lundi, 15 mai 2006

Le monde inverti (The Inverted World) - Christopher Priest - 1974

Helward Mann, citoyen de la Cité Terre, vient d'atteindre l'âge de 1000 kilomètres, l'âge de la majorité. En effet dans la Cité le temps se calcule en distance car la ville se déplace inlassablement depuis sa création et pour rien au monde, elle ne peut rompre son mouvement. C'est à un point que toute l'organisation de la Cité nomade tourne autour de ce mouvement, sous le contrôle et la coordination de guildes. Elle se déplace sur des rails, que l’on démonte au fur et à mesure pour les replacer devant elle. C’est la tâche confiée à la guilde des Voies. La cité est alors tractée par d'énormes câbles tirés par le réacteur nucléaire de la ville, dont la maintenance est assurée par la guilde de la Traction. La guilde des topographes du Futur a pour charge d’évaluer quel chemin doit suivre la cité. La guilde des Bâtisseurs de Ponts est là lorsque la route doit franchir des ravins. La guilde des Echanges se charge d’embaucher des autochtones sur la route pour aider à la construction des Voies. Et la Milice veille à ce que tout se passe bien.
Helward Mann choisit de s’engager dans une guilde, celle du Futur, guilde dans laquelle son père a travaillépendant des années. Il doit prêter serment de ne jamais exposer les secrets du dehors à des citoyens qui ne font pas partie des guildes. Son initiation le fera travailler tour à tour dans chacune des six guildes, ainsi il découvrira petit à petit la mystérieuse raison du déplacement de la ville, celle que les Navigateurs veulent à tout prix cacher de la population. Après s'être rendu vers le sud (dans le passé à l'arrière de la ville) et vers le Nord (dans le futur en avant de la ville) la vision du monde d’Helward, celle qu'on lui a dogmatiquement inculquée dès son plus jeune âge, sera à jamais et irrémédiablement bouleversée. La ville nomade se déplace inexorablement vers un point abstrait nommé optimum qui serait le point où les conditions de vie des habitants seraient les plus proches de celles de la Terre et où il serait enfin peut-être possible de stabiliser la ville. Mais malheureusement, cet optimum se déplace lui aussi, à un rythme quasi équivalent à celui de la cité. D'où cette course sans fin vers un but et un lieu inconnus.
Mais jusqu'à qaund pourra durer ce déplacement, alors que le paysage devient de plus en plus difficile, les autochtones de plus en plus méfiants à l'égard de la Cité et même les habitants de la ville commencent à se rebeller contre ce déplacement sans fin qui les prive de nombreuses libertés.

Le monde inverti est souvent considéré comme un chef-d'oeuvre de science-fiction, et présagea lors de sa parution dans les années septante un renouveau du genre en Grande-Bretagne.
La perception de la réalité, sujet cher à l'auteur qui l'aborde d'une manière ou d'une autre dans toutes ses œuvres, n'apparaît ici que dans les dernières pages mais conditionne toute la compréhension du livre. On découvre ce monde, sa population et ses us et coutumes petit à petit, en même temps que le héros-narrateur Helward Mann. Chacune des coutumes de la cité nous fait réfléchir et nous interpelle et finalement on découvre l'absolue nécessité de celle-ci afin que la Cité survive dans ce monde mystérieux aux lois physiques étranges. Mais trop dire de ce roman reviendrait à casser le suspense que vivra tout lecteur en essayant de découvrir le sens caché de cet univers.
Cependant pas tout n'est parfait. Jusqu'à la fin du livre on reste quand même plutôt incrédule face à cette situation. En effet, on peut se demander comment les citoyens de la ville, vivant séquestrés dans celle-ci depuis des générations ne se soient pas rebellés plus tôt contre les guildes afin de découvrir le monde extérieur. De plus l'existence et la vie même des autochtones auraient dû faire comprendre le sens exact de son univers au narrateur, qui parfois semble un peu lent à comprendre. De plus je n'ai pas trop apprécié la construction du roman. En effet, comme dans tout roman de science-fiction, il faut un certain temps à l'auteur à présenter l'univers qu'il a imaginé afin de pouvoir ensuite y faire fonctionner son intrigue. Mais ici, dans Le monde inverti, la mise en situation n'en finit pas et de ce fait en devient la raison même du livre, et Christopher Priest arrive uniquement à garder le lecteur en haleine en nous dévoilant les éléments que petit à petit.

Mais en bref la lecture du Monde inverti reste fascinante, on ne s'y ennuie pas, et le lecteur restera interpellé et marqué pendant quelqu'un temps par ce qu'il découvrira. Donc à découvrir, même s'il risque d'y avoir quelques déceptions.

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Voir également:
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Futur intérieur (A Dream of Wessex) - Christopher Priest (1977), présentation
- Le prestige (The Prestige) - Christopher Priest (1995), présentation
- La séparation (The Separation) - Christopher Priest (2002), présentation

18:58 Écrit par Marc dans Priest, Christopher | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : christopher priest, science-fiction, litterature britannique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

Commentaires

Avec.. retard,merci de votre visite.
Bonne soirée.

Écrit par : Bruno | lundi, 15 mai 2006

Même si l'histoire n'est pas la même, ton résumé m'évoque la BD "La Tour" de Schuiten et Peeters...

Écrit par : nuages | lundi, 15 mai 2006

Monde inverti Un must de la S-F incontestablement que ce premier roman de l'auteur

Écrit par : E1006Au12 | jeudi, 16 novembre 2006

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