dimanche, 31 juillet 2011

Gunnm, tome 4 - Yukito Kishiro - 1990-1995

gunnm,manga,yukito kishiro,bande dessinee,science-fictionGally continue sa carrière dans le motorball, et bientôt plus aucun adversaire n’est à sa hauteur. C’est là que Jashugan, l’empereur de la discipline la défie pour une course spéciale : une course à l’issue de laquelle qu’un seul des deux ne pourra survivre.
Mais déès que la course commence, et alors que le motorball n’a pas encore touché le sol, Jashugan a déjà éliminé la quasi entièreté des alliés de Gally. Celle-ci devra puiser au fond d’elle-même toute la force nécessaire pour vaincre cet ennemi, au point même de retrouver des souvenirs de sa vie antérieure sur Mars...

Quatrième tome de la série Gunnm et suite directe du tome précédent, avec le duel attendu entre Gally et Jashugan, et cela pour le plus grand plaisir de nos yeux. Si le scénario est cette fois très fortement basé sur l’action, l’auteur y introduit tout de même de nombreux éléments sur le côté émotionnel de son héroïne, ainsi qu’en laissant entrevoir certains aspects de son passé martien. Les dessins sont impeccables et très efficaces. Mais on espère tout de même un peu plus des tomes suivants sur l’univers créé ici.

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Extrait : quelques planches au hasard

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Présente édition : traduit par Yvan Jacquet, éditions Glénat, 25 octobre 1995, 200 pages

Voir également :
- Gunnm, tome 1 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 2 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 3 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 5 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 6 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

vendredi, 29 juillet 2011

Lucrèce Borgia - Victor Hugo - 1833

theatre,lucrece borgia,victor hugo,litterature francaise,borgia,drame,tragediesLucrèce Borgia, la duchesse de Ferrare règne sur l’Italie de cette fin de XVe siècle. Et son pouvoir et influence elle les a obtenus par le crime, les complots, l’adultère et même l’inceste. Cela au point qu’elle haïe de partout. Et pourtant cette femme si puissante et dangereuse tremble devant un seul homme, Gennaro, un simple capitaine à la solde de la République de Venise. Elle va même jusqu’à tout mettre en jeu pour le retrouver dans la foule du carnaval de Venise, cela sous l’œil suspect de son mari. Mais pour Lucrèce Borgia, rien ne peut l’empêcher de retrouver le jeune Gennaro, et pour cause, le jeune capitaine n’est autre que son fils caché, né de ses amours incestueuses avec son propre frère, et le jeune homme ignore tout de son passé et de ses origines.
Comment protéger son enfant, comment le soustraire à la fureur d'un mari qui le croit son amant ? Et surtout, comment Gennaro réagira-t-il en apprenant que sa mère n’est autre que ce monstre du nom de Lucrèce Borgia ?

Représenté pour la première fois le 2 février 1833 au Théâtre de la Porte-Saint-Martin à Paris, le drame Lucrèce Borgia de Victor Hugo a vite rencontré un immense succès dû à la force des sentiments exaltés par ses personnages, le tragique féroce auquel ils succombent et l’écriture puissante en prose, faite de répliques enlevées et efficaces et qui fait directement entrer dans le sujet. Le rôle de la duchesse Borgia émeut et horrifie à la fois, bref elle fascine, tout comme l’entièreté de la pièce.
Le dramaturge, touché par l’échec l’année précédente du Roi s’amuse, a écrit cette pièce en quatorze jours et s’est attaché les services de grands comédiens de l’époque dont notamment la célèbre Juliette Drouet. Le succès a été tel que le compositeur italien Gaetano Donizetti en tira la même année un opéra.

Un grand classique à lire et à relire !

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Présente édition : Editions Pocket, 19 mai 2011, 155 pages

Voir également :
- Bug-Jargal - Victor Hugo (1826), présentation
- Le dernier jour d’un condamné - Victor Hugo (1829), présentation et extrait
- Claude Gueux - Victor Hugo (1834), présentation et texte intégral

- Les Misérables - Victor Hugo (1862), présentation et extrait

mercredi, 27 juillet 2011

Un gros bobard et autres racontars (En lodret løgn og andre skrøner) – Jørn Riel - 1986

un gros bobard et autres racontars, jorn riel,racontars,litterature danoise,groenland,romans d aventures« À dix-neuf ans, en 1949, un impétueux jeune homme quitte son Danemark natal "trop rigide" et part courir l'aventure au Groenland. Jorn Riel y restera seize ans, à mesurer les glaciers et à se mesurer à lui-même, à défier l'immensité, la solitude, la peur, le froid. Pour adoucir les nuits polaires et les jours sans soleil, il s'amuse à écrire des contes. À coups d'anecdotes pétillantes, il met en scène ses compagnons, des hommes bourrus, trappeurs au grand coeur, chasseurs de phoques, buveurs de tord-boyaux, fiers solitaires et pourtant indécrottables sentimentaux en quête de l'âme soeur. » - Quatrième de couverture.

Les racontars arctiques de l’écrivain danois Jorn Riel se suivent et se ressemblent, mais c’est toujours avec le même plaisir et le même enchantement que l’on découvre l’un de ces dix tomes que constituent l’ensemble de cette longue saga écrite en 1974 et 1996. Evidemment mieux vaut les lire dans l’ordre, mais ne pas le faire ne s’avère pas trop grave. On retrouve avec plaisir cette bande de joyeux chasseurs arctiques exilés sur les côtes groenlandaises, abandonnés à eux-mêmes et qui accumulent les aventures les plus drôles. Comme l’explique l’auteur lui-même au sujet de ses racontars : Ce sont des histoires vraies qui pourraient passer pour des mensonges, à moins que ce ne soit l’inverse. Et cela se confirme à merveille à travers cette multitude de textes et histoires. C’est burlesque, drôle, parfois grotesque mais au final toujours très humain. Et ces 150 pages se lisent avec une facilité et un plaisir inégalés.

A lire !

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Présente édition : traduit par Suzanne Juul et Bernard Saint Bonnet, éditions 10/18, 1 janvier 2002, 152 pagese

Voir également :
- Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars (Forliset og andre skoner) - Jorn Riel (1996), présentation et extrait

mardi, 26 juillet 2011

Le déjeuner de Sousceyrac - Pierre Benoit - 1931

le dejeuner de sousceyrac, pierre benit, litterature francaise, sousceyrac, De retour de vacances, alors qu’ils tentent de rejoindre Paris, les deux inséparables amis Jean et Philippe s’arrêtent par hasard au village de Sousceyrac, un village isolé dans les montagnes du Ségala dans lequel Philippe passa ses vacances d’enfance. Sa famille est en effet originaire de là avant de partir vivre à Cahors laissant sur place une vieille tante, Mlle Lauzès, avec qui les rapports étaient quelque peu difficiles.
Ainsi les deux voyageurs s’arrêtent à l’unique hôtel du village pour y déjeuner. Un déjeuner somptueux, bien du terroir et qui les marquera durablement. Philippe en profite pour demander quelques nouvelles de sa tante. Il apprend qu’elle est décédée il y a quelques années et surtout qu’elle a quitté le monde en laissant des millions derrière elle, une fortune dont Philippe, le seul héritier encore en vie, n’a jamais la couleur. Et en effet l’héritier désigné a été un marchand de bois du village désigné comme légataire par la défunte. Philippe ne peut y croire et décide de prolonger son séjour au village. Se faisant passer pour un touriste genévois il mène son enquête et met peu à peu à jour une immense escoquerie manigancée par les gens de Sousceyrac.
Mais pour Philippe la fortune qu’il convoite n’est pas forcément celle qu’il désire et dont il sera récompensée à la fin de ses efforts.

Ecrit en 1931 le roman Le déjeuner de Sousceyrac de l’écrivain et académicien Pierre Benoit nous invite à un voyage dans la France profonde, au village de Souszeyrac (bien réel, d’ailleurs un restaurant au nom du titre du roman y est ouvert) à la rencontre des gens de là-bas, de cette vie de village et surtout de ce savoir-faire gastronomique classique du terroir local. Le tout rythmé par une intrigue mêlant une escroquerie à l’héritage, un amour impossible et surtout toute une galerie de personnages très humains dans tous leurs défauts et qualités.
Le roman paraît aujourd’hui quelque peu suranné, il n’empêche qu’il se lit avec grand plaisir. L’intrigue est prenante, sans être originale, le ton est à la fois grave et drôle, parfois caricatural mais souvent vrai.

Ce roman de Pierre Benoit a été adapté à la télévision en 1990 dans un téléfilm au même titre et réalisé par Lazare Iglesis avec Hélène Vincent, Claude Brosset et Jean-Yves Berteloot dans les rôles principaux.

Le déjeuner de Sousceyrac de Pierre Benoit représente une belle lecture, bien divertissante et très humaine, cela même si le roman a quelque peu vieilli.

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Extrait : premières lignes

C'est un sauvage et dur pays que le Ségala, l'un des plus écartés, des plus ignorés de France. À la lisère du Cantal et du Lot, il n'est plus le Quercy sans être tout à fait l'Auvergne. Abrupt plateau de roches schisteuses, de granits, de grès, il s'élève par étages, sous les nuées, avec ses noires châtaigneraies, les maigres champs de seigle auxquels il doit son nom, ses landes qu'au crépuscule les troupeaux désertent, et dont les bruyères agitées sans fin par le triste vent de la nuit demeurent seules sous les étoiles.

À cette rude région correspond une race plus rude encore, une race hostile aux innovations, farouchement cramponnée au sol. De Labastide du Haut-Mont, qui est la commune culminante de la région, on aperçoit, paraît-il, quand le temps est clair, les Pyrénées. Mais qu'importe à l'homme du Ségala, cette fantasmagorie bleue et rose! Il ne se laisse pas séduire; il n'émigre pas; il n'abandonne pas son aire. On raconte qu'il existe là-haut, dans la forêt, entre Gorse et Sénaillac, de vieilles paysannes qui ne savent même pas ce que c'est que le chemin de fer.

Truites et écrevisses peuplent à foison les torrents du Ségala; ses taillis regorgent de sangliers; les bécasses se coulent parmi les ronciers; les perdrix grises se hâtent parmi les airelles. Le rare touriste que le hasard aura conduit dans cette étrange contrée peut sans remords garder un souvenir attendri de ces succulents trésors. Les gens du lieu les lui prodigueront avec d'autant plus de munificence que, personnellement, ils ne songent guère à en abuser. Ils n'ont d'amour que pour le lopin de terre qu'ils possèdent, il n'ont de haine que pour leur voisin, détenteur du lopin de terre qu'ils convoitent. Tel est leur grand, leur unique souci. La passion du sol à conserver, à conquérir, les a marqués de façon profonde. Elle a fait d'eux des avares effrénés. Et cette avarice à son tour les a rendus plus processifs que les habitants de n'importe quelle autre province.Il n'est point d'études de campagne qui chôment moins que celles des notaires du Ségala. Sur leurs bancs de hêtre luisants, elles voient, aux jours de marché, s'asseoir une clientèle opiniâtre. Les yeux brillent d'un feu taciturne sous les chapeaux de feutre noir. Le poing se crispe sur le bâton de houx. Les dents serrées ne laissent passer que les paroles comminatoires. De Tulle à Figeac, d'Aurillac à Cahors, gens du causse, de la montagne ou de la plaine connaissent et raillent ce sombre esprit de chicane dont sont possédés leurs âpres voisins; on réprouve le peu de scrupule des moyens qu'ils mettent en oeuvre pour le satisfaire. On ne craint pas d'insinuer que l'étymologie de Latronquière, leur rustique capitale, pourrait bien être LATRONUM QUIES, "asile de larrons"... Eux laissent dire. Ils ne daignent pas protester contre une réputation exagérée peut-être, mais qu'en tout cas les événements dont on va lire le récit ne contribueront guère à démentir.

Encore un coup, d'ailleurs, que leur importe! N'ont-ils pas assez à faire avec leurs querelles, avec leur lutte contre un climat, une nature qui durant un tiers de l'année, les retranche du reste du monde? La neige assiège les villages au fond des vallons, bloque les fermes qui, de décembre à mars, ne recevront plus la visite du vétérinaire, ni quelques unes même celle du facteur. Totalement dépouillés de leurs feuilles, les arbres balancent sur le ciel blême des rameaux qui ont l'air d'avoir été calcinés par un incendie, si noirs qu'ils semblent fous d'espérer du printemps qu'il les fasse jamais refleurir.

Et pourtant, il opère ce miracle. Il revient, et il est adorable, avec la soudaine invasion de ses colchiques, de ses centaurées ressuscitées, de ses ruisselets qui dégringolent de toutes parts dans les prairies et se perdent en chantant sous les aulnes...Mais cette saison privilégiée, ainsi que l'été qui la talonne, dure peu. Très vite, l'odeur du bois mouillé, des feuilles sèches que l'on brûle, annonce le retour de l'hiver. Une sarcelle qui s'envole, une écharpe de brume autour des côteaux, une écharpe de laine au cou des enfants qui regagnent l'école, et de nouveau le Ségala se replonge dans son mystère, dans son engourdissement, dans sa mort.

 

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Présente édition
: Editions Le Livre de Poche, 1er trimestre 1967, 244 pages

lundi, 25 juillet 2011

Les éclaireurs - Antoine Bello - 2009

antoine bello,les falsificateurs,les eclaireurs, litterature francaise,romans de mystere,le cfrAprès les événements décrits dans Les falsificateurs (2007), la carrière de l’islandais Sliv continue au sein du CFR, le Consortium de Falsification du Réel, alors que le monde sera bientôt ébranlé par les attentats du 11 septembre 2001. Le CFR a pour but de modifier petit à petit la réalité, en falsifiant des données et en créant des scénarios. Mais quel est son but ultime ? Qui doit-il servir ?
Alors que le monde tente de se remmettre des terribles attentats new-yorkais Sliv se rend compte que le CFR pourrait avoir joué un rôle dans l’apparition d’Al Qaida, et peut-être même qu’il aurait fourni des preuves aux Etats-Unis d’Amérique pour se lancer dans une longue guerre en Irak.
Sliv, déjà souvent emprunt de doutes quant à son rôle dans cette organisation secrète, mène l’enquête et finit par découvrir l’étonnante vérité qui se cache derrière tout cela.

Le roman Les éclaireurs d’Antoine Bello fait directement suite à Les falsificateurs (2007), paru un an plus tôt, et contrairement à ce qui se dit tel noté sur le quatrième de couverture de l’édition Folio/Gallimard cette suite ne peut se lire indépendamment de ce qui précède. Dès les premières pages on se rend compte que c’est mensonger, inutile et prétentieux. D’ailleurs c’est ainsi que peut se résumer l’entièreté de ce roman. D’abord Les éclaireurs ressemble fort à son prédécesseur avec ses personnages on ne peut plus caricaturaux en frisant même le ridicule, ses dialogues sans fin et sans vie, son lot de bons sentiments et sa naïveté historique, une absence totale de style d’écriture et une construction on ne peut plus linéaire... mais tout cela en encore pire. Et si dans le premier l’auteur s’attachait à éclairer ou à falsifier des faits historiques plus éloignés de nos préoccupations d’aujourd’hui ou alors plus futiles, ici c’est carrément aux attentats du 11 septembre 2001 et de leurs conséquences qu’il s’attaque, un sujet bien trop chaud encore et auquel il manque encore le recul nécessaire. Ainsi on a droit à une belle représentation bien manichéenne et à l’américaine des tensions actuelles, càd. simpliste, facile et naïve.
Le roman est-il pour autant raté ? Non pire, il confirme d’un même coup tous les doutes que j’ai pu avoir au sujet du précédent et anéantit l’ensemble d’une série qui était vendue pourtant comme bien ambitieuse et prometteuse. N’oublions pas que de grands critiques littéraires issus de Télérama et du Magazine Littéraire ont encensé ce roman, en lui attribuant même des prix. Promotion cachée de la part d’un éditeur ? Rien n’est moins sûr.
Mais n’exagérons pas, le lecteur peu exigeant pourra y trouver un quelconque divertissement, même s’il ferait mieux de perdre son temps à autre chose que de lire ces plus de mille pages que représentent Les falsificateurs et Les Eclaireurs d’Antoine Bello.

Mieux vaut passer au plus vite à autre chose.

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Voir également :
- Go Ganymède ! - Antoine Bello (1996), présentation
- Les falsificateurs - Antoine Bello (2007), présentation et extrait

dimanche, 24 juillet 2011

Le monde aveugle (Dark Universe) - David Francis Galouye - 1961

science-fiction, litterature americaine, le monde aveugle, romans post-apocalyptiques, david francis galouyeDepuis longtemps déjà Lumière a abandonné le monde pour faire place à obscurité. Jared, comme tous ceux de son peuple ne voit pas, il ne peut qu’entendre et écouter. Et cela est ainsi dans l’entièreté du monde constitué par cet immense réseau de cavernes. Pour Jared il faut retrouver Lumière Toute-Puissante, même s’il est incapable d’imaginer de quoi il s’agît exactement. Et pour la retrouver Jared se lance au-delà de la Barrière qui sépare son univers du Monde Originel, un endroit prétendument maléfique et dont l’accès est interdit depuis de très nombreuses années. Mais dès qu’il franchit la Barrière un monstre non identifiable le traque et le renvoie dans ses cavernes. Jared comprend dès lors que quelque chose de grave se trame, surtout que des monstres apparaissent un peu partout dans les cavernes enlevant un certain nombre des siens, alors que de plus les sources d’eau chaudes commencent à se tarir, le tout sous la menace des Ziveurs, cette tribu d’êtres étranges qui semblent entendre la chaleur par leurs yeux.
Le monde est en train de basculer, et Jared doit plus que jamais trouver Lumière pour sauver les siens.

Ecrit en 1961 le roman de science-fiction Le monde aveugle de l’écrivain américain Daniel F. Galouye impressionne dès les premières pages par la description de ce monde plongé dans l’obscurité et dont les habitants, faute de voir, ne vivent que grâce à leurs sens de l’ouïe et de l’odorat. L’écriture s’est adaptée en narrant cette histoire de façon non « visuelle » mais en utilisant un vocabulaire tout autre. C’est parfois difficile, mais une fois plongé dedans on en ressort plus. Cela en fait l’un des romans post-apocalyptiques les plus réussis et poignants qui soient, car même si ce n’est qu confirmé vers la fin, de nombreuses indications suggèrent dès les premières pages que l’humanité aurait en grande partie succombée à un incident nucléaire et que les survivants se seraient cachés dans des souterrains. Par exemple il est souvent fait mention de démons au nom de Cobalt et Strontium. Mais pendant ce temps-là, apparemment sur un temps de plusieurs générations, reste-t-il quelque chose du monde du dehors ? Se situe-t-il au-delà de cette Barrière mystérieuse dont le passage a été interdit depuis longtemps ?
Daniel F. Galouye nous livre ici une sorte de métaphore de l’allégorie de la caverne exposée par Platon, une nouvelle version qui impressionne tant le lecteur est plongé dans cette obscurité à la suite de Jared, le héros de l’histoire qui tente de comprendre son monde.
Le dénouement est certes prévisible, mais de la même vient sa force en appuyant la tragédie touchant cet obscur monde aveugle et en laissant le lecteur songeur sur ce qu’est la réalité et comment on la perçoit.

Le monde aveugle de Daniel F. Galouye est un roman post-apocalyptique poignant, un chef-d’œuvre de la SF de la part d’un auteur dont l’œuvre mérite bien plus encore de reconnaissance.

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Présente édition : traduit de l’américain par Frank Straschitz et révisé par Julie Pujos, éditions Folio / Gallimard, 28 octobre 2010, 291 pages

samedi, 23 juillet 2011

Et si la révolution du livre se faisait par... le livre !

Les e-readers et tablettes électroniques de type iPad commencent peu à peu à faire leur place sur le marché du livre, et les textes ne circulent plus qu’en tant que fichiers. Le livre en papier est-il déjà mort pour autant ? Pas si sûr, car ces nouveaux formats informatiques aux avantages indéniables présentent aussi de nombreux inconvénients : nécessité de chargement d’appareils onéreux à la durée de vie limitée, partage de fichiers empêchés par les DRM... alors que le livre papier fonctionne avec une autonomie quasi infinie, est parfaitement portable et se prête sans problème.
Les éditions Point Deux (cf. critique) ont déjà cette année tentée d’améliorer le format papier par lui-même, et cela avec un certain succès, et cette vidéo ci-dessous convaincra les derniers sceptiques sur la pérennité de ce format.


15:08 Écrit par Marc dans Divers | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, ebook, revolution, numerique, editions .2 | |  Facebook | |  Imprimer | |

samedi, 02 juillet 2011

Gunnm, tome 3 - Yukito Kishiro - 1990-1995

gunnm,manga,yukito kishiro,bande dessinee,science-fictionDaisuke Ido cherche en vain Gally dans la décharge. Depuis la mort de Yugo, tué en voulant accéder à Zalem, la ville utopique flottant au-dessus de la Terre, celle-ci a tout simplement disparue. Pourtant Ido n’abandonne pas. Gally était sa protégée, c’est lui qui l’a récupérée dnas la décharge, l’a réparée, l’a formée... Un soir lors de ses recherches il sauve une certaine Shumira d’une agression. Elle n’est autre que la soeur de Jashugan, le roi du Motorball, un sport très dangereux et ultra violent qui voit s’affronter au péril de leurs vies des cyborgs équipés de patins et qui se disputent à plus de 300 km/h le motorball, témoin d’environ 40 kg en forme de boule de bowling. Les concurrents doivent effectuer un certain nombre de tours sur une piste fermée, le vainqueur étant celui qui passe la ligne d'arrivée motorball en main.
Et c’est là qu’Ido retrouve Gally qui s’est lancée dans ce sport ultra violent. Et pour la ramener avec lui il ne voit d’autre solution  que de lui trouver un champion capable de la vaincre et de la pousser à l’abandon. Et pourquoi ne pas utiliser Jashugan à ses fins. Mais rapidement Ido constate que le champion cache des secrets sur son passé, et qui semblent avoir un lien avec Zalem...

Ce troisième tome de la série manga Gunnm de Yukito Kishiro étonne à plus d’un titre. D’abord par sa façon de changer de cap, en abandonnant le monde des chasseurs de prime de la décharge pour se lancer dans le motorball, sport dont le concept est inspiré du film d’anticipation Rollerball (1973) de Norman Jewison, tout en gardant une ligne claire dans l’intrigue globale, celle de l’évolution de Gally, dont on découvre de nouveaux aspects, dans cette décharge qui survit à l’ombre de Zalem. Et le lecteur découvre de plus en plus cet univers alors que le tout se complique et se densifie.

Bref, on se régale et on a hâte de lire la suite.

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Présente édition : traduit par Yvan Jacquet, éditions Glénat, 12 juillet 1995, 208 pages

Voir également :
- Gunnm, tome 1 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 2 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 4 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 5 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 6 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

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