mardi, 27 septembre 2011
Baignade accompagnée - Serge Brussolo - 1999
Après avoir enquêté sur le meurtre de sa sœur dans Les enfants du crépuscule, Peegy Meetchum se remet lentement à une vie normale et bien plus saine. Elle vit désormais à Key West au large de la Floride en compagnie de son jeune amant Brandon. Elle gagne sa vie en accompagnant les touristes dans des plongées sous-marines pour leur montrer une fausse épave sur laquelle elle leur conte des histoires incroyables. De plus elle gère une réserve naturelle de requins, utilisée pour la recherche scientifique. Ce second job lui vaut d’ailleurs d’être la cible de Larker Boyett, fondateur du "Club des dévorés vifs", qui rassemble une bande d’infirmes ayant été mutilés par un requin. Leur projet est d’obliger Peegy à leur livrer un de ses pensionnaires pour l'occire férocement pour assouvir leur vengeance.
Mais si Key West est célèbre pour ses touristes et ses requins, cette petite île aux allures paradisiaques l’est tout autant pour ses trafics de drogue. Et pour Peggy tout sa vie semble basculer à nouveau lorsqu’elle met la main lors de l’une de ses plongées sur un échantillon d’une drogue synthétique nouvelle aux effets des plus surprenants. Il s’agît d’une drogue foudroyante, jadis développée par l’armée américaine pour créer des super-soldats… du moins c’est ce qui se raconte. Et dès lors, alors que Brandon se lance dans un trip foudroyant, d’étranges tueurs apparaissent dans la ville prêts à tout pour récupérer la drogue. Et comme si ce n’était pas suffisant, le « Club des dévorés vifs » décide de s’emmêler afin d’arriver à leur fin…
Court et incisif ce thriller, Baignade accompagnée, de Serge Brussolo va en épater plus d’un en plongeant le lecteur dans ce qui ressemble à un trip hallucinant au rythme effrené dans une intrigue mêlant chasse aux requins et trafics de drogue. D’autant plus que malgré l’accumulation d’invraisemblances le récit garde une force terrible, ce qui prouve d’ailleurs le talent incroyable de l’auteur au style inimitable qu’est Serge Brussolo.
Il est à noter que le personnage de Peggy Meetchum apparaît dans trois romans de Serge Brussolo, des aventures qui se suivent tout en étant parfaitement indépendantes et qui sont : Les enfants du crépuscule (1997), Baignade accompagnée (1999) et Iceberg Ltd. (2000).
Trip hallucinant dans l’enfer de Key West, Baignade accompagnée de Serge Brussolo est un roman à découvrir de toute urgence !
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Présente édition : éditions Le de Poche, 1 décembre 2000, 222 pages
Voir également :
- Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
21:47 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : baignade accompagnee, serge brussolo, thrillers, key west, floride, requins, litterature francaise, romans policiers |
|
Facebook | |
Imprimer |
mardi, 07 juin 2011
Le livre du grand secret - Serge Brussolo - 1999
Le jeune Purcell passait toutes ses vacances d’été en Alaska chez son grand-père Darian Forbes, un ancien héros de guerre et écrivain quelque peu oublié de nos jours. Purcell a toujours vu son grand-père comme un héros, mais tout le monde, y compris ses parents le considéraient comme fou. L’été de ses onze ans a été le dernier pour Purcell à passer là-bas. Son grand-père sur le point de mourir semble vouloir lui transmettre un tas de secrets dont l’existence de planques éparpillées à travers le pays, un livre secret écrit à l’encre invisible et surtout il veut avertir le gamin contre « Eux »,ceux qui dirigent le monde et qui vont le tuer pour le faire taire à jamais. Car Darian Forbes connaît des secrets qui pourraient faire trembler le monde, tous contenus dans le livre à l’écriture invisible et qui ne se révélera qu’au bout de dix ans et cela pendant une demi-heure à peine avant de disparaître à nouveau. Et ces pages sont censés contenir ni plus ni moins tout l’avenir de l’humanité. Purcell devra être à la hauteur des responsabilités que lui confie son grand-père, à moins que tout cela ne soient que des histoires et que le grand Darian Forbes a réellement succombé à la folie. Seul le temps permettra de trancher à ce sujet…
Et si cet incroyable héritage lui aussi n’était autre chose que peur et folie pour Purcell…
Paru en 1999 Le livre du grand secret du très prolifique auteur français Serge Brussolo invite son lecteur comme à l’accoutumée dans son œuvre à la découverte d’un mystère dont on ne distinguera jamais pour sûr le vrai du faux, le réel du fantastique. Les genres se mêlent : roman policier, science-fiction, fantastique… ou tout simplement de l’imaginaire à la Brussolo. Ici tout tourne autour d’un écrivain oublié, ancien héros de guerre, que certains prétendent fous et paranoïaque et d’autres impliqué dans de grands secrets, et qui laisse à son petit fils un héritage des plus étranges. Le jeune Purcell devra faire la part des choses au sacrifice de sa santé, autre récurrence chez Brussolo qui voit le héros payer physiquement pour ses découvertes et évolutions. Ce roman plutôt court impressionne et passionne dès les premières pages par son côté glauque et mystérieux, mais aussi par la simplicité de sa mise en scène qui ne manque toutefois guère d’efficacité. Le trouble est vite jeté, c’est envoûtant même et le mystère entourant ce livre dit du grand secret est une belle trouvaille.
Le livre du grand secret de Serge Brussolo est très classique à l’œuvre de l’auteur, très bon sans être le meilleur et qui ravira un large public à la quête de frissons et de mystère.
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Présente édition : Editions J’ai Lu, 8 novembre 2000, 125 pages
Voir également :
- Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
21:43 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : serge brussolo, litterature francaise, le livre du grand secret, fantastique, science-fiction |
|
Facebook | |
Imprimer |
jeudi, 17 mars 2011
Dortoir interdit - Serge Brussolo - 2009
Lorsque la jeune décoratrice Mickie Katz se fait embaucher par l’Agence 13 elle ne se doute pas encore que sa première mission va la mener droit en enfer.
Travailler pour l’Agence 13 a été en quelque sorte une contrainte. Pleine de talent Mickie Katz a été accusée de vol par son ancien patron et a vu sa réputation ruinée. Pour elle donc guère plus de choix que de travailler pour cette agence qui a pour but de réhabiliter et de décorer des lieux où se sont produits des drames sanglants.
Et son premier client est Thobias Zufrau-Clarckson, un milliardaire qui a racheté une base militaire dans laquelle il veut faire rénover un immense bunker anti-nucléaire qui voilà une quarantaine d’année a été le théâtre d’une expérience qui se termina dans un bain de sang. Pour Zufrau-Clarkson cet abri sera le refuge idéal pour lui et sa famille, ainsi que son armée privée en cas d’un conflit futur. Car en effet ce milliardaire se croit habité par le fantôme d’un colonel sudiste mort au champ d’honneur, et depuis il entraîne une bande de mercenaires pour préparer la revanche sudiste envers les confédérés qui dirigent depuis la Guerre de Sécession le pays.
Bref Zufrau-Clarkson est au bord de la folie. Et lorsque Mickie Katz arrive sur place elle constate avec terreur le monde reclus empris à la folie que s’est créé ce milliardaire dans cette base militaire, un univers sous tension qui ne tardera pas à couler dans un véritable carnage...
Dortoir interdit du prolifique écrivain français Serge Brussolo est le premier tome d’une série d’aventures, Agence 13 : les paradis inhabitables, ayant pour point central l’Agence 13 et le personnage de Mickie Katz, des aventures cependant parfaitement indépendantes les unes des autres.
Ce roman est tout simplement étonnant et très prenant d’un bout à l’autre. On y retrouve toutes les obsessions de Brussolo, que ce soit les lieux hantés, les héroïnes meurtries par un passé trouble, des milliardaires fous... et toutes parfaitement amenées dans une histoire qui ne cesse de surprendre. Et comme toujours chez Brussolo on n’est jamais sûr de rien et surtout impossible de prévoir jusqu’où il va mener son lecteur. Et tout cela décrit dans son style inimitable.
Hélas ce roman-ci, contrairement à d’autres plus semblables, se perd un peu entre les différents sujets traités, que ce soit les fantômes de la guerre de Sécession ou alors la tragédie du bunker anti-nucléaire, deux éléments que moyennement liés.
Il n’empêche que Dortoir interdit est un bon Brussolo, peut-être pas le meilleur, mais est très bon quand même.
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Extrait : premières pages
Prologue :
N’étant pas écrivain, j’ai raconté l’aventure qui suit avec mes propres mots, selon l’expression en usage dans les tribunaux. De culture franco-américaine, j’ai tendance à user fréquemment de termes anglo-saxons. Je souhaite qu’il ne m’en soit pas tenu rigueur, c’est ainsi que je m’exprime. Je n’ai pas cherché à faire œuvre littéraire. Ceci est un témoignage, pas une fiction. Il importe avant tout, pour moi, que les faits que je vais exposer ne tombent pas dans l’oubli.
Bien à vous.
Michelle Annabella Katz
Orages souterrains
Mon père était un criminel en fuite ; c’est du moins ainsi que ma mère m’a toujours présenté la chose. Les soirs où elle était en veine d’élan maternel elle m’expliquait, en chuchotant, que Daddy avait fait partie du Weather Underground. C’était l’un de ces weather men qui, à une époque lointaine, avait fait trembler le gouvernement des Etats-Unis en prônant la guerre civile. J’avais six ans. Ce Weather Underground levait dans mon imagination de gamine des images de tempêtes souterraines, d’ouragan dévastant les égouts d’une vielle et faisant s’effondrer ses immeubles.
Mon père - j’ignore quel nom il portait alors - avait fui les USA deux secondes avant que le FBI ne lui mette la main au collet. A partir de là, il s’était fondu dans la nature sauvage, les déserts glacés, là où aucun agent fédéral n’aurait le cran de venir le chercher. Il fut aidé en cela par ses capacités physiques et un talent tout particulier : c’était un grimpeur hors pair, un alpiniste de première force. Pour survivre, il devint guide de haute montagne et s’en alla exercer son métier à l’autre bout du monde. Il se faisait payer fort cher pour traîner des hommes d’affaires japonais au sommet du Chimborazo, de l’Aconcagua, du Kibo, du Godwin Austen ou du Nanda Devi.
Ma mère, Anne Katz, le rencontra lors d’une excursion. Elle était française mais vivait en Suisse. Récemment sortie des Beaux-Arts, elle écrivait des contes pour enfants qu’elle illustrait elle-même. C’était une remarquable dessinatrice, mais qui vivait hors du réel, dans un monde peuplé de nains, de fées, de licornes, et autres sucreries qui m’enchantaient lorsque j’étais gosse. Elle avait peint sur les murs de son bureau une fresque représentant un paysage de châteaux médiévaux, et de vallons embrumés où des légions de gnomes s’affrontaient en un combat incertain. Assez curieusement, cet univers imaginaire semblait avoir pour elle plus de consistance que celui au sein duquel elle se mouvait. Je l’ai vue pleurer lorsqu’elle se voyait contrainte de faire mourir l’un de ses personnages, et cela alors même qu’elle accordait une attention distraite aux accidents dont j’étais victime (jambe cassée, péritonite, traumatisme crânien, j’en passe…). C’était assez étrange, pour une fillette d’une dizaine d’années, d’être en concurrence avec des individus n’existant que sur le papier. Souvent, je me glissais dans son atelier pour observer mes ennemis dont les visages me narguaient au centre des feuilles punaisées sur la table à dessin. Je devais lutter contre l’envie de les barbouiller de peinture noire. Je n’ai jamais osé, bien sûr. Mon instinct me soufflait qu’un tel acte plongerait ma mère dans l’hystérie, voire la démence, et qu’elle n’hésiterait pas une seconde à me balancer au fond du puits.
Je n’avais pas confiance en elle. Elle était d’humeur trop changeante. Deux femmes l’habitaient, deux copropriétaires irréconciliables : la bonne fée, et Carabosse la sorcière. Au fil des heures, et sans qu’on sache pourquoi, elle devenait l’une ou l’autre, et le paradis devenait cauchemar. C’était assez déstabilisant. Je crois qu’elle se laissait posséder par ses personnages, sans même en avoir conscience. Bonne fée, elle répandait douceur et tendresse ; sorcière, elle devenait méchante, injuste et intolérante. Il en fallait jamais la déranger lorsqu’elle travaillait dans l’atelier. Penchée sur la planche à dessin, elle entrait en transe. La maison aurait flambé qu’elle ne s’en serait nullement aperçue.
Peu à peu, j’ai appris à subsister en marge, sans me faire repérer, en passagère clandestine de ma propre demeure.
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Présente édition : Editions Pocket, 10 novembre 2010, 345 pages
Voir également :
- Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
11:27 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : serge brussolo, dortoir interdit, agence 13, les paradis inhabitables, guerre de secession, litterature francaise, thrillers, romans policiers |
|
Facebook | |
Imprimer |
vendredi, 28 janvier 2011
La maison des murmures - Serge Brussolo - 2005
Qui était réellement Rex Feinis, le grand acteur et séducteur du cinéma muet hollywoodien ? Un véritable dieu vivant ? Un tueur en série dissimulé derrière le masque de la célébrité ? Un psychopathe jouissant de la protection des grands studios ? Pire encore ? Certains parlent même de fantôme, d’extra-terrestre ? En tout cas nombreux sont ceux qui s’intéressent encore à lui, malgré le fait que ses films ne soient plus diffusés, car tous les droits ont été achetés par un collectionneur richissime et fou qui refuse leurs transmissions. C’est ce même collectionneur qui va engager Sarah Katz, la fille d’une starlette assassinée, afin d’inventorier les décombres de la maison de Rex Feinis, une magnifique bâtisse qui était située à Beverly Hills et que l’on surnommait La maison des murmures. Celle-ci s’est en effet effondrée lors d’un tremblement de terre ensevelissant le grand acteur. les décombres ont été précieusement gardés dans des conteneurs que Sarah Katz doit examiner. Très vite celle-ci se rend compte que sous chaque pierre se cache un secret et que peu à peu, alors que la lumière se fait sur la vie de Feinis, elle y entrevoit aussi son propre passé, étrangement mêlé à celui de la star. Et elle va vite découvrir que sa propre existence est menacée par les découvertes qu’elle fait...
Dans La maison des murmures l’auteur français Serge Brussolo mène son lecteur dans un thriller passionnant à l’imaginaire fou dans le Hollywood des années soixante et celui bien plus ancien du cinéma muet, sur les traces d’une légende du cinéma qui semble toujours hanter le monde d’aujourd’hui tel un fantôme ressuscité par la passion que lui vouent encore certains. Le lecteur est immédiatement accroché par ce destin hors du commun qui apparaît peu à peu au fil des pages, Brussolo jouant admirablement avec le suspense en nous en donnant plusieurs versions sans qu’aucune ne soit jamais réellement confirmée ni réfutée. La construction est très classique, en tout cas pour cet auteur qui enchaîne les romans à très grande vitesse. mais à chaque fois on est à nouveau surpris par où l’auteur nous mène, généralement bien loin du point de départ. D’autres éléments bien classiques de l’oeuvre de l’auteur interviennent ici aussi, telle une héroïne au passé trouble et mal dans sa peau qui va au cours de l’aventure subir énormément de mutilations physiques, un personnage mystérieux qui plane sur tout le roman, un lieu supposé être maudit...
La maison des murmures est un thriller dans la plus pure tradition des romans de Serge Brussolo. Passionnant, souvent malsain et toujours efficace... bref un thriller à découvrir !
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Présente édition : Editions Plon, 4 mai 2005, 326 pages
Voir également :
- Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
14:15 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : serge brussolo, thrillers, romans policiers, romans de mystere, fantastique, imaginaire, la maison des murmures, litterature francaise |
|
Facebook | |
Imprimer |
dimanche, 26 décembre 2010
Les emmurés - Serge Brussolo - 1990
Jeanne, une journaliste un peu paumée, est poussée par son employeur à accepter une mission quelque peu hors du commun : elle doit s’installer quelque temps dans un immeuble où furent commis, des années plus tôt, plusieurs crimes atroces, cela afin d’y écrire un reportage si possible sensationnel sur la vie dans cet immeuble que l’on dit toujours hanté. En effet Malestrazza, l’architecte de la bâtisse, tuait un à un ses locataires afin de les emmurer. Et lorsque la police est enfin arrivé à le coincer, celui-ci disparaît mystérieusement, ayant vraisemblablement fui dans l’un des multiples passages secrets supposés de la construction. Et depuis, les locataires ayant survécu, croient que l’assassin rôde toujours la nuit dans ces longs couloirs et vivrait dans un appartement secret totalement invisible au commun des mortels. Pour Jeanne c’est sûr : tout cela ne sont que rumeurs et superstitions. Mais dès qu’elle franchit le seuil de la porte la jeune femme va vite deviner que les maléfices ne sont pas uniquement dus aux fantasmes du voisinage. Quelque chose de maléfique semble prendre possession d’elle... ou alors n’est-ce que son imagination ?
L’écrivain français Serge Brussolo est un spécialiste du thriller bien sombre à l’ambiance lourde jouant continuellement à la frontière entre le réel et le cauchemar bien fantastique. Auteur très prolifique, plusieurs romans par an, Brussolo a hélas aussi la fâcheuse habitude de réutiliser très souvent des intrigues et constructions très semblables. C’est le cas hélas avec Les emmurés, un thriller certes très prenant mais qui donne un air de déjà-vu, que ce soit par son contexte, l’immeuble hanté, son personnage principal, une femme psychologiquement fragile face à ses démons, et son développement, superstitions et fantastique laissant peu à peu place à un réel bien plus terrifiant encore. Si ce roman n’est certes pas très original dans l’oeuvre de Brussolo, il est tout de même l’un de ses romans les plus efficaces. Le lecteur est pris dès les premières pages, et ne lâchera plus... fasciné par l’ambiance de cet étrange immeuble, emporté par l’histoire de l’architecte et frissonnant et souffrant à la suite de l’héroïne dans sa lente descente aux enfers.
A noter que ce roman a été adapté en 2009 au cinéma par Gilles Paquet-Brenner sous le titre de Walled In.
Les emmurés, un thriller bien classique de Serge Brussolo, en est toutefois l’un des plus prenants, plongeant le lecteur corps et âme dans l’univers maudit de l’auteur.
A lire !
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Présente édition : Editions Le Livre de Poche, 11 décembre 2001, 288 pages
Voir également:
- Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
20:44 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : serge brussolo, thrillers, litterature francaise, fantastique, les emmures, romans policiers |
|
Facebook | |
Imprimer |
dimanche, 10 janvier 2010
La Princesse noire - Serge Brussolo - 2004

Inga est une jeune fille éduquée en tant qu'orfèvre par sa mère chrétienne. Son père viking tente de lui inculquer les valeurs ancestrales des siens. Mais pour Inga ces temps sont révolus. Du moins c'est ce qu'elle pense jusqu'au jour, où parti en mission dans un monastère dans le but de vendre une croix, elle se fait capturer par des pillards vikings et qui la revendent comme esclave à Björngötland à une mystérieuse châtelaine, que tout le monde dans le pays appelle la Princesse noire. Celle-ci règne en maître dans un manoir en ruine où elle recueille des enfants infirmes abandonnés par leur parents.Il est en effet tradition chez les vikings d'abandonner les enfants dont les incapacités physiques risqueraient de nuire à la bonne santé de la lignée. Mais Inga sent très vite qu'un mystère plane sur les lieux. La Princesse noire ne semble guère s'intéresser aux enfants qu'elle recueille, et ce qui aurait pu passer pour de l'hospitalité et de la générosité cache un dessein bien différent. Les enfants dont elle a la garde lui racontent de plus de bien curieuses histoires, notamment à propos d'une créature qui hanterait les sous-sols, un assassin qui, à chaque nouvelle lune viendrait prélever son tribut. Certains pensent même qu'ils servent de garde-manger à cette bête.
Que se cache-t-il derrière tout cela. Inga mettra sa vie en danger pour arriver à bout de ce mystère, d'autant plus qu'un dénouement final dans l'horreur semble s'annoncer de toute part.
L'écrivain français Serge Brussolo a déjà fait ses preuves dans un peu tous les genres possibles de la littérature, que ce soit le fantastique, la science-fiction, le polar et bien d'autres. Ici dans La Princesse noire, il s'agît d'un roman d'aventures historique au relents d'un policier qui se déroule sur une île nordique à l'aube du christianisme où l'héroïne sera confrontée aux multiples superstitions populaires qui tendent à rendre tous les mystères qui l'entourent fantastiques. Mais quand le fantastique semble être présent partout, il n'en est finalement rien : la dure réalité que Brussolo nous dévoile étant bien plus sombre et même fantastique. On y retrouve de nombreux thèmes chers à Brussolo dont notamment l'évolution de sociétés isolées en proie à toutes sortes de croyances et de barbaries. La folie aussi, qui guette La Princesse noire dans son horrible dessein, et pour qui tous les moyens sont bons pour arriver au bout. Et tout cela toujours décrit dans une ambiance très sombre et lourde. Mais s'il s'agît d'un plutôt bon roman de l'auteur, celui-ci en a toutefois écrit des meilleurs. le contexte historique est suffisamment bien décrit pour fonctionner l'histoire, mais les amateurs d'histoire y verront cependant un manque de documentation.
La Princesse noire de Serge Brussolo est un bon roman mêlant histoire et mystère, un excellent divertissement à l'ambiance pesante qui ne laissera guère indifférent.
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com -
ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Voir également:
- Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
17:14 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : romans historiques, litterature francaise, vikings, thrillers, serge brussolo, romans de mystere |
|
Facebook | |
Imprimer |
samedi, 03 janvier 2009
La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo - 2004

Dans un futur très proche, le 18 avril 2015 plus exactement la ville d'Alzenberg est victime d'une immense catastrophe. le fleuve qui traverse la ville sort de son lit pour submerger totalement le réseau métropolitain. Sans que l’on sache exactement pourquoi, les digues ont cédé et les tunnels ont été complètement inondés. Et plusieurs milliers de personnes, empruntant le métro ce jour-là, ont disparu. Une commission d'enquête a été créée pour déterminer les causes de la catastrophe, vraisemblablement un affaissement de terrain, mais personne n'en est réellement convaincu et toute une série de rumeurs commencent à circuler. La rumeur principale concernerait un stockage d'armes chimiques, qui suite à une mauvaise manœuvre aurait explosé. Cette idée est d'autant plus crédible que deux ans plus tard les autorités n'ont toujours rien entrepris pour assécher le labyrinthe des couloirs innondés. Les entrées des stations ont été condamnées et le maire refuse que l’on remonte les restes de ceux qui ont péri : ce serait des enterrements à répétition qui ne feraient que démoraliser la population. Mieux vaut que les choses restent en l’état. Malgré tout, afin de calmer les familles des victimes, les autorités ont entrepris de recenser les trépassés. Des équipes de scaphandriers arpentent les voies souterraines à la recherche des disparus. Ils fouillent les rames et découvrent des cadavres momifiés dont ils retirent les pièces d’identité.
Lize Unke fait partie de cette brigade d'enquête. Elle espère toujours retrouver des survivants qui auraient bénéficié de poches d'air. Et surtout elle espère retrouver sa soeur disparue lors de la catastrophe. Mais alors qu'elle mène ses recherches elle constate de nombreuses choses bizarres. Déjà les cadavres restant dans l'eau semblent rester dans un état de conservation parfaite, de plus des traces de survivants indiquent que ceux-ci auraient très rapidement regressé à un état sauvage. C'est surtout lorsqu'elle constate que d'autres groupements semblent s'intéresser de près aux cadavres Lize décide de ragir. Mais comment ? Et contre qui doit-elle se battre ? Car entre l'hypothèse d'une catastrophe naturelle à l'origine de tout et celle d'un complot la marge est bien mince et la vérité risque d'être enfouie à jamais au plus profond du métropolitain submergé.
Ce roman de l'écrivain français Serge Brussolo apparaît pour la première fois au début des années 1980 sous le titre Fœtus d'acier pour être réédité en 2004 sous son titre actuel La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond. Mais cette nouvelle version varie fortement de la précédente par le cadre du roman et les noms des personnages et lieux (tous germanisés), par la suppression totale des éléments purement issus de la science-fiction (plus de robots, de fœtus d'acier etc.) et le changement des motivations de l'héroïne dont le but devient celui de retrouver sa sœur et non plus seulement de mettre à jour un complot. Le roman de plus s'allonge de près de 120 pages pour mettre plus en avant le côté psychologique de l'héroïne.
La volonté de rééditer ce roman se comprend par l'actualité. En effet le roman met en scène une ville traumatisée par une catastrophe au sujet de laquelle de nombreux doutes existent. Le lecteur fera rapidement le lien avec la catastrophe du 9 septembre 2001 qui, par la destruction du World Trade Center, a traumatisée pour longtemps la ville de New York. On retrouve d'ailleurs dans le roman de nombreux parallèles entre ces deux événements.
Le lecteur ne saura d'ailleurs jamais ce qui s'est réellement passé, mais si de nombreuses suppositions lui sont offertes. Serge Brussolo mêle comme à son habitude les styles, que ce soit la science-fiction, le roman catastrophe ou alors policier, mais s'attache avant tout au drame psychologique qui a frappé la population et surtout le personnage principal de Lize Unke, ce qui donne d'ailleurs toute sa force à ce roman. La première partie du roman est d'ailleurs excellente par 'imagination de l'auteur et des images surnaturelles qu'il décrit, et cela dans un contexte on ne peut plus crédible. Le style d'écriture de Brussolo apporte beaucoup à ce récit.
Hélas ensuite, dans la seconde moitié du roman, le tout s'essouffle un peu. Le lecteur sent que l'héroïne ne réussira guère à avancer dans ses recherches qui se terminent au fond de l'eau d'une façon bien moins crédible et convaincante. De multiples déceptions arrivent qui, fort heureusement, ne font pas totalement oublier l'excellence de la première moitié du roman.
La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond, même si inégal, est un roman très poignant et qui ne laissera guère indifférent ses lecteurs.
A découvrir !
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Voir également :
- Trajets et itinéraires de l’oubli - Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
16:01 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, romans policiers, thrillers, serge brussolo, litterature francaise, romans de mystere, romans catastrophe |
|
Facebook | |
Imprimer |
samedi, 16 juin 2007
Boulevard des banquises - Serge Brussolo - 1990

Gotterdhäl, la dernière ville civilisée avant le Pôle Nord et aussi dénommée la Venise du Nord dû à sa construction sur pilotis à bord de mer, est une ville totalement atypique au passé viking un peu trouble. Encerclée par des icebergs elle donne l’image d’une cité conservée dans la glace depuis plus d’un siècle. Sarah, une jeune romancière déçue, est envoyée là-bas par son éditeur pour écrire un guide touristique sur Gotterdhäl. Mais dès son arrivée elle constate des comportements bien étranges : ils portent des masques recouvrant le visage, n’allument aucune lumière la nuit, calfeutrent leurs fenêtres pour bloquer toute lumière et lors d’une visite d’un sauna elle découvre également qu’ils portent des ceintures d’épines et des vêtements remplis de clous et d’aiguilles provoquant sur leurs corps des blessures qui saignent constamment. Sarah, déjà très mal dans sa peau, voit ses angoisses personnelles amplifier dans cette mystérieuse et très lugubre ambiance. Les monuments de la ville, représentant des scènes de torture d’exactions et de massacres, la hantent jusque dans ses rêves. Petit à petit et notamment grâce à l’aide de Judith, une connaissance rencontrée lors de son voyage, Sarah découvre le terrible secret que renferme l’histoire de Gotterdhäl et qui explique les comportements étranges de la population locale qui s’avèrent être plus des rituels expiatoires qu’autre chose. Sarah, à la fois fascinée et répulsée par ce qu’elle découvre se perd corps et âme dans cette cité sans plus savoir comment affronter cet envoûtement pour s’en sortir.
Boulevard des banquises est un impressionnant roman de l’écrivain Serge Brussolo dans lequel celui-ci comme à son habitude jongle habilement avec le fantastique sans jamais donner réellement dans ce genre. Le roman vaut avant tout par son ambiance très glauque et pesante, et par ses descriptions de la ville de Gotterdähl qui semble tout droit sorti d’un cauchemar. Chaque page est marquée par cet étrange sentiment de perdition et de culpabilité qui semble tant hanter les habitants de cette ville et Brussolo nous propose d’y explorer la souffrance et les remords de l’âme humaine dans toute sa profondeur. Mais derrière ces belles descriptions et cette oppressante ambiance se cache hélas une intrigue bien mince et le lecteur aura du mal à suivre la descente aux enfers de l’héroïne Sarah. La morale fortement masochiste qui se cache derrière cette histoire est un peu douteuse. Et finalement certains éléments sont assez peu crédibles, comme par exemple le fait que cette ville du Grand Nord ait été construite sur pilotis, à se demander d’où ses bâtisseurs se sont procuré tout le bois nécessaire.
Boulevard des banquises est avant tout un roman d’ambiance, une impressionnante œuvre noire et glaçante qui plaira à tous les amateurs d’étrange en tout genre.
Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !
Voir également :
- Trajets et itinéraires de l’oubli - Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
22:50 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : serge brussolo, litterature francaise, fantastique |
|
Facebook | |
Imprimer |
mardi, 26 décembre 2006
Bunker - Serge Brussolo - 1985

Oswald Caine, romancier de petits polars, part pour l’Amérique latine sur les traces de Cazinsky l’un des ses anciens professeurs d’université décédé alors qu’il travaillait sur la biographie d’Arturo Aguilados y Portozas y Cabreron, un ancien sympathisant nazi. Ce dernier s’était fait construire lors de la Seconde Guerre mondiale une véritable forteresse, le bunker, sur une île au large de San-Carmino, une petite station balnéaire aujourd’hui délaissée aux mains de gangs et de milices payés par une exploitation minière de la région. Cazinsky avait passé plusieurs années dans ce trou perdu, et tout cela pour faire la biographie d’un inconnu. Oswald suspecte que quelque chose se cache derrière tout cela. De plus il n’est pas le seul à s’intéresser aux travaux de Cazinsky. Un couple de mystérieux terroristes semblent croire à la présence d’un trésor quelque part et veut mettre la main dessus pour pouvoir financer leur révolution. De plus le gardien du bunker, demi-fou, sentinelle de ce lieu abandonné, semble tout faire pour mettre des bâtons dans les roues d’Oswald Caine. Mais que se cache-t-il réellement dans ce fortin vétuste et abandonné ? Hélas, il est difficile de résoudre une énigme dans une ville que les attentats et autres attaques en tout genre ont peu à peu vidée de sa population, et Oswald Caine ne va pas tarder à en faire l'amère expérience.
Bunker de Serge Brussolo est nous conte dans le style à la fois d’un roman policier et d’un thriller horrifique, l’histoire d’une chasse au trésor et d’une révolution au style cubain en Amérique latine dans une cité où la jungle a repris le pas sur la civilisation. Et tout cela autour d’une maison hantée par l’horrible passé nazi de ses anciens occupants. Le roman aborde énormément de choses dans un récit très dense, plein de suspense et de rebondissements. La ville de San-Carmina, ainsi que l’îlot au bunker, fonctionne comme un étrange et terrifiant huis clos duquel personne ne semble pouvoir sortir vivant. L’horreur semble guetter les protagonistes à chaque tournant de page, inlassablement jusqu’à la fin. Brussolo étoffe bien ses personnages en décrivant bien leur psychologie et les motivations de leur actes. Hélas la plupart d’entre eux sont des personnages bien typiques et pas toujours très originaux. Le récit fonctionne ainsi à merveille au plus grand plaisir du lecteur.
Le roman est paru pour la première fois en 1985 sous le titre de La Maison vénéneuse et a été réédité en 1993 sous son titre actule : Bunker.
Un très bon roman de la part d’un grand spécialiste français du bizarre et des thrillers en tout genre.
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Voir également :
- Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
22:19 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : serge brussolo, litterature francaise, thrillers, romans policiers, horreur |
|
Facebook | |
Imprimer |
samedi, 22 juillet 2006
Trajets et itinéraires de l'oubli - Serge Brussolo - 1981

Le musée ne cesse de hanter Georges Déjà par son architecture, à la fois fascinante et cauchemardesque. Et puis par son intérieur, immense, aux dimensions dépassant tout entendement. Georges s'y rend une fois par semaine afin de retrouver sa femme, disparue il y a trois ans dans l'immensité du musée alors qu'elle effectuait un travail d'inventaire des oeuvres.
Cette longue nouvelle du prolifique auteur Serge Brussolo, suit à tour de rôle le vécu de Georges, petit bureaucrate à la vie tranquille, et d'Elsy, jeune femme intelectuelle qui essaie de tuer son ennui par tous les moyens et d'échapper à son mari. Le tout tournant autour de cet impressionant et confus musée dans lequel le visiteur peut errer pendant des années sans avoir tout vu. Le musée devient un cauchemar qui engloutit les deux personnages principaux du récit, Georges est pris mentalement dans ce piège, alors que Elsy l'est physiquement. Dès le début le lecteur est plongé dans une ambiance fantastique et grotesque où la démesure devient oppressante. Mais si le musée est représenté tel un labyrinthe sans fin, il est avant tout l'image de la complexité et de l'impasse dans laquelle se trouve la relation entre Georges et Elsy. Trajets et itinéraires de l'oubli est en tout cas une nouvelle très impressionante et plutôt réussie.
Trajets et itinéraires de l'oubli est aujourd'hui publié seul, mais est paru pour la première fois dans le recueil Aussi lourd que le vent paru en 1981.
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Extrait du premier chapitre:
Georges aurait voulu porter des oeillières. Deux plaques de cuir ou de métal harnachées de chaque côté de ses joues et limitant son champ de vision à un étroit chemin juste assez large pour ses pieds. Chaque fois qu'il abordait l'escalier monumental du musée, il aurait aimé amputer son regard de toute perspective, de toute échappée, pouvoir le réduire à cet itinéraire étriqué qui le conduisait du parking jusqu'au hall d'entrée, les yeux fixés sur le cuir mal ciré de ses chaussures. Le bâtiment éveillait en lui une nausée indéfinissable proche de l'agoraphobie. Une ivresse malsaine, plutôt un vertige, né de l'alignement parallèle des degrés, de leur blancheur aveuglante sous le soleil. Parfois il avait la certitude que l'escalier, tel un accordéon immaculé, allait se déformer sous ses pas, gonfler, rouler, se distendre en une cacophonie monstrueuse qu'il serait seul à entendre et qui le jetterait là, au beau milieu du trottoir après que les marches - devenues brusquement molles - auraient charrié son corps comme celui d'un noyé ballotté par les vagues.
Cette architecture, à peine entrevue lors de son arrivée, le plongeait depuis dans un malaise inexplicable, sans remède, et il évitait de s'y trouver confronté trop fréquemment. Souvent il se demandait si ce dégoût, cette impossibilité d'évoluer au milieu des énormes structures bétonnées n'était pas le résultat d'un arrangement anormal - et parfaitement concerté - des lignes de fuite. Une de ces monstrueuses illusions d'optique jouant avec le relief, et où - l'espace d'une seconde - l'esprit n'arrive plus à distinguer le contenu du contenant, le creux du volume. Il se rappelait les tests passés à l'armée: des proliférations de taches noires, de symboles baroques qui lui avaient paru proches du sanscrit et auxquels il s'était avéré ancapable de donner une quelconque signification avant qu'on ne lui montre, à l'aide d'un crayon, qu'il s'agissait en fait de l'empreinte inversée de lettres parfaitement banales. Depuis il détestait les astuces visuelles, les "reliefs impossibles" ou le op'art. Ainsi le musée lui donnait-il l'impression de fonctionner comme un piège pour l'oeil. Il y avait dans sa conception quelque chose de vicié, un détail infime et imperceptible pervertissant sa géométrie. Une ligne, une arche, l'angle d'une porte, quelque chose de non décelable et d'évident tout à la fois comme ces dessins des devinettes enfantines où un chat se dissimule dans la houle d'une mèche de cheveux et où un buisson apparemment anodin recèle "petit Pierre jouant au cerceau"... Georges avait entendu parler d'antiques devinettes mésopotamiennes aux images si fouillées que plusieurs années d'études ne suffisaient pas à en apporter la solution. Il se rappelait même avoir aperçu l'une de ces fresques-mystères dans une quelconque salle d'exposition du rez-de-chaussée. Le musée obéissait aux mêmes règles. Il aurait fallu prendre photo sur photo, cerner chaque volume, chaque courbe, loupe en main, traquant la clef, l'indice... La preuve. La preuve de l'impossibilité architecturale de l'ensemble, la preuve que toute cette construction ne pouvait pas tenir debout, qu'elle n'était qu'un leurre. Un repli capricieux de l'espace et du temps, un méandre de matière inconnue s'organisant selon des préceptes impossibles à concevoir. Il était sûr de l'incohérence mathématique et physique du bâtiment. Le musée ne pouvait pas être mis en équation: IL TRICHAIT!
Pour commander ce livre :
AMAZON.fr - FNAC.com - ABEBOOKS.fr - PRICEMINISTER.com
Voir également:
- Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
- Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
- La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
- La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
- Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
20:21 Écrit par Marc dans Brussolo, Serge, Critiques littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : serge brussolo, science-fiction, fantastique, litterature francaise |
|
Facebook | |
Imprimer |





