lundi, 13 septembre 2010

La Bretagne vue de la mer - Olivier De Kersauson et Michel Bellion - 2006

bibliotheca la bretagne vue de la mer.jpg“J'ai voulu faire ce périple parce que cette côte a toujours été pour moi sujet d'émotion. Je sais que cette Bretagne vue de la mer, nous, les marins, nous sommes les seuls à la voir ; je voulais que nos mères, nos femmes et nos filles puissent partager le regard que le monde maritime porte sur cette côte, qui est, et vous allez le découvrir, une des plus belles du monde. “


La Bretagne est certainement l’une des plus belles régions de France, et elle en vaut la peine surtout lorsqu’on nous la présente vue de la mer sous les yeux d’Olivier de Kersauson, l’un des navigateurs français les plus connus au monde et détenteur de nombreux records océaniques, et Michel Bellion, peintre officiel de la Marine française.

Ainsi dans La Bretagne vue de la mer tout le long de la côte bretonne, de Saint-Malo à Saint-Nazaire, en passant par Ouessant, Belle-Île, Molène ou Concarneau, on en découvre tous les charmes et endroits insolites racontés par le grand marin et dessinés d’un trait vif et élégant par le peintre. Les illustrations sont faits à la mine de plomb pour la plupart, parfois juste des croquis, et à l’aquarelle. Leurs légendes nous expliquent la façon de faire utilisée, mais nous décrivent aussi le moment de la réalisation ainsi que, que dans la mesure du possible nous donnent des indications sur l’atmosphère du moment, l’état de la mer, le temps d’exécution... apportant ainsi un éclairage, marin et artistique à ce travail. Moultes détails supplémentaires, qu’ils soient historiques ou purement anecdotiques sont donnés par Olivier de Kersauson dans son style poétique et inimitable.

La Bretagne vue de la mer d’Olivier Kersauson et Michel Bellion est un album d’une grande beauté, une véritable invitation au voyage qui nous fait découvrir la Bretagne telle que seuls les marins la connaissent.

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  -  ABEBOOKS.fr  -  PRICEMINISTER.com


Extrait
:
quelques pages prises au hasard


bibliotheca bretagne extrait 1.JPG

 

bibliotheca bretagne extrait 4.JPG

 

bibliotheca bretagne extrait 2.JPG

bibliotheca bretagne extrait 5.JPG

 

 

 

bibliotheca bretagne extrait 6.JPG

 

 

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  -  ABEBOOKS.fr  -  PRICEMINISTER.com

 

 

Présente édition : Editions J’ai Lu / Arthaud Poche, 8 septembre 2010, 127 pages

 

samedi, 21 août 2010

Dessins d’ailleurs - Jacques de Loustal - 2010

bibliotheca dessins d ailleurs jacques de loustal.jpgUn voyage unique est ce que le dessinateur et coloriste français Jacques de Loustal nous propose dans Dessins d'ailleurs après six années de voyages. Des lieux, des scènes, des instants pris au crayon, à l’aquarelle en passant par le fusain et le lavis, et que Loustal recrée sans nul autre dans son atmosphère et dans son état d’esprit.

Ainsi on retrouve ici, tels les carnets de croquis de Loustal, de images de partout dans le monde. On retrouve les rochers volcaniques des Canaries, les monts brumeux des Highlands en Ecosse, les bosquets de pins italiens, le lac Nasser en Egypte, les forteresses du Maroc et les silos à grains du Canada et bien d’autres lieux qui d’un coup nous apparaissent sous un jour tout à fait nouveau. Le tout est servi dans un grand format souple à l’italienne, les images en pleines pages. Pas de texte, les images se suffisant largement à elles seules.

Par Dessins d’ailleurs Jacques de Loustal nous invite à une magnifique balade pleine de poésie à travers le monde.

A découvrir !

Pour commander ce livre :

AMAZON.frFNAC.com ABEBOOKS.fr PRICEMINISTER.com


Extraits : quelques pages au hasard


bibliotheca dessins d ailleurs jacques de loustal 1.jpg

 

bibliotheca dessins d ailleurs jacques de loustal 2.jpg

 

bibliotheca dessins d ailleurs jacques de loustal 3.jpg

 

bibliotheca dessins d ailleurs jacques de loustal 4.jpg

 


Pour commander ce livre :


AMAZON.frFNAC.com ABEBOOKS.fr PRICEMINISTER.com


Présente édition : Editions de La Table Ronde, 23 avril 2010, 226 pages

samedi, 05 juin 2010

Villes du monde (Civitates Orbis Terrarum) - Franz Hogenberg et Georg Braun - 1572-1618

bibliotheca villes du monde

Cinq cents ans après sa publication originale à Cologne reparaît aux éditions Taschen en 2008 cette magnifique collection des gravures et plans de Georg Braun et Frans Hogenberg en un seul volume. Le Civitates Orbis Terrarum, en français Villes du monde, n'est autre q'une superbe collection de plus de 500 illustrations des grandes villes à travers l'Europe, mais aussi en Afrique du Nord et Proche-Orient.

Franz Hogenberg, un graveur dur cuivre et aquafortiste, né en 1535 à Malines en Belgique et mort en 1590 à Cologne, réalisa l'entièreté de ces plans nous faisant revivre les ville d'avant la Guerre des Trente Ans. Georg Braun, éditeur original de ce recueil, un théologien et chanoine, compléta les illustrations de nombreux textes, et cela entre 1572 et 1618, date de la parution en six volumes de ce magnifique atlas d'une autre époque. Les vues des villes reprises, que ce soit sous formes de plans, de panoramas ou de vues à vol d'oiseau sont tout simplement magnifiques et d'une richesse impressionnante. Car au-delà de la vue de ces villes s'en dégage aussi la vie de l'époque, grâce aux nombreux personnages et objets qui ornent ces vues. Les textes de Braun viennent évidemment compléter le tout de façon admirable.
Aujourd'hui encore, l'exactitude de ces représentations permet de nous déplacer dans les noyaux historiques des grandes métropoles européennes; on peut même dire qu'elles nous transportent dans la réalité économique et sociale de l'époque pré-moderne.
Les lieux sont insérés dans leur environnement paysager - champs et prairies, vignes, jardins, rivières ou mers présenté sous un jour avantageux ou inquiétant. Des charrettes pleines, des coches ou des groupes de piétons animent les routes marchandes. Des barques sur les rivières et des embarcations capables de tenir la mer donnent une impression réaliste du commerce de l'époque et de la mutation des villes.
Dans les riches cités marchandes telles Hambourg ou Kiel, les navires sont chargés et sur les quais de Bordeaux on embarque des tonneaux de vin, alors que deux érudits en robe universitaire discutent à Oxford. Les gibets et le champ de justice hors les murs illustrent le pouvoir de juridiction des villes et sont d'importance pour l'histoire du droit. Les costumes des différents pays, peuples et métiers sont remarquablement représentés.
Mais c'est aussi en quelque sorte la dernière vision d'une époque révolue, ce recueil ayant été réalisé juste peu de temps avant les ravages de la Guerre de Trente Ans et des travaux de rénovation de l'époque baroque.
Ce recueil, tel qu'il est réédité en 2008 est à la fois très complet et surtout très ludique et divertissant. De grandes sont tirées, de très nombreux détails existent sur tout.

En bref, ce livre Villes du monde est une invitation unique pour tous les amateurs d'Histoire à voyager à travers l'Europe du XVIème et XVIIème siècle. Tout autre se retrouvera face à un livre d'une beauté exceptionnelle

Villes du monde d'Hogenberg et Braun est tout simplement un ouvrage exceptionnel.

A découvrir !!!

Pour commander ce livre :

AMAZON.frFNAC.com ABEBOOKS.fr PRICEMINISTER.com

Extraits :

bibliotheca villes du monde 1


bibliotheca villes du monde 4

bibliotheca villes du monde 5

bibliotheca villes du monde 2

Pour commander ce livre :

AMAZON.frFNAC.com ABEBOOKS.fr PRICEMINISTER.com



 

Présente édition : réédition préparée par Stephan Füssel et Rem Koolhaas, Editions Taschen, 5 novembre 2008, 520 pages

lundi, 08 mars 2010

Le Voyage à Venise - Jean-Claude Simoën - 2000

bibliotheca le voyage a venise

"Venise ! Est-il une ville qui ait été plus admirée, plus célébrée, plus chantée par les poètes, plus désirée par les amoureux, plus visitée et plus illustre ?

Venise ! Est-il un nom dans les langues humaines qui ait fait rêver plus que celui-là ? Il est joli, d'ailleurs, sonore et doux : il évoque d'un seul coup dans l'esprit un éclatant défilé de souvenirs magnifiques et tout un horizon de songes enchanteurs.

Venise ! Ce seul mot semble faire éclater dans l'âme une exaltation, il excite tout ce qu'il y a de poétique en nous, il provoque toutes nos facultés d'admiration. Et quand nous arrivons dans cette ville singulière, nous la contemplons infailliblement avec des yeux prévenus et ravis, nous la regardons avec nos rêves.

Car il est presque impossible à l'homme qui va par le monde de ne pas mêler son imagination à la vision des réalités. On accuse les voyageurs de mentir et de tromper ceux qui les lisent. Non, ils ne mentent pas, mais ils voient avec leur pensée bien plus qu'avec leur regard. Il suffit d'un roman qui nous a charmés, de vingt vers qui nous ont émus, d'un récit qui nous a captivés pour nous préparer au lyrisme spécial des coureurs de route, et quand nous sommes ainsi excités, de loin, par le désir d'un pays, il nous séduit irrésistiblement. Aucun coin de la terre n'a donné lieu, plus que Venise, à cette conspiration de l'enthousiasme. Lorsque nous pénétrons pour la première fois dans la lagune tant vantée il est presque impossible de réagir contre notre sentiment anticipé, de subir une désillusion. L'homme qui a lu, qui a rêvé, qui sait l'histoire de la cité où il entre, qui est pénétré par toutes les opinions de ceux qui l'ont précédé, emporte avec lui ses impressions presque toutes faites ; il sait ce qu'il doit aimer, ce qu'il doit mépriser, ce qu'il doit admirer."

Guy de Maupassant, Venise, 5 mai 1885


C'est à un voyage unique dans la Venise d'antan que nous invite l'éditeur et écrivain français Jean-Claude Simoën dans son recueil Le Voyage à Venise, paru initialement en 2000 avant d'être réédité en 2010 aux éditons J'ai Lu. La Sérénissime a été un haut lieu culturel du XIXème siècle, et cela malgré son déclin politique et économique de l'époque. Peintres, écrivains, poètes... tous voulaient y aller et découvrir cette flamboyante cité perdue au beau milieu d'une lagune, et se perdre dans ses ruelles à la recherche de ses mille et uns trésors.
Jean-Claude Simoën reprend une multitude d'extraits de récits de voyages écrits au XIXème siècle pour témoigner des impressions de ces illustres voyageurs lors de leur découverte de Venise. Le tout est de plus accompagné d'une multitude de photographies d'époque et de peintures des plus grands maîtres qui ont tous voulu immortaliser l'enchantement que représentait pour eux Venise. Et parmi tous ces grands artistes on retrouve entre autres Guy de Maupassant, les frères Goncourt, Henry James, Lord Byron, Théophile Gautier, Goethe, George Sand, Mark Twain, mais aussi des chroniqueurs amoureux plus anonymes ou souvent oubliés que sont Rubens Santoro, Julius Rollmann ou Antoine Bouvard.
Le livre commence par une belle introduction de Jean-Claude Simoën sur ces voyages à Venise, sur l'impression que la cité a laissé sur ces voyageurs en quête de romantisme et de découvertes artistiques et historiques. Ensuite vient le gros du livre consacré aux Impressions vénitiennes, composé d'un vaste florilège d'extraits de textes, citations, tableaux et autres illustrations, classées en fonction de leur sujet dans de multiples sous-chapitres. Vient après un parcours vénitien, plus proche dans sa forme du guide touristique actuel, toujours aussi richement illustré de documents d'époque et nous faisant découvrir le Palais duccal et Piazzetta, la Dogana et Santa Maria della Salute, le Grand Canal et le Pont du Rialto, ainsi que les îles de la Lagune. Plusieurs annexes viennent ensuite clore ce magnifique ouvrage, dont une très intéressante chronologie artistique et historique de la Cité, ainsi que de nombreuses biographies de ces différents voyageurs cités dans le livre. On aurait toutefois aimé que le côté historique de la Sérénissime, ainsi que son rôle politique dans l'histoire européenne, soient quelque peu plus développés.

Le Voyage à Venise de Jean-Claude Simoën est une magnifique invitation au voyage dans la Venise du dix-neuvième siècle sur les traces des grands artistes de l'époque.

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  -  ABEBOOKS.fr  PRICEMINISTER.com

Voir également :
- Le Voyage en Egypte - Jean-Claude Simoën (2002), présentation et extraits

Présente édition : Editions J'ai Lu, 3 février 2010, 235 pages

samedi, 27 février 2010

Le Voyage en Egypte - Jean-Claude Simoën - 2002

bibliotheca le voyage en egypte

L'Egypte a été redécouverte par les Occidentaux à la fin du XVIIIème siècle, l'égyptologie était née et tout le monde ne s'intéressait plus qu'à cela. Il fallait y aller, organiser les expéditions les plus folles et en rapporter le plus de trésors possibles. Ce fût la révélation d'une civilisation, certes disparue, mais irréductible à jamais par ce qu'elle a laissée. On y comprenais encore rien, il a fallu attendre l'année 1822 et la découverte de la Pierre de Rosette, pour que l'on commence peu à peu à déchiffrer les hiéroglyphes. Et à côté de ces ruines majestueuses, tous ces voyageurs découvraient un pays au mode de vie si différent et qui vivait au rythme du Nil, ce long fleuve éternel chargé de tant d'histoire.

Et c'est cette Egypte-là que tente de nous faire revivre l'éditeur français Jean-Claude Simoën, dans son livre Le Voyage en Egypte, vue par les yeux de ses voyageurs pour la plupart du XIXème siècle, et qui revenaient de leurs voyages pleins d'écrits, de photographies et de dessins. Et cela afin de nous faire comprendre et revivre l'émerveillement des explorateurs de cette époque.

Jean-Claude Simoën commence par nous raconter l'histoire de tous ces voyageurs avant de dédier chaque chapitre à une région bien précise et en la décrivant grâce à de multiples illustrations, dessins et extraits de récits de voyages datant de l'époque. Et cela en commençant par le Delta d'Alexandrie jusqu'à la Nubie et Abou Simbel, en passant par Gizeh, Memphis, Louxor et bien d'autres. Le tout se constitue finalement comme un guide touristique moderne, sauf que le contenu a été remplacé par des témoignages de tous genre des gens de l'époque.
Et parmi ces témoins on retrouve entre autres les explorateurs Giovanni Battista Belzoni, ,
maxime Ducamp, Karl Richard Lepsius..., les écrivains Dominique Vivant Denon, Gustave Flaubert, Théophile Gautier, Pierre Loti, Mark Tawin... . Les illustrations sont de David Roberts, Emile Prisse d'Avennes, Jean-François Champollion et bien d'autres. Plus de 90 auteurs sont cités.
Pour compléter le sujet, le livre déjà accompagné de nombreuses cartes, se voit suivre de plusieurs annexes nous expliquant la chronologie de l'histoire de l'Egypte, la mythologie ancienne, des notions d'architecture, ainsi que les biographies de la plupart des auteurs, et illustrateurs.
Une bibliographie et une table des illustrations très complètes viennent conclure le tout.

Le Voyage en Egypte de Jean-Claude Simoen nous offre une vision unique de l'Egypte, celle vue à travers les yeux des écrivains et peintres du XIXème siècle qui l'ont parcourue et décrite.

Il est à noter que ce livre, paru initialement aux éditions Impact Livres, a été réédité en 2010 dans un format mi-poche aux éditions J'ai Lu, plus idéal au transport et ... au voyage.

Le Voyage en Egypte est un livre unique et très complet qui, à l'aide des voyageurs du passé, saura inspirer ceux d'aujourd'hui !

A découvrir !

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  -  ABEBOOKS.fr    -  PRICEMINISTER.com


Extraits : passages pris au hasard

Les pyramides ont vu, sur leurs larges bases, les siècles et les dynasties passer comme des vagues de sable, et le sphinx colossal, à la face camarde, sourit toujours à leurs pieds de son sourire ironique et mystérieux. Eventrées, elles ont gardé leur secret et n'ont livré que des ossements de bœuf, auprès d'un sarcophage vide. Des yeux fermés depuis si longtemps que l'Europe n'était peut-être pas encore émergée du déluge, lorsqu'ils contemplaient la lumière, les ont regardées de la place oii nous sommes. Elles ont été contemporaines d'empires disparus, de races d'hommes étranges balayées de la terre. Elles ont vu des civilisations qu'on ignore, entendu des langues qu'on cherche à deviner sous les hiéroglyphes, connu des mœurs qui nous paraîtraient chimériques comme un rêve. Elles sont là depuis si longtemps, que les étoiles ont changé de place ; et leurs pointes s'enfoncent dans un passé si prodigieusement fabuleux, que derrière elles il semble qu'on voie luire les premiers jours du monde.

L'Orient, Théophile Gautier, 1877

***

Nous vîmes de l'autre côté du fleuve descendre deux cents Mamelouks avec leurs équipages; nous sûmes depuis que c'était Elfy-bey, qui, blessé à Samanhout, n'avait pas voulu passer les cataractes avec les autres beys. En approchant, nous admirions la superbe et avantageuse situation d'Apollinopolis la grande; elle dominait le fleuve et toute la vallée de l'Égypte, et son superbe temple pyramidait encore sur le tout comme une citadelle qui aurait pu commander le pays: cette idée dérive si naturellement de sa situation, que ce temple n'est connu dans le pays que sous le nom de la forteresse. Je prévoyais avec chagrin que nous arriverions tard et que nous partirions le lendemain de grand matin. Je me mis au galop pour devancer les premiers soldats, et avant que les derniers rayons du jour cessassent d'éclairer le pays. Je n'eus que le temps cette fois de parcourir à cheval cet édifice, dont la grandeur, la noblesse, la magnificence et la conservation surpassent tout ce que j'avais encore vu en Égypte et ailleurs; il me fit une impression gigantesque comme ses dimensions. Cet édifice est une longue suite de portes pyramidales, de cours décorées de galeries, de portiques, de nefs couvertes, construites, non pas avec des pierres, mais avec des rochers tout entiers. La nuit était venue avant que j'eusse eu le temps de faire le tour de ce surprenant monument; et je recommençai à gémir sur le sort qui m'obligeait de voir si rapidement ce qui méritait tant d'admiration. La conservation de cet édifice antique contraste merveilleusement avec les ruines grisâtres des habitations modernes construites dans son intérieur; une partie de la population du village habite le temple dans des huttes, bâties dans les cours et sur les combles, et qui, semblables aux nids des hirondelles dans nos maisons, les salissent sans les masquer ni les dégrader. Au reste, ce mélange, fâcheux au premier coup-d'oeil, produit un contraste pittoresque qui donne tout à la fois une échelle, et des hommes et des temps: d'ailleurs, avons-nous le droit de trouver ridicule que des peuples ignorants appuient leurs faibles constructions, et ne craignent pas de masquer des beautés sur lesquelles ils n'ont jamais arrêté leurs regards, tandis que nous laissons les arènes de Nîmes encombrées de masures?

Voyages dans la Basse et la Haute Egypte, pendant les campagnes du général Bonaparte
, Dominique Vivant Denon, 1802

***

Alors, non, les villes, les villages, à moins qu'ils ne mènent à des ruines célèbres, on ne s'y arrête plus; il faut passer outre et, pour l'étape du soir, chercher un hameau perdu, un recoin de silence, où amarrer sa dahabieh contre la vénérable terre grise de la berge.

Ainsi l'on s'en va, pendant des jours, pendant des semaines, entre ces deux interminables falaises de calcaire rose pleines d'hypogées et de momies, qui sont les murailles de la vallée du Nil et doivent vous suivre jusqu'à la première cataracte, jusqu'à l'entrée de la Nubie. Là seulement changeront enfin d'apparence et de nature les rochers des déserts, pour devenir ces granits plus sombres dans lesquels les Pharaons faisaient tailler leurs grands dieux et leurs obélisques.

On s'en va, on s'en va, remontant le fil de ce courant éternel, et, pour faire perdre la notion des heures et des dates qui fuient, il y a la régularité du vent, la persistance d'un ciel limpide, la monotonie du grand fleuve qui serpente et ne finit jamais. Si déçu que Ton soit de voir tout profané sur les bords, on n'échappe point à cette paix d'être nomade et isolé sur l'eau, étranger parmi un équipage d'Arabes silencieux, qui chaque soir se prosternent pour de confiantes prières.

D'ailleurs, on marche vers le sud, vers le soleil, et chaque jour la clarté se fait plus belle, la chaleur plus caressante, en même temps que brunit davantage le bronze des figures perçues en route.

La mort de Philae
, Pierre Loti, 1908

***

bibliotheca Les ruines d'Hieraconpolis

Les ruines d'Hiéraconpolis dans Voyage dans la Basse et la Haute Egypte, Dominique Vivant Denon, 1802

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  -  ABEBOOKS.fr    -  PRICEMINISTER.com

Voir également :
- Le Voyage à Venise - Jean-Claude Simoën (2000), présentation et extrait

Présente édition : éditions J'ai Lu, 3 février 2010, 292 pages

mardi, 24 novembre 2009

Bruxelles d'Antan - Eric Bournons - 2009

bibliotheca bruxelles d antan

Bruxelles, sa Grand'Place, le Manneken-Pis... Tant de symboles qui font directement écho lorsque l'on pense à la capitale de la Belgique, mais aussi de l'Europe. Mais Bruxelles est aussi une ville qui au cours du siècle passé a connu de multiples transformations suites aux grands chantiers qui vont la défigurer. Le terme de Bruxellisation sera même inventé pour décrire cet urbanisme anarchique, presque sauvage, qui a donné cette ville hétéroclite, oscillant étrangement entre ancien et moderne.

Bruxelles d'Antan tente justement de reproduire, à travers près de 400 cartes postales datant du début du XXème siècle, issues de la collection de Pierre Olivier, cette ville de l'époque, avec ses monuments anciens, parfois disparus, ses commerces, ses allées, son port maritime dont les quais longeaient le centre ville dans le quartier de Sainte-Catherine. Mais on y retrouve aussi les Bruxellois flânant au Bois de la Cambre, dans le quartier Léopold ou dans le Parc du Cinquantenaire, ainsi que les différents métiers qui donnaient vie à la ville Les 19 communes qui constituent le Bruxelles d'aujourd'hui étaient pour la plupart encore rurales et certaines voyaient tout juste débuter leur urbanisation.

Pour accompagner au mieux le lecteur dans sa balade, le livre se décompose en plusieurs chapitres.
Tout commence par le Centre-Ville avec sa Grand'Place, ses rues pittoresques, les hauts lieux du Boulevard Anspach que sont la Bourse et la Place De Brouckère, le Théâtre Royal de la Place de la Monnaie, jusqu'à la Gare du Nord totalement réaménagée et méconnaissable de nos jours.
Ensuite vient le Haut de Ville, sa Rue Royale menant au Palais, les serres du Jardin Botanique, la Porte de Hal, les quartiers des Marolles et des Sablons, et le Palais de Justice encore jeune et fier. La Porte de Namur est déjà une place commerçante, alors que le Mont des Arts se construit et se forme jusqu'à la Place Saint-Gudule.
Le lecteur s'en va ensuite vers L'ouest du Centre-Ville, où l'on retrouve l'ancien port de Bruxelles avec ses différents quais, aujourd'hui disparus et couverts,  le Canal de Willebroeck et le Théâtre Flamand. On y assiste notamment à l'arrivage des moules sur le Quai aux Briques.  e quartier de Sainte-Catherine, avec ses halles, la Gare du Midi plus au Sud et le Boulevard Lemonnier.
Bruxelles hors les murs mène aux parcs de Laeken, L'Allée Verte, le Bois de la Cambre, l'actuel quartier européen, totalement défiguré depuis, autour de la Rue Belliard et du Parc Léopold, véritable centre scientifique de Bruxelles.
En ce début de siècle comme déjà énoncé plus haut, l'urbanisation n'était guère bien avancée dans de nombreuses parties de la ville actuelle. Les communes de Bruxelles nous montre justement ces quartiers de Saint-Gilles, haut lieu de l'Art Nouveau et aussi du fameux Chou de Bruxelles, Ixelles et l'Avenue Louise menant vers la Cambre, Etterbeek autour du Parc du Cinquantenaire, mais aussi Anderlecht et Schaerbeek, Saint-Josse et Molenbeek, Evere, Forest, Woluwé-Saint-Pierre et Woluwé Saint-Lambert, Ganshoren, ...
Ce volume se termine ensuite par le Quotidien et art de vivre, reprenant des scènes de vie, les petits métiers d'antan, les marchés qui foisonnent, les divers loisirs que ce soient les champs de courses et les excursions champêtres.

Bref, tout Bruxelles se retrouve dans ce livre, ce Bruxelles d'Antan, du début du XXème siècle, époque à laquelle elle connut ses transformations les plus importantes qui ont façonné le Bruxelles d'aujourd'hui. De par les très nombreuses et très belles cartes postales qui le constituent, ce livre en devient un véritable ouvrage tout à fait unique et exceptionnel, donnant au lecteur une possibilité unique de retrouver ce qui fut à une autre époque cette capitale belge devenue aujourd'hui capitale de l'Europe.

Exceptionnel !

A noter que HC éditions ont déjà sorti des volumes semblables sur de nombreuses autres villes, principalement françaises.

Pour commander ce livre :


AMAZON.fr  -  FNAC.com  - ABEBOOKS.fr
  -  PRICEMINISTER.com

Extraits :

Bruxelles la bourse

 

Bruxelles place de Brouckere

 

Bruxelles theatre flamand

 

Bruxelles place du Sablon

 

 

Pour commander ce livre :


AMAZON.fr  -  FNAC.com  - ABEBOOKS.fr
  -  PRICEMINISTER.com

dimanche, 08 novembre 2009

Oudayas - Hélène Decuyper et Patrick Lowie - 2009

bibliotheca oudayas

A l'origine une petite forteresse érigée par les Almoravides pour lutter contre les tribus Bouraghouata, la Kasbah des Oudayas (ou Oudaïa), quartier fortifié de Rabat, capitale du Maroc, voit son histoire débuter réellement lorsque es Almoravides en font un ribat surplombant l'embouchure du fleuve Bouregreg.
De nos jours, le site qui a gardé son charme d'antan, et frappe surtout par sa beauté unique et par l'atmosphère qui s'en dégage. Rien de tel que de se balader dans ses ruelles labyrinthiques qui ne cessent de fasciner ses nombreux visiteurs. Et c'est à cette balade que nous invitent la photographe française Hélène Decuyper et le poète belge Patrick Lowie dans ce magnifique livre Oudayas, publié par les éditions Biliki.
Et à l'image de la célèbre kasbah marocaine, le livre, à travers sa soixantaine de pages, se décline en cette magnifique bichromie, de bleu et de blanc, telles les murs de l'Oudayas et qui fascine tant. Et pour porter le lecteur à travers ces images, les mots poétiques de Patrick Lowie, dans son texte intitulé "Ô Pirate de Salé" dont les échos lointains de l'ouïe et du regard résonnent au toucher de ce bleu, parfois triste à noircir, parfois optimal à s'illuminer. Le livre est augmenté  d'un texte sur l'origine du nom de Salé, ville pirate située face à l'Oudayas de l'autre côté du Bouregreg, extrait du livre de Peter Lamborn Wilson Utopies pirates, corsaires maures et renegados.
L’ouvrage est écrit en français avec des traductions des textes en allemand et en italien.

Oudayas, à la fois livre de photographie et de poésie, marque par sa beauté et son originalité.

A découvrir !

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  - ABEBOOKS.fr

INDEX - Beaux-livres

Bellion, Michel
La Bretagne vue de la mer (2006), présentation et extraits
Bournons, Eric
- Bruxelles d'Antan (2009), présentation et extraits
Decuyper, Hélène et Lowie, Patrick
- Oudayas (2009), présentation
Ferraris, Joseph de
- Atlas Ferraris (2009, 1770-1778), présentation
Hogenberg, Franz et Braun, Georg
- Villes du monde (Civitates Orbis Terrarum, 1572-1618), présentation et extraits
Loustal, Jacques de
- Dessins d'ailleurs (2010), présentation et extraits
De Kersauson, Olivier
La Bretagne vue de la mer (2006), présentation et extraits
Simoën, Jean-Claude
- Le Voyage à Venise (2000), présentation et extrait
- Le Voyage en Egypte (2002), présentation et extraits

18:32 Écrit par Marc dans INDEX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beaux-livres | |  Facebook | |  Imprimer | |

dimanche, 06 septembre 2009

Le Grand Atlas Ferraris - Joseph de Ferraris - 2009 (1770-1778)

bibliotheca atlas ferraris

Le Grand Atlas Ferraris est tout simplement un ouvrage exceptionnel qui, publié en 2009 par les éditions Lannoo/Racine en collaboration avec la Bibliothèque royale de Belgique, reprend la célèbre carte de Ferraris, ou carte des Pays-Bas autrichiens, qui établie entre 1770 et 1778 par le comte Joseph de Ferraris, directeur de l’école de mathématique du corps d’artillerie des Pays-Bas, sur commande du gouverneur Charles de Lorraine.
Le général Joseph Jean comte de Ferraris : lorrain, né en 1726 et mort en 1814. Il se distingua dans plusieurs batailles et fut gouverneur militaire de Termonde. Il s'intégra tout à fait aux Pays-Bas autrichiens suite à son mariage en 1776 en la collégiale de Sainte-Gudule avec la comtesse Marie Henriette d'Ursel, membre de l'une de nos anciennes familles patriciennes. Le comte de Ferraris commença par se faire la main « en levant » en 1768 une carte de la Forêt de Soignes ainsi que des domaines de Mariemont et de Tervuren. Fort du résultat de son travail, il obtint l'autorisation en 1770 de l'impératrice Marie-Thérèse de dresser la carte des Pays-Bas autrichiens. Bien secondé par ses « artilleristes », il termina la série complète en 1777. Même Cassini, auteur de la grande carte de France, ne cachait pas son admiration pour l'exactitude de la carte de Ferraris.
Les territoires concernés sont l'actuel territoire belge et luxembourgeois en débordant quelque peu sur les pays voisins. Entièrement réalisée et dessinée à la main par des élèves officiers, la carte de Ferraris avait une vocation exclusivement militaire : elle retraçait les éléments stratégiques les plus importants comme des rivières, des ponts ou des chemins creux permettant d'y cacher des troupes. Et les détails sont réellementimpressionnants . En effet dépourvue de système de référence, la carte renseigne le relief, l'occupation du sol, l'habitat, le réseau routier et le réseau hydrographique, l'organisation paroissiale ainsi que les limites administratives de l'époque. De nombreuses enclaves sont d'ailleurs visibles. Certaines d'entre-elles, appartenant au territoire français en 1770, n'ont été que partiellement cartographiées. L'échelle originale et de 1/11.520 et compte 275 planches.

L'édition parue en 2009 reprend toutes ces cartes à l'échelle 1:20 000e dans un ouvrage faisant 608 pages de dimensions 40,5cm x 51cm et pesant près de 11,5kg. De plus emballé dans un coffret hermétique à poignée en fait un objet tout à fait exceptionnel. Cette édition qui intéressera avant tout un public belge paraît évidemment sous forme bilingue français/néerlandais. Cependant, outre le public belge, cet ouvrage est une référence absolue en cartographie, un document unique en son genre, qui ravira tous les amateurs de cartes et d'histoire, de paysages et de géographie qui y trouveront une source inépuisable d'information et un plaisir des yeux garanti, en découvrant parfois avec étonnement l'évolution du pays depuis le XVIIIème siècle à nos jours.

Le Grand Atlas Ferraris
est un ouvrage magnifique qui trouve sa place dans toutes les bibliothèques.

À découvrir !

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  - ABEBOOKS.fr