mardi, 15 avril 2008
Sukran - Jean-Pierre Andrevon - 1990

Quelque part dans un futur proche à Marseille, Roland Cacciari, ancien militaire démobilisé après la défaite d’une croisade occidentale au Moyen-Orient, tente de survivre comme il peut en jouant de la guitare en rue afin de gagner quelques pièces. C’est un laissé pour compte, un oublié de la société, et cela malgré les services rendus à la patrie. Suite à une rixe contre des Arabes, dont il est devenu témoin malgré lui, il fait la connaissance de Potemkine et de ses Chevaliers, en bref une bande de skinheads. Le courant passe entre les deux hommes et Potemkine décide de présenter Cacciari à son patron, le richissime Eric Legueldre, patron de la société Electronic Nord-Sud. Cacciari se fait engager par Legueldre en tant que vigile, et ne tarde guère à grimper les échelons dans les services de sécurité de la société. Cependant cette société spécialisée dans l’électronique n’est guère ce qu’elle prétend être. Cacciari découvre vite qu’outre des opérations assez communes pour ce domaine, la société Electronic Nord-Sud mène également un projet gardé dans le plus grand des secrets : sur base d’un traffic d’humains et de manipulations neuronales, Electronic Nord-Sud tente de créer de parfaits kamikazes dont le but est d’infiltrer la Fédération panislamique et de la plonger dans la terreur.
Sukran, écrit par l’écrivain français Jean-Pierre Andrevon, paraît en 1989-1990 aux éditions Présence du Futur. Il s’agît évidemment d’un roman de science-fiction, mais avant tout de politique-fiction qui de plus emprunte beaucoup au genre du roman noir, duquel semble directement issu le personnage principal de Roland Cacciari.
Dès 1989 Andrevon prévoit les immenses tensions entre Occident et Orient qui culmineront dès les attentats du 11 septembre 2001 à New York, et aussi du rôle qu’y jouera le terrorisme, encore bien moindre à l’époque. Le roman au style incisif est raconté du point de vue de Roland Cacciari, un homme désabusé, cynique et qui va donner le ton ironique à l’ensemble. Comme dit précédemment, Andrevon emprunte beaucoup au roman noir, et ne s’en gêne guère. Au fil des pages on voit apparaître de nombreux stéréotypes de ce genre, et aussi d’autres, utilisés à tort et à travers pour donner un résultat qui ne manque pas son effet. Sukran est une grande réussite, tout en restant une œuvre qu’on qualifierait plutôt de série B, car bien trop superficielle dans ses actions.
Si ce roman annonce certains événements qui se sont produits depuis sa parution, il ne faut cependant guère y voir une œuvre anticipative ou prospective réelle, mais plutôt une œuvre libertaire qui dans son irrévérencement trouve écho aujourd’hui dans une certaine actualité.
Sukran reste du pur divertissement, et, il faut le dire, un divertissement fort réussi.
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Voir également :
- Un horizon de cendres - Jean-Pierre Andrevon (2004), présentation
14:25 Écrit par Marc dans Andrevon, Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-pierre andrevon, science-fiction, romans policiers, litterature francaise |
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