mardi, 22 avril 2008

Les particules élémentaires - Michel Houellebecq - 1998

bibliotheca les particules elementaires

Bruno et Michel sont nés à la fin des années cinquante de la même mère. Ils sont demi-frères mais leurs vies seront totalement opposées. L’un vit dans l’anonymat profitant à fond de la vie, notamment sexuelle, mais tout en restant dans la solitude. L’autre, un grand scientifique, ne vit que pour ses recherches, il a l’esprit mathématique et sa vie est en tout point parfaitement rangé et cela au détriment de sa vie personnelle et sentimentale. Finalement le seul point commun entre les deux est leur immense solitude : l’un l’a choisie, l’autre la subit. Ce mal-être a débuté dès leur jeunesse, issue de la société libertaire des années soixante. A leur éveil sexuel alors que Bruno ne vit presque que des échecs, Michel n’y trouve guère d’intérêt. Et leurs vies se poursuivront ainsi, dans la solitude, allant d’échec en désastre jusque dans un futur proche de notre époque, une vie de désenchantement, qui permet de comprendre le véritable mystère des rapports humains qui n’est autre que l’illusion.

Les particules élémentaires
du fort controversé auteur français Michel Houellebecq sort en 1998 et va cette année-là faire couler beaucoup d’encre dans la presse, ainsi que de violents débats. Le résumé du livre, plutôt intéressant, ne laisse cependant guère présager du roman. Michel Houellebecq nous conte la vie parallèle de ses deux personnages depuis la fin des années 50 jusqu’en 2009, l’histoire ne s’achevant réellement qu’en 2029. Pour Houellebecq c’est surtout l’occasion de revoir la situation historique des mœurs, qui pour lui se résume quasi uniquement à la sexualité, des années 60 jusqu’au années 90. La conclusion, située en 2029, a pour but à Houellebecq de donner une fin, style science-fiction, à son étude de mœurs, un peu pour se prouver à lui-même qu’il est dans le vrai. Cependant le tout est assez ridicule, surtout la conclusion qui paraît de plus fort inutile. Alors que le sujet du livre semble être les errements de l’homme en cette fin de siècle, un véritable roman de société voulant nous proposer une véritable analyse psychologique d’une période, Houellebecq ne s’attarde qu’à de vaines provocations et ne cesse tout au fil des pages de nous décrire les dérives sexuelles de ses personnages. Le ton est cru, vulgaire et ne semble servir qu’à choquer le lecteur. Et d’un point de vue provocation, Michel Houellebecq sait s’y faire : misogynie, homophobie, xénophobie, racisme même… Tout y passe dans une lourdeur difficilement soutenable. La lecture est bien pénible, ennuyeuse car sans intérêt pour arriver à une fin nous décrivant un monde idéal où les êtres humains auraient sans cesse des plaisirs sexuels sans la nécessité d’entrer en rapports avec d’autres. C’est affligeant, certains passages frisent le ridicule le plus absolu. Et hélas pour Houellebecq : être un grand provocateur ne suggère en rien le fait d’être un grand écrivain.


En bref, Les particules élémentaires est un roman provocateur, terriblement lourd et pénible. Même s’il réutilise continuellement les mêmes recettes dans ses romans, certains sont cependant bien plus réussis que celui-là.

A éviter !

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Voir également :
- La possibilité d’une île - Michel Houellebecq (2005), présentation- La Carte et le Territoire - Michel Houellebecq (2010), présentation

Commentaires

BONJOUR.
Concernant le roman de Houellebecq mon analyse est la suivante.
Le roman est mal ecrit ,provocateur ,et sans grand interet litteraire .
Mais ,et c 'est cela qui explique son succés , est qu 'il realise une photographie assez juste du comportement social de la société francaise post soixante huitarde et de la generation des jeunes adultes des années 90 et 2000 .

Écrit par : JEANMONNOT | vendredi, 20 novembre 2009

on a le droit d'aimer-ou non-un auteur, un livre, mais je suis toujours surprise de trouver sur des blogs"littéraires" l'amalgame pourtant grossier entre auteur et personnages:depuis quand confond-on l'auteur avec ses personnages , leurs actions ou les propos qu'ils tiennent?Houellebecq décrit une certaine société, on adhère ou pas , mais qu'on cesse de toujours l'assimiler à ce qu'il ECRIT:c'est tout de même l'un des fondements du pacte de lecture!(est-ce qu'on accuse philippe djian de prôner l'inceste dans son dernier roman , sous prétexte que son personnage principal couche avec sa soeur?exemple pris parmi tant d'autres...)

Écrit par : sophie57 | dimanche, 21 novembre 2010

A sophie57

Certains font des amalgames avant même de lire ce qu'on écrit : Je relis mon texte et je vois que je n'ai pas du tout confondu l'auteur avec ses personnages !!!

Au contraire je ne fais que évoquer son écriture, et l'aspect "provocateur et polémique" de l'auteur dont je parle n'est pas en lien avec un quelconque lien entre l'auteur et ses personnages. Qu'un auteur ait pu être à l'origine de quelconques polémiques dans les médias ne me dérange en rien lors de ma lecture.
L'auteur lui-même utilise de nombreux éléments xénophobes, homophobes, mysogines... j'ai écrit que, comme dans tous ses romans, il adore les utiliser, mais je n'ai pas traité Houellebecq lui-même de mysogine, d'homophobe ou de xénophobe.
Et donc le rapport dont vous faites avec Djiann et la pédophilie est totalement ridicule et non avenant.

Je crois effectivement que Houellebecq y parle d'une époque, c'est ce qui est bel et bien noté dans mon article, confirmé par le commentaire de JEANMONNOT.

Et justement lorsqu'on critique un roman d'Houellebecq on doit faire face à tout autant d'amalgames de ceux qui le défendent en vain.

Je lis, j'ai essayé deux romans de cet auteur, je n'avais pas de préjugés, mais je n'ai pas aimé.
Je veux bien qu'on critique ce que j'en écris, mais il faudrait peut-être dans un premier temps lire ce que j'ai vraiment écrit.
J'imagine de la même façon que ceux qui défendent Houellebecq n'ont jamais lu ses romans ! Ce qui explique sûrement son Prix Goncourt en 2010.

Je ne confonds rien, je lis un texte et c'est tout.

Écrit par : Marc | dimanche, 21 novembre 2010

Bonjour .

Je pense , comme le dit Marc , qu 'il ne faut pas surestimer le niveau litteraire de Houellebecq , mais le lire comme la photographie du comportement social des classes moyennes dans la société d 'aujourd 'hui ,c'est à dire le paradigme d 'incertitude des salariés moyens pauvres dans l 'univers aseptisé du chomage tertiaire , sur fonds d 'attentat et de Email , cherchant une solution hypothétique dans une transmutation sociale ou scientique ( Nietzsche ) . C 'est la lecture que j 'en ai .

Écrit par : jeamonnot | dimanche, 08 mai 2011

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