jeudi, 09 mars 2006
Le Maître du haut château (The Man in the High Castle) - Philip Kindred Dick - 1962

La seconde guerre mondiale s'est terminée en 1947. Les Alliés vont capituler devant les forces de l'Axe. L'Allemagne et le Japon sont les grands vainqueurs de la guerre. Les Etats-Unis sont divisés en deux territoires distincts, une tyrannie nazie à l'est, alors que l'ouest est attribué aux Japonais.
Nous sommes dans les années cinquante, la guerre froide s'est installée alors que les nazis ont envoyés les premiers hommes dans l'espace, alors qu'on nous conte les destins croisés de plusieurs personnes vivant cette époque: Robert Childan, antiquaire dans la partie ouest des Etats-Unis sous occupation japonaise, de Frank Frink, trafiquant de fausses antiquités, juif de son état et inquiet de l'occupation allemande de l'autre moitié des Etats-Unis, mais aussi de Juliana et du routier italien, ancien membre des commandos de l'armée mussolinienne, qu'elle va rencontrer et sans oublier Nobusuke Tagomi, que ses états d'âme préoccupent. Le tout nous est raconté au rythme des révélations du Yi-King, le Livre des Transformations, le célèbre oracle chinois apporté par les Japonais.
Et pourtant ce monde va être ébranlé par une rumeur. Un homme vivant dans un haut château aurait écrit un roman, La Sauterelle pèse lourd, supposant au contraire une victoire des Alliés sur l'Axe en 1945...
Paru en 1962, prix Hugo en 1963, Le Maître du haut château est l'une des oeuvres majeures de Philip Kindred Dick, et d'ailleurs aussi l'un des romans les plus connus du genre de l'uchronie. Le point de divergence de cette uchronie est le fictif attentat de Roosevelt en 1933, les Etats-Unis ne vont donc plus fournier l'effort de guerre que nous connaissons. Mais il s'agît aussi d'une uchronie dans l'uchronie, son auteur joue avec nos perceptions jusqu'au doute le plus total, sans jamais nous perdre complètement. A la fin, le lecteur est confronté à plusieurs réalités de l'après seconde guerre mondiale. Finalement, il aurait fallu de peu pour vivre dans une société totalement différente, et vraissemblablement ni pire ni meilleure. Les personnages sont très réussis, d'une telle consistance, qu'ils semblent parfois sortir de la mémoire de Dick et non de son imagination. Un roman très impressionant, d'une force immense qui perturbera le lecteur jusqu'au bout.
Voir également:
- Seconde variété (Second Variety) - Philip Kindred Dick (1953), présentation
- La loterie solaire (Solar Lotery) - Philip Kindred Dick (1955), présentation
21:47 Écrit par Marc dans Dick, Philip K. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, philip kindred dick, uchronie, philip k dick, litterature americaine |
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