lundi, 20 mai 2013

Le Roi prédateur - Catherine Graciet et Eric Laurent - 2012

eric laurent, catherine graciet, le roi predateur, maroc, mohammed VI, m6, enqueteMohammed VI, roi du Maroc depuis 1999 suite au décès de son père Hassan II, a clairement tranché dans la politique royale de son prédécesseur. Surnomméà ses débuts Le Roi des pauvres, il s’est vite distingué en véritable prédateur économique, maintenant  la dictature et s’emparant peu à peu de nombreuses sociétés privées.
Aujourd’hui Mohammed VI est le premier banquier, le premier assureur, le premier agriculteur de son pays. Il y joue un rôle prédominant dans l’agro-alimentaire, l’immobilier, la grande distribution, l’énergie et les télécoms. La fortune personnelle du roi du Maroc a quintuplé en dix ans, et le magazine Forbes le classe désormais parmi les personnalités les plus riches du monde.
Par le biais des holdings que contrôle la famille royale, avec l’aide du secrétaire particulier de Sa Majesté et la complaisance de nombre de dignitaires et de valets du pouvoir, c’est à une véritable mise en coupe réglée de l’économie du royaume que l’on assiste depuis plus de dix ans. Et si l’absolutisme royal selon Hassan II visait à assurer la pérennité de la monarchie, la structure de gouvernement mise en place par son fils est tout entière tendue vers l’accaparement privé.
Voici ce système, et les hommes qui en tirent les ficelles, pour la première fois mis au jour au terme de nombreuses rencontres avec les principaux témoins de cette royale prédation, y compris parmi les proches du Palais. Voici comment le souverain d’un des régimes désormais les plus menacés par la vague démocratique dans les pays arabes a transformé ses sujets en clients, l’Etat en machine à subventionner les intérêts de la famille royale.
Voici...

Le Roi prédateur est issu d’une enquête menée par les deux journalistes Catherine Graciet et Eric Laurent, et constitue une claire attaque bien critique contre le monarque chérifien. C’est intéressant, parfois passionnant, mais aussi assez léger et pas si documenté que cela. Les journalistes semblent beaucoup se baser sur les dires de témoins, souvent anonymes (normal quelque part), et le tout n’est que peu documenté et peu référencé. Certes au-delà des témoins, de nombreux journaux marocains d’opposition sont cités (dont Telquel), mais le tout s’arrête là.
Sans guère contester la véracité du contenu de ce livre, dont de nombreux points sont déjà bien connus par tous ceux qui connaissent le Maroc, on a l’impression que les deux journalistes ont composé le tout à la va-vite dans le contexte des révolutions arabes... les dictateurs arabes sont devenus une mode... mais mieux aurait-il tout de même fallu travailler un peu plus dans le fond des choses. Certains sujets plus particuliers sont assez bien abordés (TGV, zoo de Temara, le  festival de Mazzawine...) ainsi que certains montages et magouilles, le tout quand même toujours peu documenté. Néanmoins le lecteur peu à jour avec le sujet apprendra de nombreuses choses, surtout celle qu’une dictature moderne est désormais avant tout économique.

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Le Roi prédateur (Extrait) by MarcM77

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Présente édition : Le Seuil / Points, 8 novembre 2012, 231 pages
ISBN-10: 2757830856 / ISBN-13: 978-2757830857

21:07 Écrit par Marc dans Graciet, Catherine, Laurent, Eric | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eric laurent, catherine graciet, le roi predateur, maroc, mohammed vi, m6, enquete | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

I Am a Hero, tome 2 - Kengo Hanazawa - 2009

i am a hero,manga,japon,fantastique,horreur,zombies,kengo hanazawaHideo, dessinateur parano de mangas, commence à se rendre compte de ce qui se passe autour de lui, surtout depuis qu’il s’est fait attaquer par sa copine, métamorphosée en zombie. Il erre ainsi dans la ville en proie au chaos, ne sachant toujours pas faire parfaitement la part des choses. Un ancien collègue à lui va s’avérer être un drôle d’allié, mais Hideo commence peu à peu à comprendre que le monde dans lequel il vit n’a plus lieu d’être et qu’il ne peut plus que compter sur lui-même.

Survival ultra-gore à l’humour très grinçant, ce second tome de la série I Am a Hero de Kengo Hanazawa offre une suite impeccable à un premier tome qui mettait du temps à mettre les choses en place. L’auteur s’attardede nouveau sur moultes détails, ceci afin de rendre les choses le plus réel possible, mais aussi afin que le lecteur comprenne au mieux la vision des choses de son héros. Et certaines scènes, dont entre autres celle de l’avion, sont tout simplement à couper le souffle.

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Extrait : une planche au hasard

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Présente édition : Kana, Big Kana, 27 avril 2012, 208 pages
ISBN-10: 2505014418 / ISBN-13: 978-2505014416


Voir également :
- I Am a Hero, tome 1 - Kengo Hanazawa (2009), présentation et extrait
- I Am a Hero, tome 2 - Kengo Hanazawa (2009), présentation et extrait

16:25 Écrit par Marc dans Hanazawa, Kengo, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : i am a hero, manga, japon, fantastique, horreur, zombies, kengo hanazawa | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 19 mai 2013

L’Art français de la guerre - Alexis Jenni - 2011

alexis jenni, litterature francaise, l art francais de la guerre, prix goncourtJ'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.

1991. Pour la première fois depuis la fin de la guerre d'Algérie, la France reprend les armes pour participer, dans le golfe Persique, à la gigantesque armada « Tempête du désert » contre Saddam Hussein... A Lyon, un jeune homme, fasciné par les images des combats, rencontre un vieux peintre, Victorien Salagnon, ancien para, qui n'a pas quitté l'uniforme de 1943 à 1962, de l'épopée de la France libre aux jungles indochinoises et aux sinistres caves d'Alger... Il raconte alors à son interlocuteur cette « guerre de vingt ans », jamais vraiment finie, qui a marqué douloureusement des générations de Français, et lui montre « ce signe qui parcourt l'histoire ». Car le sang de la guerre est partout, dans le temps, les âmes, l'eau des fleuves, et chacun doit apprendre à le voir et à ne pas le craindre...

L’Art français de la guerre, premier roman d’Alexis Jenni,  un professeur en biologie, a été l’événement littéraire de l’année 2011, Prix Goncourt à la clef, avait tout pour plaire. L’auteur a un style indéniable, l’idée d’une France en continuelle guerre depuis la Seconde guerre mondiale est forte, et pourtant... je n’ai à aucun moment accroché, au point d’en abandonner rapidement la lecture, après un début pourtant réussi. Et je suis même embêté de faire cette petite chronique sur finalement rien... donc désolé... et dommage pour ce roman qui pourtant avait tout pour plaire.

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Présente édition : Gallimard, 18 août 2011, 640 pages
ISBN-10: 207013458X / ISBN-13: 978-2070134588

Blackstone, tome 1 : Les magiciens - Eric Corbeyron et Eric Chabbert - 2012

eric chabbert, eric corbeyron, bande dessinee, bande dessinee franco-belge, bandes dessinees, magie, fantastique, luca malisan, tome 1, les magiciensJean-Jacques, Jenny et Nelson sont trois amis magiciens qui vivent d’arnaques dans le Paris des années 1860. Lassés de cette situation inconfortable, Jenny et Nelson décident d’abandonner Jean-Jacques et de rentrer en Angleterre tenter leur chance dans le spectacle.
Mais, un jour lors d’une représentation dans une petite salle, un drame inexpliqué se produit. Jenny et Nelson effectuent un tour consistant à faire disparaître un enfant dans une malle truquée. Mais l’enfant disparaît bel et bien. Avant de fuir la foule en colère, Nelson a tout juste le temps de repérer, dans la boîte où se trouvait le gamin, une pierre noire... Jenny sera arrêtée et Nelson réussit à embarquer en clandestin sur un transatlantique. Et peu à peu il s’aperçoit que cette étrange pierre noire lui donne de véritables dons de magiciens, bien au-delà de la simple prestidigitation.

Blackstone, tome 1 : les magiciens est une série de bandes dessinées lancée en 2012 par les  deux auteurs Corbeyran (scénario) et Chabbert (dessin), accompagnés de Luca Malisan pour les couleurs, qui invitent le lecteur à découvrir le monde de la magie et de la prestidigitation à la fin du XIXe siècle, dans une  ambiance gothique nimbée de mystère et de fantastique. L’intrigue bien menée et attirante nous fait découvrir en alternant la vie de ces trois magiciens ratés avec en plus celle de Mary, la mère de l’enfant disparu. C’est intéressant et accrocheur. le dessin est de plus de belle qualité  avec tout de même un peu trop de cases par planche à mon goût. L’originalité du récit est toutefois limite, l’idée de base rappelant fortement Le Prestige de Christopher Priest.

La suite est parue en 2013 et à la fin de ce premier volume, on a hâte de découvrir la suite.

A lire.

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Extrait : les dix premières planches

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Présente édition : Glénat, 14 mars 2012, 56 pages
ISBN-10: 2723479196 / ISBN-13: 978-2723479196

 

samedi, 18 mai 2013

Un Livre dont Vous Etes le Héros, Défis Fantastiques, tome 21 : La Nuit du Loup-Garou (Howl of The Werewolf) - Jonathan Green - 2007

defis fantastiques,ldvelh,un livre dont vous etes le heros,jonathan green,fantastique,steve jackson,ian livingstone,fighting fantasy,fantasy,livre-jeu,jeux,howl of the werewolf,la nuit du loup-garouIl faudrait être insensé pour franchir les frontières du Lupravia, pays battu par des vents d'une froideur extrême, aux lugubres forêts, aux landes noyées de brouillard, hanté par les âmes des morts sans repos. Et pourtant c'est ce que vous devez faire. Attaqué par une meule de loups, et cruellement mordu par le plus monstrueux d'entre eux, vous voilà frappé d'une terrible malédiction dont l'origine ne peut se trouver que dans ce pays maudit. Sans doute avez-vous déjà mené à bien nombre de quêtes plus périlleuses les unes que les autres. Mais soyez bien conscient que si vous échouez dans cette nouvelle aventure, la bête qui sommeille maintenant en vous ne pourra résister à l'appel du Loup Garou. Vous avez jusqu'à la prochaine pleine lune!

Deux dés, un crayon, une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre.

Bonne chance...


La série de livres-jeux des Défis Fantastiques (Fighting Fantasy), lancée en 1982 par les deux créateurs Steve Jackson et Ian Livingstone, ont fait le bonheur de très nombreux joueurs dans les années 1980 et débuts 1990. Poussés en désuétude par l’arrivée des jeux vidéos sur ordinateur, la série se voit relancée aujourd’hui, par ses deux auteurs, cela sous la plume de l’auteur britannique de science-fiction Jonathan Green. Les derniers titres se voient d’ailleurs publiés en français depuis 2012, cela au plus grand plaisir des nostalgiques de la série mais aussi d’un public bien autre qui redécouvre une autre façon de jouer.

La Nuit du Loup-Garou
a été parmi les premiers jeux écrits par Jonathan Green,mais hélas aussi pas le meilleur. Plus vaste que les jeux classiques (515 paragraphes au lieu des 400 traditionnels), plus complexe et ramifié en permettant plusieurs fins, une quête principale et des quêtes secondaires, plus développé au niveau des règles avec une évolution  au fil de l’aventure du personnage incarné par sa métamorphose en loup-garou, le tout étant aussi accompagné de magnifiques illustrations de Martin McKenna... mais l’ensemble ne prend que difficilement. Il n’y a guère d’originalité dans l’aventure, et l’ambiance ne prend que rarement. Le héros passe d’aventure en aventure, toutes assez petites et faibles en intensité avant d’arriver à la fin, à une fin en ayant peut-être loupé le gros de l’histoire sans aucune chance de vaincre... ne reste alors au joueur guère d’autre choix que de recommencer la partie en prenant d’autres décisions.


J’avais été ravi par la découverte d’autres livres-jeux de Jonathan Green, mais celui-ci m’a clairement laissé sur ma faim.

Dommage.


Présente édition : traduit de l’anglais par C. Degolf, 28 mars 2013, 416 pages
ISBN-10: 207065141X / ISBN-13: 978-2070651412

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Voir également :
- Défis Fantastiques, tome 19 : Le Pirate de l'Au-delà (Bloodbones) - Jonathan Green (2006), présentation
- Défis Fantastiques, tome 20 : La Nuit du Nécromancien (Night of The Necromancer) - Jonathan Green (2010), présentation 

Prophecy, tome 2 - Tetsuya Tsutsui - 2012

tetsuya tsutsui,tome 2,prophecy,manga,serial killer,policierPaperboy continue à faire parler de lui, et de plus belle, s’attaquant maintenant contre un leader d’un groupe d’activistes écolos occidentaux. Mais la police avance également dans ses recherches, et l’étau se resserre petit à petit autour de ce petit groupe de laissés pour compte désireux de vengeance qui se cachent sous le nom de Paperboy.

A la fin du premier tome du thriller Prophecy du mangaka Tetsuya le lecteur découvrait les motivations, un peu simplistes, du groupuscule qui se cachait derrière Paperboy, suite à une narration recentrée sur ces mystérieux personnages. Dans cette suite l’enquête reprend de plus belle et le lecteur suit à nouveau la traque donnée par les policiers, une enquête bien rythmée mais aussi un brin simpliste. L’auteur s’amuse à opposer le côté moralisateur de la police à celle du peuple étouffé, mais hélas il ne convainc ni d’un côté ou de l’autre. Et si le premier tome laissait présager un bon développement, on se retrouve ici face à de l’énervement sur toute cette simplicité, que ce soit dans les idées ou les personnages. Et même si la réalisation du manga est impeccable, que ce soit dans son dessin ou montage, il est d’ores et déjà certain, que lasérie Prophecy ne devrait pas marquer éternellement le lectorat.
Un troisième tome devrait encore paraître pour clôturer l’histoire... un quatrième peut-être si l’auteur souhaite tirer en longueur.

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Présente édition : Ki-oon, 10 janvier 2013, 224 pages
ISBN-10: 2355924694 / ISBN-13: 978-2355924699

Voir également :
- Prophecy, tome 1 - Tetsuya Tsutsui (2012), présentation et extrait

21:48 Écrit par Marc dans BD, Manga, Tsutsui, Tetsuya | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tetsuya tsutsui, tome 2, prophecy, manga, serial killer, policier | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 17 mai 2013

Dôme, tome 1 (Under The Dome) - Stephen King - 2009

dome, stephen king, fantastique, science-fiction, litterature americaineL'homme s'arrêta. La marmotte comprit qu'elle avait été repérée. Sur sa droite, juste devant elle, il y avait un bouleau tombé au sol. Elle allait attendre qu'il soit passé, puis partirait à la recherche d'un morceau...

La marmotte n'alla pas plus loin dans ses pensées - même si elle avança encore de trois pas - car elle venait d'être coupée en deux. Elle s'effondra sur le bas-côté. Du sang jaillit par à-coups; ses entrailles se répandirent sur le sol; ses pattes postérieures s'agitèrent rapidement deux fois, puis s'immobilisèrent.

Sa dernière pensée, avant de plonger dans les ténèbres où nous sombrons tous, marmottes comme êtres humains, fut: Qu'est-ce qui s'est passé?

Un beau matin d’automne la bourgade de Chester Mill, dans le Maine, va connaître un événement aussi incroyable que terrifiant. D’un instant à l’autre, la ville va se retrouver isolée du monde par un champ de force invisible qui tel un dôme englobe en hauteur, et aussi en profondeur le territoire exact de la ville. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage, et les habitants de l’intérieur, après un moment de stupeur, vont commencer à s’organiser pour y survivre, car au fil des jours les ressources à l’intérieur de Chester Mill commencent à se raréfier. Le premier adjoint du maire Jim Rennie, a vite compris les avantages à tirer de cette situation en ordonnant un nouvel ordre social, le plaçant lui en tête, et avec sous sa coupe, par la terreur, la population entière de la ville. Tous ne l’entendent pas ainsi et une résistance s’organise autour de Dale Barbara, un vétéran de la guerre d’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville.

Vaste roman de plus de 1500 pages (en format poche) et publié en deux volumes, Dôme de Stephen King est un roman étonnant pas sa simplicité et son postulat et si efficace par le traitement qu’en fait ce grand auteur de fantastique, qui en main de maître dirige toute une galerie de personnages, la quasi-totalité de la population de Chester Mill à travers son funeste destin. Stephen King se concentre surtout sur ces relations humaines, qui rapidement se dégradent, à partir d’un postulat fantastique dont on ne sait encore si on en connaîtra la raison réelle, pour finir par donner une belle allégorie sur le totalitarisme, ainsi qu’une réflexion sur la nature humaine et sa résistance aux situations extrêmes.
Pour l’anecdote, Stephen King avait commencé à rédiger les bases de ce roman en 1976 avec une histoire nommée initialement The Cannibals et qui traitait à l’origine de locataires d’appartements qui se trouvent enfermés dans leur immeuble. Mais au bout de 75 pages l’auteur abandonnera le projet avant de le reprendre en 2007.
Il est à noter que l’entièreté de l’histoire se déroule à l’intérieur du dôme, et que les personnages sont très nombreux, même si quelques principaux surnagent. Cela pourrait paraître négatif ou fastidieux à la lecture, mais l’auteur sait y faire, et petit à petit on découvre la ville et ses habitants au point de tout connaître comme si on y avait vécu. Par contre les personnages ne sont pas toujours très attachants, on sent que l’auteur cherche à noircir le tableau, mais hélas, par moments, j’en arrivais à souhaiter que tous périssent sous ce foutu dôme.

Arrivé à la fin de ce long premier tome, qui ne représente qu’une coupure éditoriale, le lecteur se lancera immédiatement dans la suite, tant l’ensemble est prenant.

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Présente édition :  Le Livre de Poche, 6 mars 2013, 840 pages
ISBN-10: 2253169781 / ISBN-13: 978-2253169789

Voir également :
Cujo - Stephen King (1981), présentation
Christine - Stephen King (1983), présentation
L'année du loup-garou (Cycle of the Werewolf) - Stephen King (1983), présentation
La peau sur les os (Thinner) - Richard Bachman (Stephen King) (1984), présentation
Misery - Stephen King (1987), présentation
Ecriture : Mémoires d’un métier (On Writing : A Memoir of the Craft) – Stephen King (2000), présentation
Dreamcatcher - Stephen King (2001), présentation
Colorado Kid (The Colorado Kid) - Stephen King (2005), presentation
Cellulaire (Cell) - Stephen King (2006), presentation

Samurai, tome 1 : Le Cœur du prophète - Jean-François Di Giorgio et Frédéric Genêt - 2005

delphine rieu, jean-francois di giorgio, frederic genet, bd, bande dessinee, bandes dessinnees, bande dessinee franco-belge, samurai, le coeur du prophete, japon, japon medievalAu Japon médiéval, le seigneur Akuma est appelé en pleine par l’un de ses mineurs pour cause de la découverte d’un mystérieux sarcophage dont les secrets pourraient anéantir l’empire tout entier.
16 ans plus tard. Le jeune samurai Takeo se lance sur les routes en compagnie de son serviteur Shiro à la recherche de son frère. Son objectif : l’île sans nom, dont la simple évocation du nom fait trembler tous les habitants de la région. Cependant en arrivant dans un village portuaire à proximité de l’île, Takeo doit venir en aide à une famille de Coréens en proie à des rustres locaux. Les choses vont se gâter quand au soir, la petite fille coréenne Natsumi trouve la clé d’un casse-tête énigmatique appelé le cœur du prophète. Alors que la nouvelle se propage dans la terreur, des forces maléfiques se mettent en branle pour retrouver la jeune fille. Takeo décide de fuir avec la fille, emportant également la nounou de celle-ci, ainsi que son serviteur Shiro.
Commence alors une course-poursuite infernale à travers le Japon médiéval dont la solution se trouvera dans le bouleversement du pays tout entier.

Samurai, tome 1 : Le cœur du prophète du scénariste Jean-François Di Giorgio et du dessinateur Frédéric Genêt est un sublime album de bande dessinée plongeant dans un Japon médiévo-fantastique sur les traces d’un samurai en fuite devant un obscur seigneur de guerre. Ce qui frappe avant tout est la magnificience des dessins et le montage donné aux planches, cela bien sûr aidé par de très belles couleurs automnales réalisées par Delphine Rieu. Le scénario est également costaud et très efficace. Par ces nombreuses qualités, tout à fait indéniables, le lecteur se trouve vite happé par l’histoire.
Mais malgré cela, tout n’est pas parfait. Et ce qui m’a dérangé le plus a été un certain manque d’originalité dans l’histoire et dans différents éléments de l’intrigue. Depuis le début jusqu’à la fin, on a une impression de déjà-vu. Les auteurs ont puisé un peu partout leurs idées et surtout dans de la fantasy de base. Et puis la fin de l’album, en cliffhanger, dérange, alors qu’en bande dessinée on a tendance à rendre les albums un peu plus autonomes. Ici pas de doute, il faut de suite prendre le second volume de la série pour finir la scène d’action entamée à la fin du premier.

En bref Samurai, tome 1 : Le cœur du prophète est une bande dessinée très réussie, malgré un certain manque d’originalité, mais qui donne bien envie de continuer cette série bien prometteuse.

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Extrait : une planche prise au hasard

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Présente édition : Soleil Productions, 1 août 2005, 48 pages
ISBN-10: 2849462500 / ISBN-13: 978-2849462508

Voir également :
Bruxelles Métropole, tome 1 : Ville Haute - Jean-François Di Giorgio et Pablo Santander (2007), présentation
Bruxelles Métropole, tome 2 : Ville Basse - Jean-François Di Giorgio et Pablo Santander (2009), présentation et extraits

mercredi, 15 mai 2013

SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie - Gérard De Villiers - 2013

sas,malko linge,gerard de villiers,197,les fantomes de lockerbie, tunisie,lockerbie, lybie,espionnage,romans d espionnage,litterature francaise,thrillers, litterature erotiqueUne voiture sortit du parking situé sur la gauche de l'hôtel et vint s'arrêter devant, juste en face de la porte tournante où Malko était coincé.

Une Alfa-Roméo blanche.

Malko vit sa glace s'abaisser pour laisser passer le canon d'une Kalachnikov.

Il était piégé comme un rat.

21 décembre 1988, un Boeing de la PanAm explose au-dessus du village écossais de Lockerbie. La Lybie est montrée du doigt, mais les Américains suspectent un autre commanditaire : l’Iran. Avec le temps qui passe l’enquête ne tient plus à grand-chose. Sauf que, depuis les révolutions arabes et la mort de Khadafi, certains ainsi hauts dignitaires libyens sont en fuite et l’un d’entre eux, Choukri El Jallah, pourrait révéler toute la vérité aux Américains. Seul problème il refuse de parler, d’ailleurs il se fera rapidement tuer. L’agent très spécial Malko Linge est chargé de trouver la maîtresse de El Jallah, la magnifique Jezia, qui pourrait avoir récupéré des données de son amant. Mais elle aussi devient rapidement la cible de mystérieux assassins...


Evidemment les romans de Gérard de Villiers avec leur mélange d’action, de sexe et d’espionnage, ne sont guère des chef-d’œuvre, mais hélas avec ce 197e tome de la série SAS : Les fantômes de Lockerbie, on touche le fond, tant l’ensemble manque d’un quelconque intérêt, et on y retrouve guère les quelques qualités habituelles de ces romans. L’auteur remplit ses 300 pages avec une histoire qui jamais ne devient réellement crédible et surtout ne nous emporte jamais.

Bref, mieux vaut ne pas s’attarder ici, ceci aussi pour les fans de la série

Dommage.

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Extrait : premier chapitre

Le timbre de la sonnette avait un son assourdi par l’épais battant d’acajou de l’unique porte palière. Malko attendit après avoir sonné, prêtant l’oreille. Aucun bruit ne filtrait de l’appartement, situé au dernier étage de cet immeuble moderne du bord de mer, avenue Kafr El Dinh, juste avant l’énorme mosquée aux minarets bleus, construite par feu Rafik Hariri en bas de l’ancienne place des Canons devenue place des Martyrs.


Malko n’avait croisé personne depuis qu’il avait garé sa voiture de location dans le parking en plein air, à côté de la mosquée. La porte de cet immeuble luxueux au sol de marbre s’était ouverte sans difficulté lorsqu’il avait composé le code fourni par Mitt Rawley, le chef de Station de la CIA à Beyrouth.

Aucun gardien dans le hall. Juste du marbre grège et de grands miroirs. On se serait cru dans la maison de la Belle au Bois Dormant. Malko appuya de nouveau sur la sonnette de l’appartement du septième étage.

Sans plus de résultat.

Il colla son oreille au battant, sans percevoir le moindre bruit venant de l’intérieur.

Agacé, il laissa alors carrément son index sur le bouton de la sonnette. On ne pouvait pas ne pas l’entendre. Ou l’appartement était vide ou on ne désirait pas ouvrir. Il prit alors son portable et appela Mitt Rawley.

– Vous êtes sûr qu’il est là ? demanda-t-il, lorsque l’Américain eut répondu.

– Certain, affirma le chef de Station de la CIA. Il ne sort pratiquement pas. Il faut insister. Cet enfoiré se terre. Il doit être mort de peur.

– Je ne peux quand même pas enfoncer la porte, objecta Malko.

– Insistez, répéta l’Américain. Il va bien finir par ouvrir.

– Vous êtes optimiste !

Quand Malko remit son portable dans sa poche, la situation en était au même point. Il essaya d’ébranler le battant, sans parvenir à le faire bouger d’un millimètre. C’était de l’acajou épais, et, en plus, il devait être renforcé par une plaque de blindage comme cela arrivait souvent à Beyrouth, dans les appartements de luxe. Il demeura planté sur le palier, furieux qu’on lui ait confié cette mission idiote.

Un quart d’heure s’écoula encore, ponctué par les coups de sonnette exaspérés de Malko. Sans le moindre résultat. Choukri El Jallah, le responsable officiel des investissements du Fonds souverain libyen en Afrique, n’avait pas envie de recevoir de visites.

La CIA le traquait depuis le moment où il avait quitté la Libye par la route, afin de gagner la capitale du Niger, Niamey. C’est là que, pour la première fois depuis son départ précipité de Libye, fin 2011, l’Agence américaine avait retrouvé sa trace.

Il s’appelait désormais officiellement Mohammed Arlit, avait la nationalité nigérienne et un magnifique passeport diplomatique qui lui permettait de se déplacer à travers le monde sans trop de problèmes. À condition de sélectionner ses points de chute.

La rumeur à Niamey disait qu’il n’avait payé son passeport que 50 000 dollars, somme modeste en regard des bontés qu’il avait eues jadis pour le Niger, via son Fonds souverain. Après Niamey, il s’était envolé pour Zurich en compagnie d’une magnifique jeune femme qui aurait pu être sa fille et qui voyageait, elle aussi, avec un passeport nigérien, le jumeau de celui de Choukri El Jallah.

Depuis son départ de Niamey, des agents de la CIA s’étaient relayés pour le suivre à la trace, sans pouvoir faire plus, à cause de son statut de diplomate.

Ce n’était pas pour lui arracher les secrets de ses investissements africains, mais pour une raison beaucoup plus sérieuse. En sus de son rôle officiel, Choukri El Jallah était le financier de toutes les opérations clandestines commandées par le responsable des Services libyens, Abdallah Senoussi. Choukri El Jallah avait donc les archives de tous les attentats financés par la Libye, ce qui intéressait beaucoup la CIA.

En effet, Abdallah Senoussi, le responsable de tous les coups tordus des Libyens avait été livré au nouveau pouvoir libyen et on ne risquait pas de le revoir de sitôt, les thuwars 1 s’étant appliqués à lui arracher tout ce qu’on pouvait arracher du corps d’un homme sans le tuer.

Le seul récipiendaire atteignable des secrets libyens était donc Choukri El Jallah.

Après Niamey, il avait été à Genève où résidaient sa femme et ses trois enfants, qu’il avait mis à l’abri depuis longtemps dans une somptueuse villa de Cologny, face au lac, achetée pour la modique somme de vingt-deux millions de francs suisses.

De là, toujours suivi par les agents de la CIA, il avait gagné Zurich par le train pour rendre visite à une succursale de l’Arab Bank, où il avait procédé à des opérations financières que la CIA n’avait pas pu percer à jour. Il était ensuite retourné à Genève, dans sa famille, tandis que sa ravissante compagne s’était installée au Noga Hilton.

Sous le nom de Mabrouka Arlit.

De Genève, il avait gagné Vienne, en Autriche, s’installant dans une suite de l’Hôtel Impérial. Son séjour avait duré six mois et il en avait profité pour faire la tournée de plusieurs banques. Transférant ou vidant systématiquement les comptes ouverts à son nom. Sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit.

Après Vienne, il avait gagné Beyrouth, à la grande surprise de la CIA. En effet, les Libyens kadhafistes n’étaient pas en odeur de sainteté auprès des Chiites libanais, depuis la disparition, dans les années quatre-vingt, de l’imam Moussa Sadr, haute autorité religieuse chiite qui était arrivé en Libye, mais n’en était jamais ressorti.

Un homme porteur de son passeport avait bien pris un vol Tripoli-Rome, mais la police italienne avait découvert que la photo du document avait été changée.

Les Chiites libanais étaient persuadés que le colonel Khadafi avait fait assassiner l’iomam Moussa Sadr à la demande de l’ayatollah Khomeiny qui jalousait son autorité religieuse…

Aussi, depuis son arrivée à Beyrouth, Choukri El Jallah s’était-il montré extrêmement discret… Seule la CIA connaissait son adresse, cet appartement de l’avenue Kafr El Dinh, appartenant au beau-frère libanais de Choukri El Jallah, marié à la sœur de ce dernier. Évidemment, à Beyrouth, il n’était pas aussi en sécurité qu’en Suisse ou en Autriche.

Les Libyens du nouveau régime auraient donné n’importe quoi pour le capturer et le découper en morceaux, d’autres l’auraient volontiers attrappé vivant pour lui faire livrer les secrets de ses comptes bancaires où dormaient encore beaucoup de millions.

En plus, pas mal de gens mêlés aux opérations clandestines de Kadhafi auraient bien aimé le voir mort, car les morts ne parlent pas…

La CIA avait découvert rapidement la raison de ce séjour à risques au Liban : Choukri El Jallah venait vider un certain nombre de comptes bancaires sur lesquels il avait transféré des sommes importantes. Le Liban était un des rares pays au monde où on pouvait sortir d’une banque avec des valises de billets sans le moindre problème. Son séjour ne pouvait se prolonger : les Américains avaient appris que Choukri El Jallah avait demandé l’asile politique à la Suisse et qu’il avait de grandes chances de l’obtenir, étant donné sa surface financière et son profil de retraité.

Une fois dans sa somptueuse villa de Cologny, il pourrait couler des jours tranquilles. Il avait largement de quoi s’offrir une armée de gardes du corps. De toute façon, les autorités suisses détestaient que les étrangers viennent régler leurs comptes chez eux.

Quelques années plus tôt, ils avaient expulsé une équipe du MI 6 britannique qui avait l’intention d’assassiner le président yougoslave Milosevic en leur disant sèchement : « Allez faire vos saletés ailleurs ! »

La neutralité suisse n’était pas un vain mot.

Si la CIA avait fait appel à Malko, l’arrachant à ses bals de la Haute-Autriche, c’était à la demande de Mitt Rawley qui l’appréciait beaucoup, lui et sa connaissance du Liban.

Ils avaient peu de temps devant eux. Une fois en Suisse, Choukri El Jallah garderait ses secrets. Or, il y en avait un que les Américains tenaient particulièrement à percer…

Malko appuya une ultime fois sur la sonnette. Pour un résultat identique. Il commençait à avoir faim et se dit qu’il n’allait pas passer la nuit là.

Il se retourna pour appuyer sur le bouton de l’ascenseur. Son pouls grimpa au ciel : le voyant rouge clignotait, la cabine était en train de monter.

Il se pencha pour voir le dessus de la cabine se rapprocher. Comptant les étages.

Troisième, quatrième, cinquième, sixième... L’appareil continuait à monter. Quelques secondes plus tard, Malko ne se posa plus de questions : l’ascenseur venait à son étage. D’ailleurs, celui-ci s’arrêta quelques instants plus tard au septième et la porte en verre dépoli s’ouvrit, poussée par l’occupant de la cabine.

Le battant fut repoussé d’une main vigoureuse et une femme émergea de l’ascenseur.

Malko en eut le souffle coupé : c’était une des créatures les plus séduisantes qu’il ait jamais croisées. Une grande brune, avec les cheveux attachés en queue de cheval, encadrant un visage longiligne avec d’immenses yeux noirs aux cils interminables.

Elle était vêtue d’un cachemire noir moulant une poitrine aiguë et d’un jean très ajusté, glissé dans des bottes à hauts talons. Une large ceinture terminée par une grosse boucle dorée pendait sur son ventre plat.

En plus d’une plastique parfaite, cette inconnue dégageait une sensualité animale palpable, mais elle n’avait rien d’une Poupée Barbie. Le regard qu’elle posa sur Malko était totalement inexpressif. Silencieuse, elle lui tint pourtant la porte de l’ascenseur pour qu’il puisse la remplacer dans la cabine. Il saisit la poignée de la porte et la laissa se refermer, restant sur le palier.

Le regard de l’inconnue s’assombrit imperceptiblement.

1. Résistants.

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Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

Gantz, volume 1 (ガンツ) - Hiroya Oku - 2000

hiroya oku, manga, bande dessinnee, bandes dessinees, bd japonaises, fantastique, gantz, tome 1En sauvant un sans-abris tombé sur une rame de métro deux adolescents, Kei Kurono et Masaru Kato trouvent la mort, écrasés par un métro express arrivant à pleine vitesse.
Toutefois à l’instant même de leur mort ils se retrouvent dans un appartement tokyoite avec quelques autres personnes à peine décédées. Une voix, via une mytérieuse sphère noire, s’adresse à eux : leur ordonnant de tuer « l’homme-poireau ». Personne ne comprends de quoi il retourne, mais très vite ils vont comprendre qu’ils sont bien morts et qu’ils ont pour mission de tuer des extra-terrestres s’étant mêlés parmi les humains sur terre... 

Gantz (ガンツ, Gantsu?) paraît pour la première fois au Japon en 2000, 2002 pour la version française, et ne cessera depuis de paraître tant le succès est immense. A l’heure actuelle son auteur Hiroya Oku aura produit 35 tomes, et le succès ne délaisse pas.
Une idée originale, un développement parfait, beaucoup de violence, extrême parfois, du fantastique, voire de la science-fiction, beaucoup de mystères, sont la recette qui fait marcher ce manga depuis douze ans maintenant.
Conçu informatiquement avant d’être redessiné ce manga frappe également visuellement par sa grande qualité, en donnant une belle ambiance à ce premier tome dont quasi toute l’histoire se déroule dans cet appartement tokyoite. Au bout du volume, beaucoup de questions restent ouvertes, et l’on sent bien que cette série a été pensée pour durer.
Tout semble parfait, sauf que sur ces 192 pages l’histoire aurait pu avancer un peu plus. On regrettera aussi le classicisme des personnages, très typiques du genre, et on espère que le tout s’étoffera bien plus dans les volumes à venir. Néanmoins le tout reste très divertissant, le lecteur tourne les pages à grande vitesse, mais restera peut-être un peu sur sa faim au bout de ce premier volume.

Liste des chapitres de ce premier tome :
- Ch. 001 : Incident (ある事故, Aru Jiko?)
- Ch. 002 : No exit (不可解な部屋, Fukakai na Heya?)
- Ch. 003 : La nudité suicidée (裸の自殺少女, Hadaka no Jisatsu Shōjo?)
- Ch. 004 : Aux ordres de la sphère noire (黒球の指令, Kuro Tama no Shirei?)
- Ch. 005 : Illusions (イリュージョン, Iryūjon?)
- Ch. 006 : Rencontre avec l'Homme poireau (ねぎ星人との遭遇, Negi Seijin to no Sōkū?)
- Ch. 007 : Repos inattendu (非予定調和, Hi-yotei Chōwa?)
- Ch. 008 : Massacre (惨殺, Zansatsu?)
- Ch. 009 : Test psychologique (アイヒマンテスト, Aihiman Tesuto?)
- Ch. 010 : Colère (激憤, Gekifun?)

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Présente édition : Tonkam, 1 novembre 2002, 192 pages
ISBN-10: 2845802455 / ISBN-13: 978-2845802452

21:15 Écrit par Marc dans Manga, Oku, Hiroya | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hiroya oku, manga, bande dessinnee, bandes dessinees, bd japonaises, fantastique, gantz, tome 1 | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mercredi, 10 avril 2013

Le formidable événement - Maurice Leblanc - 1921

le formidable evenement, maurice leblanc, litterature francaise, romans d aventures, fantastique, science-fiction, manche, Simon Dubosc est un homme à qui tout réussi. Que ce soit intellectuellement ou sportivement, il n’a rien à craindre et aucun obstacle ne semble pouvoir entraver sa voie. Et pourtant des problèmes existent, dont un de taille : son amour pour la belle Isabel, fille de Lord Bakefield, pair du royaume d’Angleterre. Et si le cœur de la belle lui emble conquis il n’en est rien du père qui voit d’un mauvais œil un mariage entre sa fille et un homme, certes remarquable, mais d’un lignage si pauvre, voir même médiocre. Ainsi Simon Dubosc s’impose de devenir dans les vingt jours à venir un grand homme qui lui fera mériter la main d’Isabel. Mais comment faire ? Il ne le sait encore. Surtout que ces derniers temps ses affaires de cœur semblent bien éloignées des préoccupations de tout un chacun, cela par de curieux événements qui font naufrager de nombreux navires traversant la Manche. Devant lui-même faire une traversée, il sera rescapé d’un naufrage, mais surtout il découvrira un monde totalement chamboulé, où la Manche aura disparue et reliant définitivement l’Angleterre aux côtes françaises.
Une terre nouvelle s’offre à ses yeux, il ne lui restera plus qu’à la conquérir et ainsi se faire un nom parmi les plus grands, tel que même Lord Bakefield ne pourra que l’admirer. Hélas rien ne sera simple et les convoitises de cette nouvelle terre bien nombreuses, surtout de la part de pilleurs d’épaves et autres détrousseurs qui y voient la promesse d’une fortune rapide et facile.

Le Formidable Événement de l’auteur français Maurice Leblanc, créateur du personnage de gentleman-cambrioleur Arsène Lupin, reparaît en 2013 suite à une certaine mode autour desle formidable evenement, maurice leblanc, litterature francaise, romans d aventures, fantastique, science-fiction, manche, œuvres de l’auteur mort depuis plus de 70 à peine et ainsi par le passage de ses textes dans le domaine public. A l’origine le roman était paru en 1920 dans deux numéros de Je sais tout avant de se voir réédité en roman aux éditions Pierre Lafitte en 1921.
Si les débuts de ce roman font clairement penser à un roman fantastique, puis de science-fiction,
 classique des œuvres du début de vingtième siècle, il devient vite évident que l’auteur en fait ensuite un pur roman d’aventures, le héros devant survivre à de multiples dangers et péripéties avant d’arriver à ses fins. Et les aventures ne sont pas toujours parfaitement crédibles parfois bien légères, un grand dommage car l’idée de base était plutôt ambitieuse. On ressent une certaine inspiration venue des westerns, tant d’éléments présents rappelant ses cesse les clichés de ce genre venu d’outre-Atlantique.
Ecrit en 1921 le roman a également vieilli, d’autant plus vrai pour certains passages, mais bien moins pour d’autres qui ont su garder une étonnante modernité.

Tout cela fait de Le Formidable Événement de Maurice Leblanc un divertissement certes vieilli mais plutôt plaisant, sans pour autant représenter une nécessité à lire.

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Texte intégral

 

Le formidable événement - Maurice Leblanc - 1921 by MarcM77


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Présente édition lue : Folio SF, 3 janvier 2013, 272 pages
ISBN-10: 2070449920 / ISBN-13: 978-2070449927

 

Kenya, tome 1 : Apparitions - Léo et Rodolphe - 2001

kenya, tome 1, apparitions, leo, rodolphe, apparitions, bande dessinnee, bandes dessinnees, bande dessinee franco-belge, bande dessinee bresilienne, fantastique, science-fiction« Une légende ancienne prétend que dans les contreforts du Kilimandjaro, le plus haut sommet d'Afrique, sont enfouies des choses vieilles comme le monde, des choses terribles qu'il ne faut pas réveiller… »

Kenya en 1947. Les participants d’un safari conduit par l’écrivain et aventurier Remington disparaissent mystérieusement alors qu’ils campaient au pied du Kilimandjaro. Aucune explication ne peut être fournie sauf celle donnée par les indigènes : l’expédition aurait croisé le chemin de l’homme-démon Batoo et qui l’aurait engloutie.
Or cette disparition ne laisse personne indifférent, surtout les gouvernements occidentaux qui dépêchent ou réactivent sur place leurs espions afin de percer les mystères de ce pays. Ainsi débarque au Kenya la jeune et belle anglaise Kathy Austin, officiellement pour occuper un poste d’enseignante dans un collège de Mombasa, mais en réalité pour enquêter sur cette énigmatique disparition. Mais elle se voit très vite encadrée par deux collègues enseignants, l’un français et l’autre allemand, qui semblent beaucoup s’intéresser à ses agissements...

Kenya est série de bande dessinée franco-belge crée par Leo (scénario et dessin), Rodolphe (scénario, découpage et dialogues et Scarlett Smulkowski (couleur), dont le premier tome Apparitions paraît en octobre 2001. Quatre tomes suivront avant de boucler ce cycle qui sera continué par après par celui intitulé Namibia. 
Et les auteurs nous font découvrir ici une Afrique pleine de mystères, à l’aube de la Guerre froide, où l’on suivra à la trace une jeune espionne à la découverte d’un monde qui regorge d’éléments fantastiques et merveilleux. Et cela semble même basculer rapidement ,dans de la pure science-fiction. Mais tout cela n’est amené que très lentement, le scénario très habile nous faisant découvrir tous ces mystères peu à peu, tout en gardant un côté très réaliste à l’œuvre. Si le scénario, habile, riche et surprenant, conquiert rapidement, il en va de même de la mise en scène efficace, du dessin très bon (malgré certains défauts au niveau des personnages) et des couleurs qui réussissent à recréer avec excellence cette ambiance africaine des années 1940.
A noter la présence de nombreuses références à l’imaginaire de l’époque, rien par de nombreux personnages dont les noms rappellent des héros ou personnages mythiques : John Remington (ressemblant à Ernest Hemingway), Hank Grabble (Clark Gable), le professeur Mortimer (Edgar P. Jacobs) ou la bibliothécaire Jane Flemming (rappelant Ian Fleming, auteur de la série des James Bond). 
Ce premier tome ne constitue évidemment qu’une mise en bouche, une introduction de ce qui va suivre, mais fort est à parier qu’on ne sera pas déçu des tomes à venir.

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Extrait : les dix premières planches (cliquer sur les images pour agrandir)

 

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Présente édition : Dargaud, 1 octobre 2001, 48 pages
ISBN-10: 2205051970 / ISBN-13: 978-2205051971

mercredi, 03 avril 2013

Dernières acquisitions

Courses faites à la librairie "A Livre Ouvert" à Woluwé-Saint-Lambert, Bruxelles.

Leviathan 99 de Ray Bradbury

Grand auteur classique de la science-fiction, dont c’est toujours un immense plaisir de découvrir ses nouvelles.

 

leviathan 99, science-fiction, recueils de nouvelles, ray bradbury


Dôme 1 et Dôme 2 de Stephen King

Le grand maître du fantastique est de retour avec la parution en poche de son roman fleuve Dôme, en 2 tomes (joints côte à côte dans l’illustration ci-dessous).

stephen king, dome, couvertres, science-fiction, fantastique

12:00 Écrit par Marc dans Acquisitions | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 31 mars 2013

SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers - 2013

sas, malko linge, gerard de villiers, 196, vienne, le beau danube rouge, iran, israel, programme nucleaire, espionnage, romans d espionnage, litterature francaise, thrillersLes poignets et les chevilles attachés par des menottes au montant du grand lit de cuivre, Malko savourait la caresse de Maryam Nassiri, les yeux fermés.

Soudain il les rouvrit et aperçut, derrière la jeune femme agenouillée sur le lit, un homme debout dans l'encadrement de la porte de la chambre.

Des traits brutaux, les cheveux gris, vêtu d'un blouson de cuir et d'un jean. Un long pistolet dans sa main gantée de noir.

L'homme qui venait le tuer.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale Vienne a continuellement un nid d’espions. Tous les services y sont représentés et l’état autrichien semble tout faire pour leur faciliter la tâche. Vienne est bien sûr le siège de multiples organisations et institutions internationales telles l’OSCE, l’OPEP, l’AIEA, l’UNODC... en tout 16000 personnes ayant le statut de diplomates. Les Autrichiens ne discutent d’ailleurs jamais la liste des Seconds secrétaires ou conseillers. Et lorsqu’un de ces « diplomates » décédait de mort violente, la police conclue toujours à un suicide, sachant parfaitement qu’il s’agit d un meurtre dont elle ne connaîtra jamais les raisons.
Et c’est dans ce contexte que se prépare une vaste opération visant les intérêts nucléaires de l’Iran. En effet l’un de leurs ingénieurs est amené à Vienne pour être soigné. Américains et Israéliens vont tout faire pour lui mettre la main dessus, les premiers pour le kidnapper, les seconds pour l’assassiner. Les services iraniens sont sur leurs gardes, craignant le pire... qui d’ailleurs ne tardera pas d’arriver sous forme d’un immense bain de sang.
Seul l’agent de la CIA Malko Linge saura peut-être faire un peu d’ordre dans tout cela. Mais même s’il agit sur ses terres natales, sa survie ne tiendra qu’à un fil dans cette ruche à espions qu’est la capitale autrichienne.

SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge est donc déjà le 196e tome de cette série à la recette bien huilée, de laquelle, tome après tome, jamais rien de réellement neuf n’apparaît. Son Altesse Sérénissime Malko Linge se bat cette fois à domicile, entre Vienne et Liezen, pour démêler une trouble affaire d’espionnage réunissant à la fois les services secrets Américains, Iraniens et Israéliens. Evidemment l’action ne manque pas, ni le suspense façon SAS, et bien sûr les multiples conquêtes du prince, ici personnifiées par une magnifique espionne iranienne. La qualité est peut-être légèrement supérieure bien d’autres, mais seulement à peine.

Bref, rien de neuf, et toujours le même plaisir ou mépris, que l’on aime ou que l’on n’aime pas cette série de l’auteur français Gérard de Villiers.

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Extrait : chapitre premier

– Je te hais, dit Maryam Nassiri. Elle ajouta aussitôt d’un ton gourmand : je vais t’envoyer en enfer.

Ses mots mirent quelques secondes à imprégner le cerveau d’Oswald Fisk. Il faut dire qu’il était dans un trip très éloigné de ce que la jeune femme évoquait. Allongé sur son grand lit bas de deux mètres sur deux au couvre-lit en fausse panthère, les chevilles et les poignets attachés solidement aux montants de cuivre du lit, maintenant ses jambes et ses bras écartés, entièrement nu, le sexe en érection, il savourait chaque seconde de ce jeu sado-maso imposé par sa maîtresse.

Celle-ci, maquillée soigneusement, était inclinée vers lui, son visage proche du sien. Parfois, elle se penchait un peu plus, leurs lèvres se touchaient et, à deux ou trois reprises, elle avait brièvement glissé une langue audacieuse dans sa bouche, sans jamais s’attarder, même lorsqu’Oswald Fisk soulevait la tête de toutes ses forces, pour prolonger le baiser.

Délicieuse frustration.

Maryam Nassiri était vêtue d’un ensemble blanc. Une veste blanche cintrée dont elle avait défait les boutons, révélant un soutien-gorge assorti qui dévoilait presque entièrement sa poitrine pleine. Depuis le début de leur séance, Oswald Fisk avait dû se contenter de s’user les yeux sur ces globes magnifiques. Immobilisé totalement, il était esclave du bon vouloir de Maryam.

Celle-ci, au début de leur « séance », avant qu’il ne soit attaché par ses soins, lui avait laissé promener ses mains sur les courbes de ses fesses, lui permettant même de glisser quelques doigts dans la fente verticale du dos de sa jupe ajustée qui remontait si haut qu’il pouvait effleurer sa culotte sans effort.

Il adorait qu’elle s’habille de cette façon : extraordinairement provocante et inaccessible, sauf si elle y mettait du sien.

Lors de leurs séances précédentes, lorsqu’elle avait poussé son excitation au rouge écarlate, Maryam Nassiri montait sur le lit, remontait sa jupe étroite sur ses hanches, juste assez pour pouvoir se placer à califourchon sur lui et enfouissait le sexe de son amant dans son ventre.

C’était elle qui se faisait l’amour, en se balançant doucement jusqu’à ce que son amant éjacule au fond d’elle.

Les derniers mots prononcés par Maryam Nassiri atteignirent enfin le cortex d’Oswald Fisk. Il la fixa. Il ne vit qu’un regard un peu trop brillant, montrant, qu’une fois de plus, elle avait abusé de la cocaïne avant de le retrouver. Le sourire, certes, était un peu crispé, mais toujours éblouissant.

Comme si elle n’avait pas menacé Oswald Fisk, Maryam Nassiri continuait à caresser son amant, sa main montait et descendait le long de son sexe dressé vers le plafond, pour une masturbation régulière et exquise, ce qui n’avait rien d’inhabituel. Parfois, lorsqu’elle était d’humeur taquine, elle continuait jusqu’à ce que la sève jaillisse, en dépit des supplications d’Oswald Fisk réclamant sa bouche ou son sexe.

D’autres fois, elle lui faisait l’offrande de sa bouche, mais si rapidement qu’il avait à peine le temps d’éprouver quelques spasmes avant de s’y répandre.

Plus surpris qu’effrayé, Oswald Fisk fixa sa maîtresse avec plus d’attention, surprenant dans son regard une lueur sombre qu’il ne connaissait pas, glaciale et intense à la fois.

Il s’ébroua mentalement, encore plongé dans son jeu et demanda, voulant encore croire à un jeu de rôle.

– Qu’est-ce que tu veux dire, honey ?

– Que je vais te tuer, répliqua calmement Maryam Nassiri.

– Comment? insista Oswald Fisk, presque sur le ton de la plaisanterie.

– Avec ça, répliqua du même ton calme la jeune femme.

Sa main droite, qui pendait le long du lit, invisible pour Oswald Fisk, remonta et l’Américain découvrit un rasoir ouvert, tenu fermement dans la longue main aux ongles rouges. Sadiquement, Maryam Nassiri remua doucement le poignet pour faire étinceler l’acier de la lame effilée.

Alors, seulement, Oswald Fisk comprit, dépassé, que ce n’était plus un jeu.

Instinctivement, il tenta de se libérer, mais les cordelières qui immobilisaient ses quatre membres étaient trop serrées pour qu’il puisse se dégager.

Ce qui l’alerta encore plus fut la main gauche de Maryam Nassiri. Ses doigts venaient d’abandonner son sexe. Celui-ci était encore dur et gonflé mais l’Américain sentait déjà le sang qui s’était rué dans sa verge refluer dans son ventre.

– Qu’est-ce qui te prend ? demanda-t-il. Si tu ne veux plus jouer, détache-moi.

Il ne comprenait pas. Maryam Nassiri avait toujours été douce et amoureuse, même si elle était un peu givrée.

La jeune femme, immobile, penchée sur lui, le rasoir toujours serré dans sa main droite :

– Est-ce que tu te souviens du vol Iran Air 655 ? demanda-t-elle soudain de la même voix douce. 

Oswald Fisk fit un effort de mémoire intense, mais ne parvint pas à répondre à sa question. Devant son silence, Maryam Nassiri enchaîna :

– C’était il y a longtemps. Le 3 juillet 1988. J’avais neuf ans. Le vol 655 reliait Bandar Abbas à Dubaï. Il a décollé de Bandar Abbas avec vingt-sept minutes de retard. Presque son temps de vol. D’ailleurs, en raison de son court trajet, il ne volait qu’à 14 000 pieds.

« Seulement, il n’a jamais atteint Dubaï.

Elle récitait son texte comme une leçon bien apprise, d’une voix égale et précise. Soudain, Oswald Fisk se souvint.

– My God ! fit-il d’une voix étranglée. C’est le vol Iran Air qui a été abattu par erreur par le croiseur Vincennes.

À cette époque, la situation était très instable dans le Golfe persique et la guerre Irak-Iran s’ éternisait depuis 1980. Il y avait eu plusieurs incidents entre les navires américains et les belligérants. La flotte US était chargée d’assurer la protection des pétroliers dans le détroit d’Ormouz. Le jour de l’accident, la frégate US Elmer Montgomerry se trouvait face à treize vedettes iraniennes et le croiseur Vincennes venait l’assister.

C’est alors que le radar du Vincennes détecta un avion en approche, potentiellement ennemi, à cause de son code de reconnaissance. Les Américains pensaient avoir affaire à un appareil militaire de combat iranien F. 14.

En réalité, il s’agissait d’un Airbus A 300 civil, qui avait décollé en même temps que le F.14. Il se trouvait alors à 20 miles du Vincennes. Or, deux ans plus tôt, en 1987, deux missiles Exocet tirés par un avion irakien avaient failli couler une frégate américaine, faisant 37 morts et 21 blessés.

Persuadé d’avoir affaire à une attaque similaire, le commandant de l’USS Vincennes avait alors décidé de tirer deux missiles surface-Air Rim-66.

– C’était une erreur, répéta Oswald Fisk, une terrible erreur…

– Dont vous ne vous êtes jamais excusés, vous les Américains, continua Maryam Nassiri. Il y a eu 290 morts, dont 60 enfants…

– Je sais, désolé, bredouilla Oswald Fisk. Mais pourquoi me parles-tu de cela? 

Elle esquissa un sourire teinté d’ironie.

– Tu ne sais pas qui était le commandant du Vincennes ? Celui qui a donné l’ordre de tirer sur cet avion civil iranien ?

Oswald Fisk comprit d’un coup.

– Si, dit-il, c’était mon père. Georges B. Fisk. Il est mort il y a trois ans.

Maryam Nassiri ne changea pas d’expression.

– Ma mère était à bord, dit-elle. Le retard à Bandar Abbas lui a accordé vingt-sept minutes supplémentaires de vie, mais je ne l’ai jamais revue.

Ici, dans cet intérieur cossu d’un quartier chic de Vienne, cela semblait complètement incongru d’évoquer ce drame lointain, dans l’espace et le temps. Oswald Fisk essaya de ne pas paniquer. Sans fuir le regard de sa maîtresse, il dit le plus calmement possible :

– C’est atroce et je comprends ton chagrin, mais pourquoi me parles-tu de cela maintenant ?

Comme si elle ne l’avait pas entendu, Maryam Nassiri continua.

– Remarque, c’est à cause du Vincennes que nous nous sommes rencontrés. La Cour Internationale de Justice a condamné ton pays en 1996 à verser à l’Iran une compensation de 131 millions de dollars. En tant qu’héritière de ma mère, j’ai reçu assez d’argent pour venir faire des études en Europe. Toute petite, je voulais déjà être décoratrice. Depuis, je suis restée à Vienne. Et je t’ai rencontré…

Elle corrigea aussitôt : 

– J’ai reçu l’ordre de te rencontrer… 

Oswald Fisk sentit son sang se glacer. 

– De qui ? réussit-il à demander. 

Le sourire de Maryam Nassiri s’accentua imperceptiblement. 

– De gens que tu connais bien. L’Etta’alat.

Les Services de Renseignement de la République Islamique d’Iran. Ceux contre qui Oswald Fisk et ses amis de la CIA luttaient avec acharnement… Comme si elle avait lu dans ses pensées, la jeune Iranienne continua :

– Quand tu m’as connue, tu as sûrement fait procéder à des vérifications sur moi. Les autorités autrichiennes t’ont assuré que je n’avais jamais eu d’activité politique à Vienne. Que j’étais une simple émigrée économique… Elles ne sont pas très regardantes et, d’ailleurs, c’est vrai, avant de te connaître, je ne m’occupais que de mon métier. « Ils » m’ont dit qui tu étais : un agent de la CIA et le fils du commandant du Vincennes… Dès cet instant, je n’ai eu qu’une idée : venger ma mère. J’y avais souvent pensé, mais je ne savais pas comment faire.

« Seulement, grâce à « eux », tu as eu un sursis. Je devais d’abord te séduire, afin d’obtenir des informations sur la CIA, sur tes activités. Après seulement, je pourrai exercer ma vengeance.

Oswald Fisk écoutait cette diatribe débitée d’un ton monocorde. Stupéfait.

– Tu travailles pour les Ayatollahs ! s’exclama-t-il. Des rétrogrades, des fanatiques religieux ! Tu n’es pas comme ça, quand même !

Maryam Nassiri secoua la tête.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 3 janvier 2013, 320 pages
ISBN-10: 2360532979 / ISBN-13: 978-2360532971

Voir également :

SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
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SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

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SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
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SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
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SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits

SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

L’île infernale, tome 2 (天獄の島, Tengoku no Shima) - Yusuke Ochiai - 2009

tome 2,yusuke ochiai,l ile infernale,manga,litterature japonaise,bandes dessinees,bande dessinee,action,thrillersLe périple de Ei Mikoshiba sur l’île infernale continue. Pour être accepté dans la ville de Paradis il doit affronter d’autres prisonniers dans une arène. Il réussit à en sortir victorieux, de justesse et aidé d’un étrange sort qui aura anéanti l’un de ses adversaires les plus tenaces. Mais surtout il réussit à retrouver Sakaki, son meilleur ami et assassin de toute sa famille. Mais Sakaki, semble jouer un rôle des plus étranges sur cette île. Il fait en effet partie d’un équipe médicale qui semble faire des essais sur les prisonniers. Et si le but de cette île-pénitencier était tout autre que celui annoncé officiellement ? Et qui est cette mystérieuse jeune fille qui passe pour une déesse immortelle aux yeux des prisonniers ? Peu à peu Ei Mikoshiba réussit à lever le voile sur les secrets de l’île tout en étant encore bien loin de la vérité si étrange et insondable encore...

Si le premier tome de L’île infernale du mangaka japonais Yusuke Ochiai se basait clairement sur de l’action sans fin avec un scénario des plus simplistes, ici dans ce second tome, l’histoire ainsi que les personnages prennent une toute autre envergure. Heureusement que j’ai continué ma lecture après un début plutôt intéressant. Et tout prend de la force, le lecteur s’immerge enfin dans l’histoire qui gagne en crédibilité et en sens, tout en laissant néanmoins certains problèmes et manquements exister.Et c’est ce qui manquait au premier tome : une bonne histoire pour soutenir l’action. L’auteur a parfaitement réussit à corriger le tir avec ce second volume. Au fur et à mesure le dessin s’améliore également, les scènes d’action deviennent plus nette, les personnages un peu mieux dessinés. Et peu à peu on avance vers ce qui pourrait devenir un grand manga.

A la lecture de ce second tome on sent aussi que l’histoire touche bientôt à sa conclusion, le troisième tome, à sortir en avril 2013 en France, devrait être le dernier de cette série qui se dévoile comme étant bien plus intéressante que ne laissait présager le premier tome.

L’île infernale de Yusuke Ochiai est donc bien un manga à découvrir.

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Extrait : une planche au hasard

 

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Présente édition : traduit en français par Arnaud Delage, éditions Komikku, 10 janvier 2013, 198 pages
ISBN-13: 979-1091610094

Voir également :
- L'île infernale, tome 1 - Yusuke Ochiai (2009), présentation et extrait