vendredi, 06 juillet 2012

L’élixir - Mélanie Muller - 2009

melanie muller, erotisme, l elixir, l'elixir, romans erotiques, romans pornographiques, fantastique, litterature francaiseLouise est une fille quelconque. Ni jolie, ni moche, ni … ni rien en fait. Et c’est cela son problème. Elle n’attire personne et aucun homme ne s’intéresse jamais à elle. Ce qui pour une fille de vingt-cinq ans est assez pénible et fort déprimant. Pourtant elle essaie tout, fréquente des bars branchés, des sites de rencontres, mais rien n’y fait. Et cela jusqu’au jour quand, au comble du désespoire ; elle ouvre un livre de recettes aphrodisiaques et concocte un breuvage à base d’alcools et de plantes. Et le résultat va être foudroyant : d’un moment à l’autre elle devient le centre d’attention et l’objet de désir de tous les hommes qu’elle croise. Tous la veulent et ne cessent de lui tourner autour. Louise, désormais Lou (cela fait plus sexy), se donne à tous ces hommes, profitant enfin de tout cet amour qui jusque là lui manquait. Et desormais elle a des rendez-vous sans fin avec tous ces hommes accrochés à ses lèvres, tentant à tout moment de lui arracher ses vêtements, de la caresser même en public, et lui ouvrant enfin tous leurs cœurs… et leurs pantalons, la prenant n’importe où et n’importe quand…
Mais très vite la magnifique tigresse qu’est devenue Lou n’arrive plus à s’arrêter, et du manque d’affection elle passe à l’addiction et à l’overdose…

L’élixir de l’auteur français Mélanie Muller est un roman érotique qui sans concession et sur un rythme effréné nous fait découvrir les péripéties amoureuses et sexuelles d’une jeune femme transformée  après avoir pris une potion magique. Décrit avec un certain humour sur un rythme effréné, ce roman traite plus globalement de la passion amoureuse d’une femme, de son abandon dans l’addiction, ici le sexe, tout en en oubliant l’essentiel, qui est l’amour. Louise change, son entourage change, toutes ses relations changent… vers un supposé meilleur. Mais en réalité tout cela ne la rendra pas plus heureuse.
Ecrit dans un rythme effréné et d’une plume vive, sans concessions, le lecteur est vite pris par ce texte. Et malgré certaines longueurs et petits passages à vide le lecteur arrivera vite à bout de ce livre.

L’élixir de Mélanie Muller est un surprenant roman érotique qui ravira les amateurs du genre.

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Extrait : pris au hasard au chapitre deux

...

J’aurais peut-être dû ôter ma culotte sous ma nuisette transparente ? Mon rat de laboratoire semble complètement indifférent à mes charmes. Quand la bouteille est vide, je cherche une étincelle dans ses yeux, j’observe son entrejambe, je lui demande s’il sent quelque chose de spécial.

- Rien du tout, ma grande.

Rien. Nada. Autant d’efforts pour que dalle. C’est dans la bouteille que j’aurais dû glisser ma culotte ! Je me sens subitement affreusement ridicule dans mon déshabillé sexy. Je file à la cuisine et jette rageusement ce livre idiot à la poubelle. Un attrape-nigaud ! J’aurais dû m’en douter. L’abstinence me rend naïve et pathétique. Qui, hormis une fille stupide comme moi, aurait songé un seul instant qu’une bouteille de champagne fleuri puisse exciter quelque peu les garçons ? Je m’en veux d’avoir dépensé une fortune en alcools, liqueurs, graines et poudres en tout genre. Enfermée dans ma cuisine, je me serre un grand verre de Martini rosso, j’y rajoute du gin, de la Vodka, des herbes, du piment, et je bois tout, en glissant mes doigts dans ma culotte et en chantonnant un tas de formules aussi bizarres qu’inintelligibles. Je suis complètement pompette. Magicienne des temps modernes, ce livre de recettes aphrodisiaques n’est plus au goût du jour, et je vais agrémenter ces potions de toute mon imagination débordante de femme esseulée. Passoà, rhum, clous de girofle, feuilles de fucus, Ras el hanout, mixez énergiquement et filtrez le mélange ainsi obtenu avec une passoire ! J’ai dans ma cuisine de vieille fille tous les ingrédients et tous les accessoires pour concocter des miracles et devenir sorcière professionnelle. Je goûte, je bois, je trempe mes doigts dans mon sexe et les mélange frénétiquement dans mon verre, je bois, je chante, je danse, j’invoque les forces du ciel et de l’enfer pour faire de moi une femme fatale et irrésistible, j’en verse à côté, je fais un raffut de tous les diables. Je me bourre la gueule.

Hervé ouvre alors la porte de la cuisine pour voir ce que je fabrique et parce qu’il doit s’en aller. Je dois être dans un drôle d’état, hirsute et titubante, parce qu’il me toise comme s’il me voyait pour la première fois. Je lui souris aussi assurément que possible en me retenant au lave-vaisselle. Ses yeux roulent comme des billes sur ma bouche, mes seins, ma bouche, mes seins…

Ma bouche.

Mes seins.

Hervé se jette sur moi tel un fauve en rut. Me retourne, me plaque contre la machine à laver, relève ma nuisette et m’embrasse sauvagement dans le cou tandis qu’il arrache ma culotte en dentelle. Je perds à moitié l’équilibre et suffoque, contre mes fesses je sens son membre dur fulminer. Je le repousse avec force ; je n’avais pas envisagé qu’il puisse se mettre dans cet état. Au mieux, j’espérais un tendre baiser romantique. Tandis qu’il ôte avec précipitation son t-shirt et la ceinture de son pantalon, je lui dis en tremblant :

- Hervé, Hervé, calme-toi !

- Quoi ? QQuoi ? Quoi ? hurle-t-il ! J’ai envie de toi, là ! C’est bien ce que tu voulais non ? Viens là !

Ça y est. Il est fou. La recette fonctionne. Au secours. Je le repousse instinctivement.

- Louise ! Tu te trémousses tout l’après-midi devant moi dans ta nuisette transparente et maintenant tu fais ta mijaurée ? tu te fous de moi ?

Sa respiration est chaude et bruyante, il m’enlace violemment contre l’étagère, les pots de confiture s’écrasent sur le sol dans un brouhaha qui n’arrête pas mon agresseur, je glisse sur la purée de fraise et la gelée de groseille. A quatre pattes, le cul et les seins à l’air devant mon meilleur ami, ses mains torturant mes cuisses et mon ventre, je suis prise de panique. Je tente d’esquiver ses assauts périlleux et clame qu’on n’est pas obligé d’en arriver là.

- Obligés, Louise !O-bli-gés ! Tu es drôlement bandante tout à coup !

Je trouve que « Louise » et « bandante », ça ne va pas ensemble. Mais ce n’est pas le moment d’ergoter. La queue d’Hervé pointe son gros nœud.

- D’accord, Hervé, d’accord, mais je n’ai pas de capote ! Laisse-moi en chercher à la pharmacie, s’il te plaît, j’en ai pour deux minutes.

- Tu aurais pu prévoir ! Garce ! Allumeuse ! Dépêche-toi d’aller en chercher et ramène tout le distributeur !

J’enfile un jean et une veste sur ma nuisette presque déchirée et je cours. Je cours non pas pour me faire sauter au plus vite par Hervé mais parce que je suis terrifiée. Que vient-il de se passer ? Et comment expliquer à mon meilleur ami que je n’ai pas envie de lui, que c’était juste un jeu, une idée farfelue, une lubie sans intérêt, que si le résultat est édifiant, à présent j’aimerais mieux qu’il s’en aille ! ? Je ne souhaite pas coucher avec lui !

Devant la pharmacie, le tiroir du distributeur de capotes est bloqué. Je tire dessus comme une acharnée, en évitant autant que possible le regard des passants interloqués. J’essaie de ne pas penser qu’à travers ma nuisette, mes seins s’exhibent outrageusement. Un crissement de pneus retentit sur le boulevard. Une portière claque. Un homme vêtu de noir s’approche de moi tandis que j’essaye vainement d’obtenir grâce de cette foutue machine.

- Je peux vous aider mademoiselle ?

Je dis oui.

Avec aplomb, l’homme en noir fait tomber dans sa main trois boîtes de préservatifs et me les tend ; je le remercie, pétrifiée.

- Je peux vous inviter à boire un verre ?

- Non, pas maintenant, dis-je en tremblant.

Il me tend sa carte.

- Vous êtes absolument adorable et sexy, appelez-moi, j’aimerais beaucoup vous connaître… Promettes-moi de m’appeler…

Je prends la carte et promets : « oui, oui, promis ! » puis fonce jusqu’à chez moi, affolée. J’ai la tête qui tourne et les tempes mouillées.

Dans mon immeuble, face aux miroirs du hall d’entrée, je me reconnais à peine ; mes cheveux en pagaille ont des reflets roux flamboyants et, pour la première fois de leur vie, ils bouclent. Dans mes yeux noirs pétillent des éclats de strass et mes lèvres suintantes d’alcools gras se dessinent sur mon visage dans un rouge singulièrement indécent. Mes seins ont doublé de volume.

...

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Présente édition : J’ai Lu, 16 mai 2012, 192 pages
ISBN-10: 2290032158, ISBN-13: 978-2290032152

vendredi, 25 mars 2011

Hilda - Anonyme - 19??

hilda, litterature francaise, romans erotiques, romans pronographiques, erotisme, annees follesHilda, née dans les années 1920, se transforme vite en une jeune femme aux formes plantureuses. Elle est initiée dès sa puberté par son oncle et sa mère aux plaisirs de la chair, ces démons ne la quitteront d’ailleurs jamais plus. Mais ce petit scandale familial finit bien vite par éclater, et Hilda, à l’âge de 15 ans, se retrouve orpheline. Et ainsi se fera sa vie nouvelle sans que ses démons du passé ne la quittent jamais. Et tout au long de sa vie, que ce soit un tuteur de son pensionnat, des étudiants, un exploitant de bordel, des soldats durant l’occupation, le fils de son mari... tous profiteront des dispositions de la jeune femme pour le sexe...

Peu de choses sont réellement connues au sujet de ce roman pornographique intitulé Hilda, si ce n’est qu’il a été écrit après la Seconde Guerre mondiale et a paru d’abord clandestinement tout en se faisant passer pour un journal intime authentique. L’action reprend la vie de cette femme en partant de sa naissance dans les années 1920, son adolescence et sa vie de jeune femme à Paris avant de la retrouver dans l’après-guerre marié à un notable de village. Son journal intime reviendra sur quelques épisodes de la guerre. Et cela jusqu’à un final troublant, fort et pathétique à la fois. L’auteur du roman n’est pas connu et est resté dans l’anonymat. Mais nul doute qu’un grand nom se cache derrière cette belle et magnifique plume qui nous fait revivre l’insouciance des Années folles qui suite à la Grande Guerre n’attendait finalement que la suivante toute en nous décrivant l’évolution d’un personnage haut en couleur et bien plus profond qu’il n’y paraît au départ. D’ailleurs même s’il s’agît bien avant tout de pornographie ce roman se révèle bien vite être bien plus riche de sens.

Le roman érotique et pronographique Hilda est un indispensable pour tous les amateurs du genre.

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La Musardine

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Extrait
:
les premières pages


La plénitude des formes, Hilda l’avait toujours connue. Enfant, déjà, on la disait frisant l’obésité, ce en quoi d’ailleurs on se trompait. Seul, un gynécologue plus savant que ses confrères, avait déterminé, chez Hilda devenue jeune fille, une endocrinologie particulièrement prometteuse sur le plan sexuel. Le praticien concluait alors de bien étrange manière disant à la mère de la jeune fille que chaque femme méritait son époque. Propos sibyllin, mais seule- ment en apparence. En effet, on sortait tout juste de la « folle époque » qui avait été précédée par la « belle époque » en laquelle les femmes bien en chair faisaient le bonheur des peintres. Et puis, après la guerre de 14-18, la femme se masculinisait, se coupait les cheveux ; la fameuse mode de la garçonne voyait le jour en même temps qu’un beau bébé potelé que l’on baptisait Hilda en l’église de La Madeleine.

Le bébé prit très vite du poids en tétant le sein maternel, puis le biberon. Adolescente, Hilda gardait encore sur les lèvres l’ineffable joie de ses succions infantiles qu’elle retrouvait quelque peu quand son oncle lui offrait un sucre d’orge ou une sucette. L’homme, de quarante ans, la considérait étrange- ment, avec un sourire en coin, tandis qu’elle s’appliquait à faire glisser entre ses lèvres la friandise sucrée. Elle lui rendait son sourire en suçant de plus belle, sans évidemment se douter qu’elle provoquait ainsi une coupable érection.

Hilda adorait son oncle. Il offrait à ses yeux d’enfant une sorte d’émerveillement perpétuel.

Marcel Rivaud avait choisi l’oisiveté comme d’autres choisissent de partir en voyage. Alors que son frère André, le père d’Hilda, œuvrait laborieusement pour capitaliser et vieillir prématurément, Marcel passait dans la vie à la manière d’un poète qui visite un jardin, respirant chaque fleur en ayant soin de n’en cueillir aucune. Il avait placé sa part d’héritage qui, sans le faire riche, lui permettait de vivre comme il l’entendait.

En grandissant, Hilda surprit certaines conversations entre son père et sa mère à propos de son oncle. André Rivaud ne se montrait pas tendre envers son unique frère. Irène, la mère d’Hilda, acquiesçait en silence, en femme soumise à l’autorité de son époux. Cependant, Hilda finit par comprendre que sa mère n’en pensait pas moins.

L’oisif de l’entre-deux guerres est devenu une espèce rare sinon totalement disparue. On le recherchait comme amant puisque la plupart de son temps était consacré à l’amour. Irène s’était mariée – « casée », devait-on dire – jeune, vierge et avait été engrossée dès sa nuit de noces. Hilda naquit, fut traditionnellement élevée dans la saine morale de la religion catholique tandis que son travailleur de père remplissait hebdomadairement son devoir conjugal. Marcel s’aperçut rapidement que sa belle-sœur était délaissée. Il se portait irrésistiblement vers les cœurs perdus et les fesses disponibles ; or, celles de sa belle- sœur étaient d’un fol attrait.

Entre Marcel et Irène, tout avait commencé par un de ces après-midi de brume qui couvre si souvent Paris. Marcel était dans son atelier en train de peindre quand Irène sonna à sa porte.

– J’avais envie de voir vos toiles ! dit Irène en rougissant un peu. Je ne resterai que quelques minutes ! ajouta-t-elle très vite.

– Il faut fêter l’événement ! dit Marcel en débouchant une bouteille de champagne.

Bu à petites gorgées, le champagne grisa un peu Irène qui détaillait chaque œuvre exposée dans l’atelier. Ses yeux s’arrêtèrent sur une toile et Irène retint brusquement sa respiration.

– Cela vous choque ? questionna Marcel.

– Eh bien, répondit-elle, je me doutais bien que dans un atelier d’artiste, il existait toutes sortes de choses, mais...

– Allons, voyez la beauté du mouvement, dit Marcel, observez bien les bras de la femme se cramponnant au cou de l’âne robuste, et la musculature de l’animal arc-bouté sur ses pattes pour faire entrer son membre...

– Tout de même, murmura Irène, ce... ce sexe si gros... dans...

– Il paraît que Messaline éprouvait une très grande jouissance avec les ânes. Et d’ailleurs, ne dit-on pas de certains mâles qu’ils sont, pardonnez-moi l’ex- pression, « montés comme des ânes » ?

– C’est une comparaison aussi grossière qu’exagérée !

– Qu’en savez-vous, ma chère Irène ? Pouvez- vous établir une comparaison entre André et... d’autres hommes ?

– Vous êtes fou, Marcel ! Je n’ai jamais trompé votre frère !

– C’est bien ce que je pensais.

Cela dit, sans plus hésiter, il l’attira contre lui. Irène voulut se défendre, mais il était déjà trop tard. Bouche contre bouche, les langues se cherchaient, se suçaient. Marcel serrait fortement le corps de sa belle- sœur d’un bras robuste tandis que sa main libre se faufilait sous la robe. Il descendit le slip à mi-cuisses et ses doigts habiles fourragèrent dans la toison épaisse, entrèrent dans la grotte humide. La pression des corps se fit plus violente et les langues activèrent leur succion. Marcel retira sa main pour ouvrir fébrilement sa braguette de laquelle il extirpa une verge érigée qu’il empoigna pour la guider vers la fente mouillée.

– Oh non... non, Marcel ! supplia Irène qui ne put s’empêcher d’écarter les cuisses en percevant l’affolante érection, bien plus épaisse, bien plus grosse, infiniment plus dure que celle de son mari.

Haletante, maintenant vaincue, elle se soumettait au groin mafflu dont la tête macrocéphale la pénétrait difficilement.

– Oh ! Marcel... Marcel... que me faites-vous là !

– Je vous baise, Irène... Je t’enfile, ma chérie, et tu aimes ça...

Son membre bandé, enfoncé jusqu’aux testicules, l’homme se mit à la besogner lentement mais fermement. Travaillée par l’intense érection, Irène souleva les reins, c’était pour elle une révélation qu’elle n’eût, jusqu’alors, jamais osé soupçonner.

Un premier plaisir la gagna en lui faisant perdre toute retenue :

– Ah oui ! prends-moi... plus vite... plus fort...

Marcel l’empoigna aux fesses :

– Je t’apprendrai à bien jouir...

– Je jouis, Marcel... Je jouis... Aah !

– Alors tiens... Tiens !

Muscles tendus, le mâle se crispa entièrement en propulsant un flot de semence brûlante qui fit gémir sa partenaire.

Il y eut un long moment de silence seulement troublé par le balancier d’une vieille horloge. Marcel retira sa verge encore raide et la porta vers le visage de sa belle-sœur dont les yeux exprimaient l’admiration qu’elle éprouvait pour l’extraordinaire phallus qui venait de si bien la combler. Elle approcha le membre de ses lèvres, l’embrassa doucement, comme pour le remercier, puis sa langue tournoya autour du gland rose. Sous le titillement qui l’excitait, Marcel se plaça à califourchon sur Irène en dégageant ses seins qu’il pétrit fébrilement. Celle-ci, pour plus de commodité, baissa le pantalon. Elle passa une main sur les bourses velues et rebondies et engloutit la verge dans sa bouche qu’elle suça avec avidité. Marcel se livra entièrement au travail de cette bouche ardente sans quitter des yeux sa belle-sœur qui aspirait en creusant les joues. Elle le suçait inlassablement et, parfois, avec une telle violence, qu’il devait faire appel à toute sa volonté pour que le plaisir durât. Irène sentait confusément qu’elle ne s’appartenait plus, que, déjà, elle était la chose de son beau-frère, presque son esclave. Quand il jouit dans sa bouche, elle le but en goûtant, pour la première, fois, à cette joie sauvage.

Irène finit par se retrouver souvent dans le secret de l’alcôve avec son beau-frère qui lui fit découvrir le bonheur des sens, lequel, inévitablement, engendre l’appel du cœur. Ah ! qu’elle aimait la lente reptation de cette verge saillante, terriblement musclée et dont l’extrémité champignonnait étrangement à l’instant de l’orgasme. Marcel la rendait folle et l’amenait à pratiquer des actes que la morale réprouvait farouchement. Quant à Marcel, il jubilait. C’était à la fois extraordinaire et surexcitant que d’initier une mère dont le corps réagissait, a priori, comme celui d’une pucelle et, a posteriori, comme celui d’une catin. Il s’arrangeait pour la rencontrer deux ou trois fois par semaine. Il lui arrivait même, parfois, de la prendre hâtivement, au foyer conjugal, alors que le mari peinait dans son bureau directorial et que la jeune Hilda déclinait une version latine chez les frères maristes. C’était toujours une espèce de viol auquel Irène se soumettait sauvagement. Jupons troussés, cuisses ouvertes, le dos plaqué au mur, elle ne pouvait s’empêcher de pencher la tête, se mordant les lèvres Jusqu’au sang pour ne pas crier, elle considérait d’un œil fixe le gros boutoir brun dont l’extravagante force la pistonnait fiévreusement. Dans ces instants de rare intensité, des lueurs hagardes voilaient les prunelles de Marcel dont le vocabulaire devenait insoutenable :

– Je vais te faire sentir le jus de mes couilles... Tiens, tu le sens, dis ? Ah ! Je jouis... Je voudrais jouir dans ta bouche et dans ton cul en même temps !

Fouettée par la trivialité du verbe, Irène sombrait dans le délire de l’extase qui, elle l’ignorait encore, la conduirait sur d’épineux chemins. Ces chemins, Marcel s’affairait à les tracer avec autant d’intelligence que de perversité. Il conférait ainsi plus de vérité à l’adage fameux : « L’oisiveté est la mère de tous les vices. »

***

Quand Hilda fêta ses quinze printemps, il y avait déjà quatre bonnes années que les positions du Kama-Sutra, fellations et autres sodomies, n’avaient plus de secret pour Irène. Vis-à-vis de celle-ci, Marcel semblait montrer une fidélité exemplaire, bien que le bougre eût assez de vigueur génésique et de plans préalablement conçus pour satisfaire d’autres maîtresses.

Insidieusement, il avait semé dans l’esprit d’Irène sa propre graine dont le germe nietzschéen la faisait délicieusement frémir d’horreur et d’émotion. Pratiquement inculte, voilà qu’Irène Rivaud s’instruisait, en secret, d’une philosophie qui dût requérir, pour la bien comprendre, un esprit hautement qualifié, ce qui n’était pas le cas. Il ne restait plus à Marcel qu’à tirer les sons qu’il vou- lait d’un instrument tel que « Par-delà le bien et le mal » ou « La généalogie de la morale ». Sans doute Nietzsche se retournait-il – une fois de plus ! – dans sa tombe. Qu’importe, il n’était pas le premier philo- sophe à être falsifié. L’important fût qu’il servît les desseins de Marcel Rivaud qui, armé de belles rhétoriques, visait lentement, mais non moins sûrement, le but final. Les citations de celui qu’Hitler devait également falsifier pleuvaient comme de l’acide sur la malheureuse Irène : « Ce qui ne tue pas fortifie », « Les convictions (et Marcel d’ajouter : « religieuses ») sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges », « Je vous enseigne le surhumain. L’homme n’existe que pour être dépassé. Qu’avez-vous fait pour le dépasser ? » C’était, à coup sûr, cette dernière citation qui revenait le plus souvent aux lèvres de Marcel : « Il faut te dépasser, ma chérie, encore et toujours », disait-il à Irène en la serrant contre lui. Puis, il ajoutait sournoisement : « Hilda, qui est jeune, comprendra et vivra cela ! »

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Présente édition : La Musardine, 20 janvier 2011, 200 pages

dimanche, 20 mars 2011

Folies de femmes : Nouvelles érotiques - 2011

littérature francaise, romans erotiques, romans pornographiques, erotisme, recueil de nouvellesFolies de femmes, un recueil de vingt nouvelles érotiques, toutes de la plume d’auteurs féminins s’inscrit dans une série de livres éditée depuis quelques années et qui compte déjà comme titres : Plaisirs de femmes, Caprices de femmes, Femmes amoureuses, Pulsions de femmes, Extases de femmes, Jouissances de femmes, Extases de femmes et d’autres encore à venir.
Ici, tout y est à nouveau de ce que fait la littérature érotique, des nouvelles nous racontant le désir, l’appétit sexuel, les relations hommes femmes souvent troubles faits de soumission et domination, d’adultère, d’inceste même, et comment des lieux inattendus se transforment de temps à autre en lieux de perdition.
Ainsi lit-on comment plongé dans le noir d’une panne de courant un wagon de métro devient le théâtre d’une luxure collective, dans un hammanm parisien une dame esseulée découvre les plaisirs saphiques, une visiteuse de prison se donne dans l’enceinte d’un pénitencier à la lubricité d’une meute de détenus, une touriste dans les campagnes du Maroc qui se voit prise dans une orgie, un époux soumis par sa femme et son amant, une relation adultère mixte entre deux couples et bien d’autres...
Le plus cru s’associe au plus romantique pour le meilleur et pour le pire. Le résultat est en effet très inégal. Les meilleures, dont Par le trou de la serrure de Valentine Abé ou La vieille maquerelle de Lawuina entre autres se mêlent hélas à d’autres bien plus inutiles. Mais dans tous les cas ce recueil offre ce qu’il promet, c’est-à-dire une bele vue d’ensemble de l’érotisme d’aujourd’hui, principalement vu par des yeux féminins.

Folies de femmes est un recueil à lire pour tous les amateurs du genre à la découverte de ce qu'offre la littérature érotique francophone de nos jours.

Liste des nouvelles reprises dans ce recueil :

Valentine Abé - Par le trou de la serrure
Ninon de B. - Plantes carnivores
Clara Basteh - L’antre du Maître
Anne Bert - Quelle fureur m’entraîne
Valérie Boisgel - La vieille maquerelle de Lawuina
Sophie Cadalen - Obéissance
Cléa Carmin - Bandanas de toutes les couleurs
Lounja Charif - La visiteuse de prison
Elizabeth Herrgott - Mon soumis insoumis
Isabelle Lorédan - Les feux de l’enfer
Andréa Luccella - Cri-d’amour
Anne Michel - Ligne 13
Mélanie Muller - Que ton voeu soit exaucé
Emmanuelle Poinger - Valentin
Françoise Rey - A perdre alène
Cali Rise - Toi et moi, luxure autorisée
Rebecca Sollis - Aux bains de Lesbos
Servane Vergy - Vacances de rêve pour maman stressée
Yo - L’homme nu
Géraldine Zwang - Soumission conjugale

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Présente édition : éditions Pocket, 6 janvier 2011, 244 pages

Voir également :
- Pulsions de femmes (2006), présentation et extrait

jeudi, 17 mars 2011

50 coïts non interrompus - Michel Koppera - 2011

Michel koppera, litterature francaise, romans erotiques, romans pornographiques, erotisme, 50 coits non interrompus« On fait ça où, aujourd'hui ? »

Une éternelle question que se sont déjà posé de nombreux couples sans toujours y trouver des réponses satisfaisantes. Et pourtant mille et uns endroits existent pour se livrer aux plaisirs de l’amour, bien loin du lit de sa chambre à coucher. En tout cas au moins 50 que recense l’auteur français Michel Koppera dans ce livre 50 coïts non interrompus. Que ce soit plutôt d’un côté domestique tel dans la cuisine, le salon ou la salle de bains, plus à l’extérieur tel au bureau, dans un ascenseur ou bien de façon bien plus exotique comme par exemple en haut d’un phare, dans une station spatiale et bien d’autres... Michel Koppera revisite tous ses lieux et leurs possibilités sexuelles par cinquante courtes histoires coquines aux styles très divers. Certaines ont tout de véritables nouvelles érotiques, d’autres ressemblent plus à des modes d’emploi citant au lecteur les précautions à prendre et les pièges à éviter. Mais de toutes ressort cette volonté de faire découvrir de nouvelles contrées érotiques et de faire découvrir des possibles insoupçonnés au lecteur. Et au-delà de l’érotisme c’est l’humour qui ressort principalement de ces textes, ainsi que du charme sans jamais tomber dans le trop cru du porno.

Michel Koppera, d’origine nordique, a vécu sur une île de l’Océan indien ainsi que sur les bords du fleuve Amazone avant de s’établir sur les côtes atlantiques où il se consacre depuis à l’écriture.

50 coïts non interrompus de Michel Koppera est livre plein d’humour et de charme qui fera découvrir des horizons coquins et insoupçonnés à tout lecteur qui s’y aventurera.

A découvrir !

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Présente édition : Editions La Musardine, 20 janvier 2011, 160 pages

mercredi, 23 février 2011

Petites alliées - Miss Clary F. - 1919

miss clary f, litterature francaise, romans erotiques, premiere guerre mondiale, la grande guerre, romans pornographiques, erotisme, petites alliees1914-1918. Au front allié se crée une ambulance composée de 14 infirmières de toutes nationalités dans le but de suivre le front et de venir en aide aux vaillants soldats blessés au combat. La guerre sera terrible, pas toutes ne survivront, mais c’est bien à l’une de ces vierges que nous devons de pouvoir conter ces aventures troublantes et réelles. Car pour toutes ces jeunes femmes, cette expérience en révélera bien d’autres, bien plus sensuelles. La libération féminine est en marche, et avec la libération sexuelle.

Petites alliées de Miss Clary F. est écrit peu de temps après la guerre, et devient vite introuvable. Aujourd’hui ce roman dont on ne connaît presque rien, ni d’ailleurs sur son auteur,  serait tombé dans un oubli complet si les éditions La Musardine ne l’avaient déterré pour le republier. Et même, guère de textes érotiques se situant lors de la Grande Guerre ne sont connus aujourd’hui.
Ce texte nous fait donc découvrir le quotidien d’un groupe d’infirmières durant cette guerre, l’accent étant évidemment mis sur le côté érotique. L’auteur fait preuve d’une belle imagination et étonne même par l’actualité des fantasmes décrits à l’époque. Évidemment le roman a également un fort parti pris typique de l’époque, ainsi découvre-t-on que les Allemands sont tous de féroces et pervers violeurs, en comparaison aux soldats alliés tous de galants amants. Mais on y retrouve surtout une féminité en marche, qui se prend en main, se bat, désire et aime en fonction de ses propres choix. La libération de la femme n’est plus loin...
Le texte en soi, d’un point de vue littéraire a ses qualités et défauts, mais ce n’est pas cela qui compte ici le plus. Les amateurs de romans érotiques ou ceux de documents historiques y retrouveront leur comptes.

Petites alliées de Miss Clary F. est un roman d’une rareté absolue qui tient sa place dans toute bibliothèque érotique qui se respecte.

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Extrait :

V

Il y avait cinq semaines que nos jeunes héroïnes étaient sur les lieux de leurs exploits.

Des blessés étaient arrivés depuis la veille et chacune s’empressait à leur chevet.

Elles étaient si absorbées par leur tâche qu’aucune idée de luxure ne traversait leur esprit. Elles paraissaient avoir oublié les orgies qui avaient précédé leur départ, et même les deux grandes amoureuses, Prisca et Rolande, se parlaient avec une apparente simplicité qui était loin de dévoiler leur étroite intimité.

Chacune apportait dans les fonctions qui lui étaient attribuées, les qualités et les défauts de sa nature et de sa race. La Russe, la Polonaise, la Serbe, donnaient froide- ment mais très exactement leurs soins ; Nelly et Hélène s’empressaient auprès de ceux qui étaient les plus gradés, les plus racés. L’Espagnole, l’italienne et la Roumaine s’exaltaient devant la souffrance, se prodiguant avec des paroles et des gestes, à ceux qui criaient le plus fort. Pour la Japonaise, elle suivait exactement ce qui devait être fait, sans distinction, sans préférence pour aucun... lointaine de ces races qui n’étaient pas la sienne.

La Portugaise, la Suissesse et la Belge paraissaient les servantes des autres par leur passivité dans l’exécution. Quant à Rolande, elle se dévouait à toute heure du jour et de la nuit, s’offrant à remplacer celle de ses compagnes qui se sentait surmenée, jamais fatiguée de s’employer comme si elle eût à se faire pardonner d’être admise à cette œuvre ou à remercier... Du reste toutes avaient de la sympathie pour sa simplicité et lui étaient reconnaissantes de sa serviabilité.

..........................................

C’était le soir. La nuit complètement venue, les éclairages de fortune installés, les salles de planches bondées de lits aux linges blancs, avaient l’aspect lugubre.

Un jeune lieutenant, moins atteint que les autres, mais rendu nerveux par l’ambiance, pressait de ses prières Miss Nelly pour sortir de cet enfer de souf- france durant quelques instants. Il désirait aller respirer l’air et Nelly, craignant sa fai- blesse, refusait son autorisation.

— Vous êtes trop faible, mon lieutenant.

— Je vous affirme, Mademoiselle, que je suis tout à fait valide, mais je suis sans nouvelles des miens et de mon régiment, j’ai ce que l’on appelle vulgairement le « cafard », et d’entendre ces plaintes continuelles me rend malade. Une heure d’air et le silence bienfaisant de la nuit me seront le remède le plus efficace à ma guérison.

Un peu ébranlée par ce raisonnement, Miss Nelly, après avoir réfléchi un instant, céda, mais sous condition que
Romania accompagnerait l’officier en cas d’accident, ce à quoi ce dernier accéda de bonne grâce.

Il faisait une nuit d’octobre digne des vers de Musset.

Le lieutenant Jean de Z... avait passé son bras sous celui de la jeune infirmière.

C’était un superbe gaillard de vingt-six ans, dont l’apparence de force n’enlevait rien à l’élégance. Ils s’entretinrent, durant un quart d’heure, des grands et menus faits de la guerre, puis, peut-être, sans y songer, la conversation devint plus intime, traitant de sujets plus badins.

Jean se risqua jusqu’à demander à Romania si un mari ou un fiancé exposait sa vie sur les champs de bataille. Romania confessa ne pas avoir cela à redouter, et le bras de Jean se fit plus pressant sur celui de la jeune infirmière...

Soudain il s’enhardit jusqu’à risquer un baiser sur la nuque.

Au contact de ces lèvres d’homme, les premières qui l’eussent effleurée, Romania éprouva un long tressaillement, tout son sang de vibrante Italienne lui afflua au cerveau et, presque inconsciemment, elle s’alanguit.

Jean, heureux de l’aubaine, fit asseoir la jeune fille sur une pierre large et, sans hésiter, se mit en devoir de lui relever la jupe et de lui sucer le clitoris. Lorsqu’il la sentit prête à jouir, il la coucha d’un élan, mais sans brutalité, et essaya de la pénétrer de sa verge brillante, mais Romania était vierge et le lieutenant le comprit, aussi prit-il toutes précautions pour éviter que la douleur ne fût trop vive.

Bientôt il réussit à ouvrir la voie et Romania, après une légère souffrance, sentit en elle un bien-être infini. Cette chose qui allait et venait dans sa matrice, qui la chatouillait et la pénétrait toute, lui procurait une telle joie qu’elle serrait les cuisses pour mieux la retenir, ce que sentant, le lieutenant s’enhardit et accéléra les mouvements.

Alors la bouillante Italienne ne se posséda plus, elle enlaça son séducteur, accrochant ses lèvres aux siennes, se soulevant de toute sa force afin d’être mieux pénétrée.

Enfin, sentant tout son être inondé d’une liqueur chaude, entendant les soupirs de jouissance de Jean, elle se mit elle-même à pousser, non des soupirs, mais des cris, à un tel point excitants que Jean sentit sa verge remise en vigueur et qu’il redoubla d’ardeur pour recommencer l’action.

Au contact de ce membre vigoureux qui la pénétrait à nouveau, Romania s’exaltait, bondissant comme une furie, jouissant sans discontinuer, mordant la bouche de Jean pour étouffer ses cris, car le jeune officier s’excitait au jeu, et bientôt ce furent des râles de bonheur qui emplirent l’espace de leur rythme amoureux.

Cependant Miss Nelly, un peu inquiète de la longue absence de Jean et de Romania, s’était décidée d’aller à leur rencontre ; elle fut arrêtée en cours de route par les cris de spasme poussés par les deux jeunes gens et, très intriguée, ne se rendant tout d’abord point compte de ce qui se passait, elle s’était effarée, les croyant attaqués, aussi s’avança-t-elle prudemment du côté d’où partaient les cris.

Ce ne fut qu’à une très faible distance qu’elle se rendit compte de ce qui se passait, et s’apercevant qu’elle n’avait pas été entendue, elle s’immobilisa, assistant, curieuse, à la fin de la séance amoureuse...

Jean et Romania, s’étant un peu calmés, se rendirent compte de leur situation plutôt bizarre et s’en trouvèrent gênés, mais où leur confusion fut à son comble, c’est lorsqu’ils s’aperçurent de la présence de Miss Nelly. Comme Jean, tout « penaud », se levait et s’excusait, essayant de dissimuler sa complice, Nelly le mit aimablement à l’aise :

« Ne vous excusez pas lieutenant, je ne suis pas une sotte et les choses de l’amour me sont très sympathiques... »
Elle souriait sous les rayons de la lune claire, elle souriait gentiment, n’osant pas avouer qu’elle était profondément troublée d’avoir assisté à la scène amoureuse décrite plus haut...

Troublée au point de ne plus savoir très bien ce qu’elle disait, troublée infiniment, prête à s’offrir, si une pudeur de respectabilité ne l’avait retenue...

Durant le court dialogue entre Jean et Nelly, Romania s’était remise et, un peu gênée, elle attendait la fin de cet échange de phrases.

Nelly, comprenant sa gêne et voulant aussi rompre le charme qui l’attirait vers Jean, s’empara du bras de Romania et l’entraîna en la plaisantant.

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Présente édition
: Editions La Musardine, 23 février 2007, 125 pages

vendredi, 04 février 2011

Les mains baladeuses - Esparbec - 2004

esparbec, les mains baladeuses, romans erotiques, romans pornographiques, litterature francaiseFleshtown est une grosse bourgade perdue au fin fond du Kansas. Rien ne s’y passe, sauf peut-être l’annuelle Foire aux cochons, sinon la ville semble comme endormie dans sa campagne. Le Pasteur Bergman veille sur sa communauté et s’est donné comme mission d’instruire et de préparer aux plaisirs de la chair toutes les oies blanches des environs, toutes des filles innocentes qui risquent fort bien de s’étonner de ce que leur réserve leur futur mariage. A l'aide de ses pilules contre la timidité et de séances d'hypnose plus ou moins catholiques, il vient à bout des scrupules surannées des plus pudibondes. D’autres filles tournent mal, se laissant aller au pêché, et n’est-ce pas donc aussi le rôle de ce bon pasteur de les remettre dans le droit chemin. Evidemment le Pasteur Bergman a des méthodes bien particulières pour arriver à ses fins Pour lui, tout cela est plus qu’un devoir, c’est un véritable plaisir. Et pour ne pas perdre le fil de ses travaux, le Pasteur Bergman remplit minutieusement le détail de tout dans ses Carnets de chasse.
Cécilia Harding, la préceptrice des filles du pasteur, épie tous les traitements et jeux scabreux du pasteur. Ce ne sera pas sans conséquence sur sa propre vie, dont elle nous raconte les péripéties les plus lubriques dans son 'Cahier rouge'.
Ainsi les notes de chacun s’alternent et se mêlent dans ce livre dans lequel viennent encore s’ajouter les notes d’un écrivain parisien, Esparbec, que l'écriture de ce roman pornographique perturbe plus qu'il ne l'aurait souhaité...

Attention ! Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, il s’agît bien ici de littérature pornographique pure et dure, et donc réservée à un public adulte.
L’écrivain français Esparbec est depuis quelque temps passé maître dans ce genre avec un style toujours très cru s’adressant bien plus au bas ventre du lecteur plutôt qu’à ses neurones. Ici, guère d’érotisme même. Les mains baladeuses nous conte une histoire se déroulant dans une  bourgade pudibonde des Amériques, véritable caricature d’une certaine société américaine d’aujourd’hui et déjà le théâtre d’autres récits de l’auteur, Esparbec se donne à coeur joie, n’hésitant pas à provoquer sur tout aspect ayant trait au sujet. De plus il se joue à merveille de tous les clichés du genre pour donner l'excitation à certains sinon le dégoût à d’autres. Les pages ayant attrait à la vie d’Esparbec en personne sont tout en donnant plus de niveau au texte cependant bien moins intéressantes. on peut également critiquer le côté très machiste de chacune des scènes, mais cela fait peut-être partie de ce genre si particulier.
Car n’oublions pas que ce roman, comme on le dit, se doit d’être lu d’une main, sinon pas du tout.

A noter que les Mains baladeuses s’arrêtent là où commence l’autre roman d’Esparbec qu’est La foire aux cochons, publié un an plus tôt.

En bref Les mains baladeuses est quelque part un livre extrême, du porno pur qui plaira à certains mais en écoeurera beaucoup d’autres.

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Extrait : premier chapitre

" Préparation " d'une oie blanche (Carnets de chasse du pasteur Bergman)

LUNDI. PREMIER RENDEZ-VOUS.

Le printemps arrive, la chasse aux oies blanches est ouverte. Ce lundi, pendant que ma chère femme était au zoo avec les gamines (Virginia White, leur institutrice, avait ses règles), j'ai reçu dans mon cabinet Mlle Prudence Farming. Prudence Farming m'est recommandée par un collègue de F., petite bourgade proche de notre ville. Il prétend, dans sa lettre, qu'elle est " incroyablement naïve " et qu'on peut lui faire " avaler n'importe quoi ". Ce sont les termes qu'il emploie, je ne fais que le citer.

" Une authentique oie blanche ! ajoute-t-il dans son post-scriptum. Je ne peux m'en occuper moi-même comme elle le mérite, car je suis très lié avec ses parents, c'est pourquoi je vous l'envoie. Il s'agit de la déniaiser comme vous savez si bien le faire, afin qu'elle ne soit pas trop désarmée quand il s'agira de la marier. Dans sa famille, les filles se marient très tôt, ne vous laissez donc pas impressionner par son extrême jeunesse. "

Prudence Farming arrive à l'heure dite. La bonne étant de sortie, je l'introduis moi-même dans mon bureau. C'est une jolie rustaude qui sort à peine de l'enfance. Une beauté de village un peu grossière, mais alléchante. Mal maquillée. Bouche épaisse, mais bien dessinée. Elle rougit à tout propos et baisse les yeux chaque fois que je la regarde ; c'est bon signe. Elle a l'air si stupide que j'ai un début d'érection.

Elle s'assoit sur le siège que je lui désigne, en face de moi, et tire sa robe à fleurs sur ses genoux. Les mollets sont un brin trop forts, c'est une fille de la campagne, mais la jambe est bien faite. Son bas gauche est filé, une échelle grimpe sous sa robe. Elle regarde autour d'elle, très impressionnée par la quantité de livres qui garnissent mes étagères.

J'attaque ferme.

- Mon collègue de F. me dit que vous voudriez vous marier... de préférence avec un garçon de notre ville.

- C'est exact, monsieur le pasteur. Il m'a suggéré de m'adresser à vous. Il m'a dit que vous étiez un conseiller matrimonial, un expert du mariage.

Elle se trémousse un peu, mal à l'aise, et me lâche naïvement la véritable raison de sa visite.

- Il m'a dit aussi que vous connaissiez beaucoup de jeunes gens d'un bon milieu et que, si vous étiez content de moi, vous m'en feriez connaître quelques-uns, au cours d'une fête de charité.

(Brave collègue de F. ! Il faudra que je pense à lui revaloir ça. Dès demain je vais me mettre en quête d'une bonne fille bien délurée pour la lui envoyer quelques jours, histoire qu'elle se refasse une santé à la campagne. Je lui demanderai de la loger. Le reste le regarde.)

- Mon collègue n'a pas exagéré. Il est vrai que j'ai fait plus de cent mariages. Si je comprends bien, Prudence, vous ne voulez pas épouser un garçon de la campagne ?

- Non, monsieur. Je voudrais vivre à la ville. Et pour cela...

- Pour cela, il vaut mieux épouser quelqu'un de la ville ! Cela va sans dire... Eh bien, je ne vois aucune raison de ne pas vous donner satisfaction. Je vais faire en sorte de vous trouver un bon mari... Un employé de banque, par exemple. J'ai en vue un garçon très sérieux qui rêve d'épouser une fille saine qui viendrait de la campagne.

- Oh, cela ferait tout à fait mon affaire ! Est-il bien de sa personne ?

- C'est un assez joli garçon. Mais avant de vous le présenter, il faut que je vous fasse subir quelques tests. Etes-vous disposée à les subir ?

- Je ferai tout ce qui sera possible pour vous satisfaire, monsieur.

- Ne vous avancez pas si vite. Je vais vous demander des choses qui vont peut-être offenser votre pudeur. Vous comprenez que, quand il s'agit de mariage, on n'est jamais assez prudent !

- Je comprends.

- Je vais donc opérer quelques constatations préalables. Restez assise, c'est moi qui vais venir à vous.

Je fais le tour du bureau, je prends une chaise, et je vais m'asseoir tout près d'elle. Nos genoux se touchent. Je lui prends les mains et je les lui pose sur les accoudoirs de son fauteuil.

- Vous garderez vos mains ici, quoi qu'il arrive. C'est bien compris ?

Elle fait oui de la tête, visiblement inquiète de ces préliminaires.

- Est-ce que des garçons vous ont déjà touché les seins, Prudence ?

Un flot de sang monte à ses joues et elle baisse le front pour fuir mon regard. Ses mains se sont crispées sur les accoudoirs du fauteuil. N'osant pas parler, elle fait signe que oui, de la tête.

- Les leur avez-vous montrés ?

Elle hésite longuement, puis, à nouveau, opine du bonnet. Ses oreilles sont écarlates.

- Expliquez-moi comment cela s'est passé. En quelques mots.

- A la fête du village... une fois... après le bal... j'avais un peu bu, j'avais chaud... mon cavalier m'a proposé d'aller prendre le frais dehors... et c'est là... dans une grange...

- Seulement les seins ?

- Oh oui, monsieur, je vous le jure. Et quelques baisers. Quand il a voulu aller plus loin, je ne me suis pas laissé faire !

- Eh bien, c'est parfait, ma chère Prudence. Voyez-vous, il faut que j'assure que vous avez une bonne poitrine, car le fiancé que je vous destine veut avoir des enfants et que sa femme soit en mesure de les allaiter. Si vous les avez déjà montrés à un garçon, ce ne sera donc pas une trop grande épreuve pour votre pudeur que de me laisser les examiner à mon tour.

Je m'attendais à des protestations effarouchées. Il n'en est rien. Mon collègue de F. aurait-il raison ? Peut-on vraiment lui faire " avaler n'importe quoi ? " Voilà que mon érection me reprend. Quant à elle, elle attend bien sagement, les mains sur les accoudoirs, les paupières baissées.

- Ce garçon que je vous destine, lui dis-je, est une véritable perle. Il est déjà le propriétaire d'une très jolie maison et il vient d'acheter une voiture neuve. Il n'attend plus qu'une jeune fille comme vous pour fonder une famille...

Tout en l'endormant ainsi de promesses, je déboutonne le premier bouton de son corsage. Elle tressaille à peine. Je continue. Quand sa robe est ouverte jusqu'à la ceinture, je lui dis :

- Vous n'avez qu'à imaginer que vous êtes chez le docteur.

Elle acquiesce d'un geste imperceptible. Je glisse mes mains sous sa robe et je la fais se pencher vers moi pour dégrafer son soutien-gorge dans son dos. Nos joues se frôlent. La sienne est brûlante. Le soutien-gorge dégrafé, elle se redresse. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre, j'ouvre sa robe et j'abaisse les bonnets. Ses seins jaillissent comme deux colombes avec leurs becs roses tendus. Ils sont superbes, gonflés de sève, en forme de poire, avec des pointes minuscules déjà toutes durcies par l'émotion.

- Et hop, dis-je, les voilà dehors, ces mignons. Vous avez vraiment une très jolie poitrine, Prudence, votre mari aura bien du bonheur à la caresser.

Elle bat des paupières. Je me penche pour bien les admirer. Comme elle se tient toute droite, le dos vertical, ses seins sont braqués devant elle avec une sorte d'effronterie qui ne laisse pas d'agir sur mes sens. Je trouve toujours très excitant de regarder les seins nus d'une femme encore habillée, de les voir surgir ainsi dans le désordre des vêtements, s'offrant à la vue et au toucher comme des fruits de chair qu'il n'y a plus qu'à cueillir. Cette Prudence a une nature très sensuelle car il suffit que je les regarde pour que leurs mamelons s'épanouissent à vue d'oeil.

- Nous allons passer à l'exercice suivant, lui dis-je. Vous me les avez montrés, maintenant je vais vous les toucher. Comme ce garçon, dans la grange... Et comme votre mari, au soir de vos noces.

- Mais...

- Pas de mais, Prudence ! (J'ai pris ma grosse voix.) Si vous voulez épouser ce garçon, il faut faire ce que je dis ! Je dois vérifier que vos seins sont d'une capacité suffisante pour nourrir vos bébés. Pour cela, je dois les palper !

Je les prends donc en mains sans qu'elle réagisse autrement que par un frisson. Quelles merveilles... suaves, tièdes, élastiques ! Je les pétris doucement, puis je les caresse sur toute leur longueur en resserrant mes doigts. Quand j'arrive aux pointes, je les saisis entre mes doigts et les pince délicatement. Prudence se laisse faire, toute frémissante, c'est à peine si elle ose respirer. Je sens ses genoux tressaillir nerveusement contre les miens chaque fois que je lui taquine les tétins.

Je m'amuse ainsi un bon moment, dans le plus grand silence. La coquine prend goût à la chose, cela se sent à l'alanguissement de son corps, à la façon dont elle se cambre chaque fois que je les reprends après les avoir lâchés un instant. Je la sens mûre ; je décide donc de pousser la chose plus avant.

- Les seins d'une femme ne servent pas qu'à nourrir ses enfants. Ils sont aussi là pour le plaisir du mari. Et pour le vôtre. Une femme éprouve toujours de l'excitation à les montrer et à se les faire caresser.

En lui disant cela, je lui titille les mamelons.

- Vous sentez comme ils deviennent durs, Prudence ? Comme ils grossissent ? Est-ce que vous auriez de vilaines pensées, par hasard ? Venez avec moi... nous allons étudier ça de plus près.

Je la conduis devant le miroir de la cheminée. Dès qu'elle s'y voit, dépoitraillée, elle pousse un cri et veut se couvrir. Je l'en empêche en lui tenant les mains. Je prends à nouveau ma grosse voix. Et face au miroir, l'obligeant à regarder ce que je lui fais, tout en lui parlant de son futur mari, je lui empoigne à nouveau les mamelles.

- Il vous le fera, lui, autant vous aguerrir tout de suite pour ne pas avoir l'air trop sotte ! A la ville, les hommes aiment bien jouer avec les seins de leurs femmes. C'est la faute de toutes ces publicités pour les dessous...

Je les soupèse, les secoue, les manipule, les agite, les pétris. C'est terriblement excitant de voir son visage écarlate et ses seins blancs dans le miroir. Elle respire de plus en plus vite. Je me colle à elle par-derrière. Ses fesses charnues accueillent mon érection.

- Oh, monsieur le pasteur...

- Votre mari aussi le fera... lui dis-je. Nous sommes à la ville, ici, pas à la campagne. Il faut vivre avec son temps.

La tenant par les seins, je la plaque contre moi. Je sens son derrière bouger. Je colle ma bouche à son oreille. Charmante oreille en forme de coquille marine. Je lui susurre :

- A la ville comme à la campagne, Prudence, quand un mari fait cela à sa femme, elle doit impérativement mouiller sa culotte. Sinon, c'est qu'elle n'est pas mûre pour le mariage. Est-ce que vous mouillez la vôtre, en ce moment ?

Elle ne répond pas. Sa bouche épaisse a pris un pli boudeur. Je tire sur les tétines roses, je les allonge, petites cornes de chair. Elle ferme les yeux, s'alanguit contre moi, me pousse les fesses contre le ventre. C'est trop pour une première fois ! En dépit de tous mes efforts pour le retenir, mon plaisir m'échappe, je lui pétris rageusement les nichons et, la serrant contre moi, j'éjacule dans mon caleçon. (Il faudra que je songe à le rincer tout à l'heure pour que Gertrude ne se rende compte de rien.)

Cela s'est fait si soudainement que je n'ai pu retenir un cri furieux.

- Vous êtes bien une petite femelle comme toutes les autres ! lui dis-je. Allez, mademoiselle, rhabillez-vous, l'exercice est terminé pour aujourd'hui ! Cachez donc votre poitrine, fille impudique. A-t-on idée de rester ainsi les nichons à l'air ! Interdite, au bord des larmes, elle se rhabille en toute hâte. Je la reconduis jusqu'à la porte sans un mot. Au moment d'ouvrir, je lui fixe un nouveau rendez-vous pour demain. Et je referme la porte derrière elle sans attendre même qu'elle m'ait répondu.

Si elle vient demain, après un tel début, c'est qu'elle est prête à tout pour se marier. En ce moment, j'en suis sûr, rien que l'idée la révolte. Mais la nuit porte conseil...

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Présente édition
Editions La Musardine, 25 août 2005, 699 pages

mardi, 01 février 2011

Le bal du diable - Nadine Monfils - 2008

nadine monfils, litterature belge, erotisme, libertinage, romans erotiques, romans pornographiques, romans libertins, le bal du diable, conte de fees, merveilleux, fantastiqueNina est une jeune femme avec tout l’avenir devant elle. Elle croque l’amour avec gourmandise n’hésitant pas à se laisser aller aux pires actes pour satisfaire ses envies. un jour pourtant tout va changer. Ses parents veulent qu’elle épouse quelqu’un, un vieux comte vivant dans un château. D’abord Nina se révolte, mais très vite, lorsqu’elle rencontre son promis, elle change d’avis et décide de se donner entièrement à lui. Elle ignore encore que ce comte n’est autre que le diable en personne et le château vers lequel il l’entraîne l’antichambre aux enfers. Nina va vite se rendre compte des dangers qu’elle encourt et doit coûte que coûte fuir les lieux. Mais alors qu’elle déambule dans ce vaste domaine elle découvre toute une population d’êtres, des nains, des fétichistes, des monstres, des personnages de cirque, des anges aux ailes de cuir... tous voués au plaisir charnel sous les ordres du comtes en personne. La fuite de Nina va se transformer en une véritable descente aux enfers du sexe...

Le bal du diable de l’écrivain belge Nadine Monfils est un superbe conte de fées évidemment, vous l’aurez compris, entièrement réservé à un public adulte. L’auteur recrée ici un univers merveilleux et surréaliste dans lequel se perd une jeune fille arrivant à vivre ses fantasmes les plus vénéneux. La littérature érotique a ses côtés positifs et souvent surtout ses côtés bien plus négatifs. Ici ce n’est guère le cas, et il faut dire que tout est assez réussi. Le conte fonctionne, l’histoire tient la route autour de personnages attachants et intrigants tout en donnant même un beau suspense qui tient jusqu’à la fin. Un certain humour est également omniprésent. L’auteur y joue de nombreux clichés et fantasmes, avec une imagination impressionnante.

Le bal du diable est un très beau roman du genre, un véritable conte de fées pour adultes. Bref, un texte à découvrir !

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Présente édition : Editions La Musardine, 18 novembre 2010, 186 pages

vendredi, 19 novembre 2010

Récits coquins des plaisirs défendus - Elisabeth Vanasse - 2008

bibliotheca recits coquins des plaisirs defendus.jpgRécits coquins des plaisirs défendus est un recueil de quinze nouvelles érotiques d’Elisabeth Vanasse dans lesquelles la narratrice, toujours une femme, expérimente une multitude de plaisirs quelque part entre libertinage et sentiments. On y découvre ainsi une femme qui décide de se rendre dans un sauna libertin, de participer à un jeu sexuel avec des inconnus,  de s’inscirire dans un club fermé un peu particulier, d’honorer un pari perdu par une fellation, d’avoir une relation avec un chauffeur de taxi, d’inviter à dîner un voisin qu’elle entend regarder des films pornographiques...
Bref plusieurs mises en situation dans lesquelles une femme ose franchir un pas et s’en félicite par après.

Il s’agît bien ici de porno, et que peu d’érotisme. Le style de l’auteur est cru et franc, ce qui est bien pour le genre, mais il manque toutefois quelque peu de finesse et de subtilité. Et l’écriture est trop simple pour présenter un réel intérêt littéraire. Quant au contenu des nouvelles les mises en situation sont bien trop classiques et tiennent le plus souvent du cliché surexploité. C’est fort machiste, mais l’on se rend vite compte que ce recueil est avant tout destiné à un public masculin.

Pour les amateurs du genre.

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Liste des nouvelles
:


- Dans une chambre
, au Sauna mixte
- Frédéric et moi
- L'entrevue
- Le vestiaire
- La randonnée pédestre
- Le taxi
- Le cunnilingus
- La séance de photos
- Adossés à une stèle
- Le poil de la petite bête
- La jouissance à un dollar
- J'ai fait la pute
- Le pari sportif
- Mon voisin
- La tartine

Extrait : premières lignes de Le Cunnilingus

"Je n'ai pas beaucoup d'expérience là-dedans", avait-il dit. Comme s'il s'agissait uniquement de l'avoir fait souvent. Il me semble que c'est le plaisir de lécher le sexe d'une femme qui est important. Non pas la technique !

Je me suis couchée sur le dos, les bras le long du corps, les jambes collées l'une sur l'autre, et je lui ai dit de s'approcher. Il n'avait qu'à relever la jupe, je ne portais pas de slip. C'était la même chose en ce qui concernait le haut : un simple débardeur, sans soutien-gorge.

Il s'est d'abord assis près de moi, mais il avait apporté sa bière, qu'il continuait de boire tranquillement, tout en me parlant du dernier film qu'il avait vu. Comme si je ne l'intéressais pas, comme si je n'étais qu'une oreille à ses déblatérations. Je le laissais aller à son rythme ; en fait, je crois que c'était cette façon que j'avais, pour la première fois, de m'en remettre à l'autre, de ne pas décider, de ne pas prendre les devants, qui m'excitait le plus.

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Présente édition
: Editions J’ai Lu, 11 septembre 2010, 124 pages

samedi, 05 septembre 2009

La foire aux cochons - Esparbec - 2003

bibliotheca la foire aux cochonsFleshtown est une grosse bourgade du Kansas qui , aux premiers abords, semble être des plus banales. Toutefois elle va être le théâtre d'événements hors du commun alors que s'annonce la foire des éleveurs de porcs, dite la foire aux cochons. Cela commence par deux dangereux pervers échappés du bagne, les frères Jack, qui y trouvent refuge le soir de la foire et vont notamment visiter la maison de la jeune et belle, mais tout aussi vicieuse et délurée, Darling ; pendant toute une longue nuit, elle va devenir la proie des deux forcenés. Mais heureusement le shérif Prentiss veille et la sauvera au matin. Dès le lendemain la vie continue. Darling tente de se remettre de son agression, le shérif Prentiss fait ses enquêtes de voisinage, notamment concernant un bar tenu par Sam, mari complaisant qui essaie de détourner la loi… en se servant de sa femme. D'autres personnages vont intervenir encore, tel Sigmund-de-Pigalle, musicien bossu, visite les femmes seules pour leur vendre des articles coquins en espérant quelque services de retour, et l'austère pasteur Bergman, déclare la guerre au vice, mais est-il réellement sincère... Et toutes ces histoires vont peu à peu s'entremêler...

La foire aux cochons de l'écrivain français Esparbec, de son vrai nom George Pailler, est un pur roman pornographique. Pour ceux que ce genre dérange : inutile d'aller plus loin !
Il s'agît toutefois d'un roman de genre quelque peu particulier en se voulant une satire de la vie d'une communauté d'américains moyens, dont on connaît si bien la vie par les nombreux feuilletons télévisés et films de cinéma. Le roman décrit en effet ces citoyens moyens, par une immense galerie de personnages haute en couleurs, en proie à leur fantasmes les plus pervers. C'est très scabreux, la morale en prend de nombreux coups par de très nombreux passages où tout ce que peut fournir ce genre y passe: relations multiples, incestueuses, nonconsentantes , entre mineurs... Et tout cela dans un rythme hallucinant qui ne laisse guère de répit. Dans tout ce déballage d'horreurs, un certain humour noir et glauque surnage pourtant et l'écriture d'Esparbec a pas mal de mérites.
On regrettera cependant le côté trop machiste voulu par l'auteur qui se dénote par la domination absolue mâle et la soumission définitive de la femme.
A noter que la plupart des personnages décrits dans ce roman interviennent aussi dans les romans La Pharmacienne (2003) et Les mains baladeuses (2004) du même auteur.

La foire aux cochons est un roman pornographique très hard, ainsi qu'une belle satire des moeurs américains, qui ne manque guère de qualités.

A réserver à un public adulte et amateur du genre.

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Extrait :

 

 


I. LES VISITEURS DU SOIR

Cette nuit-là, Darling était toute seule dans sa chambre. La maison était silencieuse, tous ses habitants étaient partis s’amuser à la foire. À l’occasion de cette foire – la foire des éleveurs de porcs – qui se tenait chaque année, de nombreux visiteurs envahissaient la ville, principalement des fermiers des environs, et l’on festoyait jusqu’au matin. En vain Darling avait-elle supplié son grand-père, Cornélius s’était montré intraitable.


« Les rues seront pleines de viande soûle... ce n’est pas la place d’une jeune fille... et puis, vous devez vous lever tôt, demain, pour aller au collège. »

Voilà pourquoi, alors que tout le monde s’amusait en ville, elle se passait du vernis à ongles dans sa chambre, en écoutant la radio.

Avant de partir, madame Lydia lui avait bien recommandé de n’ouvrir à personne.

« Tu sais ce que c’est... une jeune fille seule... avec tous ces voyous de la campagne qui traînent dans les rues... Il ne faudrait pas qu’il t’arrive ce qui est arrivé à Miss Laggerty. »

Deux ans auparavant, Miss Laggerty avait été violée par d’honorables commerçants de la ville qui avaient bu un coup de trop, à l’occasion de la foire, justement. L’affaire avait été étouffée... Mais Miss Laggerty ne s’en était jamais remise. Elle avait très mal tourné.

Avec un soupir, Darling reboucha son flacon de vernis et agita ses doigts pour les faire sécher. Elle pensait à Miss Laggerty. Elle y pensait si bien que les paroles du speaker ne parvinrent pas tout de suite à son esprit :

« Les deux hommes sont armés », disait le speaker, d’une voix haletante. « Nous répétons : ils sont armés. Il s’agit de deux dangereux psychopathes. Jack Beans et Jack Pimms ont à leur actif plus de trente agressions à main armée suivies de viols. »

Le mot « viol « fit tressaillir Darling. Elle tourna le bouton de la radio pour la mettre plus fort.

« Condamnés à la réclusion perpétuelle », poursuivit le speaker, « les deux Jack purgeaient leur peine au pénitencier de Carson City. Ils se sont évadés la nuit dernière après avoir désarmé  deux gardiens. Ils auraient été signalés à bord d’une voiture volée, dans la vallée de la Meriwether, à quelques miles de notre ville... » 

La voix pompeuse du speaker avait pris une intonation dramatique.

« À l’occasion de la foire des éleveurs de porcs, de nombreux visiteurs affluent dans les rues de notre ville. Il serait très facile pour les deux évadés de se dissimuler dans la foule... »

Pendant qu’il recommandait aux femmes seules de ne pas ouvrir à des inconnus, la jeune fille, prise d’une soudaine inquiétude, alla jusqu’à la fenêtre de sa chambre et souleva prudemment le rideau. La voiture était toujours là, arrêtée devant le portail du jardin, presque cachée par le feuillage retombant de la glycine. Une vieille Pontiac des années cinquante, toute cabossée. Elle était là depuis le crépuscule.

« Sans doute un fermier des environs, en train de faire une partie de billard chez Sam », se rassura Darling.

Se grattant le derrière, elle contempla un moment l’enseigne rouge du bar d’en face qui clignotait dans la rue déserte, puis revint vers son lit en dénouant son peignoir. Sur la table de nuit, le transistor continuait ses jérémiades :

« Deux dangereux repris de justice... s’attaquant aux femmes seules dans des maisons isolées... raffinements de violence d’un sadisme abject... le plus redoutable des deux, Ptit Jack, a gagné le sobriquet de “L’orphelin” au pénitencier d’État, à cause de sa voix geignarde et de ses plaintes perpétuelles. Il se pose volontiers en victime de l’injustice sociale... »


Agacée, la jeune fille changea de poste. Un programme de musique folk remplaça le monologue du speaker. Mais les deux évadés refusaient de sortir de son esprit. Plus de trente viols ! Avec un frisson, elle retourna l’édredon et entra dans son lit. Tout de suite, elle tira le drap par-dessus sa tête et se recroquevilla, ainsi qu’elle faisait quand elle était toute petite... pour se masturber. Elle n’entendait presque plus le murmure de la radio, mais l’épaisseur de l’édredon ne pouvait pas la protéger contre ses propres pensées. Sans cesse, elles revenaient sur cette voiture  inconnue garée devant la maison. Et sur les deux évadés...

Darling avait toujours aimé se faire peur, avant de s’endormir. Cela l’excitait. Quand elle s’était bien effrayée en imaginant que des hommes entraient dans sa chambre et glissaient leurs mains sous le drap pour toucher son corps, elle se masturbait longuement, délicieusement, en se disant des gros mots.

Ce soir, pas besoin de recourir à ce fantasme. Elle avait vraiment peur. La maison était en travaux, sa toiture était ouverte à tous les vents, rien de plus facile que de s’y introduire.

Comme il pleuvait dans les chambres, Cornélius, malgré son avarice, s’était résigné à faire refaire la  toiture. Des échafaudages entouraient le bâtiment. Et comme les couvreurs n’avaient pas encore remplacé les tuiles fêlées qu’ils avaient retirées, une partie du toit était à ciel ouvert, provisoirement protégée de la pluie par des bâches. Il suffisait de redresser une des échelles qui traînaient dans le jardin, et le tour était joué.

Secouée de frissons, Darling, sous le drap, retroussa sa chemise de nuit et écarta les cuisses. Pour chasser ces pensées lugubres, elle ne connaissait qu’un remède. Après avoir sucé le bout de son index pour le mouiller, elle fouilla dans les poils de son sexe. Son clitoris était déjà sorti. D’un petit tapotement régulier elle commença à se masturber. Quand elle aurait joui, elle le savait, elle aurait tout juste la force d’éteindre la radio, et le sommeil l’emporterait au pays des cauchemars...

 

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Voir également :
- Les mains baladeuses - Esparbec (2004), présentation et extrait

11:06 Écrit par Marc dans Esparbec | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erotisme, pornographie, esparbec, romans erotiques, romans pornographiques, litterature francaise | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

samedi, 24 janvier 2009

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle - Etienne Liebig - 2006

bibliotheca comment draguer la catholique sur les chemins de compostelle

Le narrateur, dragueur invétéré et prédateur sexuel sans scrupules, n'a pour unique but dans la vie d'allonger à l'infini la liste de ses conquêtes féminines. Il pousse le vice au point de faire des conquêtes thématiques tel que c'est le cas ici où sur un cours trajet du pèlerinage de Compostelle, en partant de Vézelay en Bourgogne, il espère se faire le plus de catholiques possibles, mais aussi de tout type: les cathos de gauche, les cathos bourgeois (de droite donc), les intégristes et ce vaste fourre-tout des cathos gentils où l'on retrouve notamment les cathos de hasard. Un vaste programme donc pour le narrateur, qui appuyé sur son bâton de pèlerin, devra mettre en œuvre mille et une ruses afin d'arriver à son but.
Mais les voies vers le Seigneur sont parfois plus complexes qu'il n'y paraît, et le narrateur risque de s'y perdre et de se faire prendre irrémédiablement à son propre jeu.

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle de l'écrivain français Etienne Liebig, roman érotique et pornographique, est avant tout un roman caricatural plein d'humour et finalement doté de bien plus de sensibilité, et même de morale, qu'il n'y paraître au début. Dès les premières pages l'humour prend le dessus, on rit à toute page, le texte est jouissif, splendidement athée et très provocateur. Les aventures de ce pèlerin prédateur, prêt à n'importe quel mensonge ou subterfuge, même les plus gros et invraisemblables, sont irrésistibles de par leur humour et leur inventivité. Les scènes érotiques, malgré les règles du genre auquel ce roman appartient, ne sont finalement que secondaires, même si bien réussies, tout le poids étant mis sur la caricature. Au bout d'un moment le narrateur semble aller trop loin, et c'est pour l'auteur l'occasion de récupérer l'histoire pour porter critique, non lus à ces pauvres cathos, mais au narrateur lui-même, cet être sans cœur qui se fera prendre lui-même au dangereux jeu de l'amour. Le style d'écriture est vif et entraînant. L'auteur brille par son humour (lire notamment les appendices où l'on retrouve un beau glossaire sexuel de termes religieux), mais aussi par sa critique. De nombreux détails, religieux et autres, démontrent de plus une belle documentation. Ce roman érotique presque perfait souffre toutefois d'un certain essoufflement en seconde partie, certaines scènes étant un peu répétitives.

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle est un roman hilarant et furieusement libertaire.

Un roman à découvrir!

Que les bien-pensants s'en tiennent toutefois éloignés, certains éléments du récit pourraient les choquer !

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Extrait :

Il est midi, le car pour La Charité-sur-Loire part dans vingt minutes, je n'ai que le temps de redescen­dre vers le centre-ville. Je l'ai joué fine, je pense, et je ris sous cape en accélérant l'allure. Tôt ou tard, les femmes finiront par sortir de sous les pèlerines, si j'ose dire, et si ce n'est la blonde, ce sera la brune qui me tombera dans les bras. Sans compter l'épouse du principal, Béatrice, qui m'a l'air toute disposée à me délivrer les derniers sacrements.

Je parie que dans trois jours, quand je les retrou­verai, la chaleur, la fatigue et les dissensions internes auront eu raison du groupe. On ne traite pas le sexe faible ainsi, à lui faire marcher dix heures de rang en parlant de bondieuseries. Tôt ou tard, elles redevien­dront des êtres humains.

Le car est là, qui m'attend. Je m'installe confor­tablement et jette un dernier coup d'œil à la colline sacrée. La première partie de mon plan n'a pas trop mal marché mais je suis un peu déçu de ne pas avoir eu plus de choix. Il est vrai que ce n'est pas la saison idéale, les véritables pèlerins s'arrangeant pour arriver à Compostelle pour la fête de saint Jacques, le 25 juillet. Ils démarrent donc à partir de mai.

Tant pis. Ces trois-là feront l'affaire, bien obligé. Elles ne sont pas très jolies, mais j'ai senti en elles un vrai potentiel. Ceci étant, cathos intégristes ou cathos de gauche ? Je dirais plutôt de gauche, encore que je conçoive assez mal un proctologue de gauche. Mais enfin, la gauche chez les cathos n'est pas la même gauche qu'à l'Assemblée nationale : elle n'est ni traversée par les courants, ni minée par les ambitions, c'est une gauche engagée et généreuse façon Emmanuel Mounier revisité par Télérama. Et dire que tout ce petit monde est en train de se carapater sous la bruine pendant que je me prélasse en autocar !

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dimanche, 14 décembre 2008

L'attendrisseur - Jacques Serguine - 2007

bibliotheca l attendrisseur

L'été, au bord de la mer les villas sont fraîches et brûlantes. Pour que la petite fille de la voisine, colérique et intenable, se tienne tranquille, "l'attendrisseur" propose un pacte à la mère dépassée: il représentera l'autorité paternelle et viendra régulièrement lui administrer des fessées. Mais, par pur souci d'équité, la mère devra systématiquement subir le même châtiment... Recevoir ou donner des fessées, nombreuses seront celles intrigués par cette pratique au cours de ce chaud été.

L'attendrisseur est le deuxième volet d'une histoire faisant suite à L'Été des jeunes filles, publié en 2005. L'écrivain et essayiste français continue de façon romancée ce qu'il avait débuté avec son essai fétichiste L'éloge de la fessée datant de 1973.
Il est difficile à croire qu'un livre sur la fessée puisse maintenir l'attention du lecteur d'un bout à l'autre, et effectivement ce n'est pas le cas. Le lecteur n'en retiendra qu'un roman érotique un peu long aux scènes répétitives. L'auteur accumule en effet des scènes d'amours féminins, essentellement homosexuels, autour de la seule fessée sans réussir à réellement développer quoi que ce soit De plus le montage du récit est assez confus et le style d'écriture, pourtant brillant par moments, s'avère vite très lourd.

Roman érotique et fétichiste autour de la fessée, L'attendrisseur de Jacques Serguine ne réussit hélas guère à séduire.

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mardi, 18 novembre 2008

Aphrodite, mœurs antiques - Pierre Louÿs - 1896

aphrodite

Alexandrie, premier siècle avant Jésus-Christ, théâtre en pleine activité où les courtisanes tiennent leur place auprès des riches négociants et hommes politiques dans le temple de la déesse de l'amour dont l'autel est visité par hommes et femmes, jusqu'à la reine Bérénice qui a prêté son corps pour servir de modèle au sculpteur Démétrios pour qu'il sculpte à son image la statue d'Aphrodite placée au centre du sanctuaire dédié à l'amour. Démétrios, par sa beauté et prestance, est l'objet d'un véritable culte parmi les femmes d'Alexandrie, mais lui ne s'intéresse qu'à son œuvre. Sa maîtresse actuelle, la reine elle-même, n'a guère plus de valeur pour lui. Les femmes succombent si facilement à ses charmes qu'elles ne présentent guère de défi pour lui. Toutes, sauf une : Chrysis, une courtisane belle comme Aphrodite qui rêve d'amours extraordinaires, mais, faute d'un dieu, se donne à tous, sauf à Démétrios qui tombe éperdument amoureux d'elle. Chrysis afin de se donner à lui, va exiger de sa part de voler et de commettre un meurtre pour lui procurer trois objets qui paieront ses charmes : un peigne, un miroir et le collier d'Aphrodite. Quel plus grande preuve d'amour que d'aller jusqu'au crime pour sa bien-aimée...

Aphrodite, mœurs antiques est le premier véritable de l'écrivain français Pierre Louÿs et connut dès sa sortie en 1876 un immense succès populaire, principalement dû aux nombreuses scènes libertines et érotiques qui émaillent le roman. Ce genre de contenu était encore très rare à l'époque. Le roman recrée la vie de l'Antiquité, et surtout de ses mœurs, tels qu'elle était vue au XIXème siècle: les aventures, l'esthétique, l'érotisme, etc. dans une tragédie digne des plus grandes du genre. Par son personnage principal, courtisane et fière de l'être, on sent également un certain sens de la provocation de l'auteur qui comme il le dit lui-même : Courtisane, elle le sera avec la franchise, l'ardeur et aussi la fierté de tout être humain qui a vocation et qui tient dans la société une place librement choisie ; elle aura l'ambition de s'élever au plus haut point ; elle n'imaginera même pas que sa vie ait besoin d'excuse ou de mystère.

Si certains éléments du roman ont fortement vieillis, Aphrodite, mœurs antiques de Pierre Louÿs n'en reste pas moins un excellent exemple de la littérature libertine qui émergea à la fin du XIXème siècle.

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Extraits : les deux premiers chapitres


Chapitre I : Chrysis


Couchée sur la poitrine, les coudes en avant, les jambes écartées et la joue dans la main, elle piquait de petits trous symétriques dans un oreiller de lin vert, avec une longue épingle d'or.

Depuis qu'elle était éveillée, deux heures après le milieu du jour, et toute lasse d'avoir trop dormi, elle était restée seule sur le lit en désordre, couverte seulement d'un côté par un vaste flot de cheveux.

Cette chevelure était éclatante et profonde, douce comme une fourrure, plus longue qu'une aile, souple, innombrable, animée, pleine de chaleur. Elle couvrait la moitié du dos, s'étendait sous le ventre nu, brillait encore auprès des genoux, en boucle épaisse et arrondie. La jeune femme était enroulée dans cette toison précieuse, dont les reflets mordorés étaient presque métalliques et l'avaient fait nommer Chrysis par les courtisanes d'Alexandrie.

Ce n'étaient pas les cheveux lisses des Syriaques de la cour, ni les cheveux teints des Asiatiques, ni les cheveux bruns et noirs des filles d'Égypte. C'étaient ceux d'une race aryenne, des Galiléennes d'au delà des sables.


Chrysis. Elle aimait ce nom-là. Les jeunes gens qui venaient la voir l'appelaient Chrysé comme Aphrodite, dans les vers qu'ils mettaient à sa porte, avec des guirlandes de roses, le matin. Elle ne croyait pas à Aphrodite, mais elle aimait qu'on lui comparât la déesse, et elle allait quelquefois au temple, pour lui donner, comme à une amie, des boîtes de parfums et des voiles bleus.


Elle était née sur les bords du lac de Génézareth, dans un pays d'ombre et de soleil, envahi par les lauriers roses. Sa mère allait attendre le soir, sur la route d'Iérouschalaïm, les voyageurs et les marchands, et se donnait à eux dans l'herbe, au milieu du silence champêtre. C'était une femme très aimée en Galilée. Les prêtres ne se détournaient pas de sa porte, car elle était charitable et pieuse ; les agneaux du sacrifice étaient toujours payés par elle ; la bénédiction de l'Éternel s'étendait sur sa maison. Or, quand elle devint enceinte, comme sa grossesse était un scandale (car elle n'avait point de mari), un homme, qui était célèbre pour avoir le don de prophétie, dit qu'elle donnerait naissance à une fille qui porterait un jour autour de son cou « la richesse et la foi d'un peuple ». Elle ne comprit pas bien comment cela se pourrait, mais elle nomma l'enfant Sarah, c'est-à-dire PRINCESSE, en hébreu. Et cela fit taire les médisances.

Chrysis avait toujours ignoré cela, le devin ayant dit à sa mère combien il est dangereux de révéler aux gens les prophéties dont ils sont l'objet. Elle ne savait rien de son avenir. C'est pourquoi elle y pensait souvent.

Elle se rappelait peu son enfance, et n'aimait pas à en parler. Le seul sentiment très net qui lui en fût resté, c'était l'effroi et l'ennui que lui causait chaque jour la surveillance anxieuse de sa mère qui, l'heure étant venue de sortir sur la route, l'enfermait seule dans leur chambre pour d'interminables heures. Elle se rappelait aussi la fenêtre ronde par où elle voyait les eaux du lac, les champs bleuâtres, le ciel transparent, l'air léger du pays de Gâlil. La maison était environnée de lins roses et de tamaris. Des câpriers épineux dressaient au hasard leurs têtes vertes sur la brume fine des graminées. Les petites filles se baignaient dans un ruisseau limpide où l'on trouvait des coquillages rouges sous des touffes de lauriers en fleur ; et il y avait des fleurs sur l'eau et des fleurs dans toute la prairie et de grands lys sur les montagnes.


Elle avait douze ans quand elle s'échappa pour suivre une troupe de jeunes cavaliers qui allaient à Tyr comme vendeurs d'ivoire et qu'elle aborda devant une citerne. Ils paraient des chevaux à longue queue avec des houppes bigarrées. Elle se rappelait bien comment ils l'enlevèrent, pâle de joie, sur leurs moutures, et comment ils s'arrêtèrent une seconde fois pendant la nuit, une nuit si claire qu'on ne voyait pas une étoile.

L'entrée à Tyr, elle ne l'avait pas oubliée non plus : elle, en tête, sur les paniers d'un cheval de somme, se tenant du poing à la crinière, et laissant pendre orgueilleusement ses mollets nus, pour montrer aux femmes de la ville qu'elle avait du sang le long des jambes. Le soir même, on partait pour l'Égypte. Elle suivit les vendeurs d'ivoire jusqu'au marché d'Alexandrie.

Et c'était là, dans une petite maison blanche à terrasse et à colonnettes, qu'ils l'avaient laissée deux mois après, avec son miroir de bronze, des tapis, des coussins neufs, et une belle esclave hindoue qui savait coiffer les courtisanes. D'autres étaient venus le soir de leur départ, et d'autres le lendemain.


Comme elle habitait le quartier de l'extrême Est où les jeunes Grecs de Brouchion dédaignaient de fréquenter, elle ne connut longtemps, comme sa mère, que des voyageurs et des marchands. Elle ne revoyait pas ses amants passagers ; elle savait se plaire à eux et les quitter vite avant de les aimer. Pourtant elle avait inspiré des passions interminables. On avait vu des maîtres de caravanes vendre à vil prix leurs marchandises afin de rester où elle était et se ruiner en quelques nuits. Avec la fortune de ces hommes, elle s'était acheté des bijoux, des coussins de lit, des parfums rares, des robes à fleurs et quatre esclaves.

Elle était arrivée à comprendre beaucoup de langues étrangères, et connaissait des contes de tous les pays. Des Assyriens lui avaient dit les amours de Douzi et d'Ischtar ; des Phéniciens celles d'Aschthoreth et d'Adôni. Des filles grecques des îles lui avaient conté la légende d'Iphis en lui apprenant d'étranges caresses qui l'avaient surprise d'abord, mais ensuite charmée à ce point qu'elle ne pouvait plus s'en passer tout un jour. Elle savait aussi les amours d'Atalante et comment, à leur exemple, des joueuses de flûte encore vierges épuisent les hommes les plus robustes. Enfin son esclave hindoue, patiemment, pendant sept années, lui avait enseigné jusqu'aux derniers détails l'art complexe et voluptueux des courtisanes de Palibothra.

Car l'amour est un art, comme la musique. Il donne des émotions du même ordre, aussi délicates, aussi vibrantes, parfois peut-être plus intenses ; et Chrysis, qui en connaissait tous les rhythmes et toutes les subtilités, s'estimait, avec raison, plus grande artiste que Plango elle-même, qui était pourtant musicienne du temple.

Sept ans elle vécut ainsi, sans rêver une vie plus heureuse ni plus diverse que la sienne. Mais peu avant sa vingtième année, quand de jeune fille elle devint femme et vit s'effiler sous les seins le premier pli charmant de la maturité qui va naître, il lui vint tout à coup des ambitions.

Et un matin, comme elle se réveillait deux heures après le milieu du jour, toute lasse d'avoir trop dormi, elle se retourna sur la poitrine à travers le lit, écarta les pieds, mit sa joue dans sa main, et avec une longue épingle d'or perça de petits trous symétriques son oreiller de lin vert.


Elle réfléchissait profondément.

Ce furent d'abord quatre petits points qui faisaient un carré, et un point au milieu. Puis quatre autres points pour faire un carré plus grand. Puis elle essaya de faire un cercle... Mais c'était un peu difficile. Alors, elle piqua des points au hasard et commença à crier :

« Djala ! Djala ! »

Djala, c'était son esclave hindoue, qui s'appelait Djalantachtchandratchapalâ, ce qui veut dire : « Mobile-comme-l'image-de-la-lune-sur-l'eau. » — Chrysis était trop paresseuse pour dire le nom tout entier.

L'esclave entra et se tint près de la porte, sans la fermer tout à fait.

« Djala, qui est venu hier ?

— Est-ce que tu ne le sais pas ?

— Non, je ne l'ai pas regardé. Il était bien ? Je crois que j'ai dormi tout le temps ; j'étais fatiguée. Je ne me souviens plus de rien. A quelle heure est-il parti ? Ce matin de bonne heure ?

— Au lever du soleil, il a dit...

— Qu'est-ce qu'il a laissé ? Est-ce beaucoup ? Non, ne me le dis pas. Cela m'est égal. Qu'est-ce qu'il a dit ? Il n'est venu personne depuis son départ ? Est-ce qu'il reviendra ? donne-moi mes bracelets. »

L'esclave apporta un coffret, mais Chrysis ne le regarda point, et levant son bras si haut qu'elle put :

« Ah ! Djala, dit-elle, ah ! Djala !... je voudrais des aventures extraordinaires.

— Tout est extraordinaire, dit Djala, ou rien. Les jours se ressemblent.

— Mais non. Autrefois, ce n'était pas ainsi. Dans tous les pays du monde, les dieux sont descendus sur la terre et ont aimé des femmes mortelles. Ah ! sur quels lits faut-il les attendre, dans quelles forêts faut-il les chercher, ceux qui sont un peu plus que des hommes ? Quelles prières faut-il dire pour qu'ils viennent, ceux qui m'apprendront quelque chose ou qui me feront tout oublier ? Et si les dieux ne veulent plus descendre, s'ils sont morts, ou s'ils sont trop vieux, Djala, mourrai-je aussi sans avoir vu un homme qui mette dans ma vie des événements tragiques ? »

Elle se retourna sur le dos et tordit ses doigts les uns sur les autres.

« Si quelqu'un m'adorait, il me semble que j'aurais tant de joie à le faire souffrir jusqu'à ce qu'il en meure ! Ceux qui viennent chez moi ne sont pas dignes de pleurer. Et puis, c'est ma faute, aussi : c'est moi qui les appelle, comment m'aimeraient-ils ?

— Quel bracelet, aujourd'hui ?

— Je les mettrai tous. Mais laisse-moi. Je n'ai besoin de personne. Va sur les marches de la porte, et si quelqu'un vient, dis que je suis avec mon amant, un esclave noir, que je paie... Va.

— Tu ne sortiras pas ?

— Si. Je sortirai seule. Je m'habillerai seule. Je ne rentrerai pas. Va-t'en. Va-t'en ! »

Elle laissa tomber une jambe sur le tapis et s'étira jusqu'à se lever. Djala était doucement sortie.


Elle marcha très lentement par la chambre, les mains croisées autour de la nuque, toute à la volupté d'appliquer sur les dalles ses pieds nus où la sueur se glaçait. Puis elle entra dans son bain.

Se regarder à travers l'eau était pour elle une jouissance. Elle se voyait comme une grande coquille de nacre ouverte sur un rocher. Sa peau devenait unie et parfaite ; les lignes de ses jambes s'allongeaient dans une lumière bleue ; toute sa taille était plus souple ; elle ne reconnaissait plus ses mains. L'aisance de son corps était telle qu'elle se soulevait sur deux doigts, se laissant flotter un peu et retomber mollement sur le marbre sous un remous léger qui heurtait son menton. L'eau pénétrait dans ses oreilles avec l'agacement d'un baiser.

L'heure du bain était celle où Chrysis commençait à s'adorer. Toutes les parties de son corps devenaient l'une après l'autre l'objet d'une admiration tendre et le motif d'une caresse. Avec ses cheveux et ses seins, elle faisait mille jeux charmants. Parfois même, elle accordait à ses perpétuels désirs une complaisance plus efficace, et nul lieu de repos ne s'offrait aussi bien à la lenteur minutieuse de ce soulagement délicat.


Le jour finissait : elle se dressa dans la piscine, sortit de l'eau et marcha vers la porte. La marque de ses pieds brillait sur la pierre. Chancelante, et comme épuisée, elle ouvrit la porte toute grande et s'arrêta, le bras allongé sur le loquet, puis rentra et, près de son lit, debout et mouillée, dit à l'esclave :


« Essuie-moi. »


La Malabaraise prit une large éponge à la main, et la passa dans les doux cheveux d'or de Chrysis, tout chargés d'eau et qui ruisselaient en arrière ; elle les sécha, les éparpilla, les agita moelleusement, et plongeant l'éponge dans une jarre d'huile, elle en caressa jusqu'au cou sa maîtresse avant de la frotter avec une étoffe rugueuse qui fit rougir sa peau assouplie.

Chrysis s'enfonça en frissonnant dans la fraîcheur d'un siège de marbre et murmura :


« Coiffe-moi. »


Dans le rayon horizontal du soir, la chevelure encore humide et lourde brillait comme une averse illuminée de soleil. L'esclave la prit à poignée et la tordit. Elle la fit tourner sur elle-même, telle un gros serpent de métal que trouaient comme des flèches les droites épingles d'or, et elle enroula tout autour une bandelette verte trois fois croisée afin d'en exalter les reflets par la soie. Chrysis tenait, loin d'elle, un miroir de cuivre poli. Elle regardait distraitement les mains obscures de l'esclave se mouvoir dans les cheveux profonds, arrondir les touffes, rentrer les mèches folles et sculpter la chevelure comme un rhyton d'argile torse. Quand tout fut accompli, Djala se mit à genoux devant sa maîtresse et rasa de près son pubis renflé, afin que la jeune fille eût, aux yeux de ses amants, toute la nudité d'une statue.

Chrysis devint plus grave et dit à voix basse :


« Farde-moi. »


Une petite boîte de bois rose, qui venait de l'île Dioscoride, contenait des fards de toutes les couleurs. Avec un pinceau de poils de chameau, l'esclave prit un peu d'une pâte noire, qu'elle déposa sur les beaux cils courbes et longs, pour que les yeux parussent plus bleus. Au crayon deux traits décidés les allongèrent, les amollirent ; une poudre bleuâtre plomba les paupières ; deux taches de vermillon vif accentuèrent les coins des larmes. Il fallait, pour fixer les fards, oindre de cérat frais le visage et la poitrine : avec une plume à barbes douces qu'elle trempa dans la céruse, Djala peignit des traînées blanches le long des bras et sur le cou ; avec un petit pinceau gonflé de carmin, elle ensanglanta la bouche et toucha les pointes des seins ; ses doigts, qui avaient étalé sur les joues un nuage léger de poudre rouge, marquèrent à la hauteur des flancs les trois plis profonds de la taille, et dans la croupe arrondie deux fossettes parfois mouvantes ; puis avec un tampon de cuir fardé elle colora vaguement les coudes et aviva les dix ongles. La toilette était finie.

Alors Chrysis se mit à sourire et dit à l'Hindoue :


« Chante-moi. »


Elle se tenait assise et cambrée dans son fauteuil de marbre. Ses épingles faisaient un rayonnement d'or derrière sa face. Ses mains appliquées sur sa gorge espaçaient entre les épaules le collier rouge de ses ongles peints, et ses pieds blancs étaient réunis sur la pierre.

Djala, accroupie près du mur, se souvint des chants d'amour de l'Inde :


« Chrysis... »


Elle chantait d'une voix monotone.

« Chrysis, tes cheveux sont comme un essaim d'abeilles suspendu le long d'un arbre. Le vent chaud du sud les pénètre, avec la rosée des luttes de l'amour et l'humide parfum des fleurs de la nuit. »

La jeune fille alterna, d'une voix plus douce et lente :

« Mes cheveux sont comme une rivière infinie dans la plaine, où le soir enflammé s'écoule. »

Et elles chantèrent l'une après l'autre.

*

« Tes yeux sont comme des lys d'eau bleus sans tiges, immobiles sur des étangs.

— Mes yeux sont à l'ombre de mes cils comme des lacs profonds sous des branches noires.

*

— Tes lèvres sont deux fleurs délicates où est tombé le sang d'une biche.

— Mes lèvres sont les bords d'une blessure brûlante.

*

— Ta langue est le poignard sanglant qui a fait la blessure de ta bouche.

— Ma langue est incrustée de pierres précieuses. Elle est rouge de mirer mes lèvres.

*

— Tes bras sont arrondis comme deux défenses d'ivoire, et tes aisselles sont deux bouches.

— Mes bras sont allongés comme deux tiges de lys, d'où se penchent mes doigts comme cinq pétales.

*

— Tes cuisses sont deux trompes d'éléphants blancs, qui portent les pieds comme deux fleurs rouges.

— Mes pieds sont deux feuilles de nénufar sur l'eau ; mes cuisses sont deux boutons de nénufar gonflés.

*

— Tes seins sont deux boucliers d'argent dont les pointes ont trempé dans le sang.

— Mes mamelles sont la lune et le reflet de la lune dans l'eau.

*

— Ton nombril est un puits profond dans un désert de sable rosé, et ton bas-ventre un jeune chevreau couché sur le sein de sa mère.

— Mon nombril est une perle ronde sur une coupe renversée, et mon giron est le croissant clair de Phœbé sous les forêts. »

*

II se fit un silence. — L'esclave éleva les mains et se courba.

La courtisane poursuivit :

« ELLE est comme une fleur de pourpre, pleine de miel et de parfums.

« Elle est comme une hydre de mer, vivante et molle, ouverte la nuit.

« Elle est la grotte humide, le gîte toujours chaud, l'Asile, où l'homme se repose de marcher à la mort. »


La prosternée murmura très bas :

« Elle est effrayante. C'est la face de Méduse. »

* * *

Chrysis posa son pied sur la nuque de l'esclave et dit en tremblant :

« Djala... »


Peu à peu la nuit était venue ; mais la lune était si lumineuse que la chambre s'emplissait de clarté bleue.

Chrysis nue regardait son corps où les reflets étaient immobiles et d'où les ombres tombaient très noires.


Elle se leva brusquement :

« Djala, cesse, à quoi pensons-nous ! Il fait nuit, je ne suis pas sortie encore. Il n'y aura plus sur l'heptastade que des matelots endormis. Dis-moi, Djala, je suis belle ?

» Dis-moi, Djala, je suis plus belle que jamais, cette nuit ? Je suis la plus belle des femmes d'Alexandrie, tu le sais ? N'est-ce pas qu'il me suivra comme un chien, celui qui passera tout à l'heure dans le regard oblique de mes yeux ? N'est-ce pas que j'en ferai ce qu'il me plaira, un esclave si c'est mon caprice, et que je puis attendre du premier venu la plus servïle obéissance ? Habille-moi, Djala. »

Autour de ses bras, deux serpents d'argent s'enroulèrent. A ses pieds, on fixa des semelles de sandales qui s'attachaient à ses jambes brunes par des lanières de cuir croisées. Elle boucla elle-même sous son ventre chaud une ceinture de jeune fille qui du haut des reins s'inclinait en suivant la ligne creuse des aines ; à ses oreilles elle passa de grands anneaux circulaires, à ses doigts des bagues et des sceaux, à son cou trois colliers de phallos d'or ciselés à Paphos par les hiérodoules.

Elle se regarda quelque temps, ainsi nue entre ses bijoux ; puis tirant du coffre où elle l'avait pliée une vaste étoffe transparente de lin jaune, elle la fit tourner tout autour d'elle et jusqu'à terre s'en drapa. Des plis diagonaux sillonnaient le peu qu'on voyait de son corps à travers le tissu léger ; un de ses coudes saillait sous la tunique serrée, et l'autre bras, qu'elle avait laissé nu, portait relevée la longue queue, afin d'éviter qu'elle traînât dans la poussière.

Elle prit à la main son éventail de plumes, et sortit nonchalamment.


Debout sur les marches du seuil, la main appuyée au mur blanc, Djala seule regarda la courtisane s'éloigner.

Elle marchait lentement, le long des maisons, dans la rue déserte où tombait le clair de lune. Une petite ombre mobile palpitait derrière ses pas.



Chapitre II : Sur la jetée d'Alexandrie


Sur la jetée d'Alexandrie, une chanteuse debout chantait. A ses côtés, étaient deux joueuses de flûte, assises sur le parapet blanc.

1

Les satyres ont poursuivi dans les bois
Les pieds légers des oréades.
Ils ont chassé les nymphes sur les montagnes,
Effarouché leurs sombres yeux,
Saisi leurs chevelures comme des ailes,
Pris leurs seins de vierge à la course,
Et courbé leurs torses chauds à la renverse
Sur la mousse verte humectée,
Et les beaux corps, les beaux corps demi-divins
S'étiraient avec la souffrance...
Erôs fait crier sur vos lèvres, ô femmes
Le Désir douloureux et doux.

* * *

Les joueuses de flûte répétèrent :

« Erôs !

— Erôs ! »

et gémirent dans leurs doubles roseaux.

2

Cybèle a poursuivi à travers la plaine
Attys, beau comme l'Apollon.
Erôs l'avait frappée au coeur, et pour lui,
O totoï ! mais non lui pour elle,
Pour être aimée, dieu cruel, mauvais Erôs,
Tu n'as de secret que la haine...
A travers les prés, les vastes champs lointains,
La Cybèle a chassé l'Attys
Et parce qu'elle adorait le dédaigneux,
Elle a fait entrer dans ses veines
Le grand souffle froid, le souffle de la mort.
O Désir douloureux et doux !

* * *

« Erôs !

— Erôs ! »

Des cris aigus issirent des flûtes.

3

Le Chèvre-Pieds a poursuivi jusqu'au fleuve
La Syrinx, fille de la source.
Le pâle Erôs qui aime le goût des larmes
La baisait au vol, joue à joue ;
Et l'ombre frêle de la vierge noyée
A frémi, roseaux, sur les eaux ;
Mais Erôs possède le monde et les dieux,
II possède même la mort.
Sur la tombe aquatique il cueillit pour nous
Tous les joncs, et d'eux fit la flûte...
C'est une âme morte qui pleure ici, femmes,
Le Désir douloureux et doux.

* * *

Tandis que les flûtes continuaient le chant lent du dernier vers, la chanteuse tendit la main aux passants qui faisaient cercle autour d'elle, et recueillit quatre oboles qu'elle glissa dans sa chaussure.


Peu à peu, la foule s'écoulait, innombrable, curieuse d'elle-même et se regardant passer. Le bruit des pas et des voix couvrait même le bruit de la mer. Des matelots tiraient, l'épaule courbée, des embarcations sur le quai. Des vendeuses de fruits passaient, leur corbeille pleine dans les bras. Des mendiants quêtaient, d'une main tremblante. Des ânes chargés d'outres emplies trottaient devant le bâton des âniers. Mais c'était l'heure du coucher du soleil ; et plus nombreuse que la foule active, la foule désoeuvrée couvrait la jetée. Des groupes se formaient de place en place, entre lesquels erraient les femmes. On entendait nommer les silhouettes connues. Les jeunes gens regardaient les philosophes, qui contemplaient les courtisanes.

Celles-ci étaient de tout ordre et de toute condition, depuis les plus célèbres, vêtues de soies légères et chaussées de cuir d'or, jusqu'aux plus misérables, qui marchaient les pieds nus. Les pauvres n'étaient pas moins belles que les autres, mais moins heureuses seulement, et l'attention des sages se fixait de préférence sur celles dont la grâce n'était pas altérée par l'artifice des ceintures et l'encombrement des bijoux. Comme on était à la veille des Aphrodisies, ces femmes avaient toute licence de choisir le vêtement qui leur seyait le mieux, et quelques-unes des plus jeunes s'étaient même risquées à n'en point porter du tout. Mais leur nudité ne choquait personne, car elles n'en eussent pas ainsi exposé tous les détails au soleil,si l'un d'eux se fût signalé par le moindre défaut qui prêtât aux railleries des femmes mariées.

« Tryphèra ! Tryphèra ! »

Et une jeune courtisane d'aspect joyeux bouscula quelques passants pour rejoindre une amie entrevue.

« Tryphèra ! es-tu invitée ?

— Où cela, Séso ?

— Chez Bacchis.

— Pas encore. Elle donne un dîner ?

— Un dîner ? un banquet, ma chère. Elle affranchit sa plus belle esclave, Aphrodisia, le second jour de la fête.

— Enfin ! elle a fini par s'apercevoir qu'on ne venait plus chez elle que pour sa servante.

— Je crois qu'elle n'a rien vu. C'est une fantaisie du vieux Chérès, l'armateur du quai. Il a voulu acheter la fille dix mines ; Bacchis a refusé. Vingt mines ; elle a refusé encore.

— Elle est folle.

— Que veux-tu ? c'était son ambition d'avoir une esclave libérée. D'ailleurs, elle a eu raison de marchander. Chérès donnera trente-cinq mines, et, pour ce prix-là, la fille s'affranchit.

— Trente-cinq mines ? Trois mille cinq cents drachmes ? Trois mille cinq cents drachmes pour une négresse !

— Elle est fille de blanc.

— Mais sa mère est noire.

— Bacchis a déclaré qu'elle ne la donnerait pas à meilleur marché, et le vieux Chérès est si amoureux qu'il a consenti.

— Est-il invité, lui, au moins ?

— Non ! Aphrodisia sera servie au banquet comme dernier plat, après les fruits. Chacun y goûtera selon son gré, et c'est le lendemain seulement qu'on doit la livrer à Chérès ; mais j'ai peur qu'elle ne soit fatiguée...

— Ne la plains pas ! Avec lui elle aura le temps de se remettre. Je le connais, Séso. Je l'ai regardé dormir.»

Elles rirent ensemble de Chérès. Puis elles se complimentèrent.

« Tu as une jolie robe, dit Séso. C'est chez toi que tu l'as fait broder ? »

La robe de Tryphèra était une mince étoffe glauque entièrement brochée d'iris à larges fleurs. Une escarboucle montée d'or la plissait en fuseau sur l'épaule gauche ; la robe retombait en écharpe entre les deux seins, en laissant nu tout le côté droit du corps jusqu'à la ceinture de métal ; une fente étroite qui s'entrouvrait et se refermait à chaque pas révélait seule la blancheur de la jambe.


« Séso ! dit une autre voix, Séso et Tryphèra, venez, si vous ne savez que faire. Je vais au mur Céramique pour y chercher mon nom écrit.

— Mousarion ! d'où viens-tu, ma petite ?

— Du Phare. Il n'y a personne là-bas.

— Qu'est-ce que tu dis ? Il n'y a qu'à pêcher, tellement c'est plein.

— Pas de turbots pour moi. Aussi je vais au mur. Venez. »


En chemin, Séso raconta de nouveau le projet de banquet chez Bacchis.

« Ah ! chez Bacchis ! s'écria Mousarion. Tu te rappelles le dernier dîner, Tryphèra : tout ce qu'on a dit de Chrysis ?

— Il ne faut pas le répéter. Séso est son amie. »

Mousarion se mordit les lèvres ; mais déjà Séso s'inquiétait :

« Quoi ? qu'est-ce qu'on a dit ?

— Oh ! des méchancetés.

— On peut parler, déclara Séso. Nous ne la valons pas, à nous trois. Le jour où elle voudra quitter son quartier pour se montrer à Brouchion, je connais de nos amants qui ne nous reverront plus.

— Oh ! Oh !

— Certainement. Je ferais des folies pour cette femme-là. Il n'y en a pas de plus belle ici, croyez-le. »


Les trois jeunes filles étaient arrivées devant le mur Céramique. D'un bout à l'autre de l'immense paroi blanche, des inscriptions se succédaient, écrites en noir. Quand un amant désirait se présenter à une courtisane, il lui suffisait d'écrire leurs deux noms avec le prix qu'il proposait ; si l'homme et l'argent étaient reconnus dignes, la femme restait debout sous l'affiche en attendant que l'amateur revînt.

« Regarde, Séso ! dit en riant Tryphèra. Quel est le mauvais plaisant qui a écrit cela ? »

Et elles lurent en grosses lettres :

BACCHIS

THERSITE
2 OBOLES.

« Il ne devrait pas être permis de se moquer ainsi des femmes. Pour moi, si j'étais le rhymarque, j'aurais déjà fait une enquête. »

Mais plus loin, Séso s'arrêta devant une inscription plus sérieuse.

SÉSO DE CNIDE

TIMON, FILS DE LYSIAS
1 MINE

Elle pâlit légèrement.

« Je reste, » dit-elle.

Et elle s'adossa au mur, sous les regards envieux des passantes.

Quelques pas plus loin, Mousarion trouva une demande acceptable, sinon aussi généreuse. Tryphèra revint seule sur la jetée.


Comme l'heure était avancée, la foule se trouvait moins compacte. Cependant les trois musiciennes continuaient de chanter et de jouer de la flûte.

Avisant un inconnu dont le ventre et les vêtements étaient un peu ridicules, Tryphèra lui frappa l'épaule.

« Eh bien ! petit père ! je gage que tu n'es pas un Alexandrin, hé !

— En effet, ma fille, répondit le brave homme. Et tu l'as deviné. Tu me vois tout surpris de la ville et des gens.

— Tu es de Boubaste ?

- Non. De Cabasa. Je suis venu ici pour vendre des graines et je m'en retournerai demain, plus riche de cinquante-deux mines. Grâces soient rendues aux dieux ! l'année a été bonne. »

Tryphèra se sentit soudain pleine d'intérêt pour ce marchand.

« Mon enfant, reprit-il avec timidité, tu peux me donner une grande joie. Je ne voudrais pas retourner demain à Cabasa sans dire à ma femme et à mes trois filles que j'ai vu des hommes célèbres. Tu dois connaître des hommes célèbres ?

— Quelques-uns, dit-elle en riant.

— Bien. Nomme-les moi s'ils passent par ici. Je suis sûr que j'ai rencontré depuis deux jours dans les rues les philosophes les plus illustres et les fonctionnaires les plus influents. C'est mon désespoir de ne pas les connaître.

— Tu seras satisfait. Voici Naucratès.

— Qui est-ce, Naucratès ?

— C'est un philosophe.

— Et qu'enseigne-t-il ?

— Qu'il faut se taire.

— Par Zeus, voilà une doctrine qui ne demande pas un grand génie et ce philosophe-là ne me plaît point.

— Voici Phrasilas.

— Qui est-ce, Phrasilas ?

— C'est un sot.

— Alors, que ne le laisses-tu passer ?

— C'est que d'autres le tiennent pour éminent.

— Et que dit-il ?

— Il dit tout avec un sourire, ce qui lui permet de faire entendre ses erreurs pour volontaires et ses banalités pour fines. Il y a tout avantage. Le monde s'y est laissé tromper.

— Ceci est trop fort pour moi, et je ne te comprends pas bien. D'ailleurs le visage de ce Phrasilas est marqué d'hypocrisie.

— Voici ? Philodème.

— Le stratège ?

— Non. Un poète latin, qui écrit en grec.

— Petite, c'est un ennemi. Je ne veux pas l'avoir vu. »

Ici, toute la foule fit un mouvement, et un murmure de voix prononça le même nom. «Démétrios... Démétrios...»

Tryphèra monta sur une borne et à son tour elle dit au marchand :

« Démétrios... Voilà Démétrios. Toi qui voulais voir des hommes célèbres...

— Démétrios ? l'amant de la reine ? Est-il possible ?

— Oui, tu as de la chance. Il ne sort jamais. Depuis que je suis à Alexandrie, voici la première fois que je le vois sur la jetée.

— Où est-il ?

— C'est celui-ci qui se penche pour voir le port.

— Il y en a deux qui se penchent.

— C'est celui qui est en bleu.

— Je ne le vois pas bien. Il nous tourne le dos.

— Tu sais ? c'est le sculpteur à qui la reine s'est donnée pour modèle quand il a sculpté l'Aphrodite du temple.

— On dit qu'il est l'amant royal. On dit qu'il est le maître de l'Egypte.

— Et il est beau comme Apollon.

— Ah ! le voici qui se retourne. Je suis content d'être venu. Je dirai que je l'ai vu. On m'avait dit bien des choses sur lui. Il paraît que jamais une femme ne lui a résisté. Il a eu beaucoup d'aventures, n'est-ce pas ? Comment se fait-il que la reine n'en soit pas informée ?

— La reine les connaît comme nous. Elle l'aime trop pour lui en parler. Elle a peur qu'il ne retourne à Rhodes, chez son maître Phérécratès. Il est aussi puissant qu'elle et c'est elle qui l'a voulu.

— Il n'a pas l'air heureux. Pourquoi a-t-il l'air si triste ? Il me semble que je serais heureux si j'étais lui. Je voudrais bien être lui, ne fût-ce que pour une soirée... »

Le soleil s'était couché. Les femmes regardaient cet homme, qui était leur rêve commun. Lui, sans paraître avoir conscience du mouvement qu'il inspirait, se tenait accoudé sur le parapet, en écoutant les joueuses de flûte.

Les petites musiciennes firent encore une quête ; puis, doucement, elles jetèrent leurs flûtes légères sur leurs dos ; la chanteuse les prit par le cou et toutes trois revinrent vers la ville.

A la nuit close, les autres femmes rentrèrent par petits groupes, dans l'immense Alexandrie, et le troupeau des hommes les suivait ; mais toutes se retournaient, en marchant, vers le même Démétrios. La dernière qui passa lui jeta mollement sa fleur jaune, et rit. Le silence envahit les quais.

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