mercredi, 21 juin 2006

La symphonie pastorale - André Gide - 1919

Un pasteur de campagne, quelque part du côté de Neuchâtel à la fin du XIXe siècle, est appelé au chevet d'une vieille dame malade. Celle-ci meurt et laisse seule derrière elle Gertrude, sa nièce aveugle. Le pasteur décide de recueillir et d'héberger la jeune fille dans sa famille. Cependant Gertrude est un peu arriérée dans la mesure où elle a passé tant d'années sans voir auprès d'une vieille dame quasi sourde. Le pasteur va alors tout faire pour que Gertrude retrouve la parole et décide même de lui faire découvrir le monde en le lui décrivant à l'aide d'un vocabulaire qu'elle ne possède pas et de comparaisons, notamment musicales en lui faisant écouter la Symphonie pastorale de Beethoven. Mais tant de choses restent inexpliquées et surtout inexplicables pour une aveugle de naissance! Si du point de vue éducationnel tout semble avancer difficilement mais sûrement pour Gertrude, ce n'est pas de même pour son intégration dans sa famille d'accueil. Amélie, la femme du pasteur, ne l'aime pas. Elle soupçonne son mari d'avoir des sentiments plus que paternels envers la jeune fille. Lui-même commence à se poser des questions. Lorsque Gertrude recouvrira la vue, elle verra surtout la tristesse et la douleur sur le visage des autres. Tout son univers s'écroule. Au lieu de s'éclairer, son avenir s'assombrit poussant Gertrude au suicide.

La symphonie pastorale est un magnifique petit roman écrit sous forme du journal intime du pasteur. André Gide nous y livre au travers de ce roman le message que les aveugles ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Très sensible, déchirant de vérité, de sentiments humains et d'émotions, ce roman avait connu un certain succès publique en son époque. Aujourd'hui le roman n'a toujours pas trop vieilli et vaut toujours amplement la peine d'être découvert. L'un des moments forts du livre est la scène marquante dans laquelle Gertrude découvre la beauté du monde grâce aux notes de Beethoven, ainsi la façon qu'a le pasteur de lui expliquer les couleurs à l'aide de sons d'instruments.

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Voir également:
- Isabelle - André Gide (1911), présentation et extrait

Commentaires

Magnifique symphonie 'est vrai que ce livre est un cadeau. Quelle beauté des mots et des sentiments! J'ai admiré la personnalité d'Amélie, la femme du Pasteur, qui est pour moi le personnage le plus fort du roman. Quelle souffrance elle doit endurer et, pourtant, tout en fierté et respect d'elle-même et des autres, elle ne s'épenche pas comme le feront son mari et Gertrude. Et c'est elle qui sera toujours présente dans son rôle d'épouse, jusqu'à la fin... Ce roman est un carrefour d'émotions fortes, véhiculées par des mots splendides et qui nous atteignent là où il faut. Vraiment, une merveille!

Écrit par : Virginie | mercredi, 21 juin 2006

Ce fut mon premier "Gide" Mais pas le dernier. Et dire que je n'ai toujours pas lu "les caves du Vatican" (que ma mère et mon fils ont adoré!) - mon préféré reste le terrible "les faux monnayeurs" et des récits déchirants comme "et nunc manet in te", ou sa correspondance, son journal, voire - mais là, on quitte l'écrivain pour un témoin biographe, les "Cahiers de la Petite Dame" ou la biographie de Gide par Maria Van Rysselberghe, l'épouse du peintre Théo et la mère d'Elisabeth, qui eut une fille de Gide. Gide venait souvent en Belgique, à Bruxelles, et fréquentait beaucoup les artistes belges de son époque.

Écrit par : Pivoine | mardi, 27 juin 2006

nul j'ai pas aimé du tout

Écrit par : sarah | samedi, 29 juillet 2006

Le fait que le pasteur ose donner à son fils la citation dans Romains, XIV,2 ne sort pas de ma tête!
Romains, XIV,2.: ”Que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange”

Écrit par : Angele | lundi, 17 mars 2008

pa mal trés touchonte surtout pour les aveugles

Écrit par : soumaya | vendredi, 11 décembre 2009

le roman met à jour une vérité indeniable sur ceux qui se refugient derrière la religion pour se cacher la réalité et pour justifier leurs conduites



































































































































































































































Écrit par : bakchich | samedi, 16 janvier 2010

Sarah, lorsqu'on se permet d'être aussi négative sur le contenu d'un auteur comme André Gide, encore faut-il argumenter ! ! !

Écrit par : Mat | mercredi, 15 septembre 2010

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