lundi, 26 décembre 2005
Darwinia - Robert Charles Wilson - 1998
En 1912, le monde va connaître un événement sans précédent dans son histoire. L'Europe et une partie de l'Angleterre vont disparaître subitement, remplacé par un continent à la faune et à la flore non terrestres. Ce continent sera appelé la Darwinie. Mais avec l'Europe qui disparaît, l'Histoire du Monde va changer. S'ensuivent directement des guerres d'indépendance dans les colonies, et les deux Guerres Mondiales seront évitées. Avec le temps qui passe, ce "miracle" reste inexpliqué. Pour l'enfant Guildford Law, cette tragédie n'est ni un miracle ni une punition divine, mais plutôt une énigme que la science pourra un jour résoudre. C'est fort de cette certitude qu'il sacrifie tout pour faire partie de la première grande expédition d'exploration destinée à s'enfoncer au coeur du continent inconnu. Ce continent va offrir toutes ses splendeurs et tous ses dangers aux explorateurs, mais le continent reste habité par aucune espèce intelligente. Du moins en apparence, car des démons, invisibles en premier lieu, vont apparaître dans la tête de certains. De catastrophes en trahisons, l’expédition se désagrège, tandis que ses rescapés se dirigent tout droit vers une vérité dérangeante.
Le sujet du livre est extrêmement intéressant et bien porté par Robert Charles Wilson. Il s'agit d'une uchronie mêlée avec des éléments de science-fiction. Avec ses baraques installées là où s'étendait Londres ou ses fragiles implantations continentales, Wilson renverse les histoires de notre adolescence, situées dans l'Ouest sauvage ou le Grand Nord. Ici la grande frontière du monde connu se trouve en Europe. Wilson fait également de nombreuses références aux récits martiens de Burroughs, mais aussi à Lovecraft, de par la deécouverte de monstres chitineux et de cités perdues non-humaines. Le trouble est soumis au lecteur à tout moment du à cette divergence par rapport à l'Histoire réelle. Le héros, Guilford Law, jouera un rôle essentiel dans ce roman car Law est mort lors de la Première Guerre Mondiale, qui n'a ici jamais eue lieu. Et derrière ce "miracle" se cache une explication aux dimensions plus que cosmogoniques, que l'on y manie les années par paquets de dix mille millions, les noosphères galactiques, et une mort de l'univers qui a déjà eu lieu.
Darwinia est un livre aux airs légers, rappelant les romans d'aventures type Jules Verne, avec un genre tout aussi simpliste. Mais que l'on ne s'y fie pas, Darwinia est une oeuvre extrêmement ambitieurs, machiavélique et même assez complexe, d'ores et déjà amenée à devenir un grand classique de littérature. Le style d'écriture est plutôt simple, du moins à première vue, et se lit très facilement. On regrette que certains personnages sont mal construits, voir mal placés dans le roman; mais c'est bien le seul défaut que je puisse trouver à cet excellent roman. Wilson arrive également à placer son récit dans un autre temps, à une autre époque, en conservant les idées et les mentalités de l'époque (voir p.ex. les références sur la vie sur Mars). Darwinia fut nominé au prestigieux Hugo Awards en 1999.
Darwinia est un roman très original, dont je ne connaît pas de pareil et que je conseille vivement.
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Voir également:
- Les fils du vent (Gypsies) - Robert Charles Wilson (1988), présentation
- Le vaisseau des Voyageurs (The Harvest) - Robert Charles Wilson (1992), présentation
- Les chronolithes (The Chronoliths) - Robert Charles Wilson (2001), présentation
- Blind Lake - Robert Charles Wilson (2003), présentation
- Spin - Robert Charles Wilson (2005), présentation
15:37 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Wilson, Robert Charles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : litterature americaine, darwinia, robert charles wilson, science-fiction, horreur, fantastique, uchronie, litterature canadienne |
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Commentaires
Écrit par : nuages | mardi, 27 décembre 2005
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