mercredi, 04 octobre 2006

La Machine à assassiner - Gaston Leroux - 1923

lamachineaassassiner

Après les aventures décrites dans La Poupée sanglante, la peur s'abat à nouveau sur Paris. Alors que le relieur d'art Bénédict Masson a été guillotiné pour avoir tué de nombreuses femmes et pour ensuite avoir brûlé les corps dans son poêle, les mystères continuent. Bénédict Masson avait toujours clamé son innocence, qu'en est-il alors maintenant après sa mort. L'histoire commence dans l'île de Saint-Louis où apparaît Gabriel, l'automate construit par Norbert l'horloger avec l'aide de sa fille Christine et de son neveu Jacques, portant Christine ensanglantée et inconsciente. Il menace les quelques témoins présents, tente de soigner la jeune fille, puis reprend la fuite en emportant l'inconsciente. Mais l'automate Gabriel a changé. S'il est bien muet, il s'exprime cependant par l'écrit... et avec l'écriture de Bénédict Masson. Les crimes réapparaissent, les morts rejaillissent autour de ce qu'on appellera la Machine à assassiner.

La Machine à assassiner est la suite directe de La Poupée sanglante de Gaston Leroux. L'histoire parait en feuilleton dans le quotidien Le Matin, du 1er juillet au 19 septembre 1923. L'année suivante il sera publié en deux volumes par Tallandier. On retrouve dans cette partie le même mélange d'aventures, d'intrigue policière, de fantastique que dans la première partie. Et le tout écrit avec la même noire poésie. Gaston Leroux crée des personnages d'une certaine profondeur psychologique et de grande sensibilité, tous très attachants. Ce roman, pris en entier, est un véritable chef-d’œuvre. Mon roman préféré de Gaston Leroux. Hélas ce roman a été un peu oublié dans le temps.

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Extrait: Avant-propos

"« La machine à assassiner ! » quelle est cette invention nouvelle ? et le besoin s’en faisait-il réellement sentir ?

Il ne s’agit peut-être, après tout, que de cette vieille invention, sortie des mains de Dieu, aux plus beaux jours d’Éden, et qui devait s’appeler : l’Homme !

En vérité, l’Histoire, depuis ses premières empreintes aux parois des cavernes jusqu’aux plus récents rayons de nos bibliothèques, est là pour attester que l’on n’a point encore trouvé de meilleure mécanique à répandre le sang !

Vouloir faire mieux que le Créateur, c’est là le fait d’un génie diabolique, une nouvelle forme de la lutte éternelle entre le Prince des lumières et celui des ténèbres !

Le Malin se glisse où il veut ! Pour ceux qui ont lu La Poupée sanglante qui est à l’origine de ce récit, il ne peut faire de doute qu’il ait élu domicile dans la boutique du vieil horloger de l’Île-Saint-Louis, ni que ce soit lui qui anime de ses maléfices le triple mystère qui, dans cet antique quartier, tout gris encore de la poussière des siècles, met aux prises, d’une part : l’inquiétante famille du vieux Norbert, lequel passe pour chercher le mouvement perpétuel, aidé de sa fille, la belle Christine, et de son neveu, le prosecteur Jacques Cotentin, - et, d’autre part : le marquis de Coulteray, cet être éternellement jeune, qui a quarante ou deux cents ans, on ne sait au juste, et qui fait, à côté de la marquise, sa femme (si pâle et toujours agonisante), une singulière figure d’empouse, - vieux mot qui, dans le langage satanique, désigne les vampires, tout simplement, - enfin, en troisième lieu : le terrible Bénédict Masson, le relieur d’art de la rue du Saint-Sacrement, qui vient d’être condamné à mort et exécuté pour avoir brûlé dans son poêle, une demi-douzaine de jeunes et jolies femmes - au moins !

Et, à ce propos, il convient de citer ici la dernière phrase du volume précédent, intitulé La Poupée sanglante. L’auteur avait traité de « sublime » l’aventure de Bénédict Masson. En quoi donc pouvait être sublime une aventure qui conduisit son héros à une mort aussi ignominieuse ? - « En ce que cette aventure, répliquait l’auteur, ne faisait que commencer… » Voilà des lignes qui, s’appliquant à un homme qui vient d’avoir la tête tranchée, apparaissent bien étranges… Aussi n’a-t-il pas moins fallu d’un second volume que voici et que nous appelons : La Machine à assassiner, pour qu’elles soient expliquées d’une façon peut-être redoutable, mais à coup sûr, normale…

… Normale, car nous avons la Science avec nous qui nous protège, nous soutient, nous encourage dans cette incursion vertigineuse aux bords du Grand Abîme…

- La Science, dites-vous ?… Tout à l’heure, vous parliez de Satan ?… Satan ?…

- Eh bien ?… eh bien ?… eh bien ?… Peut-être s’entendra-t-on un jour sur le nom qu’il faut donner à tout ce qui nous éloigne de la Candeur Première…"

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Voir également:
- Le mystère de la chambre jaune - Gaston Leroux (1908), présentation
- Le parfum de la dame en noir – Gaston Leroux (1908), présentation

- Le fauteuil hanté – Gaston Leroux (1909), présentation et extrait

- Le fantôme de l'opéra - Gaston Leroux (1910), présentation et extrait
- La Poupée sanglante - Gaston Leroux (1923), présentation

Commentaires

Je suis tout à fait d'accord avec cette critique. J'aime beaucoup Gaston Leroux, et ces deux romans sont à mes yeux ce qu'il a fait de meilleur.

Écrit par : ballin mundson | mercredi, 31 janvier 2007

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