mardi, 31 août 2010
Le marchand d'éponges - Edmond Baudoin et Fred Vargas - 2010
Pi Toussaint est un clochard qui parcourt la ville avec son caddie en tentant de vendre des éponges. C’est qu’il en a tout un stock, 9732 exactement, retrouvés dans un hangar abandonné. Et s’il vend chacune à 1 euro, cela lui fera 9732 euros. Autrement dit une véritable fortune. Et les chiffres Pi les connaît bien. Rien que son nom n’est autre qu’un chiffre : 3,14. D’ailleurs c’est le destin qui lui a valu ce nom. En effet lorsque sa mère l’inscrivit aux registres, une goutte de café vint effacer son prénom, ne laissant que les deux premiers chiffres inscrits sur ses papiers.
Mais si Pi sait compter et calculer tout ce qu’il veut, le calcul des circonférences de cercles est évidemment l’une de ses spécialités, il n’arrive pas à vendre ces foutus éponges. Seules quelques unes sont partis, mais il est encore bien loin des 9732 qui constituent son stock.
Un soir, lassé par une nouvelle journée infructueuse, Pi devient le témoin d’une agression : une jeune femme est abattue sous ses yeux en sortant d’un taxi. L’assassin disparaît avant l’arrivée de la police ne laissant, selon lui, aucun témoin. En effet personne ne prête jamais attention à ces clodos qui traînent dans les rues. Si la police arrive en retard, elle réussit néanmoins à mettre la main sur Pi. Or ce dernier ne veut pas aider. Personne ne l’aide en achetant ses éponges, pourquoi lui aiderait-il cette femme ?
Il fait alors la connaissance du commissaire Adamsberg, un policier aux méthodes déroutantes et prêt à tout pour obtenir son témoignage...
Basé sur la nouvelle Cinq francs pièce de l’écrivain français de polars Fred Vargas, paru dans le recueil Coule la Seine (2002), cette bande dessinée, ou roman graphique, de l’illustrateur et dessinateur Edmond Baudoin invite le lecteur à une belle réflexion sur la place de l’individu dans la société, à la suite de ce prenant personnage qu’est le clochard dénommé Pi. Une vie ratée et incomprise trouvera peut-être sa solution suite à sa rencontre avec le policier Adamsberg, personnage récurrent des romans de Vargas. L’histoire est efficace et très touchante. Mais ce qui frappe avant tout est l’ambiance noire rendue par le dessin de Baudoin qui réussit à recréer un univers urbain plein de poésie et de violence. Le graphisme tout de noir et de blanc, peu précis et bien vague, accentue d’ailleurs le rendu de cette ambiance.
Le marchand d'éponges d'Edmond Baudoin est une belle adaptation graphique d'une bien intéressante nouvelle de l'écrivain Fred Vargas. A découvrir !
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Extraits : quelques planches prises au hasard




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Présente édition : Editions Librio, 25 août 2010, 62 pages
12:08 Écrit par Marc dans Baudoin, Edmond, BD, Critiques littéraires, Vargas, Fred | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le marchand d'eponges, edmond baudoin, fred vargas bandes dessinees, litterature francaise, cinq francs piece, coule la seine, romans policiers |
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