mercredi, 10 septembre 2008
La Sonate à Kreutzer - Léon Tolstoï - 1889

Lors d'un voyage en train, une conversation éclate dans un compartiment sur le mariage, le divorce et l'amour en général. Une dame suggère que le mariage ne doit plus être arrangé ou intéressé mais se baser uniquement sur un amour réel et pur. Pozdnychev, un autre voyageur du train, met en doute cette affirmation, notamment en interrogeant lma dame sur ce quveut dire un amour réel et pur. Car l'amour comme toute autre chose naît un jour pour disparaître un autre. Il commence alors à raconter son histoire, celle de son mariage au début heureux et qui rapidement se transforme en un véritable cauchemar. Et cela au point qu'il en arrive à tuer sa femme.
La Sonate à Kreutzer est un court roman de Léon Tolstoï publié en 1889 et traduit pour la première fois deux ans plus tard. Ce court roman est une véritable réussite en raison de l'immense talent de l'auteur à décrire l'évolution du sentiment d'amour, mais aussi et surtout celui de la jalousie, de l'égoïsme, de l'orgueil et finalement de la haine chez un bourgeois qui va connaître un mariage à la fin bien tragique. L'amour se transforme rapidement en haine, les deux époux en ennemis jurés et c'est une véritable descente aux enfers qui se met en route. Et le récit par son sujet et par le parti pris de l'auteur fait bien mal. On se rend compte, aux propos à peine exagérés de Pozdnychev de toutes les difficultés pouvant exister dans un couple et rendant l'amour idéal semblant à un mirage bien éphémère. Tout est vain, sauf peut-être l'aigreur des sentiments humains. En effet, dès la sordide description du voyage de noces, le lecteur sent que tout va aller au plus mal. A cela s'ajoute la condition du narrateur, Pozdnychev, qui apparaît dans ses propos totalement déséquilibré, contradictoire et très ambigu au sujet des femmes et du mariage, sujet dans lequel il est à la fois mysogine, puritain et libertaire. Et d'ailleurs Tolstoï ne fait à aucun moment du récit de Pozdnychev preuve d'un quelconque espoir. Cela à un point que l'oeuvre a été largement censurée lors de sa sortie en Russie et aux Etats-Unis, où Tolstoï a même été traité de pervers moral. La musique, que Tolstoi d'ailleurs n'aimait guère, va jouer un grand rôle dans ce crime passionnel, notamment la Sonate pour violon et piano n° 9 en la majeur, aussi appelée la Sonate à Kreutzer, de Ludwig van Beethoven que joue l’un des protagonistes de l’ouvrage.
La Sonate à Kreutzer, qui marque par l'immense justesse de l'analyse des sentiments régnant au sein d'un couple, et cela malgré le fort pessimisme de l'auteur, est un classique essentiel de l'auteur.
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Voir également :
- La mort d’Ivan Ilitch (Smert' Ivana Ilyicha) - Léon Tolstoï (1886), présentation
14:36 Écrit par Marc dans Tolstoï, Léon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : romans psychologiques, litterature russe, leon tolstoi |
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