lundi, 21 novembre 2005

Globalia - Jean-Christophe Rufin - 2004

Des forêts vierges intactes, pas de voitures ni aucune sorte de pollution, prospérité, paix et liberté pour tous. Tel est Globalia, la démocratie parfaite.

Jean-Christophe Rufin nous décrit une utopie brillante, riche; une utopie dédiée à la liberté, loin du 1984 de George Orwell, si sinistre, pauvre et totalitaire. Cependant Globalia nous montre comment la liberté et le libéralisme dans nos riches démocraties peuvent s'avérer tout aussi totalitaires que le monde décrit dans 1984.

Au premier abord, Globalia est un monde idéal: protégé sous leur bulle de verre, les citoyens de cette société peuvent faire ce qu'ils veulent, que ce soit glander ou travailler, peu importe, de toute façon l'Etat paye pour tout. Le soleil brille sans cesse, laissant tomber la pluie qu'à des jours choisis. Même la mort a été repoussée grâce aux progrés de la médecine. Mais tout cela a un prix: la surveillance totale. Tout ce qui peut gêner, mettre en danger cette société doit être éliminé. Surveillance totale pour une sécurité totale, car la sécurité devient l'une des choses les plus importantes de cette démocratie totale et libérale, au même niveau que la liberté et la prospérité.

Pourtant au-délà de Globalia existe des non-zones, qui n'ont pas été intégrés dans cette société parfaite, des zones régis par la pauvreté, la guerre civile et l'anarchie. Malgré tout cela, l'héros du livre, Baikal, veut fuir Globalia pour se retrouver dans ces non-zones. La liberté globalienne ne lui suffit plus, tout lui semble suspect, surtout le grand mal qui y sévit selon les autorités, le terrorisme. En effet afin que tout cela tienne ensemble, il faut un ennemi, et si on n'en a pas ou plus, il faut en inventer un. Baikal sera petit à petit aidé par les autorités pour devenir terroriste, et ainsi la plus grande menace de Globalia, tout en apparences biensûr.

Hélas, en lisant ce livre on se rend compte que notre société n'est plus très loin de ce monde totalitaire. Nos dirigeants utilisent le terrorisme aux même fin, en France un ministre a déclaré que la chose la plus importante pour la démocratie est la sécurité (au lieu de la liberté).

Le roman de Jean-Christophe Rufin, malgré certaines longueurs (l'auteur fait beaucoup de détours pour amener son intrigue), et un suspense qui ne tient pas toujours, vaut vraiment la peine d'être lu. On y trouve également beaucoup de références, notamment à 1984 de Georges Orwell ou à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Pour un premier roman de science-fiction, Rufin entre en force dans ce genre.

Voir également:
- Jean-Christophe Rufin - bibliographie et note biographique
- Asmara et les causes perdues - Jean-Christophe Rufin (1999), présentation
- Rouge-Brésil - Jean-Christophe Rufin (2001), présentation  
- La Salamandre - Jean-Christophe Rufin (2005), présentation et extrait
- Le parfum d'Adam - Jean-Christophe Rufin (2007), présentation

23:11 Écrit par Marc dans Rufin, Jean-Christophe | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : jean-christophe rufin, science-fiction, litterature francaise, utopies | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

Commentaires

mon avis Je suis assez d'accord avec toi sur Globalia.

C'est un bon livre mais sans plus.

J'ai notemment été déçu par la fin du livre.

Écrit par : Isa | mardi, 23 mai 2006

On en est pas si loin.. Pour moi c'est au contraire la fin qui m'a beaucoup plût, car on en est vraiment pas loin de ce monde, pas seulement pour l'utilisation du terrorisme, mais surtout pour les 10 patrons qui gouvernent.. cf le groupe de bilderberg...

Écrit par : DH | mercredi, 19 juillet 2006

Franchement, je ne suis pas sûre que ce livre mérite qu'on le lise, on a vu mieux en anticipation. Non pas que le monde présenté soit totalement absurde, au contraire, mais le style et la narration sont un peu pataudes.

Écrit par : praline | jeudi, 26 juillet 2007

Franchement, je ne suis pas sûre que ce livre mérite qu'on le lise, on a vu mieux en anticipation. Non pas que le monde présenté soit totalement absurde, au contraire, mais le style et la narration sont un peu pataudes.

Écrit par : praline | jeudi, 26 juillet 2007

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