuel, les relations hommes femmes souvent troubles faits de soumission et domination, d’adultère, d’inceste même, et comment des lieux inattendus se transforment de temps à autre en lieux de perdition.
Ainsi lit-on comment plongé dans le noir d’une panne de courant un wagon de métro devient le théâtre d’une luxure collective, dans un hammanm parisien une dame esseulée découvre les plaisirs saphiques, une visiteuse de prison se donne dans l’enceinte d’un pénitencier à la lubricité d’une meute de détenus, une touriste dans les campagnes du Maroc qui se voit prise dans une orgie, un époux soumis par sa femme et son amant, une relation adultère mixte entre deux couples et bien d’autres...
Le plus cru s’associe au plus romantique pour le meilleur et pour le pire. Le résultat est en effet très inégal. Les meilleures, dont Par le trou de la serrure de Valentine Abé ou La vieille maquerelle de Lawuina entre autres se mêlent hélas à d’autres bien plus inutiles. Mais dans tous les cas ce recueil offre ce qu’il promet, c’est-à-dire une bele vue d’ensemble de l’érotisme d’aujourd’hui, principalement vu par des yeux féminins.

Folies de femmes est un recueil à lire pour tous les amateurs du genre à la découverte de ce qu'offre la littérature érotique francophone de nos jours.

Liste des nouvelles reprises dans ce recueil :

Valentine Abé - Par le trou de la serrure
Ninon de B. - Plantes carnivores
Clara Basteh - L’antre du Maître
Anne Bert - Quelle fureur m’entraîne
Valérie Boisgel - La vieille maquerelle de Lawuina
Sophie Cadalen - Obéissance
Cléa Carmin - Bandanas de toutes les couleurs
Lounja Charif - La visiteuse de prison
Elizabeth Herrgott - Mon soumis insoumis
Isabelle Lorédan - Les feux de l’enfer
Andréa Luccella - Cri-d’amour
Anne Michel - Ligne 13
Mélanie Muller - Que ton voeu soit exaucé
Emmanuelle Poinger - Valentin
Françoise Rey - A perdre alène
Cali Rise - Toi et moi, luxure autorisée
Rebecca Sollis - Aux bains de Lesbos
Servane Vergy - Vacances de rêve pour maman stressée
Yo - L’homme nu
Géraldine Zwang - Soumission conjugale

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Présente édition : éditions Pocket, 6 janvier 2011, 244 pages

jeudi, 17 mars 2011

50 coïts non interrompus - Michel Koppera - 2011

Michel koppera, litterature francaise, romans erotiques, romans pornographiques, erotisme, 50 coits non interrompus« On fait ça où, aujourd'hui ? »

Une éternelle question que se sont déjà posé de nombreux couples sans toujours y trouver des réponses satisfaisantes. Et pourtant mille et uns endroits existent pour se livrer aux plaisirs de l’amour, bien loin du lit de sa chambre à coucher. En tout cas au moins 50 que recense l’auteur français Michel Koppera dans ce livre 50 coïts non interrompus. Que ce soit plutôt d’un côté domestique tel dans la cuisine, le salon ou la salle de bains, plus à l’extérieur tel au bureau, dans un ascenseur ou bien de façon bien plus exotique comme par exemple en haut d’un phare, dans une station spatiale et bien d’autres... Michel Koppera revisite tous ses lieux et leurs possibilités sexuelles par cinquante courtes histoires coquines aux styles très divers. Certaines ont tout de véritables nouvelles érotiques, d’autres ressemblent plus à des modes d’emploi citant au lecteur les précautions à prendre et les pièges à éviter. Mais de toutes ressort cette volonté de faire découvrir de nouvelles contrées érotiques et de faire découvrir des possibles insoupçonnés au lecteur. Et au-delà de l’érotisme c’est l’humour qui ressort principalement de ces textes, ainsi que du charme sans jamais tomber dans le trop cru du porno.

Michel Koppera, d’origine nordique, a vécu sur une île de l’Océan indien ainsi que sur les bords du fleuve Amazone avant de s’établir sur les côtes atlantiques où il se consacre depuis à l’écriture.

50 coïts non interrompus de Michel Koppera est livre plein d’humour et de charme qui fera découvrir des horizons coquins et insoupçonnés à tout lecteur qui s’y aventurera.

A découvrir !

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Présente édition : Editions La Musardine, 20 janvier 2011, 160 pages

mercredi, 23 février 2011

Petites alliées - Miss Clary F. - 1919

miss clary f, litterature francaise, romans erotiques, premiere guerre mondiale, la grande guerre, romans pornographiques, erotisme, petites alliees1914-1918. Au front allié se crée une ambulance composée de 14 infirmières de toutes nationalités dans le but de suivre le front et de venir en aide aux vaillants soldats blessés au combat. La guerre sera terrible, pas toutes ne survivront, mais c’est bien à l’une de ces vierges que nous devons de pouvoir conter ces aventures troublantes et réelles. Car pour toutes ces jeunes femmes, cette expérience en révélera bien d’autres, bien plus sensuelles. La libération féminine est en marche, et avec la libération sexuelle.

Petites alliées de Miss Clary F. est écrit peu de temps après la guerre, et devient vite introuvable. Aujourd’hui ce roman dont on ne connaît presque rien, ni d’ailleurs sur son auteur,  serait tombé dans un oubli complet si les éditions La Musardine ne l’avaient déterré pour le republier. Et même, guère de textes érotiques se situant lors de la Grande Guerre ne sont connus aujourd’hui.
Ce texte nous fait donc découvrir le quotidien d’un groupe d’infirmières durant cette guerre, l’accent étant évidemment mis sur le côté érotique. L’auteur fait preuve d’une belle imagination et étonne même par l’actualité des fantasmes décrits à l’époque. Évidemment le roman a également un fort parti pris typique de l’époque, ainsi découvre-t-on que les Allemands sont tous de féroces et pervers violeurs, en comparaison aux soldats alliés tous de galants amants. Mais on y retrouve surtout une féminité en marche, qui se prend en main, se bat, désire et aime en fonction de ses propres choix. La libération de la femme n’est plus loin...
Le texte en soi, d’un point de vue littéraire a ses qualités et défauts, mais ce n’est pas cela qui compte ici le plus. Les amateurs de romans érotiques ou ceux de documents historiques y retrouveront leur comptes.

Petites alliées de Miss Clary F. est un roman d’une rareté absolue qui tient sa place dans toute bibliothèque érotique qui se respecte.

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Extrait :

V

Il y avait cinq semaines que nos jeunes héroïnes étaient sur les lieux de leurs exploits.

Des blessés étaient arrivés depuis la veille et chacune s’empressait à leur chevet.

Elles étaient si absorbées par leur tâche qu’aucune idée de luxure ne traversait leur esprit. Elles paraissaient avoir oublié les orgies qui avaient précédé leur départ, et même les deux grandes amoureuses, Prisca et Rolande, se parlaient avec une apparente simplicité qui était loin de dévoiler leur étroite intimité.

Chacune apportait dans les fonctions qui lui étaient attribuées, les qualités et les défauts de sa nature et de sa race. La Russe, la Polonaise, la Serbe, donnaient froide- ment mais très exactement leurs soins ; Nelly et Hélène s’empressaient auprès de ceux qui étaient les plus gradés, les plus racés. L’Espagnole, l’italienne et la Roumaine s’exaltaient devant la souffrance, se prodiguant avec des paroles et des gestes, à ceux qui criaient le plus fort. Pour la Japonaise, elle suivait exactement ce qui devait être fait, sans distinction, sans préférence pour aucun... lointaine de ces races qui n’étaient pas la sienne.

La Portugaise, la Suissesse et la Belge paraissaient les servantes des autres par leur passivité dans l’exécution. Quant à Rolande, elle se dévouait à toute heure du jour et de la nuit, s’offrant à remplacer celle de ses compagnes qui se sentait surmenée, jamais fatiguée de s’employer comme si elle eût à se faire pardonner d’être admise à cette œuvre ou à remercier... Du reste toutes avaient de la sympathie pour sa simplicité et lui étaient reconnaissantes de sa serviabilité.

..........................................

C’était le soir. La nuit complètement venue, les éclairages de fortune installés, les salles de planches bondées de lits aux linges blancs, avaient l’aspect lugubre.

Un jeune lieutenant, moins atteint que les autres, mais rendu nerveux par l’ambiance, pressait de ses prières Miss Nelly pour sortir de cet enfer de souf- france durant quelques instants. Il désirait aller respirer l’air et Nelly, craignant sa fai- blesse, refusait son autorisation.

— Vous êtes trop faible, mon lieutenant.

— Je vous affirme, Mademoiselle, que je suis tout à fait valide, mais je suis sans nouvelles des miens et de mon régiment, j’ai ce que l’on appelle vulgairement le « cafard », et d’entendre ces plaintes continuelles me rend malade. Une heure d’air et le silence bienfaisant de la nuit me seront le remède le plus efficace à ma guérison.

Un peu ébranlée par ce raisonnement, Miss Nelly, après avoir réfléchi un instant, céda, mais sous condition que
Romania accompagnerait l’officier en cas d’accident, ce à quoi ce dernier accéda de bonne grâce.

Il faisait une nuit d’octobre digne des vers de Musset.

Le lieutenant Jean de Z... avait passé son bras sous celui de la jeune infirmière.

C’était un superbe gaillard de vingt-six ans, dont l’apparence de force n’enlevait rien à l’élégance. Ils s’entretinrent, durant un quart d’heure, des grands et menus faits de la guerre, puis, peut-être, sans y songer, la conversation devint plus intime, traitant de sujets plus badins.

Jean se risqua jusqu’à demander à Romania si un mari ou un fiancé exposait sa vie sur les champs de bataille. Romania confessa ne pas avoir cela à redouter, et le bras de Jean se fit plus pressant sur celui de la jeune infirmière...

Soudain il s’enhardit jusqu’à risquer un baiser sur la nuque.

Au contact de ces lèvres d’homme, les premières qui l’eussent effleurée, Romania éprouva un long tressaillement, tout son sang de vibrante Italienne lui afflua au cerveau et, presque inconsciemment, elle s’alanguit.

Jean, heureux de l’aubaine, fit asseoir la jeune fille sur une pierre large et, sans hésiter, se mit en devoir de lui relever la jupe et de lui sucer le clitoris. Lorsqu’il la sentit prête à jouir, il la coucha d’un élan, mais sans brutalité, et essaya de la pénétrer de sa verge brillante, mais Romania était vierge et le lieutenant le comprit, aussi prit-il toutes précautions pour éviter que la douleur ne fût trop vive.

Bientôt il réussit à ouvrir la voie et Romania, après une légère souffrance, sentit en elle un bien-être infini. Cette chose qui allait et venait dans sa matrice, qui la chatouillait et la pénétrait toute, lui procurait une telle joie qu’elle serrait les cuisses pour mieux la retenir, ce que sentant, le lieutenant s’enhardit et accéléra les mouvements.

Alors la bouillante Italienne ne se posséda plus, elle enlaça son séducteur, accrochant ses lèvres aux siennes, se soulevant de toute sa force afin d’être mieux pénétrée.

Enfin, sentant tout son être inondé d’une liqueur chaude, entendant les soupirs de jouissance de Jean, elle se mit elle-même à pousser, non des soupirs, mais des cris, à un tel point excitants que Jean sentit sa verge remise en vigueur et qu’il redoubla d’ardeur pour recommencer l’action.

Au contact de ce membre vigoureux qui la pénétrait à nouveau, Romania s’exaltait, bondissant comme une furie, jouissant sans discontinuer, mordant la bouche de Jean pour étouffer ses cris, car le jeune officier s’excitait au jeu, et bientôt ce furent des râles de bonheur qui emplirent l’espace de leur rythme amoureux.

Cependant Miss Nelly, un peu inquiète de la longue absence de Jean et de Romania, s’était décidée d’aller à leur rencontre ; elle fut arrêtée en cours de route par les cris de spasme poussés par les deux jeunes gens et, très intriguée, ne se rendant tout d’abord point compte de ce qui se passait, elle s’était effarée, les croyant attaqués, aussi s’avança-t-elle prudemment du côté d’où partaient les cris.

Ce ne fut qu’à une très faible distance qu’elle se rendit compte de ce qui se passait, et s’apercevant qu’elle n’avait pas été entendue, elle s’immobilisa, assistant, curieuse, à la fin de la séance amoureuse...

Jean et Romania, s’étant un peu calmés, se rendirent compte de leur situation plutôt bizarre et s’en trouvèrent gênés, mais où leur confusion fut à son comble, c’est lorsqu’ils s’aperçurent de la présence de Miss Nelly. Comme Jean, tout « penaud », se levait et s’excusait, essayant de dissimuler sa complice, Nelly le mit aimablement à l’aise :

« Ne vous excusez pas lieutenant, je ne suis pas une sotte et les choses de l’amour me sont très sympathiques... »
Elle souriait sous les rayons de la lune claire, elle souriait gentiment, n’osant pas avouer qu’elle était profondément troublée d’avoir assisté à la scène amoureuse décrite plus haut...

Troublée au point de ne plus savoir très bien ce qu’elle disait, troublée infiniment, prête à s’offrir, si une pudeur de respectabilité ne l’avait retenue...

Durant le court dialogue entre Jean et Nelly, Romania s’était remise et, un peu gênée, elle attendait la fin de cet échange de phrases.

Nelly, comprenant sa gêne et voulant aussi rompre le charme qui l’attirait vers Jean, s’empara du bras de Romania et l’entraîna en la plaisantant.

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Présente édition
: Editions La Musardine, 23 février 2007, 125 pages

vendredi, 04 février 2011

Les mains baladeuses - Esparbec - 2004

esparbec, les mains baladeuses, romans erotiques, romans pornographiques, litterature francaiseFleshtown est une grosse bourgade perdue au fin fond du Kansas. Rien ne s’y passe, sauf peut-être l’annuelle Foire aux cochons, sinon la ville semble comme endormie dans sa campagne. Le Pasteur Bergman veille sur sa communauté et s’est donné comme mission d’instruire et de préparer aux plaisirs de la chair toutes les oies blanches des environs, toutes des filles innocentes qui risquent fort bien de s’étonner de ce que leur réserve leur futur mariage. A l'aide de ses pilules contre la timidité et de séances d'hypnose plus ou moins catholiques, il vient à bout des scrupules surannées des plus pudibondes. D’autres filles tournent mal, se laissant aller au pêché, et n’est-ce pas donc aussi le rôle de ce bon pasteur de les remettre dans le droit chemin. Evidemment le Pasteur Bergman a des méthodes bien particulières pour arriver à ses fins Pour lui, tout cela est plus qu’un devoir, c’est un véritable plaisir. Et pour ne pas perdre le fil de ses travaux, le Pasteur Bergman remplit minutieusement le détail de tout dans ses Carnets de chasse.
Cécilia Harding, la préceptrice des filles du pasteur, épie tous les traitements et jeux scabreux du pasteur. Ce ne sera pas sans conséquence sur sa propre vie, dont elle nous raconte les péripéties les plus lubriques dans son 'Cahier rouge'.
Ainsi les notes de chacun s’alternent et se mêlent dans ce livre dans lequel viennent encore s’ajouter les notes d’un écrivain parisien, Esparbec, que l'écriture de ce roman pornographique perturbe plus qu'il ne l'aurait souhaité...

Attention ! Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, il s’agît bien ici de littérature pornographique pure et dure, et donc réservée à un public adulte.
L’écrivain français Esparbec est depuis quelque temps passé maître dans ce genre avec un style toujours très cru s’adressant bien plus au bas ventre du lecteur plutôt qu’à ses neurones. Ici, guère d’érotisme même. Les mains baladeuses nous conte une histoire se déroulant dans une  bourgade pudibonde des Amériques, véritable caricature d’une certaine société américaine d’aujourd’hui et déjà le théâtre d’autres récits de l’auteur, Esparbec se donne à coeur joie, n’hésitant pas à provoquer sur tout aspect ayant trait au sujet. De plus il se joue à merveille de tous les clichés du genre pour donner l'excitation à certains sinon le dégoût à d’autres. Les pages ayant attrait à la vie d’Esparbec en personne sont tout en donnant plus de niveau au texte cependant bien moins intéressantes. on peut également critiquer le côté très machiste de chacune des scènes, mais cela fait peut-être partie de ce genre si particulier.
Car n’oublions pas que ce roman, comme on le dit, se doit d’être lu d’une main, sinon pas du tout.

A noter que les Mains baladeuses s’arrêtent là où commence l’autre roman d’Esparbec qu’est La foire aux cochons, publié un an plus tôt.

En bref Les mains baladeuses est quelque part un livre extrême, du porno pur qui plaira à certains mais en écoeurera beaucoup d’autres.

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Extrait : premier chapitre

" Préparation " d'une oie blanche (Carnets de chasse du pasteur Bergman)

LUNDI. PREMIER RENDEZ-VOUS.

Le printemps arrive, la chasse aux oies blanches est ouverte. Ce lundi, pendant que ma chère femme était au zoo avec les gamines (Virginia White, leur institutrice, avait ses règles), j'ai reçu dans mon cabinet Mlle Prudence Farming. Prudence Farming m'est recommandée par un collègue de F., petite bourgade proche de notre ville. Il prétend, dans sa lettre, qu'elle est " incroyablement naïve " et qu'on peut lui faire " avaler n'importe quoi ". Ce sont les termes qu'il emploie, je ne fais que le citer.

" Une authentique oie blanche ! ajoute-t-il dans son post-scriptum. Je ne peux m'en occuper moi-même comme elle le mérite, car je suis très lié avec ses parents, c'est pourquoi je vous l'envoie. Il s'agit de la déniaiser comme vous savez si bien le faire, afin qu'elle ne soit pas trop désarmée quand il s'agira de la marier. Dans sa famille, les filles se marient très tôt, ne vous laissez donc pas impressionner par son extrême jeunesse. "

Prudence Farming arrive à l'heure dite. La bonne étant de sortie, je l'introduis moi-même dans mon bureau. C'est une jolie rustaude qui sort à peine de l'enfance. Une beauté de village un peu grossière, mais alléchante. Mal maquillée. Bouche épaisse, mais bien dessinée. Elle rougit à tout propos et baisse les yeux chaque fois que je la regarde ; c'est bon signe. Elle a l'air si stupide que j'ai un début d'érection.

Elle s'assoit sur le siège que je lui désigne, en face de moi, et tire sa robe à fleurs sur ses genoux. Les mollets sont un brin trop forts, c'est une fille de la campagne, mais la jambe est bien faite. Son bas gauche est filé, une échelle grimpe sous sa robe. Elle regarde autour d'elle, très impressionnée par la quantité de livres qui garnissent mes étagères.

J'attaque ferme.

- Mon collègue de F. me dit que vous voudriez vous marier... de préférence avec un garçon de notre ville.

- C'est exact, monsieur le pasteur. Il m'a suggéré de m'adresser à vous. Il m'a dit que vous étiez un conseiller matrimonial, un expert du mariage.

Elle se trémousse un peu, mal à l'aise, et me lâche naïvement la véritable raison de sa visite.

- Il m'a dit aussi que vous connaissiez beaucoup de jeunes gens d'un bon milieu et que, si vous étiez content de moi, vous m'en feriez connaître quelques-uns, au cours d'une fête de charité.

(Brave collègue de F. ! Il faudra que je pense à lui revaloir ça. Dès demain je vais me mettre en quête d'une bonne fille bien délurée pour la lui envoyer quelques jours, histoire qu'elle se refasse une santé à la campagne. Je lui demanderai de la loger. Le reste le regarde.)

- Mon collègue n'a pas exagéré. Il est vrai que j'ai fait plus de cent mariages. Si je comprends bien, Prudence, vous ne voulez pas épouser un garçon de la campagne ?

- Non, monsieur. Je voudrais vivre à la ville. Et pour cela...

- Pour cela, il vaut mieux épouser quelqu'un de la ville ! Cela va sans dire... Eh bien, je ne vois aucune raison de ne pas vous donner satisfaction. Je vais faire en sorte de vous trouver un bon mari... Un employé de banque, par exemple. J'ai en vue un garçon très sérieux qui rêve d'épouser une fille saine qui viendrait de la campagne.

- Oh, cela ferait tout à fait mon affaire ! Est-il bien de sa personne ?

- C'est un assez joli garçon. Mais avant de vous le présenter, il faut que je vous fasse subir quelques tests. Etes-vous disposée à les subir ?

- Je ferai tout ce qui sera possible pour vous satisfaire, monsieur.

- Ne vous avancez pas si vite. Je vais vous demander des choses qui vont peut-être offenser votre pudeur. Vous comprenez que, quand il s'agit de mariage, on n'est jamais assez prudent !

- Je comprends.

- Je vais donc opérer quelques constatations préalables. Restez assise, c'est moi qui vais venir à vous.

Je fais le tour du bureau, je prends une chaise, et je vais m'asseoir tout près d'elle. Nos genoux se touchent. Je lui prends les mains et je les lui pose sur les accoudoirs de son fauteuil.

- Vous garderez vos mains ici, quoi qu'il arrive. C'est bien compris ?

Elle fait oui de la tête, visiblement inquiète de ces préliminaires.

- Est-ce que des garçons vous ont déjà touché les seins, Prudence ?

Un flot de sang monte à ses joues et elle baisse le front pour fuir mon regard. Ses mains se sont crispées sur les accoudoirs du fauteuil. N'osant pas parler, elle fait signe que oui, de la tête.

- Les leur avez-vous montrés ?

Elle hésite longuement, puis, à nouveau, opine du bonnet. Ses oreilles sont écarlates.

- Expliquez-moi comment cela s'est passé. En quelques mots.

- A la fête du village... une fois... après le bal... j'avais un peu bu, j'avais chaud... mon cavalier m'a proposé d'aller prendre le frais dehors... et c'est là... dans une grange...

- Seulement les seins ?

- Oh oui, monsieur, je vous le jure. Et quelques baisers. Quand il a voulu aller plus loin, je ne me suis pas laissé faire !

- Eh bien, c'est parfait, ma chère Prudence. Voyez-vous, il faut que j'assure que vous avez une bonne poitrine, car le fiancé que je vous destine veut avoir des enfants et que sa femme soit en mesure de les allaiter. Si vous les avez déjà montrés à un garçon, ce ne sera donc pas une trop grande épreuve pour votre pudeur que de me laisser les examiner à mon tour.

Je m'attendais à des protestations effarouchées. Il n'en est rien. Mon collègue de F. aurait-il raison ? Peut-on vraiment lui faire " avaler n'importe quoi ? " Voilà que mon érection me reprend. Quant à elle, elle attend bien sagement, les mains sur les accoudoirs, les paupières baissées.

- Ce garçon que je vous destine, lui dis-je, est une véritable perle. Il est déjà le propriétaire d'une très jolie maison et il vient d'acheter une voiture neuve. Il n'attend plus qu'une jeune fille comme vous pour fonder une famille...

Tout en l'endormant ainsi de promesses, je déboutonne le premier bouton de son corsage. Elle tressaille à peine. Je continue. Quand sa robe est ouverte jusqu'à la ceinture, je lui dis :

- Vous n'avez qu'à imaginer que vous êtes chez le docteur.

Elle acquiesce d'un geste imperceptible. Je glisse mes mains sous sa robe et je la fais se pencher vers moi pour dégrafer son soutien-gorge dans son dos. Nos joues se frôlent. La sienne est brûlante. Le soutien-gorge dégrafé, elle se redresse. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre, j'ouvre sa robe et j'abaisse les bonnets. Ses seins jaillissent comme deux colombes avec leurs becs roses tendus. Ils sont superbes, gonflés de sève, en forme de poire, avec des pointes minuscules déjà toutes durcies par l'émotion.

- Et hop, dis-je, les voilà dehors, ces mignons. Vous avez vraiment une très jolie poitrine, Prudence, votre mari aura bien du bonheur à la caresser.

Elle bat des paupières. Je me penche pour bien les admirer. Comme elle se tient toute droite, le dos vertical, ses seins sont braqués devant elle avec une sorte d'effronterie qui ne laisse pas d'agir sur mes sens. Je trouve toujours très excitant de regarder les seins nus d'une femme encore habillée, de les voir surgir ainsi dans le désordre des vêtements, s'offrant à la vue et au toucher comme des fruits de chair qu'il n'y a plus qu'à cueillir. Cette Prudence a une nature très sensuelle car il suffit que je les regarde pour que leurs mamelons s'épanouissent à vue d'oeil.

- Nous allons passer à l'exercice suivant, lui dis-je. Vous me les avez montrés, maintenant je vais vous les toucher. Comme ce garçon, dans la grange... Et comme votre mari, au soir de vos noces.

- Mais...

- Pas de mais, Prudence ! (J'ai pris ma grosse voix.) Si vous voulez épouser ce garçon, il faut faire ce que je dis ! Je dois vérifier que vos seins sont d'une capacité suffisante pour nourrir vos bébés. Pour cela, je dois les palper !

Je les prends donc en mains sans qu'elle réagisse autrement que par un frisson. Quelles merveilles... suaves, tièdes, élastiques ! Je les pétris doucement, puis je les caresse sur toute leur longueur en resserrant mes doigts. Quand j'arrive aux pointes, je les saisis entre mes doigts et les pince délicatement. Prudence se laisse faire, toute frémissante, c'est à peine si elle ose respirer. Je sens ses genoux tressaillir nerveusement contre les miens chaque fois que je lui taquine les tétins.

Je m'amuse ainsi un bon moment, dans le plus grand silence. La coquine prend goût à la chose, cela se sent à l'alanguissement de son corps, à la façon dont elle se cambre chaque fois que je les reprends après les avoir lâchés un instant. Je la sens mûre ; je décide donc de pousser la chose plus avant.

- Les seins d'une femme ne servent pas qu'à nourrir ses enfants. Ils sont aussi là pour le plaisir du mari. Et pour le vôtre. Une femme éprouve toujours de l'excitation à les montrer et à se les faire caresser.

En lui disant cela, je lui titille les mamelons.

- Vous sentez comme ils deviennent durs, Prudence ? Comme ils grossissent ? Est-ce que vous auriez de vilaines pensées, par hasard ? Venez avec moi... nous allons étudier ça de plus près.

Je la conduis devant le miroir de la cheminée. Dès qu'elle s'y voit, dépoitraillée, elle pousse un cri et veut se couvrir. Je l'en empêche en lui tenant les mains. Je prends à nouveau ma grosse voix. Et face au miroir, l'obligeant à regarder ce que je lui fais, tout en lui parlant de son futur mari, je lui empoigne à nouveau les mamelles.

- Il vous le fera, lui, autant vous aguerrir tout de suite pour ne pas avoir l'air trop sotte ! A la ville, les hommes aiment bien jouer avec les seins de leurs femmes. C'est la faute de toutes ces publicités pour les dessous...

Je les soupèse, les secoue, les manipule, les agite, les pétris. C'est terriblement excitant de voir son visage écarlate et ses seins blancs dans le miroir. Elle respire de plus en plus vite. Je me colle à elle par-derrière. Ses fesses charnues accueillent mon érection.

- Oh, monsieur le pasteur...

- Votre mari aussi le fera... lui dis-je. Nous sommes à la ville, ici, pas à la campagne. Il faut vivre avec son temps.

La tenant par les seins, je la plaque contre moi. Je sens son derrière bouger. Je colle ma bouche à son oreille. Charmante oreille en forme de coquille marine. Je lui susurre :

- A la ville comme à la campagne, Prudence, quand un mari fait cela à sa femme, elle doit impérativement mouiller sa culotte. Sinon, c'est qu'elle n'est pas mûre pour le mariage. Est-ce que vous mouillez la vôtre, en ce moment ?

Elle ne répond pas. Sa bouche épaisse a pris un pli boudeur. Je tire sur les tétines roses, je les allonge, petites cornes de chair. Elle ferme les yeux, s'alanguit contre moi, me pousse les fesses contre le ventre. C'est trop pour une première fois ! En dépit de tous mes efforts pour le retenir, mon plaisir m'échappe, je lui pétris rageusement les nichons et, la serrant contre moi, j'éjacule dans mon caleçon. (Il faudra que je songe à le rincer tout à l'heure pour que Gertrude ne se rende compte de rien.)

Cela s'est fait si soudainement que je n'ai pu retenir un cri furieux.

- Vous êtes bien une petite femelle comme toutes les autres ! lui dis-je. Allez, mademoiselle, rhabillez-vous, l'exercice est terminé pour aujourd'hui ! Cachez donc votre poitrine, fille impudique. A-t-on idée de rester ainsi les nichons à l'air ! Interdite, au bord des larmes, elle se rhabille en toute hâte. Je la reconduis jusqu'à la porte sans un mot. Au moment d'ouvrir, je lui fixe un nouveau rendez-vous pour demain. Et je referme la porte derrière elle sans attendre même qu'elle m'ait répondu.

Si elle vient demain, après un tel début, c'est qu'elle est prête à tout pour se marier. En ce moment, j'en suis sûr, rien que l'idée la révolte. Mais la nuit porte conseil...

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LA MUSARDINE

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Présente édition
Editions La Musardine, 25 août 2005, 699 pages

mardi, 01 février 2011

Le bal du diable - Nadine Monfils - 2008

nadine monfils, litterature belge, erotisme, libertinage, romans erotiques, romans pornographiques, romans libertins, le bal du diable, conte de fees, merveilleux, fantastiqueNina est une jeune femme avec tout l’avenir devant elle. Elle croque l’amour avec gourmandise n’hésitant pas à se laisser aller aux pires actes pour satisfaire ses envies. un jour pourtant tout va changer. Ses parents veulent qu’elle épouse quelqu’un, un vieux comte vivant dans un château. D’abord Nina se révolte, mais très vite, lorsqu’elle rencontre son promis, elle change d’avis et décide de se donner entièrement à lui. Elle ignore encore que ce comte n’est autre que le diable en personne et le château vers lequel il l’entraîne l’antichambre aux enfers. Nina va vite se rendre compte des dangers qu’elle encourt et doit coûte que coûte fuir les lieux. Mais alors qu’elle déambule dans ce vaste domaine elle découvre toute une population d’êtres, des nains, des fétichistes, des monstres, des personnages de cirque, des anges aux ailes de cuir... tous voués au plaisir charnel sous les ordres du comtes en personne. La fuite de Nina va se transformer en une véritable descente aux enfers du sexe...

Le bal du diable de l’écrivain belge Nadine Monfils est un superbe conte de fées évidemment, vous l’aurez compris, entièrement réservé à un public adulte. L’auteur recrée ici un univers merveilleux et surréaliste dans lequel se perd une jeune fille arrivant à vivre ses fantasmes les plus vénéneux. La littérature érotique a ses côtés positifs et souvent surtout ses côtés bien plus négatifs. Ici ce n’est guère le cas, et il faut dire que tout est assez réussi. Le conte fonctionne, l’histoire tient la route autour de personnages attachants et intrigants tout en donnant même un beau suspense qui tient jusqu’à la fin. Un certain humour est également omniprésent. L’auteur y joue de nombreux clichés et fantasmes, avec une imagination impressionnante.

Le bal du diable est un très beau roman du genre, un véritable conte de fées pour adultes. Bref, un texte à découvrir !

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Présente édition : Editions La Musardine, 18 novembre 2010, 186 pages

vendredi, 19 novembre 2010

Récits coquins des plaisirs défendus - Elisabeth Vanasse - 2008

bibliotheca recits coquins des plaisirs defendus.jpgRécits coquins des plaisirs défendus est un recueil de quinze nouvelles érotiques d’Elisabeth Vanasse dans lesquelles la narratrice, toujours une femme, expérimente une multitude de plaisirs quelque part entre libertinage et sentiments. On y découvre ainsi une femme qui décide de se rendre dans un sauna libertin, de participer à un jeu sexuel avec des inconnus,  de s’inscirire dans un club fermé un peu particulier, d’honorer un pari perdu par une fellation, d’avoir une relation avec un chauffeur de taxi, d’inviter à dîner un voisin qu’elle entend regarder des films pornographiques...
Bref plusieurs mises en situation dans lesquelles une femme ose franchir un pas et s’en félicite par après.

Il s’agît bien ici de porno, et que peu d’érotisme. Le style de l’auteur est cru et franc, ce qui est bien pour le genre, mais il manque toutefois quelque peu de finesse et de subtilité. Et l’écriture est trop simple pour présenter un réel intérêt littéraire. Quant au contenu des nouvelles les mises en situation sont bien trop classiques et tiennent le plus souvent du cliché surexploité. C’est fort machiste, mais l’on se rend vite compte que ce recueil est avant tout destiné à un public masculin.

Pour les amateurs du genre.

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Liste des nouvelles
:


- Dans une chambre
, au Sauna mixte
- Frédéric et moi
- L'entrevue
- Le vestiaire
- La randonnée pédestre
- Le taxi
- Le cunnilingus
- La séance de photos
- Adossés à une stèle
- Le poil de la petite bête
- La jouissance à un dollar
- J'ai fait la pute
- Le pari sportif
- Mon voisin
- La tartine

Extrait : premières lignes de Le Cunnilingus

"Je n'ai pas beaucoup d'expérience là-dedans", avait-il dit. Comme s'il s'agissait uniquement de l'avoir fait souvent. Il me semble que c'est le plaisir de lécher le sexe d'une femme qui est important. Non pas la technique !

Je me suis couchée sur le dos, les bras le long du corps, les jambes collées l'une sur l'autre, et je lui ai dit de s'approcher. Il n'avait qu'à relever la jupe, je ne portais pas de slip. C'était la même chose en ce qui concernait le haut : un simple débardeur, sans soutien-gorge.

Il s'est d'abord assis près de moi, mais il avait apporté sa bière, qu'il continuait de boire tranquillement, tout en me parlant du dernier film qu'il avait vu. Comme si je ne l'intéressais pas, comme si je n'étais qu'une oreille à ses déblatérations. Je le laissais aller à son rythme ; en fait, je crois que c'était cette façon que j'avais, pour la première fois, de m'en remettre à l'autre, de ne pas décider, de ne pas prendre les devants, qui m'excitait le plus.

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Présente édition
: Editions J’ai Lu, 11 septembre 2010, 124 pages

samedi, 05 septembre 2009

La foire aux cochons - Esparbec - 2003

bibliotheca la foire aux cochonsFleshtown est une grosse bourgade du Kansas qui , aux premiers abords, semble être des plus banales. Toutefois elle va être le théâtre d'événements hors du commun alors que s'annonce la foire des éleveurs de porcs, dite la foire aux cochons. Cela commence par deux dangereux pervers échappés du bagne, les frères Jack, qui y trouvent refuge le soir de la foire et vont notamment visiter la maison de la jeune et belle, mais tout aussi vicieuse et délurée, Darling ; pendant toute une longue nuit, elle va devenir la proie des deux forcenés. Mais heureusement le shérif Prentiss veille et la sauvera au matin. Dès le lendemain la vie continue. Darling tente de se remettre de son agression, le shérif Prentiss fait ses enquêtes de voisinage, notamment concernant un bar tenu par Sam, mari complaisant qui essaie de détourner la loi… en se servant de sa femme. D'autres personnages vont intervenir encore, tel Sigmund-de-Pigalle, musicien bossu, visite les femmes seules pour leur vendre des articles coquins en espérant quelque services de retour, et l'austère pasteur Bergman, déclare la guerre au vice, mais est-il réellement sincère... Et toutes ces histoires vont peu à peu s'entremêler...

La foire aux cochons de l'écrivain français Esparbec, de son vrai nom George Pailler, est un pur roman pornographique. Pour ceux que ce genre dérange : inutile d'aller plus loin !
Il s'agît toutefois d'un roman de genre quelque peu particulier en se voulant une satire de la vie d'une communauté d'américains moyens, dont on connaît si bien la vie par les nombreux feuilletons télévisés et films de cinéma. Le roman décrit en effet ces citoyens moyens, par une immense galerie de personnages haute en couleurs, en proie à leur fantasmes les plus pervers. C'est très scabreux, la morale en prend de nombreux coups par de très nombreux passages où tout ce que peut fournir ce genre y passe: relations multiples, incestueuses, nonconsentantes , entre mineurs... Et tout cela dans un rythme hallucinant qui ne laisse guère de répit. Dans tout ce déballage d'horreurs, un certain humour noir et glauque surnage pourtant et l'écriture d'Esparbec a pas mal de mérites.
On regrettera cependant le côté trop machiste voulu par l'auteur qui se dénote par la domination absolue mâle et la soumission définitive de la femme.
A noter que la plupart des personnages décrits dans ce roman interviennent aussi dans les romans La Pharmacienne (2003) et Les mains baladeuses (2004) du même auteur.

La foire aux cochons est un roman pornographique très hard, ainsi qu'une belle satire des moeurs américains, qui ne manque guère de qualités.

A réserver à un public adulte et amateur du genre.

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Extrait :

 

 


I. LES VISITEURS DU SOIR

Cette nuit-là, Darling était toute seule dans sa chambre. La maison était silencieuse, tous ses habitants étaient partis s’amuser à la foire. À l’occasion de cette foire – la foire des éleveurs de porcs – qui se tenait chaque année, de nombreux visiteurs envahissaient la ville, principalement des fermiers des environs, et l’on festoyait jusqu’au matin. En vain Darling avait-elle supplié son grand-père, Cornélius s’était montré intraitable.


« Les rues seront pleines de viande soûle... ce n’est pas la place d’une jeune fille... et puis, vous devez vous lever tôt, demain, pour aller au collège. »

Voilà pourquoi, alors que tout le monde s’amusait en ville, elle se passait du vernis à ongles dans sa chambre, en écoutant la radio.

Avant de partir, madame Lydia lui avait bien recommandé de n’ouvrir à personne.

« Tu sais ce que c’est... une jeune fille seule... avec tous ces voyous de la campagne qui traînent dans les rues... Il ne faudrait pas qu’il t’arrive ce qui est arrivé à Miss Laggerty. »

Deux ans auparavant, Miss Laggerty avait été violée par d’honorables commerçants de la ville qui avaient bu un coup de trop, à l’occasion de la foire, justement. L’affaire avait été étouffée... Mais Miss Laggerty ne s’en était jamais remise. Elle avait très mal tourné.

Avec un soupir, Darling reboucha son flacon de vernis et agita ses doigts pour les faire sécher. Elle pensait à Miss Laggerty. Elle y pensait si bien que les paroles du speaker ne parvinrent pas tout de suite à son esprit :

« Les deux hommes sont armés », disait le speaker, d’une voix haletante. « Nous répétons : ils sont armés. Il s’agit de deux dangereux psychopathes. Jack Beans et Jack Pimms ont à leur actif plus de trente agressions à main armée suivies de viols. »

Le mot « viol « fit tressaillir Darling. Elle tourna le bouton de la radio pour la mettre plus fort.

« Condamnés à la réclusion perpétuelle », poursuivit le speaker, « les deux Jack purgeaient leur peine au pénitencier de Carson City. Ils se sont évadés la nuit dernière après avoir désarmé  deux gardiens. Ils auraient été signalés à bord d’une voiture volée, dans la vallée de la Meriwether, à quelques miles de notre ville... » 

La voix pompeuse du speaker avait pris une intonation dramatique.

« À l’occasion de la foire des éleveurs de porcs, de nombreux visiteurs affluent dans les rues de notre ville. Il serait très facile pour les deux évadés de se dissimuler dans la foule... »

Pendant qu’il recommandait aux femmes seules de ne pas ouvrir à des inconnus, la jeune fille, prise d’une soudaine inquiétude, alla jusqu’à la fenêtre de sa chambre et souleva prudemment le rideau. La voiture était toujours là, arrêtée devant le portail du jardin, presque cachée par le feuillage retombant de la glycine. Une vieille Pontiac des années cinquante, toute cabossée. Elle était là depuis le crépuscule.

« Sans doute un fermier des environs, en train de faire une partie de billard chez Sam », se rassura Darling.

Se grattant le derrière, elle contempla un moment l’enseigne rouge du bar d’en face qui clignotait dans la rue déserte, puis revint vers son lit en dénouant son peignoir. Sur la table de nuit, le transistor continuait ses jérémiades :

« Deux dangereux repris de justice... s’attaquant aux femmes seules dans des maisons isolées... raffinements de violence d’un sadisme abject... le plus redoutable des deux, Ptit Jack, a gagné le sobriquet de “L’orphelin” au pénitencier d’État, à cause de sa voix geignarde et de ses plaintes perpétuelles. Il se pose volontiers en victime de l’injustice sociale... »


Agacée, la jeune fille changea de poste. Un programme de musique folk remplaça le monologue du speaker. Mais les deux évadés refusaient de sortir de son esprit. Plus de trente viols ! Avec un frisson, elle retourna l’édredon et entra dans son lit. Tout de suite, elle tira le drap par-dessus sa tête et se recroquevilla, ainsi qu’elle faisait quand elle était toute petite... pour se masturber. Elle n’entendait presque plus le murmure de la radio, mais l’épaisseur de l’édredon ne pouvait pas la protéger contre ses propres pensées. Sans cesse, elles revenaient sur cette voiture  inconnue garée devant la maison. Et sur les deux évadés...

Darling avait toujours aimé se faire peur, avant de s’endormir. Cela l’excitait. Quand elle s’était bien effrayée en imaginant que des hommes entraient dans sa chambre et glissaient leurs mains sous le drap pour toucher son corps, elle se masturbait longuement, délicieusement, en se disant des gros mots.

Ce soir, pas besoin de recourir à ce fantasme. Elle avait vraiment peur. La maison était en travaux, sa toiture était ouverte à tous les vents, rien de plus facile que de s’y introduire.

Comme il pleuvait dans les chambres, Cornélius, malgré son avarice, s’était résigné à faire refaire la  toiture. Des échafaudages entouraient le bâtiment. Et comme les couvreurs n’avaient pas encore remplacé les tuiles fêlées qu’ils avaient retirées, une partie du toit était à ciel ouvert, provisoirement protégée de la pluie par des bâches. Il suffisait de redresser une des échelles qui traînaient dans le jardin, et le tour était joué.

Secouée de frissons, Darling, sous le drap, retroussa sa chemise de nuit et écarta les cuisses. Pour chasser ces pensées lugubres, elle ne connaissait qu’un remède. Après avoir sucé le bout de son index pour le mouiller, elle fouilla dans les poils de son sexe. Son clitoris était déjà sorti. D’un petit tapotement régulier elle commença à se masturber. Quand elle aurait joui, elle le savait, elle aurait tout juste la force d’éteindre la radio, et le sommeil l’emporterait au pays des cauchemars...

 

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Voir également :
- Les mains baladeuses - Esparbec (2004), présentation et extrait

samedi, 24 janvier 2009

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle - Etienne Liebig - 2006

bibliotheca comment draguer la catholique sur les chemins de compostelle

Le narrateur, dragueur invétéré et prédateur sexuel sans scrupules, n'a pour unique but dans la vie d'allonger à l'infini la liste de ses conquêtes féminines. Il pousse le vice au point de faire des conquêtes thématiques tel que c'est le cas ici où sur un cours trajet du pèlerinage de Compostelle, en partant de Vézelay en Bourgogne, il espère se faire le plus de catholiques possibles, mais aussi de tout type: les cathos de gauche, les cathos bourgeois (de droite donc), les intégristes et ce vaste fourre-tout des cathos gentils où l'on retrouve notamment les cathos de hasard. Un vaste programme donc pour le narrateur, qui appuyé sur son bâton de pèlerin, devra mettre en œuvre mille et une ruses afin d'arriver à son but.
Mais les voies vers le Seigneur sont parfois plus complexes qu'il n'y paraît, et le narrateur risque de s'y perdre et de se faire prendre irrémédiablement à son propre jeu.

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle de l'écrivain français Etienne Liebig, roman érotique et pornographique, est avant tout un roman caricatural plein d'humour et finalement doté de bien plus de sensibilité, et même de morale, qu'il n'y paraître au début. Dès les premières pages l'humour prend le dessus, on rit à toute page, le texte est jouissif, splendidement athée et très provocateur. Les aventures de ce pèlerin prédateur, prêt à n'importe quel mensonge ou subterfuge, même les plus gros et invraisemblables, sont irrésistibles de par leur humour et leur inventivité. Les scènes érotiques, malgré les règles du genre auquel ce roman appartient, ne sont finalement que secondaires, même si bien réussies, tout le poids étant mis sur la caricature. Au bout d'un moment le narrateur semble aller trop loin, et c'est pour l'auteur l'occasion de récupérer l'histoire pour porter critique, non lus à ces pauvres cathos, mais au narrateur lui-même, cet être sans cœur qui se fera prendre lui-même au dangereux jeu de l'amour. Le style d'écriture est vif et entraînant. L'auteur brille par son humour (lire notamment les appendices où l'on retrouve un beau glossaire sexuel de termes religieux), mais aussi par sa critique. De nombreux détails, religieux et autres, démontrent de plus une belle documentation. Ce roman érotique presque perfait souffre toutefois d'un certain essoufflement en seconde partie, certaines scènes étant un peu répétitives.

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle est un roman hilarant et furieusement libertaire.

Un roman à découvrir!

Que les bien-pensants s'en tiennent toutefois éloignés, certains éléments du récit pourraient les choquer !

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Extrait :

Il est midi, le car pour La Charité-sur-Loire part dans vingt minutes, je n'ai que le temps de redescen­dre vers le centre-ville. Je l'ai joué fine, je pense, et je ris sous cape en accélérant l'allure. Tôt ou tard, les femmes finiront par sortir de sous les pèlerines, si j'ose dire, et si ce n'est la blonde, ce sera la brune qui me tombera dans les bras. Sans compter l'épouse du principal, Béatrice, qui m'a l'air toute disposée à me délivrer les derniers sacrements.

Je parie que dans trois jours, quand je les retrou­verai, la chaleur, la fatigue et les dissensions internes auront eu raison du groupe. On ne traite pas le sexe faible ainsi, à lui faire marcher dix heures de rang en parlant de bondieuseries. Tôt ou tard, elles redevien­dront des êtres humains.

Le car est là, qui m'attend. Je m'installe confor­tablement et jette un dernier coup d'œil à la colline sacrée. La première partie de mon plan n'a pas trop mal marché mais je suis un peu déçu de ne pas avoir eu plus de choix. Il est vrai que ce n'est pas la saison idéale, les véritables pèlerins s'arrangeant pour arriver à Compostelle pour la fête de saint Jacques, le 25 juillet. Ils démarrent donc à partir de mai.

Tant pis. Ces trois-là feront l'affaire, bien obligé. Elles ne sont pas très jolies, mais j'ai senti en elles un vrai potentiel. Ceci étant, cathos intégristes ou cathos de gauche ? Je dirais plutôt de gauche, encore que je conçoive assez mal un proctologue de gauche. Mais enfin, la gauche chez les cathos n'est pas la même gauche qu'à l'Assemblée nationale : elle n'est ni traversée par les courants, ni minée par les ambitions, c'est une gauche engagée et généreuse façon Emmanuel Mounier revisité par Télérama. Et dire que tout ce petit monde est en train de se carapater sous la bruine pendant que je me prélasse en autocar !

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dimanche, 14 décembre 2008

L'attendrisseur - Jacques Serguine - 2007

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L'été, au bord de la mer les villas sont fraîches et brûlantes. Pour que la petite fille de la voisine, colérique et intenable, se tienne tranquille, "l'attendrisseur" propose un pacte à la mère dépassée: il représentera l'autorité paternelle et viendra régulièrement lui administrer des fessées. Mais, par pur souci d'équité, la mère devra systématiquement subir le même châtiment... Recevoir ou donner des fessées, nombreuses seront celles intrigués par cette pratique au cours de ce chaud été.

L'attendrisseur est le deuxième volet d'une histoire faisant suite à L'Été des jeunes filles, publié en 2005. L'écrivain et essayiste français continue de façon romancée ce qu'il avait débuté avec son essai fétichiste L'éloge de la fessée datant de 1973.
Il est difficile à croire qu'un livre sur la fessée puisse maintenir l'attention du lecteur d'un bout à l'autre, et effectivement ce n'est pas le cas. Le lecteur n'en retiendra qu'un roman érotique un peu long aux scènes répétitives. L'auteur accumule en effet des scènes d'amours féminins, essentellement homosexuels, autour de la seule fessée sans réussir à réellement développer quoi que ce soit De plus le montage du récit est assez confus et le style d'écriture, pourtant brillant par moments, s'avère vite très lourd.

Roman érotique et fétichiste autour de la fessée, L'attendrisseur de Jacques Serguine ne réussit hélas guère à séduire.

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