lundi, 07 novembre 2005

Escal-Vigor - Georges Eekhoud - 1899

Henry de Kehlmark, châtelain de l’Escal-Vigor, a décidé de se retirer dans l’île de Smaragdis. Pour fêter son installation, le jeune aristocrate a décidé de recevoir chez lui une bonne partie de la population de l’île, ce qui monte contre lui les notables, humiliés d’être traités comme tous les autres. C’est lors de cette réception qu’il rencontre pour la première fois Guidon Govaertz, le fils du bourgmestre, un jeune homme de dix huit ans. ux, dit son père. Très vite ils deviennent tout l’un pour l’autre, au grand dam de la soeur de Guidon qui avait jurer épouser le jeune Henri. Les deux amants se réfugient alors dans le château isolé sur une île imaginaire, dressé face à l'océan, seuls contre les hommes et contre Dieu. Face à eux, l'hostilité va dégénérer bientôt en violence qui va culminer sur une issue fatale.

Escal-Vigor semble le premier roman à situer en pleine lumière et au premier plan le thème de la passion homosexuelle : passion partagée qui se heurte à la société. Livre audacieux scandaleux à l'époque, il reste aujourd'hui surprenant par la force de son propos et sa profonde fraîcheur romanesque. Notons que l'amour entre homosexuels n'est pas présenté ici comme un vice honteux, mais comme un sentiment juste et légitime. Ce roman causa d'ailleurs des problèmes judiciaires à Georges Eekhoud.


Voir également:
- La nouvelle Carthage - Georges Eekhoud (1888), présentation

- La faneuse d'amour - Georges Eekhoud (11900), présentation
- L'Autre Vue - Georges Eekhoud (1904), présentation

21:21 Écrit par Marc dans Eekhoud, Georges | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : georges eekhoud, romance, homosexualite, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Tiens, c'est curieux... Je n'ai jamais entendu parler de ce roman. Mais dans un autre style, il est suivi de près par Renée Vivien qui écrit, en 1906, "Une femme m'apparut". Sinon, je crois qu'il faut remonter à l'Antiquité grecque ;;;---)))

Écrit par : Pivoine | lundi, 07 novembre 2005

Dans un autre style... Et plus contemporain, il y a toute la série des Armistead Maupin, les Chroniques de San Francisco... (Je ne sais pas pourquoi je pense à ce livre-là en particulier). Balzac fait allusion à des amours homosexuelles (maudites naturellement) dans "La Fille aux yeux d'or", qui fait suite à la Duchesse de Langeais. Mais à cette époque, tous ces romans finissent mal, je dirais même, doivent mal finir. On écrit sur, mais ça finit mal, donc la morale est sauve, donc ces amours sont maudites... Et là, il faudra vraiment du temps pour que cela change, pour que la littérature renvoie une image positive de l'homosexualité.

Écrit par : Pivoine | lundi, 07 novembre 2005

Les grands amours... Les grands amours littéraires de l'époque, qu'ils soient homosexuels ou non, sont toujours maudits. C'est de là que vient la force de ses romans, des hommes et/ou des femmes qui s'aiment alors que tout les en empêche, c'est ce qui rend l'amour tragique. Il suffit de penser à "Roméo et Juliette".

Ce qui est admirable dans le roman de Eekhoud, c'est que l'amour entre ces deux hommes est décrit comme s'il s'agissait d'un quelqonque autre couple. Rien n'est fait pour nous surprendre, nous choquer, ou que sais-je. Les êtres qui s'aiment chez Eekhoud sont des gens tout à faits "normaux", et sont présentés en tant que tel. C'est ça d'ailleurs qui avait le plus choqué à l'époque et pourrait encore choquer aujourd'hui. Dans le roman d'Eekhoud on est, heureusement, bien loin de "la cage aux folles".

Écrit par : Marc | lundi, 07 novembre 2005

pour info... Le livre peut être téléchargé gratuitement sur le site de Ebooks Libres et Gratuits (www.ebooksgratuits.com). Je l'avais retapé moi-même pour le diffuser sur ce site.

Écrit par : Marc | lundi, 07 novembre 2005

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