mercredi, 30 novembre 2005

La Voix des Morts (Speaker for the Dead) - Orson Scott Card - 1985

Après avoir détruit la dernière planète des Buggers (voir La Stratégie Ender), Andrew Wiggin fut acclamé comme un Sauveur. Mais bien des années plus tard, l'Humanité ayant finalement compris - grâce notamment aux propres écrits d'Ender - qu'il s'agissait là de la plus grande erreur jamais commise par l'homme, c'est en tant qu'Ender le Xénocide qu'il fut désormais connu.

Cependant 3000 ans plus tard l’humanité a découvert sur une planète lointaine, Lusitania, une autre forme extra-terrestre, qui semble douée d’intelligence. L’ombre de Ender, plane toujours, et il n’est plus question de commettre les mêmes erreurs. Des xénologues sont détachés pour étudier ces êtres, les Pequeninos ou piggies. Mais un beau jour, sans mobile apparent, un des chercheurs, est torturé à mort par ses sujets d’étude. Les piggies sont-ils une menace ? Doit-on s’en inquiéter ? Est-ce que l’homme peut vivre ensemble avec une autre espèce intelligente ?

Ender, lors de la bataille contre les Buggers avait pu sauver, à l'insu de tous, un cocon renfermant l'espoir de toute une race de vivre à nouveau. Ployant sous le fardeau de la culpabilité, Ender, avait alors décidé de sillonner l'espace à la recherche d'une planète pour accueillir les Buggers, et devint Porte-Parole-des-Morts, un homme chargé de raconter sans mensonges ni faux-semblants la vie d'hommes pour lesquels on faisait appel à lui. … Jusqu’à ce qu’il entend parler des événements sur Lusitania. Ender va tenter d ‘empêcher un nouveau xénocide.

La Voix des Morts fait suite à l'excellent La Stratégie Ender, et on retrouve un Ender, mais cette fois adulte et mature, qui aura à résoudre un délicat problème avec l'étonnante race des cochons humanoides, les Piggies. Le tout se passe dans un cadre totalement différent. Ici, le décor n'est pas militaire, et le roman est beaucoup moins violent et intense.

Le sujet central de cette suite, toute aussi prenante que le premier opus, est une réflexion sémantique autour du thème de l'étranger. Mais la distinction entre "raman" et "varelse" repose sur des considérations intellectuelles ou morales très exclusives qui ne sont définies qu'en rapport avec l'homme, aboutissant à une conception humanocentriste qui semble aller à l'encontre du but recherché, si l'on en croit le message moral que tente de faire passer Card au sujet des incompréhensions mutuelles, et qu'il élude quand il s'agit de l'appliquer aux autres animaux. Il paraît étrange de résumer l'intelligence à la possibilité de communiquer, car celle-ci n'est pas si évidente que veut nous le faire croire Card.

La Voix des Morts est un très bon roman, et une suite digne de La Stratégie Ender. Il est à signaler que cette suite a également obtenu le Hugo Awards.


Voir également:
- La Stratégie Ender (Ender's Game) - Orson Scott Card (1985), présentation
- Xénocide (Xenocide) - Orson Scott Card (1991), présentation
- Les Enfants de l'Esprit (The Children of the Mind) - Orson Scott Card (1996), présentation

13:06 Écrit par Marc dans Card, Orson Scott | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le cycle de ender, science-fiction, orson scott card, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

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