lundi, 01 août 2011
SAS, tome 2 : Le sabre de Bin-Laden (version BD) - Gérard de Villiers, Martin Eden, César - 2006
11 septembre 2011. Dans un parc sur les bords de l’Hudson River, John Turner, un ancien agent de la CIA, assiste en observateur impassible à l’attentat qui ébranlera le monde : coup sur coup, deux avions de ligne viennent de s’encastrer dans les deux tours jumelles du World Trade Center, en plein coeur de New York. Un fois l’attentat fait, John Turner prend son portable et appelle en laissant pour seul message : Pour le cheikh, Boujinka a réussi !
Trois mois plus tard, le FBI et la CIA n’ont toujours pas arrêté de suspect valable. Pourtant ils savent que quelqu’un sur le sol américain était au courant des attentats, et que peut-être même qu’il en est le planificateur. Et la CIA suspecte le certain John Turne. Mais comment l’attraper ? Et surtout comment faire tomber avec lui toute la filière terroriste qui remonte jusqu’à Al-Qaida et Bin Laden en personne. Les services américains décident de mettre leur agent très spécial SAS Malko Linge sur le coup. A lui de tout démêler et au péril de sa vie. Car du moment qu’il se saura suspecté John Turner ne reculera devant pour sauvder sa cause et sa vie...
La série culte SAS de Gérard de Villiers adaptée en bande dessinée, cela ne manque pas d’intérêt. Après un premier tome pas trop convaincant sorti précédemment, celui-ci, Le sabre de Bin-Laden, a le mérite d’avoir palié les défauts du premier grâce à l’excellent scénario de Martin Eden et au magnifique dessin de César associé aux belles couleurs bien recherées de Luca Malisan. Il s’agît ici de l’adaptation du tome 146 du même titre des romans de Gérard de Villiers et qui nous fait découvrir une passionnante enquête sur les attentats du 11 septembre et ses sources dans l’Afghanistan des années 1980. Le célèbre héros est amené à enquêter entre New York, Langley et l’Albanie pour découvrir le fin mot de l’histoire, et même d’empêcher de nouveaux attentats. La trame est brillamment menée, le découpages est vif, trop même au risque de faire perdre le fil au lecteur et de nombreuses scènes sont très impressionnantes. Évidemment cela reste du SAS, càd. beaucoup d’action, de sexe avec de magnifiques créatures, des facilités scénaristiques... bref un bon moment à passer sans rien de trop profond non plus.
Une bande dessinée à découvrir pour tous les amateurs de SAS, et ceux qui souhaiteraient découvrir cette série sans forcément en lire un roman en entier.
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Extrait : une planche prise au hasard
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Présente édition : Editions Glénat, 25 octobre 2006, 48 pages
Voir également :
- SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
- SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
- SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
- SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
- SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
- SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
- SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation
- SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation
- SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation
- SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
- SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
- SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
- SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
- SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
- SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
- SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
- SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
- SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
- SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
16:57 Écrit par Marc dans BD, Critiques littéraires, De Villiers, Gérard | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : albanie new york, 11 septembre 2001, attentats, terrorisme, afghanistan, gerard de villiers, bandes dessinees, litterature francaise, malko linge, sas, thrillers, romans d espionnage, martin eden, cesar, luca malisan, keith garvey |
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jeudi, 10 septembre 2009
Mille soleils splendides (A Thousand Splendid Suns) - Khaled Hosseini - 2007

Afghanistan, 1959. Mariam, jeune « harami » (bâtarde, fille du pêché), n’a que quinze ans lorsqu’à la mort de sa mère son père la force à épouser Rachid, un homme de trente ans son aîné. Les débuts du mariage se passent plutôt bien, Mariam se montrant être une épouse très serviable pour son mari. Mais Mariam n’arrive pas à donner de fils à son mari. Une première fausse couche va transformer à jamais le caractère de son mari qui sans aucun amour pour sa femme, la privera de sa liberté et de sa joie. Peu à peu Mariam ne survit qu’à peine dans sa situation, elle n’est plus que le fantôme d’elle-même.
Les années passent et elle doit subir une nouvelle épreuve. En effet dix-huit ans après son mariage, sa vie est bouleversée par l'arrivée dans la maison de la jeune Laila, sa petite voisine de quatorze ans.
Laila a grandi dans la même ruelle, cadette d'une famille dont les ainés sont morts à la guerre, adorée et éduquée par son père professeur, cultivé et moderniste, et mal-aimée par sa mère, en pleine dépression depuis la disparition des deux garçons. Laila a grandi aux cotés de Tarik, un petit voisin, qu'elle a d'abord considéré comme un frère, mais qui s'est avéré au fil du temps être bien plus qu'un ami : son véritable amour. Mais la guerre fait rage, Laila se retrouve orpheline et Tarik quitte le pays. Elle sera recueillie par son voisin Rachid qui décide de l’épouser. Enceinte, Laila met au monde une fille, alors que son mari voulait un garçon. D’abord prise de jalousie Mariam va trouver en Laila une alliée contre les violences incessantes de leur mari, au point d’unir leurs forces pour fuir le pays.
Mais quitter l’enfer afghan, leur terre natale jadis illuminé de mille soleils splendides, est loin d’être chose facile…
Né à Kaboul, Afghanistan, en 1965, Khaled Hosseini est fils de diplomate. Il a obtenu avec sa famille le droit d’asile aux Etats-Unis en 1980, peu après l’invasion soviétique. C'est en Californie que Hosseini a fait ses études de médecine avant d'écrire Les cerfs-volants de Kaboul (The Kite Runner, 2003), un bestseller mondial qui retrace son enfance perturbée s’enracinant dans la mémoire collective afghane tout en affrontant les tourmentes d’aujourd’hui - l'occupation soviétique, la guerre, les rivalités ethniques et la terreur du régime taliban.
Mille soleils splendides est le second roman d’Hosseini qui replonge le lecteur dans l’enfer afghan à travers son histoire faite de guerres de tous genres des cinq dernières décennies. Cette fois il s’attaque plus précisément aux multiples codes sociaux qui écrasent le pays, ainsi que la vie de famille totalement dominée par le patriarche qui règne sans partage sur son petit monde avec toutes les injustices qui vont de pair. A ce sujet, Hosseini écrit même dans les premières pages : « De même que l'aiguille d'une boussole indique le nord, un homme qui cherche un coupable montrera toujours une femme. » Et le lecteur suit ainsi tout le calvaire vécu d’abord par Mariam, la première épouse de Rachid, puis par Laila, voyant comment le mari tyrannique frappe ses épouses que ce soit à cause de la stérilité de l’une ou pour finalement n’importe quelle autre raison. Le mari despote vit lui-même tiraillé entre ses volontés et celles qui lui sont imposés par les coutumes de la société dans laquelle il vit, une société qui sous l’immense poids de ses multiples politiques de guerre et de religion détruisent peu à peu toute vie en sa population. Certaines scènes sont particulièrement dures, telle celle qui décrit la césarienne sans anesthésique subie par Laila dans un hôpital taliban.
A tout moment le lecteur ressent à la fois la nostalgie d’Hosseini pour sa terre natale, ainsi que l’horreur que lui inspire l’état dans lequel le pays est peu à peu tombé.
Le titre du roman fait référence à un poème, Kaboul, du poète perse Saib-e-Tabrizi qui y écrit au 17e siècle au sujet de sa ville : "Nul ne pourrait compter les lunes qui luisent sur ses toits, ni les mille soleils splendides qui se cachent derrière ses murs".
Mille soleils splendides est un roman poignant, une fresque terrible et magnifique à la fois, qui réussit à la fois à faire vivre des paysages hors normes, un pays à la culture si riche, à la triste réalité historique d’un état en guerre perpétuelle et à la catastrophe sociale qu’y vivent notamment les femmes.
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14:07 Écrit par Marc dans Hosseini, Khaled | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, kaboul, litterature afghane, litterature americaine, romans de societe, khaled hosseini |
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INDEX - Afghanistan
Hosseini, Khaled
- Mille soleils splendides (A Thousand Splendid Suns, 2007), présentation
14:07 Écrit par Marc dans INDEX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, litterature afghane |
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samedi, 04 novembre 2006
Les hirondelles de Kaboul - Yasmina Khadra - 2002
"Une prostituée a été lapidée sur la place. J'ignore comment je me suis joint à la foule de dégénérés qui réclamait du sang. J' étais comme absorbé par un tourbillon. Moi aussi, je voulais être aux premières loges, regarder de près périr la bête immonde. Et lorsque le déluge de pierres à commencé à submerger le succube, je me suis pris à ramasser des cailloux et à le mitrailler, moi aussi. J'étais devenu fou, Zunaira. Comment ai-je osé ?"
A Kaboul, une ville qui se meurt dû au régime impitoyable des talibans, les destins de deux couples vont se croiser jusqu'à un dénouement fatal dont personne ne survivra. Il y a d’un côté Atiq Shawquat, un ancien combattant devenu geôlier et qui a perdu toute sa fierté, et son épouse Mussarat, droite et courageuse mais atteinte d’une maladie incurable. Puis, il y a Mohsen et la belle Zunaira, un couple bourgeois, éduqué et libéral, qui dans la société actuelle afghane n'arrive plus à vivre et s’accroche à l’amour comme pour échapper à la folie et donner un sens à leur existence. Mais les talibans veillent dans une ville que la folie guette et qui est à deux pas de tomber dans le barbarisme le plus total.
Yasmina Khadra, ancien militaire algérien exilé en France et de son vrai nom Mohammed Moulessehoules, nous conte ici un récit terriblement bouleversant. Il s'agît finalement juste d'une histoire d'amour tragique. Mais Yasmina Khadra choisit de placer son histoire dans le cadre du Kaboul des talibans, une ville aux mains du fondamentalisme religieux et qu'il décrit comme "l'antichambre de l'au-delà. Une antichambre obscure où les repères sont falsifiés, un calvaire pudibond; une insoutenable latence observée dans la plus stricte intimité.". Yasmina Khadra lui-même avait été fortement choqué par la montée de ce même fondamentalisme dans son pays d'origine. Au fil des pages de ce récit, surviennent des personnages complexes en quête d'une liberté inespérée et qui périront, non pas en se révoltant, mais juste en voulant vivre. Les hirondelles de Kaboul est une terrible fable noire définitivement pessimiste à l'atmosphère dense et oppressante. Le style est plutôt lyrique sans être trop original. mais la lecture, du à la dureté des propos, est souvent éprouvante.
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Extrait: Avant-propos
"Au diable vauvert, une tornade déploie sa robe à falbalas dans la danse grand-guignolesque d'une sorcière en transe; son hystérie ne parvient même pas à épousseter les deux palmiers calcifiés dressés dans le ciel comme les bras d'un supplicié. Une chaleur caniculaire a resorbé les hypothétiques bouffées d'air que la nuit, dans la débâcle de sa retraite, avait omis d'emporter. Depuis la fin de la matinée, pas un rapace n'a rassemblé assez de motivation pour survoler ses proies. Les bergers, qui, d'habitude, poussaient leurs maigres troupeaux jusqu'au pied des collines, ont disparu. A des lieues à la ronde, hormis les quelques sentinelles tapies dans leurs miradors rudimentaires, pas âme qui vive. Un silence mortel accompagne la déréliction à perte de vue.
Les terres afghanes ne sont que des champs de bataille, arènes et cimetières. Les prières s'émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent chaque soir à la mort, et le vent, lorsqu'il se lève, livre la complainte des mendiants au croassement des corbeaux.
Tout paraît embrasé, fossilisé, foudroyé par un sortilège innommable. Le racloir de l'érosion gratte, désincruste, débourre, pave le sol nécrotique, érigeant en toute impunité les stèles de sa force tranquille. Puis, sans préavis, au pied des montagnes rageusement épilées par le souffle des fournaises, surgit Kaboul... ou bien ce qu'il en reste: une ville en état de décomposition avancée.
Plus rien ne sera comme avant, semblent dire les routes crevassées, les collines teigneuses, l'horizon chauffé à blanc et le cliquetis des culasses. La ruine des remparts a atteint les âmes. La poussière a terrassé les vergers, aveuglé les regards et cimenté les esprits. Par endroits, le bourdonnement des mouches et la puanteur des bêtes crevées ajoutent à la désolation quelque chose d'irréversible. On dirait que le monde est en train de pourrir, que sa gangrène a choisi de se développer à partir d'ici, dans le Pashtoun, tandis que la désertification poursuit ses implacables reptations à travers la conscience des hommes, et leurs mentalités.
Personne ne croit au miracle des pluies, aux féeries du printemps, encore moins aux aurores d'un lendemain clément. Les hommes sont devenus fous; ils ont tourné le dos au jour pour fare face à la nuit. Les saints patrons ont été destitués. Les prophètes sont morts et leurs fantômes crucifiés sur le front des enfants...
Et pourtant, c'est ici aussi, dans le mutisme des rocailles et le silence des tombes, parmi la sécheresse des sols et l'aridité des coeurs, qu'est née notre histoire comme éclôt le nénuphar sur les eaux croupissantes du marais."
Extrait: pris du premier chapitre
"Le mollah lève une main majestueuse pour apaiser le hurleur. Après la récitation d’un verset coranique, il lit quelque chose qui ressemble à une sentence, remet la feuille de papier dans une poche intérieure de son gilet et, au bout d’une brève méditation, il invite la foule à s’armer de pierres. C’est le signal. Dans une ruée indescriptible, les gens se jettent sur les monceaux de cailloux que l’on avait intentionnellement disposés sur la place quelques heures plus tôt. Aussitôt, un déluge de projectiles s’abat sur la suppliciée qui, bâillonnée, vibre sous la furie des impacts sans un cri. Mohsen ramasse trois pierres et les lance sur la cible. Les deux premières faillissent à cause de la frénésie alentour mais, à la troisième tentative, il atteint la victime en pleine tête et voit, avec une insondable jubilation, une tache rouge éclore à l’endroit où il l’a touchée. Au bout d’une minute, ensanglantée et brisée, la suppliciée s’écroule et ne bouge plus. Sa raideur galvanise davantage les lapideurs qui, les yeux révulsés et la bouche salivante, redoublent de férocité comme s’ils cherchaient à la ressusciter pour prolonger son supplice. Dans leur hystérie collective, persuadés d’exorciser leurs démons à travers ceux du succube, d’aucuns ne se rendent pas compte que le corps criblé de partout ne répond plus aux agressions, que la femme immolée gît sans vie, à moitié ensevelie, tel un sac d’horreur jeté aux vautours."
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Voir également:
- L'attentat - Yasmina Khadra (2005), présentation
22:40 Écrit par Marc dans Khadra, Yasmina | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : yasmina khadra, litterature algerienne, romans politiques, islamisme, afghanistan |
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